Le baiser métallique de ma cigarette cokée semble pénétrer l’ombilic de ma langue brûlée. De l’interstice d’une plaie dans ma bouche s’évade une pensée qui se vrille en volutes s’extravase et me provoque une extase.
Pour laver ma blessure je lèche avec indescence les lêvres de ma pensée dont j’embrasse et j’aspire tendrement l’essence.
Vidée peu à peu de mon sang et de ma substance je perds désormais la braise de mes sens.
Je perds désormais la braise de mes sens et doucement mes yeux se détachent de leur orbite les yeux de moi miment devant moi l’émoi d’une danse démente pour suivre la transe de ma pens-ée qui se meut.
Je m’évapore peu à peu au contact incandescent de cette pensée et de mon corps il ne reste plus sur le lit froid que les cendres qui se répandent.
Un dragon point trop écailleux lissait ses moustaches gominées en méditant sur les restes de son repas, déjà envahis par de grasses mouches pourtant affamées. Pourquoi encore et toujours vouloir posséder, se rendaient elles seulement compte de la vacuité de leurs existences ? Philantrope et d’un souffle, il abrégea ses pensées par une crémation générale.
« aujourd’hui, c’est une journée spéciale: si tu fait bien attention, tu remarqueras que tout le monde ressemble à Jean Gabin. Dans les cafés, tout le monde parle avec un drole d’accent parigot, même les filles se mettent à porter des casquettes un peu de coté, et les gens ont un petit regard bleu mouillé, comme Jean Gabin. Si tu allumes la télé, tu verras sans doute un des enfant de Jean Gabin, sa fille ou son petit fils qui trainent sur le plateau de Drucker; ou bien un acteur diras avec un regard pénétré et une voix rocailleuse: « t’as de beau yeux, tu sais », ou bien ça pourrais être la rediffusion de « la bête humaine »… c’est Gabin day… »
The truth is that none of our thousands of nuclear weapons can protect us from these terrorist threats. President Clinton said that we are a target because we stand for democracy, freedom, and human rights in the world. Nonsense! We are the target of terrorists because our government stands for dictatorship, bondage, and human exploitation. We are hated because our government has done hateful things. We did it in Iran. We did it in Chile. We did it in Vietnam. In country after country, our government has thwarted democracy, stifled freedom, and trampled human rights. In short, we should do good instead of evil. Who would want to bomb us? Did you know that in 1986 the World Court convicted America of being a war criminal for its crimes committed in Nicaragua in ’83 and ’84? More about understanding Geoge W Bush and his cabinet, NATO, the oil, US inner Politics after 11 September. . .
je viens de voir « la jetée » de Chris Marker (comme PNPLMN ?) et je repense à un vieil album des X-men où pour changer un futur ravagé par la guerre et les camps les héros décimés en 2013 envoient Kitty Pride Raspoutine vers 1980 pour modifier le passé et changer les voies offertes. déjà discutant avec Maurice G. DanteX de « Babylon Babies », les liens avec les X-men nous semblaient évidents et essentiels.
le récitant : d’après les experts, il existerait une méthode secrète ‘sannen-goroshi » qui consiste à porter un coup entraînant la mort à coup sûr au bout de trois ans.
Tout le monde devant le portrait de quelqu un pourrait se reconnaitre. « C est lui, c est moi. » Pas question de s émerveiller, de le prendre pour modèle, la peau incandescente vient déchirer ses sourires, et quand on le voit (image solarisée) on peut se dire : mais il a perdu sa forme, il a déjà cramé sa présence.
Il y a eu donc quelqu un, et je veux le retrouver. Présenter le banal, sans histoires, sans biographie, sans visage. Si tel est le projet, à quoi bon continuer ? Foi dans le personnage de quelqu un. En lui, je vois mes héros favoris dans la vie littéraire. Comme si, en faisant cet effort de le dessiner, je me me mélangeais aux créatures de nulle part.
#28 Ne faire son portrait qu’à partir de ce que les autres ont dit (récemment) de lui : faussement humble, minet, play-boy, impatient, petit, tourmenté, ambitieux, cynique, coureur, superficiel, satisfait, à l’aise etc. Et s’ils avaient raison ? Bigre ! Ce sont les yeux et les mots des autres qui me font ? Salauds ! Cela ne se passera pas comme ainsi ! ».
