« La peau de chagrin était comme un tigre avec lequel il lui fallait vivre »
Balzac, La Peau de chagrin
« Tu oses soutenir qu’un cœur dur est un cœur de tigre »
Abbé Prévost, Lettres anglaises (lettre 234)
« Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre »
André Breton, “L’amour libre”, Clair de terre
« Un voyageur anglais raconte l’intimité où il vivait avec un tigre »
Stendhal, Le Rouge et le Noir
« Tigre, m’écriai-je en larmes, ouvre ton cœur de roc »
Sade, Justine
« Le tigre frappe ; que ne fera pas l’homme ? »
Michaux, “Chant vingt-troisième”, La marche dans le tunnel
« Tigre, assassine-moi du moins sans m’outrager. »
Corneille, Polyeucte Martyr (acte V, scène 3)
« Son tigre était une curiosité, personne à Londres n’avait de tigre si petit »
Balzac, La Maison Nucingen

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La discussion tourne un peu à vide, la discussion comme alibi, comme occupation du terrain, on tente le couplet politique, ça se passe moyen, les vagues de. On sonne, ça sonne, je sens que je bave, oreiller, je suis au lit. Le réveil de plus en plus agressif tendre la main frapper deux fois, le mystère des chats peintres, ça se coupe enfin. La chambre dans la pénombre, Batman me jauge, me juge, vertical héros vigilante nib comme pouvoir mais la peur. Je suis celui qui est. Ceux qui font un mauvais usage de leur corps, de leur parole, de leur esprit, qui insultent les justes, qui sont faux et qui agissent en conséquence, après la mort, alors que leur corps se scindera, ils renaîtront sur une mauvaise route, pour la déchéance, la ruine, la souffrance. Vu l'heure et le réveil repoussé 3 fois, je suis en retard. En bas, on s'affaire, on déjeune, on tente de discuter malgré la radio qui hurle. Filer directement à la salle d'eau, la douche, j'entends le son long d'un violon à 3 cordes couvrant complètement l'eau qui coule et la radio d'information. Je trébuche, m'écroule, heurte du coude l'émail, tente de me relever et me cogne la tête au lavabo, je glisse à nouveau, regarde le sang qui coule dans le siphon. Si vous avez souffert, c'est juste que vous avez oublié que vous êtes une fleur, une feuille. Dans la cuisine, tout le monde est brouillé, les visages masqués comme dans une émission de télé à scandale, les voix insectoides, Dora l'exploratrice est une droguée, j'imagine que Una, Anne me sourit vaguement, mais impossible de discerner ses traits, la nature de tout phénomène, de toute apparence, est semblable au reflet de la lune sur l'eau. Son du violon, encore, que j'imagine implacablement à trois cordes. Je mastique mes céréales, personne ne me parle, les visages toujours dans le flou, un sifflement aigu à la moindre prise de parole, seule la radio est parfaitement, cohérente, mais ses messages ne sont visiblement pas destinés à des êtres humains. Pas facile cet exercice de blog, devoir toujours m'en tenir à la stricte vérité, dans la plus pure tradition de l'écriture vérité, sans. S'il y a un remède, à quoi bon le mécontentement? S'il n'y a pas de remède, à quoi bon le mécontentement ? Alors je me met à gamberger devant mon jus d'orange, à une autre vie, au canal, à un mariage qui tourne bien, à la vérité, à l'amitié comme seconde voie. Au barbu qui me regarde en souriant, au Dojo et à une nouvelle forme de combat, à la tête d'éléphant posée sur le tatami devant le livre ouvert. Je regarde la pendule, trop tard pour l'UV de philo, je baisse la tête, le temps se dilate. Le violon sonne en notes monotones couvrant les zozotements baveux des parents. Una, Anne porte une salopette, maman déploie sa langue et lape à même le pot de miel, père n'est plus qu'un clignotement stroboscopique. Je me redresse d'un coup, trop vite, ça tourne, mes oreilles bourdonnent, perte de l'équilibre, l'essence de la réalité est mouvement. Epilepsie. Les insectes se penchent sur moi en souriant, leurs visages enfin. Ils parlent en langues, glossolalie, intraveineuse psychique, pleurer et pisser avant la perte de conscience.

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Les toilettes, Igor,

- Dis...
- Quoi ?
- Tu sors ?
- Pas fou.
- Pas fou ?
- Pas trop.
- Reprendre la fin de la phrase, la transformer en interrogation.
- Je vois ça.
- En tout cas, je sors pas.
- Igor Tourgueniev, nouveau Bouddha ?
- On est toujours le nouveau Bouddha de quelqu'un d'autre.
- Tu es spécialiste es phrases creuses.
- C'est ce qu'elles me disent toutes.
- Tautologique.
- C'est pas faux.
- Dis, tu sors ? J'ai faim.

Derrière la porte, Pit Pat, le tigre.

