Fable.

Le photographe connut crise si forte qu’il se débarrassa

des image prises depuis 20 ans. Il avait tout photographié.

Et ces choses l’avaient dépassé.

II se sentit trahi ; comme si les images parlaient à voix haute :

“ Nous n’avons aucun intérêt. Nous sommes des copies.

Tu ne sais pas quoi faire de nous. Nous sommes devenus gênantes, sans signification. ”


Le photographe avait passé sa vie à ordonner

des éléments monde ( ce qu’il appelait le monde se limitait uniquement à

ce qu’il connaissait — illusion dont il prit conscience vingt années après

dans la solitude et la tristesse.

“ Je me suis trompé, dit-il. A quoi bon photographier une femme ou un abat-jour que j’aime ?

Primo, je ne les connaîtrai pas davantage.

Secundo, ce qui est visible me répugne.

Tertio, j’ai banalisé ma vie en la doublant. ”


Alors il descendit ces images à la poubelle, détruisit son appareil.

Quand il remonta, il s’adressa à sa fenêtre et lui parla :

“ A nous deux ma coquine, je te regarderai désormais sans aucun intérêt,

seule façon de comprendre, sans vouloir, te digérer. ”


Et il la palpa en fermant les yeux

Intensité

Pourquoi un livre écrit sans style (sans revendiquer

un style) me fascine, plutôt qu’untel qui use du langage

comme d’un pétard ?

Des noms !

Vieux mythe de l’écriture blanche, blanchotienne.

« Degré zéro » etc.

Ecriture réduite &agrave un pure outil ;

oublier d’urgence le rêve de se fondre

dans ce qu’on dit. Instrumentalisation avant toute

chose. Le récit, vite ! Fadaises psychologiques

laissées aux autres.

Degr&eacute Zorro de l’écriture !.(Justice, violence etc.)

Efficacité. Vite !

Oedipe au placard.

Roger Laporte au cachot.

Proust attaché à la robe de môman.

Rêve d’une écriture dont la sensibilité ne

serait pas trop pantelante.

Auteur disparu ?

Pulvérisé ?

 » Que mon effacement soit ma façon de resplendir ! «  (Jaccottet)

ETC

Pages du h&eacuteros (à la campagne)
Le corbeau vient de me regarder ouvrir à
nouveau les paupières, d’un air &eacutetrange,
j’ai eu l’impression de n’etre pas un homme
(aucune méfiance de sa part), ni une proie possible ;
si les corbeaux m’ignorent, j’ai déjà gagné
quelque chose, mais quoi ? La permission de voir, peut-etre.
Je me plais à penser que les alouettes sont d’accord
pour que je contemple leur plumage, que le pie vert est enchanté
que je sois un auditeur qui apprécie sans culture son hennissement ;
il y a les branches méandrines, le coucou qui pourrait folatrer,
je ne lui ferai pas de mal, je suis l&agrave en ami, sans sciences,
je l’ai dit, mais plombé d’idées imprévues.
Ce que je vois se double de morts, d’imaginaire. Pourquoi est-ce ainsi ?
Et pourquoi surtout résister ?
La bombe cosmique est lachée, je l’ai déjà
prévenue, et je continue dans un mélange d’angoisse
et de bien-etre, et il faut etre fort pour ici faire naitre une tension à
partir d’un si paisible paysage.

Texte à ne pas lire, pas relu moi, le scribe ADC.

Expérience vaseuse au milieu de la nuit, juste pour voir

comment ça fait. Alors ? Laissez-moi le temps de dire deux

ou trois choses. Bilan sur l’écriture ? Mêlée à

quelques verres en trop. Couillon de moraliste. Et à part ça ?

Que voulez-vous ? Que vous vous étonniez de ce que vous dites.

Mal barré. Relisant je trouve ça à chier,

frigide. Souhaitez-vous être obscène ? Pas besoin d’un interlocuteur

pour l’être, passez votre chemin. J’aide votre parole à ne pas trop

délirer. Dit il y a quelques semaines que j’écrivais

dans les marges de votre attente. Veut rien dire. Dialogue absurde.

Je remue en moi tous les hommes qui ont dit du mal de mon travail.

En vous adversaires se cristallisent les voix désagréables

qui ont voul ma perte. Comme vous y allez ! Les plumitifs entre eux sont sans

pitié. Stop je dis. Stop il ont dit. Et je suis trop ivre pour continuer.

Parole vaine du héros

« Je me suis perdu plusieurs fois dans le corps des femmes.
J’y ai laissé des mèches de cheveux, des livres
dans leurs chambres, des photos collés/offertes sur les glaces
des salles de bains, dans lesquelles j’étais fier (sometimes)
de me trouver beau, la femme attendait blottie dans un lit froid.
Ce que je suis : sans ressemblance avec mon image : embrasser une
femme c’est comme passer de l’autre coté de moi-meme ; c’est
pourquoi j’ai avoué à G. que le risque du baiser (le premier)
est toujours une épreuve. Si par lui je coincide avec mon image,
je me laisse oublier, je me laisser regarder, j’aime et je peux etre aimé. »

How does it feel ?
(To be a complete unknown ?)

