Parole du héros
La persévérance ? Oui, quand bien
même l’objet de la recherche serait vain, ou impossible
à atteindre, seul l’effort donnerait du sens à
l’épreuve ; c’est le mouvement du travail qui reste
sacré, la cible pourrait ne pas exister, il en serait de
même : l’acharnement, oui c’est le mot juste, pourquoi ?
mystère acharnement à montrer que rien n’est
évident.
Danger.
Considérer que le sens
de sa recherche est hors de soi,
est une mort à
petit feu.

KAFKA M’A DIT HIER SOIR AU TELEPHONE :

« Dans ton combat avec le monde, seconde le monde. »

MAIL DE PROUST (ce matin) :

« Les années heureuses sont les années perdues,

et on attend une souffrance pour travailler. »


TEXTO DE STENDHAL (à midi) :

« Mes jugements ne sont que des aperçus. »

#9
Il soupçonne ses réactions dites instinctives
de n’être pas spontanées.
« Est-ce que je ne simule pas l’enthousiasme quand C.
par exemple me téléphone ? »

Mais il ne s’en rend pas compte. Peut-on retrouver l’âme véritable ?
Il ne veut pas s’y essayer car il a peur de la découvrir noire,
pleine de haine et d’indifférence.
« Si ça se trouve, la voix de C. impromptue dans une journée
consacrée à la méditation solitaire me pèse atrocement ;
l’entendre ne provoque aucun amour, pire encore : aucune reconnaissance.
Mais je n’accepte cette part de méchanceté. Je dois faire des efforts de bonté».

Le héros, comme on le voit, est clivé. Sa tâche : éteindre
une à une les fausses paroles, les gestes empruntés.
Une bataille au cœur du langage, face aux corps. N’être plus qu’un.

Mort amoureuse, passage du coit au cercueil,

vieillissement prématuré de ton sein droit que

j’aime encore, échange de salive et d’instants

momifiés dans ma mémoire, existences.

PLUSIEURS VIES VECUES ENTRE DEUX PHRASES !

Bonnefoy : « Le mensonge du discours est qu’il
supprime l’excès. Il est lié au concept,
qui cherche dans l’essence des choses qu’elles
soient stables et sûres […]. L’excès, lui, est
le craquement de l’essence, oubli de soi et de tout,
joie autant que souffrance par néant. »

Je ne déteste pas m’évanouir.

Maurice Blanchot, cet eros


 » Et c’était toute sa vie qui m’inspirait du désir !« 

Je n’avais pas eu l’impression de réaliser
une action décisive.Il se saisit du bonheur
uniquement pour faire battre plus
vite son cœur. Au moment voulu, tu diras à tes amis :
« N’importe où dans le monde ! « 

« Avide de renouer avec le dehors, sa folie est d’attendre des réponses à
des messages qu’il n’envoie plus. » L.R. des Forêts.

Il y a parfois de biens curieuses annexions. Un bide.

Autographies
… CLIC…
Valéry
« Soumets toi tout entier à ton meilleur moment. »
Conversation.
Je lui dis au milieu de la nuit, lors d’une fête insensée :
— C’est en apriorisant de tout que tu deviendras folle.
Fête.
Grande santé : être irresistible, illimité
le corps se sent vivre et la pensée dans les
alcools a quelque chose de sanguin.
Titre.
Après le M&eacutecrit de Denis Roche,
voici venir le Décrit de …
Avertissement.
Si votre prénom comporte un seul A, passez
votre chemin.
On m’a dit :
« Fais en sorte que je puisse te parler ! »
Dans la maison.
Je chante, et j’admire la tenue de x, y, et z, mes favorites.
Réponse/
De quoi veux-tu que je te parle ?
L’eau, l’acidité, la vague, la transmission,
la perle, l’esquisse, le mouvement qui déplace les
lignes, le battement de l’œil, le coit pour imiter la vie,
l’extension de mon corps vers toi, bruissements, moment
qui s’éternise, et multiplie les raisons de voyager.

Samedi.
Regardé Alien en buvant du porto,
puis attrapé au vol la voiture d’un petit
photographe de mode Italien (Une Lada rouge de Torino),
direction LouisWeiss où je regarde sans
conviction la vidéo de
Sarah Jones et ses plages de Miami.
Rêves.
Mélange de temps, et fusion de personnes
de ma vie, périodes fondues ensemble, sans espoir
de pouvoir les discerner, les comprendre, les aimer : effrayante unité !
Matin.
Téléphone de M. ,dans le sud :
Charles Fréger est un connard ! « 
Reprise
De quoi veux-tu que je te parle ?
Tout ceci n’est qu’un échauffement en vue d’un texte à venir.
…CLAC…

Produire des phrases comme on ferme des portes, pour dormir enfin.
(Ecrire pour atténuer le bruit du dehors.)

Le café : banqueroute de l’eau.

D’une note à l’autre, il y a des manquements assumés.
Fiasco complet.

