Igor suit du doigt le dessin tatoué sur la clavicule de Mina en psalmodiant une comptine russe magique. Carver roupille sec dans le placard.
Cet été là, un homme blanc hétéro bien nourri décida une fois de trop à la place des concerné-e-s. Ce fut le début de la grande lessive.
Mina et Igor, jouent un mash-up des bérus et de Madonna, à fond. « Vive le feu, To release the pressure, We need a holiday ». De circonstance.
On roule dans l’herbe, nos doigts se touchent, nos joues se frôlent, nos bras s’enlacent. Impossible de détourner le regard de toi. Révolte.
Igor, Mina, Carver, sur le toit, terminaient les derniers flacons de vodka malienne. Dans la plaine, les cadavres de dirigeables. Nostalgie.
La sueur brulante qui goutte du plafond aveugle Igor, un instant. Son cœur manque un battement, les basses, énormes, sa main dans la tienne.
Sur la place Nationale, à Montauban, il y a une dalle maudite. Si tu marches dessus, tu te perds à jamais, tu erres sur la place, seul, nu.
Holiday, Celebrate et vive et vive le feu. Holiday, Celebrate et vive et vive le feu. Holiday, Celebrate et vive et vive le feu. Oh yeah !
Mina ne voulait pas être une princesse. Elle voulait être tueuse de princes. Art martiaux et dialectique. Surveiller les crapauds, aussi.
Dans son bureau, forcément ovale, l’homme à la tête de chat compte, calcule. Par la baie vitrée, on aperçoit les lueurs de l’aube, les feux.
Mina, sourire en coin, contemple les flammes, la fumée, les chants, les rires, toute la nuit, debout, sur la barricade, ardente : Victoire.
Just one day out of life, Les jeunes chômeurs s’la donnent aux cocktails molotov, 300 patrons qui craquent font sauter la baraque. Holiday.
Sur la plage irradiée, Carver se la jouait nudiste. Mina, depuis la dune, burkini camouflage et fusil sniper, allumait les mâles toxiques.
Les pourparlers se passent surtout dans le bunker des tahitiens. Ailleurs on ne fait que picoler, sec. Les délégués, ivres, se font tatouer.
Mina, Carver laissèrent Igor avec ses souris, ses singes et ses tulipes, sous le laboratoire, dans une boite en bois blanc. Vraiment classe.
You can turn this world around and bring back all of those happy days, Le froid tue la fillette qui n’a plus d’allumettes, holiday, oh yeah.
Igor faisait des photos des filles qui le lui demandaient. Pour vaincre sa timidité, il commençait dans le noir, avec des masques de catch.
L’homme à la tête de chat dirigeait la plus grande entreprise de croquettes du pays. Son pouvoir était immense. Les filles l’adoraient. Si.
Il pose le front sur le comptoir en soupirant. Les filles déchirent le bilan comptable. Ses jeunes années lui reviennent subitement. Karaté.
Mina décide, sur un coup de tête, de diffuser le fichier nominatif de tous les sales types. Noms, états civils et la liste de leurs crimes.
Une gang de pyromanes se croit au paradis, Put your troubles down, It’s time to celebrate, Let love shine et vive et vive le feu.
Mina défonce le portier, castagne le videur, embrasse la fille du vestiaire et l’entraine sur la piste de danse. Leurs mains se frôlent. Si.
Nous vivions dans une cave : une sorte de bunker minimaliste, avec une boule disco. Dehors il pleuvait sans cesse, une pluie noire, gluante.
Un type regardait un gros scarabée qui se débattait, coincé sur le dos. Il le poussait avec un petit bâton, pour l’aider. Ça n’aidait pas.
La chanteuse aphone, la peau diaphane, une main sanglante, s’appelait Mina. Ses musiciens, invisibles, armés, nus, les Minettes. Si logique.
Le président fêlé enflamme l’Elysée, Les feux dans la cité brûlent pour Géronimo, It’s time for the good times, Forget about the bad times.
Igor, Mina et Carver, au pied du sapin radioactif, ouvrent leurs cadeaux : des livres, de la dynamite et un dirigeable furtif. Épisode sexy.
Un rideau de mystères, de dissimulation entourait les origines du sulfureux patron du Bunker : L’homme à la tête de chat. Gare aux souris !
Les milices pastels occupent la plage Sud. Dans le ciel, les ballons bigarrés filment les alentours. Mina, dans sa Morgan Aero 8, s’éclipse.
Pour Mina, cette histoire de protestation non violente, c’était une invention du pouvoir pour s’assurer que les choses ne changent jamais.
Igor et Carver entament une grève de la faim. A l’hôtel, Mina commande du champagne puis fait exploser le rez-de-chaussée. Sale ambiance.
Vinrent les basses. Puis dans les ruines de l’ancien monde, ils marchèrent. Bigarrés, bizarres, divers, nus, souriants et fiers. FIERS.
Samedi matin. Se débarrasser de la corde de guitare. Planifier nos prochaines actions avec grâce. Mina somnole. Igor craque le code. Apogée.