Like a rolling stone

Parole vaine du héros.
#52
Tentation de dépassement que l’impatience encourage à
se réaliser ; un grand coup de pied au maigre édifice,
une insouciance scandaleuse dans l’entrée aux portes du nouveau ;
c’est la clef d’une phrase différente ; mais je suis encore au même niveau ;
l’illusion d’avoir traversé des épreuves tombe, le pétrin
s’ouvre aux éternelles souffrances, je radote, je recommence.

Autologie.
L’hésitation entre le mot et l’image —
magistral Michaux :
« Je peins pour me déconditionner du verbal. »
Soleil (15h/18h)
Pas travaillé
Douleur :
Les lentilles ont macéré dans
un verre d’eau, yeux rouges, il n’aurait pas du
dormir chez A.
Conversation :
— après-midi bizarre, non ?
— (…)
« Je crois que c’est le caf&eacute, il m’a hyper stressée » M.G.
Scandale.(ou nuisances.)
1.Temps.
2.Commerçantes (celle des cigarettes.)
3.Sentiment de parfaite normalité
4. Trop de choix.
Réjouissance
Me concerne.
Le héros ne divulguera pas son quotidien.
Difficulté
Je lis pour me perdre ou me (re)trouver ?
(Vagues relents d’images des heures récentes,
« grande vague du moi », sentiments romantiques :
seul, exclusivement seul.)

Entourage.
Au trois quart féminin.
Carte postale
« Etre à 10 000km de Paris,
en plein été sur une île aux Caraibes
et attraper une grippe terrassante est une idée
idiote. C’est celle que j’ai eue. Je t’embrasse. FR. »

Cuisine
Filet de Merlan + pommes de terres surgelées.
Remarque.
Fidèle &agrave sa pensée en restituant son mouvement (chaos.)
Remarque.
— Où dormir ce soir ?
— Ensemble dans un verre d’eau.
Bonheur
Le héros en apprend autant que vous sur lui, en écrivant.
Difficult&eacute
Quand lire et écrire deviennent une seule et même chose.
Voyage.
Partir de Aden jusqu’à Oman ?
Reprise.

La femme de faire une sélection.

Les admirateurs de belles femmes.

Les dingues d’images.

De voitures fuyantes.

De cranes lisses.

De femmes volubiles.

(Peut-on se dévoiler dans l’image ? Helas non, Felix. )

ETC

Erratum.
(Compris l’impossibilité de parler en mon nom.
Plutôt se demander ce qu’il y a derrière le nom.
Avant le nom. Une créature épouvantable ?
Un sauvage que je me propose d’apprivoiser. La création
du héros comme un ego d’expériences, momentané, textuel.
Un être abstrait. Un moule dans lequel tout peut se fondre.
Même si le héros est une force vide, je suis responsable de lui puisque je l’ai crée. )

Maintenant, il va falloir falloir prendre des mesures : fichages

des faussaires, décoration des héros, congratulations diverses selon la qualité des interventions hors de chambres etc.

Il y a parfois de biens curieuses annexions. Un bide.

On lui dit « très sceptique », il entend « stress optique »,
il est photographe.

HOW DOES IT FEEL ?

Méthodes du héros.
#8
Il doit avoir le courage d’imaginer sa vie toute entière comme
la recherche méthodique des problèmes, avec ce curieux alibi :
celui d’etre lavé, comme si plus tard, vieux et lâche, il préparait
déjà sa vie dans l’au-delà. Ou bien mourir sainement
sans rien avoir négligé ; sans évitement, sans remords,
en ayant tordu le cou aux bestioles nuisibles, ayant honoré le ciel s’il fut
à un moment honorable, en ayant célébré la terre
quand elle fit pousser de belles fleurs ; vivre à tout prix, pense-t-il ; vaste
commentaire interminable, poser la question sur la bonne partie du monde, se battre
contre tous, et se poser néanmoins comme une personne sage et sereine
dont on ne mesure ni la tourmente ni le bonheur à la fleur de ses yeux.
(Le programme fait de l’homme un héros, entendons-y des vieux attributs :
hardiesse, témérité, persévérance, solitude, etc.
Peut-être du ridicule, mais il fait partie de ceux qui sont en train de fonctionner,
il marche presque tout seul. Quant aux malentendus, on ne peut pas les éviter.)

Est-ce que je peux être lui ?




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Voyeur, acteur, spectateur — vous choisirez pour

moi, merci d’avance.

Lu tard dans la nuit un livre terrible

Fatigué, repris cours de photographie,
moulin à paroles pour les images des autres
(monologue devant des têtes silencieuses) — numéros
comme d’hab. — je fais le pitre, j’amuse la galerie ; dehors il pleut
(une étudiante me dit : « mais qui est-il ? ») — nous
avançons dans la journée qui s’opacifie, en même
temps que mon regard fatigué.(Demain idem).

Comment vous appelez-vous ?

(Appelez-moi)

ETC ETC ETC ETC ETC

ETC ETC ETC ETC ETC

ETC ETC ETC ETC ETC

ETC ETC ETC ETC ETC

ETC ETC ETC ETC ETC

Autologue.
# -1
Je ne pourrais le percevoir qu’à distance, comme si je me souvenais
de la vie d’un mort.

Et pourtant les bruits, les paroles des autres sont si près de lui,
que je le vois maintenant, presque sous mes yeux.

Tout est prêt.

« Il ne me reste plus qu’à m’en emparer. »

Là. Rien au-delà. Présent.