Epreuves (Extraits)
A peine réveillé, j’ouvrais le placard ;
d’abord, un sentiment de joie vécu : comme si j’atteignais
une zone claire en moi, lieu que je ne connaissais pas ; comme un rêve furtif ;
puis la grâce s’étiolait, tu n’émettais plus de lumière,
et je baissais les yeux, pour pleurer, je n’avais rien vu, rien conservé
de cette sensation à travers laquelle j’avais perçu une
vérité silencieuse, si apaisante. Alors je descendais,
furieux contre moi (je n’avais pas approfondi cette vérité
silencieuse ) furieux contre toi (tu n’étais pas ouvert complètement).
Mais comment fallait-il se comporter? Te transformer ?
Te détruire ? Hélas, aucun énoncé ne soutenait le projet.
Pas de mode d’emploi. L’impuissance me faisait pleurer, des pleurs
qui me brûlaient puisque je ne savais pas pourquoi j’étais si triste.



Souvent, recherchant des objets à aimer, j’ai subi le drame
de l’illusion, l’illusion percée après coup, pensant que
ces objets étaient des dieux alors qu’ils n’étaient qu’images.
Etait-ce une ruse de ta part lorsque la photographie dans le placard (la femme qui courait en me souriant) suintait un moment, pour ensuite redevenir neutre, brutalement ?
Comme si tu me mettais à l’épreuve pour mesurer le danger
de l’image et sa formidable attraction vers le vide.
Femme oubliée, disparue. Une cendre que ma complaisance conservait,
parce que elle était la seule trace de mon passé.
La mettre de côté, la retourner eut été douloureux,
mais je connaissais l’importance de ce sacrifice que je finirais par faire pour toi. Car que pouvais-je risquer à présent dans cette aventure ? Me couper du monde ?
Le monde n’était plus que trois ou quatre choses : le supermarché,
le bar, le ciel parfois. Autant l’avouer : le monde était rétréci ;
je ne ressentais plus aucune joie pour ce monde.
De la pure matière indifférente à mes sens !

ETC

EROS

THANATOS

CHRONOS

Avertissement.

Stop les zamours intertextuels

Il ne faudrait lire que lorsqu’on a soif, puis pisser,
(écrire) mais plus tard, quand on ne peut plus se retenir.

Avertissement.

Ecrire, se provoquer, se dresser — en se donnant

des règles. Passage du sauvage à l’enfant

scrupuleux qui chaque jour fait ses lignes d’écriture.

Pourquoi avoir honte de sa vie intérieure ?

AVIS : TROP DE MAUVAISES IMAGES M’ELOIGNENT DU BEAU MONDE.

Continuité
1.Et ce n’était finalement que le jeu
(stérile ?) d’un entretien sans
interlocuteur ; Invention de l’autre,
méprise de soi.
2.Il avait poussé la curiosité
jusqu’à ouvrir le dernier roman de M.K.
peur qu’il ne soit pas à la hauteur
des livres adorés quand
il avait dix huit ans ; la difficulté du retour, ce fut aussi
la sienne, retrouver un espace littéraire, inchangé.
3. Curiosité comme dévoilement, fuite et recherche de
l’image juste.
4. Il irait à Prague pour s’acheter un tee-shirt avec Kafka dessiné dessus.
5. Curieux des autres, de lui-même, aussi.

Note sur le héros
(Intermittence etc.)

Il y a quelque chose qui s’ouvre parfois, une
amitié s’amorce, un retour d’&eacutenergie
comme des milliards de points qui convergeraient
sur cet impératif : vivre ; l’échange
doit se produire, car la chance tourne vite : la loi de l’alternance
comme dit R. Laporte est une machine qui peut n’importe
quand lui retirer ce pouvoir, alors urgence de tendre la main avant
qu’elle soit brulée, pour construire son regard dans l’amour.

(Amour de quoi ? corps, spectres, mots, pays………)

#28
Ne faire son portrait qu’à partir de ce que les autres ont dit
(récemment) de lui : faussement humble, minet, play-boy, impatient, petit,
tourmenté, ambitieux, cynique, coureur, superficiel, satisfait, à l’aise etc.
Et s’ils avaient raison ?
Bigre ! Ce sont les yeux et les mots des autres qui me font ? Salauds ! Cela ne se passera pas comme ainsi ! ».

J’ai découvert récemment que la simplicité est une sagesse,
un ralentissement des pas, un refus des nerfs lyriques.
Le début d’une vision élargie.

Vite une solution, donnez-moi un destin !

Texte désagréable.

Je me fie au sens plutôt qu’au son. Je n’aime pas la poésie

poétisante. Où est la vraie ? Des crieurs s’identifient à ce qu’ils font.

Ennui. Plutôt, ils savent exactement ce qu’ils font. Ennui. Ils crachent

lit-on. De la bave qui se donne pour ce qu’elle est. Rien d’autre : déjection.

Je n’ai peut-être pas d’humour ; ou je comprends rien au spectacle. Mon point

de vue, je me retranche en lui. Je ne propose rien. J’aimerais vous rencontrer.

Pas pour vérifier. Je paye pour voir. Avez-vous d’autres astuces ?

Quelle est votre stratégie ? Contraintes ? Amuses-gueules entre soi ?

Ecrire en 2003 ? Comment écrire en 2003 ? Se mettre un étau sur

le sexe ? S’empêcher de jouir ? Ne pas creuser en soi l’abîme ? Certes, j’utilise

des mots poussiéreux. Je ne suis pas moderne. Je me sens proche des vieux

cons emmurés dans des chateaux. Et puis, rien que

les gueules des écrivains d’aujourd’hui, ça donne ni envie de lire, ou d’écrire.