Les filles bronzaient sur le toit du vieux Boeing. Igor ramassait les douilles dans le cockpit. Les Minettes dormaient encore dans la soute.
Rencontrant Mina, le simple d’esprit sourd muet avait écrit sur son ardoise : « je mapel silence é je sui genti ». Coup de cœur immédiat.
Everybody spread the word, We’re gonna have a celebration, Une armée de gamins qui brûle les magasins, 5000 chimpanzés dynamitent le zoo.
Dans le parc, les jeunes faisaient du skate, attrapaient des bestioles, s’aimaient. Les combinaisons protectrices intégrales étaient cools.
Sur la colline venteuse, dans sa maison à pattes de poulet, Baba Yaga verse une grosse et belle larme. Solidarité sorcière. Puis la pluie.
Mina avait survécu deux ans dans la structure broyée d’un vieux zeppelin échoué à l’entrée de la baie. Chassant les rats, à l’arbalète, nue.
Mina, chargeant son pistolet à fléchettes, sérieuse : On ne voulait pas « bosser dans le web », on voulait être des putains de cyberpunks !
Se masser devant la sortie de secours, écouter le bruit du vent dehors, et les sirènes. L’annonce de l’âge des ténèbres. Tenir ta main. Nus.
Igor faisait des photos pour les nouvelles qui le désirait. Pour vaincre sa timidité, il commençait dans le noir, avec des masques de catch.
Dehors c’était la grande lessive. Pour ne pas défaillir, Igor passait ses journées défoncé, ivre, la tête dans les toilettes, c’était cool.
Comme prévu, les forces de l’entropie amenaient une vague de chaos et de destruction, sur un air de tango psychédélique. Danser, surfer, nu.
Carver aime les robes, les petites culottes en coton rêche, les vélos en fibre de carbone. Carver aime l’electronica, les labos, la chimie.
Carver installe la table pliante. Mina apporte les chaises. Igor fournit la provende et le latex. Petit déjeuner dans les ruines de Londres.
Assis en tailleur dans le salon crasseux, Igor s’essaie à la neuromancie. Déjà, le correcteur orthographique refuse d’accepter le mot. Dur.
Il y a le feu partout c’est la fête des fous, Il y a le feu partout viv’ le feu viv’ les fous! Celebration, Come together in every nation
Sur la plage, Carver, nu, se perfectionne au maniement du grand arc. Sa barbe se coince encore, parfois, dans la corde. Hurlements et rires.
Les ambassadeurs croquent des amphétamines au breakfast, mâchent de la coca au déjeuner. Le soir, défoncés et nus, ils négocient la guerre.
On racontait le soir autour des poêles nucléaires que Carver avait survécu au premier choc en se construisant un abri avec des minitels. Si.
Le petit barman, chauve et torse nu, se faisait appeler Igor. Il bondissait, derrière le comptoir, couvert de mousse, complètement hilare.
Mina, particulièrement lucide, entrepose les explosifs sous les bases pourries du capitalisme patriarcal blanc. Et son cœur : le détonateur.
Le cimetière d’aéronefs était une perpétuelle source d’émerveillement pour Mina. Carver trouvait ça, au mieux, barbant. Igor filmait tout.
Pour votre santé, pratiquez une activité psychique régulière. C’était inscrit sur la couverture du livre qui reposait sur le couvre lit. Ok.
Igor, sur le sable luminescent, sous un soleil mortel, repensait aux décisions égoïstes, financières, masculines qui menaient à ce moment.
La gare du Nord, abandonnée depuis la dernière vague de privatisations, nous servait pour les réunions du Front de Libération de la Réalité.
Carver assistait au conseil des mères depuis sa transition. Elle ne pourrait parler qu’après un an d’observation. Et voter, après deux ans.
A la grande époque, une manifestation populaire de colère se devait d’être destructrice, sanglante, radicale et complètement inspirante. Si.
Dans le bunker, l’allégresse de l’année nouvelle. Igor, à demi fou, accueille le navet du mystère. Les filles rient. t.co/1SDlZYO2qT
Mina et Igor, beaucoup de thé, les ruines d’Angkor : ça ne rigole pas. Les délégations sont logées dans de simples tentes.
Dans la forêt voisine, on avait ramassé des cailloux allongés. On les avait alignés devant le bunker. On se cachait derrière pour faire feu.
Les pourparlers étaient au point mort depuis plusieurs semaines. Les délégués tuaient le temps en pariant sur de joyeux combats de licornes.
Le mystérieux manager androgyne de Mina et ses Minettes, Carver, hantait le backstage, ses pupilles, énormes, ses amulettes, mortelles. Si.
Mina, à Igor, s’excusant presque, sous la neige : « Toutes les conditions de la révolutions sont réunies, la révolution est inéluctable… »
Ils me disaient de me tenir tranquille, ils me disaient que ça aller passer. Ils me disaient que ça ne me concernait pas. Ils me disaient.
C’est l’aube, Igor se lève en ronchonnant, il faut préparer les sacs des enfants, nourrir les chats, changer les filtres anti radiation. Si.