Tentation de ne voir plus que les choses minuscules.
Tentation de n’aimer que l’ombre dévorante
de l’amour que je ne m&eacuterite pas.

C. m’a confié :

« peur dans un grand restaurant de mettre à hurler, &agrave
danser nue sur une chaise. »

Mais toute allusion à la vie est un déchirement,
comme si je bafouais son silence,
son secret.

Viol du réel par le langage, c’est très sérieux et
vraiment ressenti comme tel.

Fermeture des yeux du héros, main saisissant le front
stressé de notre homme, extinction de la lumière, fermeture du lieu.





CINDY DON’T READ THOSE BOOKS !

Pataques cérébral
amour-art
jouissances intercédées
politique oblique
dispositif machinal
jardins de la tête d’or
la jeune femme et moi
ciel inconnu
la femme éléphant a chié rouge
extension du doigté
le ciel est tout
le safran était dans le coup

#34
On n’a jamais fini de remettre le sujet sur le feu.
Pour le saisir à point il faudrait inventer un langage nouveau,
aussi fulgurant que lui.
L’accompagner, ne pas l’arreter.
Découper soigneusement chacune des tranches du temps où il s’est exposé.

 » Faut-il écrire tout ce qui est pensé à propos d’un sujet ? »
(Phrase lue quelque part, mais où ?)

Où me conduisez-vous ?

La garder absolument en soi.
Mais l’extraction est impossible, et tu le sais, je ne dirais
pas bof car la chose est bien trop précieuse, je
préfère la conserver au centre de ma vie,
plutôt que de l’exposer au regard des autres ; car elle
n’est que ce centre de ma vie et m’enchante
comme tu ne peux l’imaginer ; certes, elle me pèse parfois,
mais pas le projet d’en faire un objet de décoration,
je l’observe chaque jour davantage, je l’astique,
car ce n’est qu’en elle que je peux être sauvé.

« Le temps fait violence ; c’est la seule violence. » S. Weil.

Facile.

Je défie quiconque d’affirmer que les sonates de Mozart

pour piano sont douces.. Les coupables sont rassurés par ce

qu’ils croient entendre. Mais ils stagnent dans une mauvaise interprétation

de la vie et de la musique. Erreur… Je le clame. Et je les entends déjà

vitupérer : l’énergumène, où veut-il en venir ?

Pas tout de suite les enfants.

Que regrettez-vous ?

Au commencement, comme tout le monde, je me suis dit : quel délice,

quel mouvement suave ! Puis écoutant inlassablement la même sonate,

elle devint odieuse. Je me mis à entendre autre chose… Je ne sais quoi…

comme s’il y avait une moquerie cachée dans la mélodie.

Mozart se foutait de moi. Mais je ne tombai pas dans le panneau. Dés les

premières notes, on s’attend à trouver une émotion.

Là ? rien…un défi grotesque sur lequel les épisodes

de ma vie ne font que buter. Et la musique continue de m’humilier ; elle diverge de mon

âme. Je suis exaspéré par cette douceur qui n’est qu’un cri avant la

sécheresse de mon cœur.Quoi alors ces sonates ? Des regrets de regrets.

Où cela avait-il commencé ? Que pouvais-je envisager ?
Revenir ? Chercher les causes premières ? Oublier ? Me briser le cou ?
Une peuplade d’images, faussées par les medias, les contes et les livres,
m’insupportaient, et contre le récit que je pouvais faire de mon enfance,
je préférais encore mettre à jour une nouvelle porte,
définitivement close, oubliée.

PROSE YO-YO.

#36
Percevoir la vie des autres à travers ce qu’ils en disent avec
admiration, tristesse que la sienne lui semble si pauvre, sans urgences,
bien inférieure à leur emploi du temps chargé. Ne rien planifier,
et subir quelques années après les conséquences d une
existence pas assez prise au sérieux ; il écoute comme un
enfant les projets de E. qui n a pas une minute à perdre, il est ravi pour elle,
cette attention est aussi douce que d ouvrir un livre de récit fantastique.

Le langage du héros vaste problème.
Comment puis-je en meme temps exprimer une émotion,
communiquer une pensée ; qu’on me reconnaisse sans
me caricaturer, parler d’autre chose que de ce que je suis en
train de dire, laisser le sens plurivalent mais précis quand meme ;
moins allusif que Mozart, aussi pointu que Webern, drole, sincère,
grave, catastrophique, touchant, aimable ?

Tout à la fois ? Plutot se perdre.
Le héros fonctionnera pas à pas.
« Quelle immensité et quelle misère dans le langage ! »
Le héros ne devra pas comparer le langage &agrave un monde
car il n’est pas po&egravete.
Il bravera les tentations lyriques, et revera comme il se doit, &agrave de grands récits.

(Langage monstrueux, imagin&eacute, volé, inventé, combiné, mélangé.)

KAFKA M’A DIT HIER SOIR AU TELEPHONE :

« Dans ton combat avec le monde, seconde le monde. »

MAIL DE PROUST (ce matin) :

« Les années heureuses sont les années perdues,

et on attend une souffrance pour travailler. »


TEXTO DE STENDHAL (à midi) :

« Mes jugements ne sont que des aperçus. »

Cette loi de l’alternance est aussi un motif, ou plutôt une épreuve
qu’il faut accepter, sans ressentiment ; lorsqu’une phase d’abattement
rend le travail impossible, espérer pouvoir à nouveau retrouver
ce pouvoir de dire, d’exister en somme puisqu’on a pu enfin accepter le péril,
car cette loi est bien entendu une machine infernale !