Roger Laporte : « Je n’écrirai plus que sous la contrainte, celle

de l’amour ou de la mort. »
(Cette contrainte n’est-elle pas plus

vraie que d’écrire un roman sans la lettre E.?)

ETC

Où me conduisez-vous ?

Autologue
A.
Les prénoms des femmes qui ont compté
dans sa vie, sont truffés de A
Il est temps de changer.
coit
Avez-vous récemment fait l’amour dans la mer ?
rêve.
Frôler l’insignifiance comme Keith Jarett.
Programme.
De la vie comme fourniture.
Titre de livre à écrire. (Pas pour moi.)
« Pas de pathos pour Boris.
Thomas Bernhard.
« Mozart c’est aussi le kitsch de la petite culotte ! »
Questions.
Comment vous en sortez-vous ?
Comment allez-vous ?
Que comptez-vous faire ?
Thomas Bernhard
« Nous sommes une tête chercheuse de défauts ! »
Hier soir.
— Pourquoi tu n’es pas naturel ?
— Cela me demande un travail de dingue… alors j’ai arrêté.
Entendu, ou lu
« Je suis beaucoup plus heureux depuis que j’ai renoncé à l’être. »
Questions
Nos expériences se rejoignent-elles quelque part ?
Projet.
Une journée d’images de la vie.
Matin.
Marina me fit écouter le bruit de la mer, le son de l’eau.
Titre de livre.
Le bruit de la mer, le son de l’eau.
Nouvelle.
Les citronniers de Calabre sont arrivés !
Nouvelle
Récemment, nos contemporains ne sont pas très audacieux.
Erreur
Elle a dit « partenaire », j’ai entendu « adversaire. »
Question
Pourquoi ce retour de l’eau ? Ce désir d’eau ?
Post-it
Reprendre « le cerf-volant » pour la revue Vacarme.
Préparer cours d’histoire de la photographie.
Évaluer à nouveau les soi disant amis.
Participer au monde.
Réfléchir sur le « mystique sans dieu » (Roger Laporte.)
Revoir le monde.
Qu’est-ce qui m’a précédé ? (Preuves, vite !)
Envoyer à F.Y. Jeannet la nouvelle version du texte Epreuve.
Ajouter deux pompes de plus par jour.
Etre direct et aimable à la fois.
Nouvelles expériences contre
L’éternel retour du même.
(Pourquoi pas quatres pompes de plus ?)

Où est la vie ?

J’avais demandé à mes étudiants en

photographie d’enregistrer les petits événements,

dans une ville. Les mains ! Amoureux, travailleurs saisis dans

la simplicité d’une action dont le sort du monde

ne dépend pas ! Alors la vie toute entière

fut dans la main d’une jeune femme qui s’agrippe à celle

de son ami ! Photographiez le chaînon, le lien ! Et la vie

ne sera qu’une tendresse et rien d’autre (amoureux sur les bancs publics

pourquoi pas !).Quand un beau geste fait oublier les restes, la vie s’affirme

dans une mécanique factuelle, simple. Un gosse qui ramasse un

caillou, et bien je suis heureux de le voir ! Une femme qui court

sans être poursuivie dans un boulevard en contre-jour, c’est ça !

Commencement de la fiction ! La vie est dans cette minceur,

ouverte aux histoires. L’homme se lève de son banc, jette le

journal dans la poubelle, il fait bien, et il continue sa route. J’ai

vu à travers ce geste la nécessité de se

retrouver et de lâcher le poids du monde. Marche vieillard !

Méthodes du héros.
#8
Il doit avoir le courage d’imaginer sa vie toute entière comme
la recherche méthodique des problèmes, avec ce curieux alibi :
celui d’etre lavé, comme si plus tard, vieux et lâche, il préparait
déjà sa vie dans l’au-delà. Ou bien mourir sainement
sans rien avoir négligé ; sans évitement, sans remords,
en ayant tordu le cou aux bestioles nuisibles, ayant honoré le ciel s’il fut
à un moment honorable, en ayant célébré la terre
quand elle fit pousser de belles fleurs ; vivre à tout prix, pense-t-il ; vaste
commentaire interminable, poser la question sur la bonne partie du monde, se battre
contre tous, et se poser néanmoins comme une personne sage et sereine
dont on ne mesure ni la tourmente ni le bonheur à la fleur de ses yeux.
(Le programme fait de l’homme un héros, entendons-y des vieux attributs :
hardiesse, témérité, persévérance, solitude, etc.
Peut-être du ridicule, mais il fait partie de ceux qui sont en train de fonctionner,
il marche presque tout seul. Quant aux malentendus, on ne peut pas les éviter.)

Est-ce que je peux être lui ?





Trop de foirades dans le monde des à-peu-près !

Si on oublie l’énigme que reste-t-il ?

#38
(En témoin de la vie sordide, intérieur-jour.)
Comment soulager l’énervement ? Ecrire multiplie la haine.
Partir serait mieux mais il a rendez-vous avec une femme,
alors il faut subir ces vieux cons alignés comme
des bocks le long du zinc.
La jeune fille : « Vous m’en voulez ? »
— Absolument !
— Qu’avez-vous fait en m’attendant ?
— Des projets de meurtres !
— Sortons s’il vous plait.
— Bien entendu.
Il faut imaginer le héros s’en allant,
la femme à son bras vers une nouvelle aventure.

