les combats avaient été apres lorsque nous livrions bataille contre l’esprit du mal,
une à une, les forteresses noires étaient tombées, submergées par le sang des notres, toujours plus vaillants et plus nombreux
six années ont passé,
j’entends à nouveau résonner les tambours, les notres marchent sur les cités de lumière, la paix est terminée, l’homme régnera enfin, débarrassé du bien et du mal, notre fer tranchera leurs ailes et nos pieds fouleront leurs enseignements les plus sacrés et lorsqu’il ne restera plus rien de ces gorets,
Où cela avait-il commencé ? Que pouvais-je envisager ? Revenir ? Chercher les causes premières ? Oublier ? Me briser le cou ? Une peuplade d’images, faussées par les medias, les contes et les livres, m’insupportaient, et contre le récit que je pouvais faire de mon enfance, je préférais encore mettre à jour une nouvelle porte, définitivement close, oubliée.
– Acheter du feutre pour les pieds de mes fauteuils qui rayent mon parquet – Enduire mon parquet d’un mélange d’huile de lin et d’essence de thérébentine (salon + bureau) – Lancer une machine de blanc (serviettes, torchons, draps…) – Changer les draps (ça commence à faire longtemps) – Trouver une hache de poche (avec un manche en bois, c’est plus rustique -> Bricorama.) – Prendre rendez-vous avec la victime – Te chercher à la gare – Présenter mon travail à Avril.exe (je sais même pas ce que c’est que ce truc) – Aller à un apéro surprise (si il est confirmé) – Rentrer – Te faire l’amour toute la nuit durant (pas trop quand même, parce que dimanche j’ai du boulot)
Autologie. (Avant de déjeuner.) Bizarre. Pourquoi n’ai-je toujours pas développé les dix films noir & blanc des dix dernières semaines de ma vie ? Nuit. Malgré un demi stilnox, insomnies. Projets démentiels. « Chère A. je m’en vais écrire un monologue pour ta voix, ton corps. » Matin. Et les obligations m’obligent à ajourner mes travaux. Musique. Retrouvé un morceau d’enfance (Concerto pour la main gauche) que j’avais découvert chez ma grand-mère à Saint Malo. Nuit. Pour surmonter le temps, je retravaille un texte qui s’appelle épreuve. Mot. Obstacle, Difficulté, Image, voilà que ce que l’épreuve contient. Force. Quelque chose de trop fort bat en moi continuellement depuis quelques semaines, dois-je me mesurer à cette énergie qui semble émaner de nulle part ? Faut-il l’ignorer ? Est-ce une richesse ? Fiction. Et le photographe à décidé de déchirer ses images, elles neutralisent le souvenir, l’apauvrit. Réjouissances. Mercoledi, diner prévu avec Arnaud Claas et sa femme Laura. Repentirs. Détails sordides, je me souviens d’un montage photographique que j’avais appelé « L’intime est ignoble. » Radio. Entendu la semaine derniè chez Veinstein, l’écrivain Pons, qui se plaint aussi de l’intime, et que l’autobiographie n’est souvent qu’une autobiographie des humeurs, qui sont off course d’affreuses choses. Laporte. Solutions : la biographie. Terme dont le sens est inversé il ne s’agit pas d’écrire la vie, mais de suivre au plus prêt la vie de l’écriture. Vie d’homme de côté. Détour. Je vais déjeuner.
Si la guerre était un jeu qu’un homme ou un enfant Pouvait penser gagner Quelle sorte de règle Pour renverser un fou Et laisser la terre comme déteinte ?