Parole vaine du héros.
Je n’accepte pas ma faiblesse ; celle de mon corps,
et j’éprouve plus que personne mes limites, et
je devine qu’il peut se passer quelque chose,
mais l’effort qui doit m’y mener me navre ;
la lacheté, ce n’est pas la mienne ; c’est la
fatigue du monde — son usure —qui est responsable ;
quelque chose du dehors me menace, et perturbe
le sens d’un devoir naturel : celui d’etre l`,
davantage que les autres.

Pourquoi avoir honte de sa vie intérieure ?

(Texte retiré finalement.)

Plûmé

Le matriarcat acharné volait ses plûmes à

des bébés cigognes abandonnés.

Le clan des mères s’en paraient les cheveux, riaient entre elles, et moi

— tremblant sous la table — je caressai mon pelage en claquant du bec.

VOUS NE PASSEREZ JAMAIS A LA TV

BIEN ENTENDU QUE JE SUIS JOYEUX !

— Je vous attends.
— Vous me semblez trop disponible.
— Et alors ?
— Je n’aime que les gens pressés, désagréables.

C. m’a raconté que son homme l’insulte quand il lui fait l’amour.
Une phrase revient régulièrement :
“ Montre moi comment elles aiment jouir les petites putes. ”

Epreuves (Extraits)
A peine réveillé, j’ouvrais le placard ;
d’abord, un sentiment de joie vécu : comme si j’atteignais
une zone claire en moi, lieu que je ne connaissais pas ; comme un rêve furtif ;
puis la grâce s’étiolait, tu n’émettais plus de lumière,
et je baissais les yeux, pour pleurer, je n’avais rien vu, rien conservé
de cette sensation à travers laquelle j’avais perçu une
vérité silencieuse, si apaisante. Alors je descendais,
furieux contre moi (je n’avais pas approfondi cette vérité
silencieuse ) furieux contre toi (tu n’étais pas ouvert complètement).
Mais comment fallait-il se comporter? Te transformer ?
Te détruire ? Hélas, aucun énoncé ne soutenait le projet.
Pas de mode d’emploi. L’impuissance me faisait pleurer, des pleurs
qui me brûlaient puisque je ne savais pas pourquoi j’étais si triste.



Souvent, recherchant des objets à aimer, j’ai subi le drame
de l’illusion, l’illusion percée après coup, pensant que
ces objets étaient des dieux alors qu’ils n’étaient qu’images.
Etait-ce une ruse de ta part lorsque la photographie dans le placard (la femme qui courait en me souriant) suintait un moment, pour ensuite redevenir neutre, brutalement ?
Comme si tu me mettais à l’épreuve pour mesurer le danger
de l’image et sa formidable attraction vers le vide.
Femme oubliée, disparue. Une cendre que ma complaisance conservait,
parce que elle était la seule trace de mon passé.
La mettre de côté, la retourner eut été douloureux,
mais je connaissais l’importance de ce sacrifice que je finirais par faire pour toi. Car que pouvais-je risquer à présent dans cette aventure ? Me couper du monde ?
Le monde n’était plus que trois ou quatre choses : le supermarché,
le bar, le ciel parfois. Autant l’avouer : le monde était rétréci ;
je ne ressentais plus aucune joie pour ce monde.
De la pure matière indifférente à mes sens !



Autologie, un retour.
Et vint à lui cette idée désarmante
Laquelle ?
Avalée.
« Si écrire ce n’est ni dire, ni nommer, on est mal barré »
Rire (doucement.)
Digérée
Restituée
Sauvée
Michaux : « Je n’écris pas pour construire, juste pour préserver. »
Le silence entre les mauvaises pensées du héros me fatigue.
Indigestion.
Se relire à la gueule de bois.
Et puis exposer tout cela : obscène !
Se réfugier dans les livres des autres ;
dormir dedans, faire l’amour
dans les marges.
Il faudrait qu’à partir de ces notes, on puisse déduire
un certain nombre de choses sur lui.

Ecrire à blanc comme tirer à blanc off course !

Bonnefoy : « Le mensonge du discours est qu’il
supprime l’excès. Il est lié au concept,
qui cherche dans l’essence des choses qu’elles
soient stables et sûres […]. L’excès, lui, est
le craquement de l’essence, oubli de soi et de tout,
joie autant que souffrance par néant. »

Qui seulement écoute ? Ou parle ?
Gesticulations verbales insensées.
Images vides du monde.
Centres décentrés.
Infatigable exercice au devant d’une femme.
Elle serait morte et assisterait loin d’ici aux
virtuosité ridicules, comme toutes
virtuosités qui se doivent de l’etre,
RIDICULES.
Mais on insiste.
Quelque chose doit absolument se faire savoir.
Nous ne savons pas encore quoi.

Je n’avais pas eu l’impression de réaliser
une action décisive.Il se saisit du bonheur
uniquement pour faire battre plus
vite son cœur. Au moment voulu, tu diras à tes amis :
« N’importe où dans le monde ! « 

Maurice Blanchot, cet eros


« SOUMETS TOI TOUT ENTIER A TON MEILLEUR MOMENT. » P.V.