Vous…des…nouvelles…oui…sûr…non…

…chaleur…on sait… tous…pas d’histoire…

je me promè…en short…vita nuova…

têtes mortes…disparues…where are you…

parle de loin… une bouche ?…oui…oui…

va mal…comme d’hab…une jeune fille…

de 18 ans…non…des heures…travail…que ça…

plus tard…voyages…qui lit… le petit…

salaud…cinema + hamburger… oui…

quel programme…non…pas vraiment…

heureusement…amis…old times…

vieja vita…j’ai chaud…déprime…

blanche…sans…douleur…ça dure longtemps…

depuis le début…oui…trop chaud…

pour… et vous…non… une jeune fille de 18…

centimètres…au cinema avec elle…

premier rang… voyages ?…oui…Italie…Espagne…

je vous…raconterai……oui…les …nouvelles…oui…

(Texte retiré finalement.)

En vrac

Le retour sur soi : restituer dans
le langage arrêté la vitesse de
la vie.
Idiotie.
Faire des phrases, comme des cabrioles et
se préserver du jugement
que des abrutis sont toujours prêts à dire.
So what ?
Mots courts, traits courts ; examen médical d’un nombril,
cavit&eacute sans profondeur.
Souhaitez-vous faire vaciller le sens ?
Remplissez-moi ce nombril d’images,
gavez -le jusqu’&agrave la satiété.
Oui oui oui
Ce que je fais me renseigne parfois sur qui je suis.
Projets
Rester fidèle au principe selon
lequel l’origine de la phrase est inconnue,
sa destination folle (cachée) —
et sa danse, forcément érotique.
B.L.V.
« Je n’ai jamais été mis en vie. »
Nerfs.
Il s’était mis à détester
les images ancrées dans le quotidien,
les récits nains et peu glorieux de la
vie immédiate ; croyant peut-être
bêtement que la transformation n’est pas
un vain mot, qu’il est toujours possible
de décoller de la misère
(sexuelle, alimentaire, littéraire)
et que rendre compte sans projet
de son impuissance face à la vie,
est une agonie qu’il ne peut plus supporter.
Paris.
A quatre heure du matin, traversant le 17 ème,
croisant des putes fatiguées, il ne faisait
pas très froid, je vous (r)assure.
Bob Dylan.
« I don’t know how much longer I can wait. »
Finale.
to be continued dans l’étonnement sans fatigue
couleur rouge vagues sensations de mobilité
capricio ça fait partie du jeu du seul avec ou sans suivre
la première route vers l’indéfini
soleil se fait rare quand j’ai un besoin urgent de lumière
pour développer mes images.

#18
La voix du héros dont l’écriture est la transcription approximative.

Car personne ne saura si son timbre est grave.

Si la tessiture de sa parole conjugue les variations les plus extraordinaires.

L’écriture est le négatif de sa voix.




Avertissement

Si vous ne vous bridez pas davantage, nous vous couperons la langue.

Exploration dans les mailles du temps,

colmatage des trous d’amnésie, retouches en

tous genres.

« Quel poids que de sentir ! Quel poids que de devoir sentir ! » F. Pessoa.

ô mon amour !

C’est le début du livre pour toi. La chaleur m’oblige

à rester caché dans l’ombre d’une pièce ;

j’ai accroché au dessus du bureau des images

de la mer, de vieilles photographies ; pouvoir enfin s’y rendre, te retrouver et

oublier les vilaines têtes, les noyer ; avant d’écrire ce livre,

je te propose d’éliminer toutes les nuisances qui font obstacle

à notre amour ; nous penserons tous les deux à des meurtres

minutieux, au découpage concerté des vilaines têtes ; oui il nous

faut de la place ! Tu sais comme moi, l’époque se satisfait du minimal,

et bien mon amour nous ferons tomber l’une aprés l’autre ces

dérisions, casserons aussi tous les postes de TV qui menacent

nos vie blanches.

phrase

Une phrase juste : portée à ce point d’incandescence qui attise les mots,

les noue les uns aux les autres. Juste équilibre entre une signification implacable

et un domaine réservé au vacillement, degré second de l’écriture,

domaine du silence.

AUTOLOGIE.
(Il faudrait songer à rassembler et
classer un jour ces notes pour ne pas être
pulvérisé. Etat d’esprit du
moment ? Calme, frivole, tout reste à faire.)

Rouge
La lumière qui venait du dehors transperçait les rideaux
rouges, et diffusait cette couleur dans la chambre d’amour, sur
les draps blancs, peau mate ; je me rappelle la nuit dans le noir quand
elle m’avait avoué le désir de peindre un tableau rouge ;
nous avions donc trouvé à neuf heure du matin
l’origine de la couleur, et celle de son désir d’image.
Texto (from Perros Guirec, Bretagne)
Vive les langoustines, les coquilles st Jacques et les tourteaux !
Titre (idiot.)
Lit et ratures : un personnage nous confie qu’il passe de son bureau
à son lit et accomplit ses besognes (coits, phrases) — qu’il manque
toujours, ça va de soi.
Micro.
Il faudrait qu’à chaque instant de la journée nous
puissions vivre l’insolite, et laisser la surprise décider
de nos pas, sans commander, sans souci de régner,
amoureux de faits parfois ridicules et de situations folles
— juste se désorganiser.
Moderato
Il faut considérer ce lignes d’écriture comme
des bruits ; les associer à la fulgurance d’un doigté
de pianiste que je ne suis plus, — je me tue à vous dire que je ne suis
pas un sémioticien, et ces murmures qui s’inscrivent par accidents,
sont proches des mains de l’enfant, qui veut faire du
vacarme pour se signaler.
Chanson.
 » Je me tue à te dire, qu’on ne va pas mourir. »

Les admirateurs de belles femmes.