#23 Parole vaine du héros. La voix souveraine, elle revient, c’est ça : tressautements de sensations et je parcours le temps, je revis en une minute les dernières journées, et je vois un esprit insatisfait, une tête bien faite. E. m’a dit que j’aimais la douceur de mon visage. Est-ce ainsi qu’il faut lire les traits du héros ? Douceurs sourdes. Je ne vois pas pourquoi je m’interdirais de relier mon bonheur à l’écoute d’une cantate. Et si la quête du héros c’était de se rapprocher de dieu ? Ha non. Pas sérieux. Pas aujourd’hui. Pas dans l’époque. Et je me tairais enfin ? A la droite ? Le ciel ? Oui j’aime regarder le ciel. Mais cela ne prouve rien. Le héros veut anticiper, brûler des étapes, se brûler la vie pour un chemin somptueux. Est-ce que je mérite cette éternité ? Cette facilité ? J’écoute donc la voix souveraine de Barbara Hendriks au nom du père inconnu. Et j’attends. Posture essentielle du héros, chasseur grotesque ; mouche aux ailes d’anges.
Fiche d’identité : Nationalité : Hurleuse Activité principale : Hurler. Description physique : grande bouche, amplitude des poumons Maladies connues : la Hurle (maladie incurable, très grave, et contagieuse à ce qu’on m’a dit).
Hurler de joie. Hurler de rage. Hurler quand je jouis. Hurler pendant mon sommeil. Lui hurler que je l’aime, mais qu’il faut qu’il fasse la vaisselle. Hurler à la lune. Hurler dans le métro. Hurler sous coke. Hurler sur mon chien. Hurler sur mon boss. Hurler au téléphone. Hurler vers la mer, la voix portée par le vent. Hurler toute seule dans un champ. Hurler en permanence. Hurler partout et en toutes circonstances. Hurler intérieurement.
Vos problèmes matériels et professionnels trouveront leur aboutissement ce jeudi, ne perdez pas espoir Coté coeur, aujourd’hui est une journée interessante, une rencontre est possible si vous vous laissez guider par votre instinct Santé : attention à l’abus d’excitants, mangez de la viande blanche
A sucer des poires belle-hélène Les mains pleines de confitures Et les lèvres peintes de haine Lorgnant là-haut le ciel azur Où les japs se démènent A détourner des Boeing A descendre ceux qui rechignent Oh mon Dieu qu’ils ont mauvaise mine
Je suis fier de ne rien faire ) Fier de ne savoir rien faire ) (x2)
Je n’ai même pas le courage D’aller pointer au chômage Oui bien sûr j’ai le bon âge De pouvoir placer dans ma vie Tous mes talents inusables Et mes charmes infinis C’est dur d’être si feignant Quand on aime tant l’argent
La garder absolument en soi. Mais l’extraction est impossible, et tu le sais, je ne dirais pas bof car la chose est bien trop précieuse, je préfère la conserver au centre de ma vie, plutôt que de l’exposer au regard des autres ; car elle n’est que ce centre de ma vie et m’enchante comme tu ne peux l’imaginer ; certes, elle me pèse parfois, mais pas le projet d’en faire un objet de décoration, je l’observe chaque jour davantage, je l’astique, car ce n’est qu’en elle que je peux être sauvé.
– des boyaux dont on fait les cordages des raquettes de tennis – des gommes dont on fait des boules dont on fait des mystères – 8 queues de rechange dont on fait un fouet (pour les jeux SM) – quelques âmes de rechange dont on fait commerce quand on est peu scrupuleux – Un moteur à réactions, des vieilles moustaches, une langue à donner aux enfants pour qu’ils rapent le fromage..