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TIGRE, TIGRESSE. s.
Bête féroce dont le poil est rayé ou moucheté, et qui ressemble à un chat quant à la forme, mais qui est beaucoup plus grand. Le tigre est un animal cruel. Le tigre royal est la plus grande espèce de tigre. Une peau de tigre. Léger comme un tigre. Une femme furieuse comme une tigresse à qui on a enlevé ses petits.

Fig., C'est un tigre, un vrai tigre, c'est un cœur de tigre, se dit D'un homme cruel et impitoyable. Il est jaloux comme un tigre, Il est jaloux jusqu'à la rage. Adjectiv., Chevaux tigres, Chevaux qui sont tavelés et mouchetés à peu près comme des tigres. Un attelage de six chevaux tigres. Un attelage de juments tigres. On dit dans un sens analogue, Des chiens tigres.

TIGRE, se dit aussi d'Une espèce d'insectes mouchetés qui viennent au-dessous des feuilles des arbres, et principalement des poiriers en espaliers. Les tigres ont gâté ces arbres, ont mangé ces fruits.

TIGRE
(ti-gr' (le mâle) et ti-grès' (la femelle)) s. m. et s. f.
1° Bête féroce, dont le poil est rayé ou moucheté, et qui a la forme d'un chat ; felis tigris (mammifères digitigrades) des naturalistes ; cette espèce est parfois nommée tigre royal, pour la distinguer de certaines autres, dites improprement tigres.
Aux accents dont Orphée emplit les monts de Thrace, Les tigres amollis dépouillent leur audace, BOILEAU, Art p. IV.
Enfin je vis Bacchus : il était sur son char traîné par des tigres, MONTESQ., Templ. de Gnide, 6.
Le vrai tigre, le seul qui doive conserver ce nom, est un animal terrible et peut-être plus à craindre que le lion, BUFF., Quadrup. t. III, p. 137.
Ce furent des ambassadeurs indiens qui présentèrent à Auguste, dans le temps qu'il était à Samos, le premier tigre qui ait été vu des Romains, BUFF., ib. t. III, p. 255. Il est jaloux comme un tigre, il est jaloux jusqu'à la rage.
2° Fig. Homme cruel, impitoyable.
Tigres, allez combattre ; et nous, allons mourir, CORN., Hor. II, 7.
Si l'on doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain, à ce tigre altéré de tout le sang romain, CORN., Cinna, I, 3.
Je ne sais si ce tigre a reconnu sa proie, RAC., Esth. III, 3.
V. A. R. me fait frémir en me parlant de ce que je soupçonnais du czar ; eh ! cet homme est indigne d'avoir bâti des villes ; c'est un tigre qui a été le législateur des loups, VOLT., Lett. au pr. roy. de Pr. février 1738. Fig. C'est an tigre, un vrai tigre, il est d'une excessive cruauté. Il se dit, par exagération, d'un homme insensible à l'amour.
Ce tigre, que jamais je n'abordai sans crainte, RAC., Phèd. IV, 6. Par exagération moqueuse, celui qui se fâche et fait quelque coup d'autorité.
Les voltigeurs [de la garde nationale] et les flots sont changeants. - Bah ! répondis-je, un tas de moutons ! - Moutons aujourd'hui, tigres demain, REYBAUD, Jér. Paturot, II, 2.
3° Fig. et familièrement. Tigresse, femme qui fait la furieuse quand on lui parle d'amour.
...Lucrèce Qui ne manqua de faire la tigresse, LA FONT., Mandr..
La dame n'était pas tigresse ; elle prêta volontiers l'oreille aux discours de la vieille, LESAGE, Guz. d'Alf. I, 3.
Je cherche une beauté qui soit un peu tigresse, LEGRAND, Roi de Cocagne, I, 5.