Les dingues d’images.

De voitures fuyantes.

De cranes lisses.

De femmes volubiles.

(Peut-on se dévoiler dans l’image ? Helas non, Felix. )

ETC

TRAITS COURTS

(Autologie aussi comme recyclage de vieux

machins d’il y a quelques années,

crachés ici et maintenant pour m’en débarrasser.)

Plûmé

Le matriarcat acharné volait ses plûmes à

des bébés cigognes abandonnés.

Le clan des mères s’en paraient les cheveux, riaient entre elles, et moi

— tremblant sous la table — je caressai mon pelage en claquant du bec.

Cette loi de l’alternance est aussi un motif, ou plutôt une épreuve
qu’il faut accepter, sans ressentiment ; lorsqu’une phase d’abattement
rend le travail impossible, espérer pouvoir à nouveau retrouver
ce pouvoir de dire, d’exister en somme puisqu’on a pu enfin accepter le péril,
car cette loi est bien entendu une machine infernale !

VOUS NE PASSEREZ JAMAIS A LA TV

Contre-texte.

Agacé par certaines expressions que des intellectuels

pratiquent, s’échangent. De l’ordre de…

…C’est une force de proposition…
.

Utiliser ce type de langage, comme stratégie d’évitement

du réel, forcément violent — indomptable.

Être pédant, c’est avant tout parler par peur de la Présence .

Refuge dans la soi-disante culture, couverture.

Pédant ? Adopter le code par crainte de l’informe.

ETC

Du jour au lendemain

« SOUMETS TOI TOUT ENTIER A TON MEILLEUR MOMENT. » P.V.

Comment poursuivre ? Voilà la question
qui m’avait occupé jusqu’au moment crucial
(dimanche matin) où je décidais
sans consulter mes femmes, mes docteurs, de changer
du tout au tout en reprenant sur un autre mode le travail : fini
le temps de l’éparpillement aux quatre coins du désir,
temps perdu d’errance sans consolation, vite, une autre voie plus
lumineuse (même si le soleil faisait encore défaut) avec
un face à face émouvant comme une image fixe
découpée sur un film de Bergman en silence,
bouche ouverte qui ne dit rien, sentence revenue d’une très
vieille lecture (Blanchot Au Moment Voulu, 1996, Limousin)

« FAIS EN SORTE QUE JE PUISSE TE PARLER. »

MECHANT

Nous dinons et L.C. nous avoue que selon

sa psychanalyste, elle serait enfin entrain de braver l’interdit

de l’inceste.


« Tant que tu resteras humaine » lui dit son mari.

L’après-midi, je sors de la galerie 779. L’homme des lieux

me dit : « Vos images, sans être documentaireS, nous parlent

de l’opérateur disparu. Je vous rappelle mardi prochain »

Plus tard, café (etoile manquante), une conversation entre deux jeunes filles :

— Parfois j’ai envie de faire l’amour avec des nanas comme toi.

— T’aimer le plus profondément possible.

Derrière, deux hommes commentent les petits garçons

qui passent, je change de place, scandalisé.

INTERDIT DE L’INCESTE ? RETOUR D’ŒDIPE EN PUISSANCE MAMA !

Plus tard avant de diner nous guettons une table qui va se libérer.

Une voiture manque de m’écraser, je reconnais Sophie Calle

qui sort du bolide et qui fonce vers moi pour me dire

UNE PLACE RUE RAMBUTEAU J’Y LAISSE MA VOITURE 6 MOIS !

Je ris, elle sait que je sais qui elle est ; je ne lui rappellerai pas qu’il y a

deux ans j’ai accroché ses croutes aux rencontres d’Arles !

OPERATEUR DISPARU ?

MAMA !

AUTOLOGIE
(Le héros accumule des notes dont il
ne sait que faire ; fourre-tout encombrant.
Il a décidé maintenant de s’en délester.
L’exercice — qu’il appelle pompeusement AUTOLOGIE
ressemble donc à cela :)

Bravo.
J’ai envoyé ce soir, par texto à
des femmes nombreuses éparpillées au bord
de la méditerranée :
« nuit sans air à Paris ».
Triste
(C’est tout, trop court, pense-t-elle.)
Weil
« La grandeur, de nos jours, doit prendre d’autres voies.
Elle ne peut d’ailleurs être que solitaire, obscure et sans écho…
(or, pas d’art sans écho). »