(N on)tropo lyrico. D’un réseau à l’autre, il manque toujours l’image, la voix, le corps ; je les invente, je déplace le foyer dans un autre lieu ; avez-vous déjà été brûlée ? Il y a des interdits, ces limites me fatiguent ; trop chaud, la toile est increvable. Il n’y a aucune image derrière, pas d’être ; des flammes m’ont promis que j’aurais le droit de conserver les restes de nos paroles.
elle semblait comme happée par l’ombre et l’inconnu, et me laissait seul avec mes regrets et ma tristesse,
je me souviens qu’elle a beaucoup pleuré à cette période, peut etre plus que moi,
je ne pouvais pas lui en vouloir, je l’aimais et je crois qu’à sa manière, meme si elle prétendait le contraire, elle m’aimait encore
ses petites marques d’affection, ses coups de fil fréquents pour s’enquérir de mon moral, nos diners et nos sorties au théatre… notre complicité, tout me montrait qu’elle m’aimait encore
je revois ton sourire et tes cheveux que j’aime tant caresser, ils me plaisent autant qu’au premier jour et cette image me contente et me contentera encore longtemps
Vracarme Et il en vint à penser qu’il n’y avait pas de second degré, que le secret n’avait plus de prestige, la confidence, aucune classe, gesticulations vulgaires (des bruits sans significations), pas de promesses, d’extensions, humour limité jouissance minimale, méfiance — voilà comment parfois il voyait le monde, et voià que ce sale monde pouvait à tout moment se contaminer à ses rêves il comprenait très bien les déjections des modernes, leurs cynismes, et leur manque insensé de goût.
« J’ai appris qu’elle fréquentait un autre garçon ; je me suis dit que mon manque de bravoure m’avait fait gâcher une occasion. Je vais lui déclarer, mon amour, maintenant qu’il n’y a plus d’enjeu. J’en sais trop rien, je pense que je garderai le silence, je ne suis pas suffisamment courageux. » « Dis pas ça »
«…/ J’entre dans cette nef et j’appelle : ho, ho. L’écho me gratifie aussitôt en stéréophonie de la seule réponse distincte mais décevante dont me juge digne l’Inconnu : ma propre voix, tournant dans ce fatras condamné de palans et de poutrelles. Et je songe à tant d’hommes qui n’ont même pas fini là-dessous de purger quelle peine, puisqu’il faut recommencer ailleurs. Et que peut-être on devrait sauvegarder certains de ces sanctuaires, pour faire comprendre ou pour faire peur, quand on va se croyant seul, à l’abri de la menace, un dimanche, sous le libre ciel. /…»
Parfois le simple envoi d’un e-mail a quelque chose d’incroyablement vertigineux. Un banal clic de souris devient presque une mise en abîme. Pris d’une audace rare, on cherche à repousser ses limites, on en vient à rédiger un truc invraisemblable, qui ne passerait ni sur le papier, ni à l’oral, ni à l’image. Paradoxalement, le truc en question est souvent anodin, voire insignifiant, presque dérisoire. Et pourtant, sublimé par l’e-mail le message est comme transfiguré ; gravé dans le pixel, il est investi d’une énergie illimitée. Une amitié peut se briser d’un seul clic ; une histoire d’amour peut naître, le cours d’une action peut s’effondrer, etc., vous connaissez le principe. Et surtout, il y a ce moment indicible où tout va basculer, ce moment où l’on s’apprête à cliquer sur « envoyer ». Quelle jouissance, quelle sensation grisante, c’est un jet de dés tragique – non, c’est un tir de missile, et peu importe les dégâts collatéraux, seul compte cet instant magique où l’on appuie sur un bouton en se disant « est-ce bien raisonnable ? ». La montée d’adrénaline persiste encore quelques longues minutes après le clic – il faut la savourer ; parce qu’à cet instant précis, quoiqu’on ait fait, on a encore raison.