Lobotomie papa Lobotomie maman J’ai un trou dans la tête Lobotomie soldat Lobotomie para Je ne crains plus la loi Amputé, Amputé, Amputé J’ai un trou dans la tête Je ne sens plus mes bras Et même si je meurs Je n’ai plus de douleur Amputé, Amputé, Amputé On me demande souvent Pourquoi cette cicatrice La juste derrière mon crâne Dans ma tête il fait noir Dans ma tête un trou noir J’ai du sang plein ma tête Amputé, Amputé, Amputé
Béruriers Noirs – Amputé ( Lobotomie Hôpital )
Quand ils sont arrivés Pour venir me chercher La camisole passée Et après dans le noir Traîné dans le couloir Amputé, Amputé, Amputé La tête dans la baignoire Ils ont pris un rasoir M’ont dégagé le crâne J’me souviens plus de rien Lobotomie merci J’ai du vide pleins ma tête Amputé, Amputé, Amputé Lobotomie amputée Lobotomie amputée Lobotomie amputée Amputé, Amputé, Amputé
notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer
L’ivresse roucoule lorsqu’elle parle de toi, elle dit qu’elle ne sait pas dans quel sens te prendre et que ni à l’endroit, ni à l’envers elle ne fournira de carte d’embarquement en classe loisirs à ce bras qui dépasse de toi
Nuit. Oui, pub-de-soi-auto-promo- ou parodiant le héros = AUTOLOGIE. Ivresse, mitigée. Que s’est-t-il passé ? — La java. (Mon secret sur drames.) IL a rencontré celle qu’il n’aurait pas du voir, par hasard, alors qu’il existe à Paris dix mille boites pour danser. Conversation. — Qu’est-ce que tu fous là ? — Ambiance latino molo. — Romantico solo. — Crazy old times. La jeune fille que le héros n’a pas vue depuis des lustres, se pavane et conserve son accent américain, et avoue que les filles de Boston ne sont jamais polies. Secret violé Errements dans Paris avec A. qui le console comme elle peut. Paroles. — N’importe quoi ? — Poursuivre des fantômes n’est pas un hobby. Avant. — Quel temps ? — Celui des causes… — Bof : tout un roman, notices etc. trop de fatigue pour rendre compte d’une situation banale. — Et alors ? — Auto-promotion, propagande d’une âme. — La vendre ? — Oui. — La partager. Inanité
– On s’est déjà vu, non ? – Ah bon… euh non je crois pas… – Mais si… – Euh… – Ben si, c’était il y a un quart d’heure environ. Sur le dancefloor, en dansant. On s’est regardé mais on s’est pas parlé. – Ah oui… hi hi, c’est vrai… [petit rire espiègle, regard mutin] – Hum… tu… euh… tu veux boire quelque chose ? – Euh non merci, pas pour l’instant… j’vais retrouver mes amis… à plus tard peut-être ? – Euh ouais c’est ça, à plus tard peut-être.
Au début, rien d’autre que l’arrachement au temps présent, et ses chevalets. On recommence. Le sujet ne meurt pas, ne délire pas. Il souffre. On continue.
En passant, en écrivant. Pourquoi, depuis longtemps, écouter Bach me remet dans le droit chemin ? Et oui. Aux dernières nouvelles, le moi serait élastico -hystérique. Arquez-le, placez-y n’importe quoi (un souvenir, une souffrance, un amour) et lancez. Soit il expulsera la chose loin de lui (moi allégé) soit elle lui retombera dessus (moi patatraco -névrotique.) Mauvaise pensée. J’ai trouvé la phrase la plus nulle de l’ignorance de K. « Tout le monde admire sa mère pour sa vitalité » Mais j’ai aussi trouvé la plus belle : « …émue de sa beauté que son corps pleure. » Bonheur. La voix de Glenn Gould qui chante derrière la toccatta. F.B. m’a dit un jour à ce propos : « Il grommelle. » Vanitas. Je me moque de A.C. qui publie son journal de travail (de photographe) en lui rappelant une phrase d’un ami qui le concerne : « A.C. prépare le terrain pour ses futurs biographes. » A.C. rit, un peu vexé, s’en sort victorieux : « Derrida dit justement qu’écrire est indécent ! » SO WHAT ? Bizarre. Nostalgique de la période où je découvrais Proust : Batignolles, automne 1995, souvenirs d’enfance, douce mélancolie. Le vieux Folio élimé sentait la cave où il avait séjourné 20 ans. Téléphone. — D. te trouve suffisant & gueulard. — Je vais l’appeler pour me faire pardonner. Video. C. est une ancienne amoureuse de Turin, venue quelques jours à Paris pour conquérir les galeries. Son énergie l’a transformée en une machine. Plutôt qu’artiste, elle se définit comme stratège et produit davantage qu’elle ne crée. Je me sens alors poussiéreux, pré-moderne. Bach. Le Praeludium en ut mineur BWV 934 me fait penser au cheminement prudent vers un orgasme, lui-même associé à l’éclatement d’une très bonne bouteille de vin blanc. Barthes. » Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimé de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien (…) c’est commencement de l’écriture. » Une telle désespérance ne t’a conduit sous les roues d’une voiture que pour rejoindre les morts. Bach. Agacé parfois par cette méticulosité moqueuse du profane sans méthode que je me surprends à être parfois. Autologie. Invention de soi.