Titres
Compléments d’objets.(Ne pas me voler merci.)
Diatribes contre une femme ailée.(Me la retrouver, merci.)
Mots de passe.
L’identité pleure.
Atroce.
Quand je dis je, j’ai l’impression de recevoir une claque dans la gueule.
10 rue, de Rome.
Belle serveuse, belle comme une gravure d’intérieur, sage et décorative.
Vérifier plus tard
Inanité de ceux qui écrivent, de tout ce qui s’écrit.
Difficulté
Comment écrire un cri ?
Handke.
« Il ne percevait rien, cela lui tombait sous les yeux. »
Projets.
Ecris comme tu penses comme tu vis comme tu veux.
Téléphone
Une femme parle :  » Je ne comprends rien. »
Le jeune homme dit :  » Je ne t’entends pas. »
Bis
Si je pouvais parler d’un autre point de vue
que le mien, croyez-le, je le ferais.
Oui.
Tu vois une chose et tu penses &agrave une autre.
?
Il n’y a que des défauts.
Radio
La misère ne te secoue pas assez.
Souvenir.
« Si tu continues à jouir en moi, tu seras père avant la fin du mois. »
Roman
Dans le cafouillis d’un carrefour, j’arrivai pour me faire plaquer,
jeté du haut d’une histoire, devant une femme plus âgée
que moi dont j’avais tout espéré, y compris la mort.
Duo.
Le suce-suce panique
(expression trouvée en buvant un verre d’eau.)
Naufrage du non-sens
(expression trouvée en pissant.)
Drame
Toute pensée se produit sous l’autorité absente
(ce qui est la pure preuve du pouvoir) de L.
Scandale
Le séduction et ses immondes banderolles.
Drame II
Plus j’écrirai, moins j’aurais l’impression d’avoir dit quelque chose.
Trio
Un homme, une femme, le monde.
Après l’inventaire, il ne subsiste que ça
Fable
Tout est bien qui finit enfin
Image.
Le string de la maman baissée via Giosue Carducci.
Triste.
Besoins d’&eacutechanges réguliers avec des spirituels estimables.
Baudelaire
« Et le printemps adorable a perdu son odeur ! »

Parole vaine du héros

« Je me suis perdu plusieurs fois dans le corps des femmes.
J’y ai laissé des mèches de cheveux, des livres
dans leurs chambres, des photos collés/offertes sur les glaces
des salles de bains, dans lesquelles j’étais fier (sometimes)
de me trouver beau, la femme attendait blottie dans un lit froid.
Ce que je suis : sans ressemblance avec mon image : embrasser une
femme c’est comme passer de l’autre coté de moi-meme ; c’est
pourquoi j’ai avoué à G. que le risque du baiser (le premier)
est toujours une épreuve. Si par lui je coincide avec mon image,
je me laisse oublier, je me laisser regarder, j’aime et je peux etre aimé. »

Le juste retour de soi aux choses, plutôt.



Cher ami, tu m’as sauvé du silence, et maintenant, mes gestes ne sont plus étriqués ; j’ai confiance dans la violence qui me dirige ; elle est juste. C’est le cri de soi dans une pièce où personne ne m’entend. Le violence est juste ; elle dit un monde de joies, et enferme les doutes dans des pierres. Les mots et les choses roulent dans ma tête, et j’expulse ce vacarme en trouvant le ton juste — pour arriver tranquillement sur une plage, et me baigner en changeant de peau.(Excès d’images…)

« Et c’était toute sa vie qui m’inspirait du désir. » Proust

Approche du héros

Fréquemment, le héros décide de vadrouiller dans Paris
pour laisser son regard circuler ; il a remarqué que depuis quelques
semaines, il observe avec obstination certaines facades d immeubles en cours de rénovation. Est-ce que cela veut dire quelque chose ? Souvent son attention privilégie aussi des détails insignifiants qui ne produiraient pas de
tr&egraves jolies images. Il apprend ces agencements de choses banales,
sans les classer :

femme lisant dans un parc, pigeons en groupes sur grilles d aération, fils électriques emmelés, minuscule tete d enfant émergeant &agrave la
surface d une haie, miroir brisé posé contre la porte d un magasin de jouets,
poignet en spirale d’une porte vitrée, numéros écrits à la craie
sur l asphalte, balai agité par un corps sans sexe apparent, homme allumant une cigarette sous une échelle, graffiti de cinq minuscules soldats sur un mur blanc, enseigne d un hotel dont il manque quatre lettres etc.

Il se dit que s il ordonnait cela, il comprendrait quelque chose ; certes le monde
resterait une énigme, mais il pourrait relier ces visions à son imaginaire.
Le risque ? Constat que ces regards de choses banales fassent de lui un etre banal ?
Et alors ? Et bien ainsi, il le saurait, et pour de bon.
(Doit-on lui laisser encore le désir de croire au caché, à l invisible,
au symbole, à toutes ces sornettes qui ne font que retarder la sentence qui suit ?
Si peu à voir, si peu à vivre, si peu à penser, si peu à attendre.)

« Qu’est-ce que résister ? C’est avant tout
avoir la force de décréer ce qui existe,
décréer le réel, être plus fort que lui. »

Giorgio Agamben

Passer son temps à le passer de corps en corps
(Phrase entendue dans un demi sommeil.)

PRAXIS ETC FETE DE L’INTELLECT BABIOLES FOIRADES

A prendre ou à laisser ; à consommer

sur place, ne surtout pas ramener à la maison ; genre

nouveau = easy-writing, ou action-writing.

Voir quelques lignes plus bas pour informations, ou s’adresser

à la caisse pour contact.