Tigre, nom donné à différents animaux d'Amérique Le jaguar, le jaguarète, le couguar et le chat-pard sont les animaux d'Amérique auxquels on a mal à propos donné le nom de tigre, BUFF., Quadrup. t. III, p. 142. Tigre barbet ou frisé, le guépard. Tigre du Brésil ou de la Guyane, le jaguar. Tigre chat, le serval, l'ocelot. Tigre chasseur, un des noms vulgaires du chat à crinière, dit aussi léopard à crinière et guépard, c'est le guépard à crinière de certains auteurs. Tigre des Iroquois, tigre poltron, le couguar. Tigre loup, hyène. Tigre noir, le jaguar.
4° Tigre, nom spécifique d'un python (ophidiens), qu'on trouve au Bengale.
5° Tigre, nom que certains auteurs ont donné à l'ostracion cubique (branchiostèges), poisson qui habite la mer Rouge et celle des Indes.
6° Tigre, insecte moucheté qui s'attache aux feuilles des arbres fruitiers, dit aussi punaise tigre : c'est la tingide clavicorne (hémiptères) de Fabricius, que l'on trouve aux environs de Paris. Tigre de l'asperge, nom donné par les jardiniers au criocère de l'asperge (insectes coléoptères), qui était pour Fabricius le lema de l'asperge.
7° Tigre, nom spécifique d'une cyprée (mollusques), et nom vulgaire du cône milléponctué, lequel a été appelé aussi cône tigre.
8° Groom d'un élégant.
9° Petite constellation située entre Pégase et le Serpentaire.
10° Adjectivement. Chevaux tigres, chiens tigres, chevaux, chiens tavelés et mouchetés à peu près comme les tigres.
HISTORIQUE
XIIIe s.
Tigres est une beste qui plus naist es parties de Ircanie que en autre, et est menuement tachiée de noires taches, BRUN. LATINI, Trésor, p. 251. XVIe s.
La tigre à qui on a derobé les petits fants, YVER, p. 569.
Tesmoin.... qui à l'age de soixante ans espousa une fille de vingt ans, dont il devint jaloux comme un tigre ou deux, D'AUB., Conf. I, 4.
Au fond d'une caverne une tygre felonne L'a nourry de chair crue...., RONS., 807.
Troys monstres, le premier estoit un cheval fée, le second estoit un tingre aiant teste d'homme..., , Pièce publiée par LEROUX DE LINCY, dans Bibl. des ch. 5e série, t. II, p. 183.
ÉTYMOLOGIE
Provenç espagn. et ital. tigre ; du lat. tigris, qui vient du grec, dérivé lui-même de l'anc. persan tigrâ, flèche, qui vient du rad. tij, aiguiser, pour stig (comparez STIGMATE).
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
TIGRE. Ajoutez :
12° Tigre de guerre, nom que portent les soldats chinois.
Des masques grotesques et effrayants, pareils à ceux que des tigres de guerre portent dans le combat, F. CHAULNES, Journ. offic. 3 nov. 1873, p. 6576, 3e col..

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Après le discours et la fin du monde on avait décroché la photo de papy.
Tout le monde, ou presque avait travaillé sérieusement à son dérèglement volontaire des sens et la fête battait son plein.

Chacun était venu avec son kung fu perso, ou son absence kung fu, chacun repartait avec un peu des techniques des autres, créant ainsi nouvelle forme un peu fluette de self défense contre la notion de réalité, contre la fiction collective, le consensus gluant et les bâtards médiatiques.

Ca roupait plutôt fermement vers la fin de la troisième journée, Igor et Nicolaï avaient disparus dans la forêt depuis une dizaine d'heures, on ne comptait plus les crises mystiques et les copulants politiques. Dans le dojo on pratiquait la bonne vieille magie chantante du monde.

Dehors, dans les Bois Humides et Sauvages, tous les animaux sauvages s'assemblèrent là où ils pouvaient voir la lumière du feu à grande distance et ils se demandèrent ce que cela signifiait. Le tigre au nom stupide, Pit Pat, perdu dans un furieux dialogue intérieur lorgnait sur le postérieur des danseurs ivres.

Alors il partit dans les Bois Humides et Sauvages ou dans les Arbres Humides et Sauvages ou bien sur les Toits Humides et Sauvages, en agitant sa queue sauvage et en s'en allant solitaire et sauvage.

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Pit pat pit le tigre dans le salon pit pat le tigre dans le bureau pit pat le tigre.

Mettons un, que le tigre s'appelle pit pat, mettons deux, qu'il se promène dans la maison, dans le salon, dans le bureau ou dans la petite salle de bain, mettons trois, que ce soit crédible, qu'un grand tigre mangeur d'homme au nom plutôt stupide déambule dans un petit appart du nordeste parisien le tout sans renverser les bibelots, les pots en argile, les mobiles, les mini-gondoles, mettons que vous puissiez suspendre volontairement votre incrédulité pour me croire, oui mettons cela en cinq.

Je suis dans les toilettes et j'entends le feulement du prédateur alpha au travers de la porte. Le tigre urine dans tous les coins marquant son territoire les chats sont furieux je crois.

Assis sur la cuvette des toilettes, je tripote une petite statue de Ganesha, je me demande à quoi pense le tigre. Un tigre ça mange dix kilos de viande par jour, et c'est plutôt nocturne comme bestiole. et je tripote la trompe de Ganesha. le tigre griffe la porte, plutôt pour indiquer aux autres (tigres !?) "c'est chez moi ici" plutôt sans gène je crois le félin.

Le tigre de papier, les toilettes, le nordeste, Ganesha, l'odeur de l'urine, Paris, tout se mélange, ma vision se trouble, mes mains tremblent, les tourguenistes qui attendent dehors, le badge blanc sur ma poitrine, réunir nos forces, reprendre notre élan, le tigre à la porte, je crois que je vais lui ouvrir. Vous savez que les tigres ne ronronnent qu'à l'expiration, mettons que vous le sachiez, alors je crois que vous commencez à voir où je veux en venir avec mon tigre pit pat, mettons que ce soit très clair pour les lecteurs. Mettons que le hiatus c'est de l'histoire ancienne.

Et au dojo sur la montagne, on raccroche la photo du vieux maître, reviennent amis et compagnons de route, l'on tresse colliers de lilas et guirlandes de sauge sauvage, les atémis dialéctiques pleuvent à nouveau. Ca rigole plus. Pit pat vlan dans ta gueule !

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