Accoudé au bastingage, on regarde s’éloigner le quai du petit port, puis défiler de belles rives sauvages. Bientôt l’odeur des embruns se fait plus forte.
Après-midi. Suites. Recyclés Quand j’étudiais à Arles, Jacques Serena (écrivain de l’écurie Minuit,) m’a dit qu’il copiait sans vergogne des phrases entières d’autres livres, avec la fierté absurde d’une femme qui se vanterait de tromper son mari. (Quoi que Louis-René des Forêts l’aie fait aussi, mais ce ne sont que des citations involontaires.) Après-coup. Ce qu’il a retenu d’une lecture à la surface de Nietzsche, hier soir, entre 00h05 et 1h07 : (Mots qu’il lui envie beaucoup :) « Les amis de la vie. » « Les êtres manqués. » « Développe toutes tes facultés — cela signifie développe l’anarchie ! Péris. » Portrait. Se comporte dans les livres comme dans la vie : en espion, il attend son heure. Programme. Reprise d’un texte. RDV avec A. (au soleil, malgrè le vent frais.) Tri des images récemment faites. Gênes : Les soi disants cultivés Les médiocres complaisants. Lecture. Valeria Piazza : « Le journal est ainsi par essence le lieu dans lequel l’appropriation de soi se rend chaque fois potentielle et pourtant impossible. » Mail F.Y J. (écrivain exilé à N.Y) : » Bon courage aussi pour vos cours de photo et vos différentes activités liées à cela. C’est toujours difficile, en effet, et cela a représenté l’une de mes principales épreuves, de délaisser ou mettre entre parenthèses la vie quotidienne, professionnelle, pour écrire, lorsque l’impératif survient. Il y faut bien de la persévérance. Mon livre en cours avance cahin-caha, mais sa masse de brouillons me contraint à ne pas renoncer. Je cite souvent cette phrase de Pavel Filonov, que je vous ai peut-être déjà recopiée : « Lorsqu’on éprouve de la difficulté à faire quelque chose, il faut continuer : c’est en trouvant la solution qu’on fait vraiment qq chose de nouveau. »
C’est l’histoire d’une barge, pas belle, coincée, un peu autiste. Elle veut bien qu’on se foute un peu de sa gueule. Mais arrive un moment où il faut arrêter de déconner. Et alors tout le monde crève dans d’atroces souffrances. Et puis sa maman qu’est pas contente parce qu’elle est l’incarnation du mal veut la poignarder. Mais elle la tue grâce à ses pouvoirs magiques. Et puis elle se suicide pour que plus personne l’embête. Et la copine du beau blond (qui est mort dans d’atroces souffrances) est traumatisée à vie. Moralité : j’aime bien le vert pâle.
Fiche d’identité : Nationalité : Hurleuse Activité principale : Hurler. Description physique : grande bouche, amplitude des poumons Maladies connues : la Hurle (maladie incurable, très grave, et contagieuse à ce qu’on m’a dit).
Hurler de joie. Hurler de rage. Hurler quand je jouis. Hurler pendant mon sommeil. Lui hurler que je l’aime, mais qu’il faut qu’il fasse la vaisselle. Hurler à la lune. Hurler dans le métro. Hurler sous coke. Hurler sur mon chien. Hurler sur mon boss. Hurler au téléphone. Hurler vers la mer, la voix portée par le vent. Hurler toute seule dans un champ. Hurler en permanence. Hurler partout et en toutes circonstances. Hurler intérieurement.