Comment poursuivre ? Voilà la question
qui m’avait occupé jusqu’au moment crucial
(dimanche matin) où je décidais
sans consulter mes femmes, mes docteurs, de changer
du tout au tout en reprenant sur un autre mode le travail : fini
le temps de l’éparpillement aux quatre coins du désir,
temps perdu d’errance sans consolation, vite, une autre voie plus
lumineuse (même si le soleil faisait encore défaut) avec
un face à face émouvant comme une image fixe
découpée sur un film de Bergman en silence,
bouche ouverte qui ne dit rien, sentence revenue d’une très
vieille lecture (Blanchot Au Moment Voulu, 1996, Limousin)

« FAIS EN SORTE QUE JE PUISSE TE PARLER. »

Le juste retour de soi aux choses, plutôt.

Approche du héros

Fréquemment, le héros décide de vadrouiller dans Paris
pour laisser son regard circuler ; il a remarqué que depuis quelques
semaines, il observe avec obstination certaines facades d immeubles en cours de rénovation. Est-ce que cela veut dire quelque chose ? Souvent son attention privilégie aussi des détails insignifiants qui ne produiraient pas de
tr&egraves jolies images. Il apprend ces agencements de choses banales,
sans les classer :

femme lisant dans un parc, pigeons en groupes sur grilles d aération, fils électriques emmelés, minuscule tete d enfant émergeant &agrave la
surface d une haie, miroir brisé posé contre la porte d un magasin de jouets,
poignet en spirale d’une porte vitrée, numéros écrits à la craie
sur l asphalte, balai agité par un corps sans sexe apparent, homme allumant une cigarette sous une échelle, graffiti de cinq minuscules soldats sur un mur blanc, enseigne d un hotel dont il manque quatre lettres etc.

Il se dit que s il ordonnait cela, il comprendrait quelque chose ; certes le monde
resterait une énigme, mais il pourrait relier ces visions à son imaginaire.
Le risque ? Constat que ces regards de choses banales fassent de lui un etre banal ?
Et alors ? Et bien ainsi, il le saurait, et pour de bon.
(Doit-on lui laisser encore le désir de croire au caché, à l invisible,
au symbole, à toutes ces sornettes qui ne font que retarder la sentence qui suit ?
Si peu à voir, si peu à vivre, si peu à penser, si peu à attendre.)

des pleurs alors nous avons franchi un cap

tu es ouvert et sans vulv-garité

torrent oui oui ça passe ça vient

petits jets de phrases absconses

pour les demoiselles en tongs

dont les jolies robes me font penser

parfois à des nappes de pique-nique

des pleurs ? pourquoi des pleurs ?

ha oui faciliter la connection, l’accrochage

des engins dans la mécanique du

plaisir vous n’avez que ce mot rikiki

plaisir et petites bouffes pénardes

sur les quais des Seine, mon dieu c’est

pas glorieux, mon dieu vous pleurez pour

un POEME PROEME PROBLEME

mangeons mangeons mangeons-nous

On revient toujours ici pour dire sa chose, la cracher, lit-on ;
Bizarrement, l’écran de mon ordinateur supporte
encore la salive, c’est sa sève.

Avertissement.

Ecrire, se provoquer, se dresser — en se donnant

des règles. Passage du sauvage à l’enfant

scrupuleux qui chaque jour fait ses lignes d’écriture.

Au désir de renouer avec la toile, vacance : forme ?
petits jets de petites choses. Pour préserver comme
dirait l’autre, pas pour construire.

Impératif fatras, mélange,
c’est tout ce que je peux faire, et vaille que vaille.

Oui, parfois qualité douteuse. Gommage interdit.

FINE ART

Corbac & Boris

Deux ou trois jours au vert, dans la Creuse,
dimanche après midi, Boris
nous rejoint en compagnie de son corbeau qui
s’appelle Corbac, l’oiseau s’agrippe d’épaules
en épaules, il est est nourri de wiskas
pour petits chats ; il grimpe sur la table
mais chie dessus, je le prends alors pour le déposer
sur la branche d’un noisetier, mais Corbac revient
aussi tôt vers nous, et le soir, quand Boris rentre
chez lui pour rejoindre sa femme, Corbac
me manque atrocement.