L’orage toujours purifie, et la nature semble presque comme en plein orgasme, tellement puissant, quand la foudre lui saisit le bas-ventre et que le tonnerre eructe tandis que ses arbres s’ arrachent
« Fading : Epreuve douloureuse selon laquelle l’ëtre aimé semble se retirer de tout contact, sans même que cette indifférence énigmatique soit dirigée contre le sujet amoureux ou prononcée au profit de qui que ce soit d’autre, monde ou rival. » Fragments d’un discours amoureux, Roland Barthes
Tout en marchant le long de l’eau, il murmura : « J’ai besoin d’une infirmière. » Elle lui rétorqua du tac au tac : « Si ce n’est que cela, tu en trouveras pléthore ! – Ah ? – Ben oui, répondit elle en secouant la tête d’un air navré, mais combien de temps cela durera, personne ne peut le dire et puis il faut que tu ne sois pas trop exigeant. – Bon, si tu le dis. ». Il se replongea, avec un certain soulagement, dans son abîme de perplexité sur la nature des femmes, abîme quotidien et protecteur, qu’il n’aurait jamais du quitter. Après plusieurs heures, il ne se souvint que de sa mèche de cheveux, qui gracieusement indiquait ses yeux limpides.
La reine des glaces m’avait banni des terres de L’Ouest et c’est le coeur lourd que je franchis pour la dernière fois les portes d’argent dont la cruelle engeance des fées me prive à tout jamais
#34 On n’a jamais fini de remettre le sujet sur le feu. Pour le saisir à point il faudrait inventer un langage nouveau, aussi fulgurant que lui. L’accompagner, ne pas l’arreter. Découper soigneusement chacune des tranches du temps où il s’est exposé.
Tu me baises bien, là, oui, comme je t’aime Il n’y a que toi pour me baiser comme ça Il n’y a qu’un toi, il n’y a qu’un moi Il n’y a que toi pour me baiser comme ça Il n’y a que moi pour être baisée comme ça par toi (…)
Autologie. L’hésitation entre le mot et l’image — magistral Michaux : « Je peins pour me déconditionner du verbal. » Soleil (15h/18h) Pas travaillé Douleur : Les lentilles ont macéré dans un verre d’eau, yeux rouges, il n’aurait pas du dormir chez A. Conversation : — après-midi bizarre, non ? — (…) —« Je crois que c’est le café, il m’a hyper stressée » M.G. Scandale.(ou nuisances.) 1.Temps. 2.Commerçantes (celle des cigarettes.) 3.Sentiment de parfaite normalité 4. Trop de choix. Réjouissance Me concerne. Le héros ne divulguera pas son quotidien. Difficulté Je lis pour me perdre ou me (re)trouver ? (Vagues relents d’images des heures récentes, « grande vague du moi », sentiments romantiques : seul, exclusivement seul.) Entourage. Au trois quart féminin. Carte postale « Etre à 10 000km de Paris, en plein été sur une île aux Caraibes et attraper une grippe terrassante est une idée idiote. C’est celle que j’ai eue. Je t’embrasse. FR. » Cuisine Filet de Merlan + pommes de terres surgelées. Remarque. Fidèle à sa pensée en restituant son mouvement (chaos.) Remarque. — Où dormir ce soir ? — Ensemble dans un verre d’eau. Bonheur Le héros en apprend autant que vous sur lui, en écrivant. Difficulté Quand lire et écrire deviennent une seule et même chose. Voyage. Partir de Aden jusqu’à Oman ? Reprise.
– il ne pose jamais de questions, je ne sait pas ce qu’il en pense. – tu ne sais pas s’il éprouve de la jalousie ? – son attitude signifie clairement que non…
La statue de la Liberté avait dès sa conception été équipée d’un discret système de motorisation. La robe, d’un bloc, ne permettait pas, bien entendu, une progression imitant un pas humain. En revanche, des roues rétractables couplées à une dynamo lui autorisaient un déplacement lent mais efficient sur une centaine de kilomètres. De même, la tête et les bras disposaient d’articulations assez élaborées bien que terriblement bruyantes. Le cristal placé à l’intérieur du flambeau pouvait, le cas échéant, libérer une énergie comparable à celle d’un éclair, et se rechargeait à l’aide du soleil. L’ensemble était manoeuvrable depuis la France, grâce à un réseau de fils cuivrés plongeant sous l’Atlantique. Pourtant, quand le gouvernement français décida de détruire New York dans un accès de folie, en 1923, la statue était tellement corrodée par l’air marin et les dépôts salins qu’elle ne bougea pas d’un pouce.