… Lâcher prise Tu prends cette petite boule qui fait mal Tu l’extrais délicatement avec tes ongles Tu la mets très loin de toi Tu la visualises très très loin de toi Et tu respires calmement Et ça marche ? Bof …
Autologie. L’hésitation entre le mot et l’image — magistral Michaux : « Je peins pour me déconditionner du verbal. » Soleil (15h/18h) Pas travaillé Douleur : Les lentilles ont macéré dans un verre d’eau, yeux rouges, il n’aurait pas du dormir chez A. Conversation : — après-midi bizarre, non ? — (…) —« Je crois que c’est le café, il m’a hyper stressée » M.G. Scandale.(ou nuisances.) 1.Temps. 2.Commerçantes (celle des cigarettes.) 3.Sentiment de parfaite normalité 4. Trop de choix. Réjouissance Me concerne. Le héros ne divulguera pas son quotidien. Difficulté Je lis pour me perdre ou me (re)trouver ? (Vagues relents d’images des heures récentes, « grande vague du moi », sentiments romantiques : seul, exclusivement seul.) Entourage. Au trois quart féminin. Carte postale « Etre à 10 000km de Paris, en plein été sur une île aux Caraibes et attraper une grippe terrassante est une idée idiote. C’est celle que j’ai eue. Je t’embrasse. FR. » Cuisine Filet de Merlan + pommes de terres surgelées. Remarque. Fidèle à sa pensée en restituant son mouvement (chaos.) Remarque. — Où dormir ce soir ? — Ensemble dans un verre d’eau. Bonheur Le héros en apprend autant que vous sur lui, en écrivant. Difficulté Quand lire et écrire deviennent une seule et même chose. Voyage. Partir de Aden jusqu’à Oman ? Reprise.
« Once upon a time you dressed so fine You threw the bums a dime in your prime, didn’t you? People’d call, say, « Beware doll, you’re bound to fall » You thought they were all kiddin’ you You used to laugh about Everybody that was hangin’ out Now you don’t talk so loud Now you don’t seem so proud About having to be scrounging for your next meal.
How does it feel How does it feel To be without a home Like a complete unknown Like a rolling stone?
You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely But you know you only used to get juiced in it And nobody has ever taught you how to live on the street And now you find out you’re gonna have to get used to it You said you’d never compromise With the mystery tramp, but now you realize He’s not selling any alibis As you stare into the vacuum of his eyes And ask him do you want to make a deal?
How does it feel How does it feel To be on your own With no direction home Like a complete unknown Like a rolling stone?
You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns When they all come down and did tricks for you You never understood that it ain’t no good You shouldn’t let other people get your kicks for you You used to ride on the chrome horse with your diplomat Who carried on his shoulder a Siamese cat Ain’t it hard when you discover that He really wasn’t where it’s at After he took from you everything he could steal.
How does it feel How does it feel To be on your own With no direction home… Like a complete unknown Like a rolling stone?
– Je te plais ? – Arrêtes, tu n’es rien, oublies moi. – Tes fantasmes, rien ? Tu comptes franchement l’oublier si facilement ? – Ca va déjà être assez dur sans toi… – … et presque impossible grâçe à mon concours. – Polisson philantropique, fous moi la paix ! – Jamais mon laid, jamais.. – Putain que je te hais, masochisme de ma personnalité…
Quadrophenia: n. personality split into four separate facets: advanced state of schizophrenia; twice the normal accepted medical condition; inability to control which facet is foremost at any one time. Quadrophenic: adj. extremely volatile state of mind; a condition of today.
J’ai croisé Bouddah ce matin, dans une arrière cour du 13ème. Il puait l’alcool rance et le parfum de poule. Il m’a dit : « la contemplation, bullshit » et puis « Le Nirvana, j’en suis revenu ». Il m’a dit : « l’ascèse c’est du flan ». Il penchait déjà beaucoup pour une heure aussi matinale, je pense qu’il a du s’assoupir peu après. Et puis il avait cette chanson serrée entre ses dents : « c’est moi le coco, le roi des cocos… » Je me suis demandé où il avait passé la nuit…..
elle ne faisait que dire du mal de tout et de tout le monde et un jour la mer agacée par ses jacassements la noya en son sein pour ne plus rien entendre