Autologue
A.
Les prénoms des femmes qui ont compté
dans sa vie, sont truffés de A
Il est temps de changer.
coit
Avez-vous récemment fait l’amour dans la mer ?
rêve.
Frôler l’insignifiance comme Keith Jarett.
Programme.
De la vie comme fourniture.
Titre de livre à écrire. (Pas pour moi.)
« Pas de pathos pour Boris.
Thomas Bernhard.
« Mozart c’est aussi le kitsch de la petite culotte ! »
Questions.
Comment vous en sortez-vous ?
Comment allez-vous ?
Que comptez-vous faire ?
Thomas Bernhard
« Nous sommes une tête chercheuse de défauts ! »
Hier soir.
— Pourquoi tu n’es pas naturel ?
— Cela me demande un travail de dingue… alors j’ai arrêté.
Entendu, ou lu
« Je suis beaucoup plus heureux depuis que j’ai renoncé à l’être. »
Questions
Nos expériences se rejoignent-elles quelque part ?
Projet.
Une journée d’images de la vie.
Matin.
Marina me fit écouter le bruit de la mer, le son de l’eau.
Titre de livre.
Le bruit de la mer, le son de l’eau.
Nouvelle.
Les citronniers de Calabre sont arrivés !
Nouvelle
Récemment, nos contemporains ne sont pas très audacieux.
Erreur
Elle a dit « partenaire », j’ai entendu « adversaire. »
Question
Pourquoi ce retour de l’eau ? Ce désir d’eau ?
Post-it
Reprendre « le cerf-volant » pour la revue Vacarme.
Préparer cours d’histoire de la photographie.
Évaluer à nouveau les soi disant amis.
Participer au monde.
Réfléchir sur le « mystique sans dieu » (Roger Laporte.)
Revoir le monde.
Qu’est-ce qui m’a précédé ? (Preuves, vite !)
Envoyer à F.Y. Jeannet la nouvelle version du texte Epreuve.
Ajouter deux pompes de plus par jour.
Etre direct et aimable à la fois.
Nouvelles expériences contre
L’éternel retour du même.
(Pourquoi pas quatres pompes de plus ?)

Parole vaine du héros
#7
Héros car je m’invente sans cesse, je n’ai pas de seuil,
je ne contiens aucune essence, aucune rareté,
aucune singularité ; héros car cela ne me satisfait
pas mais cela me regarde — plus jeune ceux que j’aimais, je souhaitais
leur prendre leur ame, leurs pantalons, leurs femmes ; h&eacuteros,
puisque je conçois la vie comme l’invention de soi à chaque fragment
de temps insensible aux communs,
(betise du temps soi disant partagé !) ;
héros, car le désir de construire l’emporte
sur le chaos (si séduisant soit-il) ; héros,
car j’ai beaucoup de taches à accomplir ;
héros, en fin car il faudra qu’au bout du compte
cette entreprise touche aussi ceux que ne je connais pas.

Avertissement

Le désir d’écriture est plus fort que celui d’être lu.

Du jour au lendemain

CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT

Tout le monde devant le portrait de quelqu un pourrait
se reconnaitre.
« C est lui, c est moi. »
Pas question de s émerveiller,
de le prendre pour modèle,
la peau incandescente vient
déchirer ses sourires, et quand on le voit
(image solarisée)
on peut se dire : mais il a perdu sa forme,
il a déjà cramé sa présence.

Il y a eu donc quelqu un, et je veux le retrouver.
Présenter le banal,
sans histoires, sans biographie, sans visage.
Si tel est le projet,
à quoi bon continuer ?
Foi dans le personnage de quelqu un.
En lui, je vois mes héros favoris dans la vie littéraire.
Comme si, en faisant cet effort de le dessiner,
je me me mélangeais
aux créatures de nulle part.

Parole du héros
La persévérance ? Oui, quand bien
même l’objet de la recherche serait vain, ou impossible
à atteindre, seul l’effort donnerait du sens à
l’épreuve ; c’est le mouvement du travail qui reste
sacré, la cible pourrait ne pas exister, il en serait de
même : l’acharnement, oui c’est le mot juste, pourquoi ?
mystère acharnement à montrer que rien n’est
évident.
Danger.
Considérer que le sens
de sa recherche est hors de soi,
est une mort à
petit feu.

Page improbable du journal du héros
(Hiver 2003)
Ce soir, désir de retrouver les points sensibles
d’une journée réussie .
Matinée triste, j’écris à J.P.R. lui fait part de mon ambition
d’enseignant en art, structure plus solide que celle ou j’officie maintenant.
J’évoque aussi l’écriture, prise entre « acte et reverie. »
(Il me semble qu’elle conservera toujours cette double instance.) Déjeuner.
Rendez-vous avec M. qui souhaite me montrer son travail photographique.
En avance de deux heures, j’en profite, pour la troisième fois, pour aller
à l’exposition Roland Barthes, à Beaubourg.
Trop de fétiches, de jolis bibelots.
A une table d’écoute, des textes favoris du critique sont audibles
via un casque, autour de cette table ronde, où en face, une jeune
femme se plaint et trouve que la voix du lecteur qui lit un passage
du Temps Perdu est affreuse. Je la trouve — elle — adorable.
Conversations autour des images de M. Images trop factuelles,
factices à mon gout. Je l’encourage cependant.
Deux heures de paroles, et de corps séparés.
M. avoue sa crainte de la normalité.
Je ne l’aime pas, elle ne m’invite pas à la désirer, je suis à l’aise.
Fatigues, interruption, entre « acte et reverie. »
Lectures : livre 5 des confessions, ainsi que les affinités électives.
Je suis à l’aise.

« Avide de renouer avec le dehors, sa folie est d’attendre des réponses à
des messages qu’il n’envoie plus. » L.R. des Forêts.

Axiome

La tentation du n’importe quoi, du désordre,
de l’imprévu, de l’accident, d’une vie
d’aventures ; de chambres en chambres, villes
inconnues — je passe dans le temps comme
si quelqu’un ou quelque chose me coursait
pour me brûler les fesses.

TRAITS COURTS

(Autologie aussi comme recyclage de vieux

machins d’il y a quelques années,

crachés ici et maintenant pour m’en débarrasser.)

ô mon amour !