Nota Bene

Les affaires de l’âme ne nous concernent pas ;

Le compte-rendu de votre intimité, non plus.

La fiction nous fatigue.

Le langage du héros vaste problème.
Comment puis-je en meme temps exprimer une émotion,
communiquer une pensée ; qu’on me reconnaisse sans
me caricaturer, parler d’autre chose que de ce que je suis en
train de dire, laisser le sens plurivalent mais précis quand meme ;
moins allusif que Mozart, aussi pointu que Webern, drole, sincère,
grave, catastrophique, touchant, aimable ?

Tout à la fois ? Plutot se perdre.
Le héros fonctionnera pas à pas.
« Quelle immensité et quelle misère dans le langage ! »
Le héros ne devra pas comparer le langage &agrave un monde
car il n’est pas po&egravete.
Il bravera les tentations lyriques, et revera comme il se doit, &agrave de grands récits.

(Langage monstrueux, imagin&eacute, volé, inventé, combiné, mélangé.)

Elle

Pas un jour où il ne pensait pas à elle.

Elle se laissait parfois saisir, puis lui faisait volte-face.

Il la coursait, sans qu’elle fût devenue une ennemie.

Il savait bien qu’un tel jugement sur elle l’aurait rendue à

tout jamais hors d’atteinte. Depuis qu’il la convoitait, il avait fallu ruser :

elle pouvait à tout moment l’intimider au point de le laisser choir.

Pas question de créer un conflit, à coup sur il le perdrait.

Elle s’offrirait à lui uniquement s’il était clair avec lui-même.

Pourquoi une telle détermination à désirer posséder

quelque chose qui n’a pas encore de visage?

Il persévérait en dépit de son inconsistance,

et des railleries de son entourage.

Il avait une foi superbe et c’est pourquoi rien de l’arrêterait.

ETC ETC ETC ETC ETC

ETC ETC ETC ETC ETC

ETC ETC ETC ETC ETC

ETC ETC ETC ETC ETC

ETC ETC ETC ETC ETC

Comment vous appelez-vous ?

(Appelez-moi)

Un avertissement

Comme écrire est une souffrance, j’utilise maintenant

un petit dictaphone : je parle, j’enregistre, puis je transcris

plus tard ce que j’ai dit. Le travail me semble être

une besogne physique, moins mentale, moins angoissante, et

les voisins me prennent pour un fou.

PROSE YO-YO.

Choses (re)vues©
Il dit que la date de l’IVG© coincide avec l’anniversaire de la
mort de son père©, et pense qu’il est grand temps d’aller
voir un psychanalyste©.
pertes de temps©
Hier : conférence de J. B©. sur Nietzsche©
puis des verres pas frais chez P. Dorfman©,
puis des bières aux 9 billards©
puis ce soir on va palabrer chez Villepoix©
et puis il y aura Perrotin.©
puis le sentiment de n’être pas vraiment à ma
place, que vivoter© ainsi parmi des mous©
ne convient guère à notre souci des quatres
murs© ; mais il faut bien contenter C©. venue d’Italie© pour
épater la gallerie ; d’accord pour ces histoires©,
les plus courtes sont les meilleures !

Vous n’aimez pas la vie ?

Post it

Photographier serait l’art de l’errance à la portée de tous.

Pour mon amie M :  » une pure folie. »

Dans un café de la gare de Lyon, à mes pieds, un moineau
très loin du ciel, sautille sur le revêtement caoutchouteux et bullé.

Saccades

L’après midi sera consacrée
à la confection de la troisième
maquette de mon livre d’images.
(Successions de gestes, passage de corps
improbables en couleurs, dans des villes
visitées en 2000/2002 : Kiev, Damas,
Istanbul, Milan, Paris, Marseille).

Initialement le livre s’appelait DEFILEMENT.
Mais A.C. trouve que le titre annonce un fonctionnement
cinématique (séquentiel), alors
que chacune des images est à lire individuellement.
Pas dormi.
Au réveil, (solution) trouvé SACCADES, je suis heureux.
(Le projet comporte 32 images et une dizaine de pages de notes
sur la photographie.)

— Saccades : à-coup, accidents, interruptions, surprises, failles…

-(repentirs)

« (…) les mains du Greco ont toujours l’air de lavettes
sales et mouillées. »
T. Bernhard.

Corbac & Boris

Deux ou trois jours au vert, dans la Creuse,
dimanche après midi, Boris
nous rejoint en compagnie de son corbeau qui
s’appelle Corbac, l’oiseau s’agrippe d’épaules
en épaules, il est est nourri de wiskas
pour petits chats ; il grimpe sur la table
mais chie dessus, je le prends alors pour le déposer
sur la branche d’un noisetier, mais Corbac revient
aussi tôt vers nous, et le soir, quand Boris rentre
chez lui pour rejoindre sa femme, Corbac
me manque atrocement.

Parole vaine du héros
#7
Héros car je m’invente sans cesse, je n’ai pas de seuil,
je ne contiens aucune essence, aucune rareté,
aucune singularité ; héros car cela ne me satisfait
pas mais cela me regarde — plus jeune ceux que j’aimais, je souhaitais
leur prendre leur ame, leurs pantalons, leurs femmes ; h&eacuteros,
puisque je conçois la vie comme l’invention de soi à chaque fragment
de temps insensible aux communs,
(betise du temps soi disant partagé !) ;
héros, car le désir de construire l’emporte
sur le chaos (si séduisant soit-il) ; héros,
car j’ai beaucoup de taches à accomplir ;
héros, en fin car il faudra qu’au bout du compte
cette entreprise touche aussi ceux que ne je connais pas.