C’est le début du livre pour toi. La chaleur m’oblige

à rester caché dans l’ombre d’une pièce ;

j’ai accroché au dessus du bureau des images

de la mer, de vieilles photographies ; pouvoir enfin s’y rendre, te retrouver et

oublier les vilaines têtes, les noyer ; avant d’écrire ce livre,

je te propose d’éliminer toutes les nuisances qui font obstacle

à notre amour ; nous penserons tous les deux à des meurtres

minutieux, au découpage concerté des vilaines têtes ; oui il nous

faut de la place ! Tu sais comme moi, l’époque se satisfait du minimal,

et bien mon amour nous ferons tomber l’une aprés l’autre ces

dérisions, casserons aussi tous les postes de TV qui menacent

nos vie blanches.

« Once upon a time you dressed so fine
You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?
People’d call, say, « Beware doll, you’re bound to fall »
You thought they were all kiddin’ you
You used to laugh about
Everybody that was hangin’ out
Now you don’t talk so loud
Now you don’t seem so proud
About having to be scrounging for your next meal.

How does it feel
How does it feel
To be without a home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely
But you know you only used to get juiced in it
And nobody has ever taught you how to live on the street
And now you find out you’re gonna have to get used to it
You said you’d never compromise
With the mystery tramp, but now you realize
He’s not selling any alibis
As you stare into the vacuum of his eyes
And ask him do you want to make a deal?

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns
When they all come down and did tricks for you
You never understood that it ain’t no good
You shouldn’t let other people get your kicks for you
You used to ride on the chrome horse with your diplomat
Who carried on his shoulder a Siamese cat
Ain’t it hard when you discover that
He really wasn’t where it’s at
After he took from you everything he could steal.

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home…

Like a complete unknown
Like a rolling stone?

 » Et c’était toute sa vie qui m’inspirait du désir !« 

PRAXIS ETC FETE DE L’INTELLECT BABIOLES FOIRADES

A prendre ou à laisser ; à consommer

sur place, ne surtout pas ramener à la maison ; genre

nouveau = easy-writing, ou action-writing.

Voir quelques lignes plus bas pour informations, ou s’adresser

à la caisse pour contact.

Exploration dans les mailles du temps,

colmatage des trous d’amnésie, retouches en

tous genres.

En vrac

Le retour sur soi : restituer dans
le langage arrêté la vitesse de
la vie.
Idiotie.
Faire des phrases, comme des cabrioles et
se préserver du jugement
que des abrutis sont toujours prêts à dire.
So what ?
Mots courts, traits courts ; examen médical d’un nombril,
cavit&eacute sans profondeur.
Souhaitez-vous faire vaciller le sens ?
Remplissez-moi ce nombril d’images,
gavez -le jusqu’&agrave la satiété.
Oui oui oui
Ce que je fais me renseigne parfois sur qui je suis.
Projets
Rester fidèle au principe selon
lequel l’origine de la phrase est inconnue,
sa destination folle (cachée) —
et sa danse, forcément érotique.
B.L.V.
« Je n’ai jamais été mis en vie. »
Nerfs.
Il s’était mis à détester
les images ancrées dans le quotidien,
les récits nains et peu glorieux de la
vie immédiate ; croyant peut-être
bêtement que la transformation n’est pas
un vain mot, qu’il est toujours possible
de décoller de la misère
(sexuelle, alimentaire, littéraire)
et que rendre compte sans projet
de son impuissance face à la vie,
est une agonie qu’il ne peut plus supporter.
Paris.
A quatre heure du matin, traversant le 17 ème,
croisant des putes fatiguées, il ne faisait
pas très froid, je vous (r)assure.
Bob Dylan.
« I don’t know how much longer I can wait. »
Finale.
to be continued dans l’étonnement sans fatigue
couleur rouge vagues sensations de mobilité
capricio ça fait partie du jeu du seul avec ou sans suivre
la première route vers l’indéfini
soleil se fait rare quand j’ai un besoin urgent de lumière
pour développer mes images.

Si je pouvais parler d’un autre point de vue que le mien,
croyez le bien, je le ferais.

« Car c’est toujours un rien, mais niaisement sentimental,
anti-hygiénique. »
Proust

Mode d’écriture qui repose sur l’exposition

immédiate de la phrase. Lecture

contemporaine de l’écrit. Temps

de travail aboli, rumination interdite. Ecrire

pour se débarasser de sa pensée,

lourde ou trop légère. On ne garde surtout

pas sa morve trop longtemps dans sa bouche,

on crache.

C’est comme ça, ça pourrait être pire.

Vous n’aimez pas la vie ?

Il en vient à penser que lorsque la peur s’atténue,
qu’il a bravé la folie, et avec elle cette proximité de mort
– il n’a plus rien à perdre ; il se laisse donc conduire dans
la confiance vers un espace blanc qu’il imagine etre le lieu
du repos, celui du bonheur. Quel serait l’avantage de ce lieu ?
Quel serait ce lieu ? Transparence. Rien au-delà.

Le lieu de la pure visibilité.

#3
Apparemment, vu de l’extérieur, tout va bien.
Il ne vit pas en marge du monde, n’a pas tué son père, paye ses factures.
A quatre vingt dix pour cent comme vous et moi. Mais…

Cachée derrière le a ?