Oui et la mort et bien quoi ?

CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT

Chacun semble utiliser le langage comme s’il allait de soi ; personne pour faire son procès ; on a l’impression qu’il est facile d’avancer, de noircir des pages, et que votre cheminement est évident à suivre. Quelle est seulement votre exigence ? Les critères de cette exigence surtout. ANSWER SVP.

Les pages d’un héros (extraits)

Il y a donc le héros : créature inconnue, burlesque et tragique.
(Quoique je n’ai pu explorer que le second registre.)
Il y a le rapporteur : celui qui espionne faits gestes et pensées du
héros. Homme au niveau juste du réel : vivant.
Et l’autre, le scribe, l’homme du bureau dont je suis peut-etre le plus proche.
Il écrit.Une voix extérieure me coupe à l’instant :
 » Vos complexités ne sont-t-elles pas exagérées ? »
Dois-je répondre à toutes les objections ?
Nous sommes inquiets.
Et d’ailleurs qui etes-vous ?
Les critiques.
Les hommes au niveau juste de la raison. Nous nous marrons, c’est tout.

#34
On n’a jamais fini de remettre le sujet sur le feu.
Pour le saisir à point il faudrait inventer un langage nouveau,
aussi fulgurant que lui.
L’accompagner, ne pas l’arreter.
Découper soigneusement chacune des tranches du temps où il s’est exposé.

C. m’a raconté que son homme l’insulte quand il lui fait l’amour.
Une phrase revient régulièrement :
“ Montre moi comment elles aiment jouir les petites putes. ”

Matin pluie d’une aurore mêlée, c’est toute ma peau qui la voit.,

Francis Ponge :  » Jeunesse : « Qualités d’un être
ou d’une chose qui n’a pas encore acquis toutes les qualités
dont il (ou elle) est susceptible. »

Où cela avait-il commencé ? Que pouvais-je envisager ?
Revenir ? Chercher les causes premières ? Oublier ? Me briser le cou ?
Une peuplade d’images, faussées par les medias, les contes et les livres,
m’insupportaient, et contre le récit que je pouvais faire de mon enfance,
je préférais encore mettre à jour une nouvelle porte,
définitivement close, oubliée.



Voyeur, acteur, spectateur — vous choisirez pour

moi, merci d’avance.

La garder absolument en soi.
Mais l’extraction est impossible, et tu le sais, je ne dirais
pas bof car la chose est bien trop précieuse, je
préfère la conserver au centre de ma vie,
plutôt que de l’exposer au regard des autres ; car elle
n’est que ce centre de ma vie et m’enchante
comme tu ne peux l’imaginer ; certes, elle me pèse parfois,
mais pas le projet d’en faire un objet de décoration,
je l’observe chaque jour davantage, je l’astique,
car ce n’est qu’en elle que je peux être sauvé.


tu pensais vraiment en arriver là me laissant
de l’autre côt&eacute sans rien à prendre de ce
temps qui nous avait unis oubliant aussi l’image
que tu aimais m’entendre décrire celle de
nos corps en sang en joie
au présent je t’en prie l’image est ce présent
perpétuel hors d’atteinte mais qu’est-ce que ça veut dire
je résiste au désir de te rejoindre je fais
durer l’éternité mais qu’est-ce que ça veut dire
pourquoi du côté de la plume j’ai à débroussailler
le sens alors que depuis l’enfance je rêve formes
mélange palettes échanges
m’étant battu à mort pour
éliminer les phrases entre nous sucer
jusqu’à la fin les pauses les points
pour filer ensemble dans le mouvement
des choses en face c’est le mot par l’image
quand enfin je retrouve le ciel sans
pouvoir le nommer mais qu’est-ce que ça
veut dire la nuée la fatigue l’usure
la perte la mort de l’eau du point de l’image
à force d’avoir voulu savoir nommer pointer
nos efforts n’ont plus tenu tu le sais alors je me rattache
à n’importe quel signe pure de la vieille présence
nos corps en face gênés par la parole
silence mais qu’est-ce que ça veut dire ça ne dit plus rien
et ne passe plus que par le silence
caché sous leurs mots.

Mode d’écriture qui repose sur l’exposition

immédiate de la phrase. Lecture

contemporaine de l’écrit. Temps

de travail aboli, rumination interdite. Ecrire

pour se débarasser de sa pensée,

lourde ou trop légère. On ne garde surtout

pas sa morve trop longtemps dans sa bouche,

on crache.

C’est comme ça, ça pourrait être pire.

Trois images de C. Napoli, 2002.

« Moi aussi, j’ai eu de ces professeurs avec leurs airs
de flûte pervers et avec leur pincement de guitare pervers (…)
ces sentimentalo pathétiques suppôts de l’état
à l’index dressé. »
T. Bernhard.

Ce qu’il faut faire

Dans ton texte, laisse apparaître les ratures, repentirs, contre l’idée

dégoûtante de la réussite, et du prêt à admirer.

ETC.

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