Textes pour rien

« Qu’est-ce que résister ? C’est avant tout
avoir la force de décréer ce qui existe,
décréer le réel, être plus fort que lui. »

Giorgio Agamben

MECHANT

Nous dinons et L.C. nous avoue que selon

sa psychanalyste, elle serait enfin entrain de braver l’interdit

de l’inceste.


« Tant que tu resteras humaine » lui dit son mari.

L’après-midi, je sors de la galerie 779. L’homme des lieux

me dit : « Vos images, sans être documentaireS, nous parlent

de l’opérateur disparu. Je vous rappelle mardi prochain »

Plus tard, café (etoile manquante), une conversation entre deux jeunes filles :

— Parfois j’ai envie de faire l’amour avec des nanas comme toi.

— T’aimer le plus profondément possible.

Derrière, deux hommes commentent les petits garçons

qui passent, je change de place, scandalisé.

INTERDIT DE L’INCESTE ? RETOUR D’ŒDIPE EN PUISSANCE MAMA !

Plus tard avant de diner nous guettons une table qui va se libérer.

Une voiture manque de m’écraser, je reconnais Sophie Calle

qui sort du bolide et qui fonce vers moi pour me dire

UNE PLACE RUE RAMBUTEAU J’Y LAISSE MA VOITURE 6 MOIS !

Je ris, elle sait que je sais qui elle est ; je ne lui rappellerai pas qu’il y a

deux ans j’ai accroché ses croutes aux rencontres d’Arles !

OPERATEUR DISPARU ?

MAMA !

Il ne faudrait lire que lorsqu’on a soif, puis pisser,
(écrire) mais plus tard, quand on ne peut plus se retenir.

Contre-texte.

Agacé par certaines expressions que des intellectuels

pratiquent, s’échangent. De l’ordre de…

…C’est une force de proposition…
.

Utiliser ce type de langage, comme stratégie d’évitement

du réel, forcément violent — indomptable.

Être pédant, c’est avant tout parler par peur de la Présence .

Refuge dans la soi-disante culture, couverture.

Pédant ? Adopter le code par crainte de l’informe.

ETC

Elle

Pas un jour où il ne pensait pas à elle.

Elle se laissait parfois saisir, puis lui faisait volte-face.

Il la coursait, sans qu’elle fût devenue une ennemie.

Il savait bien qu’un tel jugement sur elle l’aurait rendue à

tout jamais hors d’atteinte. Depuis qu’il la convoitait, il avait fallu ruser :

elle pouvait à tout moment l’intimider au point de le laisser choir.

Pas question de créer un conflit, à coup sur il le perdrait.

Elle s’offrirait à lui uniquement s’il était clair avec lui-même.

Pourquoi une telle détermination à désirer posséder

quelque chose qui n’a pas encore de visage?

Il persévérait en dépit de son inconsistance,

et des railleries de son entourage.

Il avait une foi superbe et c’est pourquoi rien de l’arrêterait.

Tu pourrais faire quelque chose de ta vie : tes talents
ne manquent pas. Exercer un métier ?
Pour camoufler une activité plus secrète.
Parfois tu iras bien loin de tes origines.

Après-midi.
Suites.
Recyclés
Quand j’étudiais à Arles,
Jacques Serena (écrivain de l’écurie Minuit,)
m’a dit qu’il copiait sans vergogne des phrases entières
d’autres livres, avec la fierté absurde d’une femme qui
se vanterait de tromper son mari.
(Quoi que Louis-René des Forêts l’aie fait aussi, mais ce ne sont
que des citations involontaires.)
Après-coup.
Ce qu’il a retenu d’une lecture &agrave la surface de Nietzsche,
hier soir, entre 00h05 et 1h07 :
(Mots qu’il lui envie beaucoup :)
« Les amis de la vie. »
« Les êtres manqués. »
« Développe toutes tes facultés — cela signifie
développe l’anarchie ! Péris. »

Portrait.
Se comporte dans les livres comme dans la vie :
en espion, il attend son heure.
Programme.
Reprise d’un texte.
RDV avec A. (au soleil, malgrè le vent frais.)
Tri des images récemment faites.
Gênes :
Les soi disants cultivés
Les médiocres complaisants.
Lecture.
Valeria Piazza :
« Le journal est ainsi par essence le lieu dans
lequel l’appropriation de soi se rend chaque fois
potentielle et pourtant impossible. »

Mail
F.Y J. (écrivain exil&eacute à N.Y) :
 » Bon courage aussi pour vos cours de photo et vos différentes
activités liées à cela. C’est toujours difficile, en effet,
et cela a représenté l’une de mes principales épreuves,
de délaisser ou mettre entre parenth&egraveses la
vie quotidienne, professionnelle, pour écrire, lorsque l’impératif
survient. Il y faut bien de la persévérance.
Mon livre en cours avance cahin-caha, mais sa masse de brouillons me
contraint à ne pas renoncer. Je cite souvent cette phrase de Pavel
Filonov, que je vous ai peut-être déjà recopiée :
« Lorsqu’on éprouve de la difficulté à faire quelque chose,
il faut continuer : c’est en trouvant la solution qu’on fait vraiment qq chose de nouveau. »

Passer son temps à le passer de corps en corps
(Phrase entendue dans un demi sommeil.)

Si on oublie l’énigme que reste-t-il ?

ici »