En passant, en écrivant. Pourquoi, depuis longtemps, écouter Bach me remet dans le droit chemin ? Et oui. Aux dernières nouvelles, le moi serait élastico -hystérique. Arquez-le, placez-y n’importe quoi (un souvenir, une souffrance, un amour) et lancez. Soit il expulsera la chose loin de lui (moi allégé) soit elle lui retombera dessus (moi patatraco -névrotique.) Mauvaise pensée. J’ai trouvé la phrase la plus nulle de l’ignorance de K. « Tout le monde admire sa mère pour sa vitalité » Mais j’ai aussi trouvé la plus belle : « …émue de sa beauté que son corps pleure. » Bonheur. La voix de Glenn Gould qui chante derrière la toccatta. F.B. m’a dit un jour à ce propos : « Il grommelle. » Vanitas. Je me moque de A.C. qui publie son journal de travail (de photographe) en lui rappelant une phrase d’un ami qui le concerne : « A.C. prépare le terrain pour ses futurs biographes. » A.C. rit, un peu vexé, s’en sort victorieux : « Derrida dit justement qu’écrire est indécent ! » SO WHAT ? Bizarre. Nostalgique de la période où je découvrais Proust : Batignolles, automne 1995, souvenirs d’enfance, douce mélancolie. Le vieux Folio élimé sentait la cave où il avait séjourné 20 ans. Téléphone. — D. te trouve suffisant & gueulard. — Je vais l’appeler pour me faire pardonner. Video. C. est une ancienne amoureuse de Turin, venue quelques jours à Paris pour conquérir les galeries. Son énergie l’a transformée en une machine. Plutôt qu’artiste, elle se définit comme stratège et produit davantage qu’elle ne crée. Je me sens alors poussiéreux, pré-moderne. Bach. Le Praeludium en ut mineur BWV 934 me fait penser au cheminement prudent vers un orgasme, lui-même associé à l’éclatement d’une très bonne bouteille de vin blanc. Barthes. » Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimé de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien (…) c’est commencement de l’écriture. » Une telle désespérance ne t’a conduit sous les roues d’une voiture que pour rejoindre les morts. Bach. Agacé parfois par cette méticulosité moqueuse du profane sans méthode que je me surprends à être parfois. Autologie. Invention de soi.
La reine des glaces m’avait banni des terres de L’Ouest et c’est le coeur lourd que je franchis pour la dernière fois les portes d’argent dont la cruelle engeance des fées me prive à tout jamais
Fréquemment, le héros décide de vadrouiller dans Paris pour laisser son regard circuler ; il a remarqué que depuis quelques semaines, il observe avec obstination certaines facades d immeubles en cours de rénovation. Est-ce que cela veut dire quelque chose ? Souvent son attention privilégie aussi des détails insignifiants qui ne produiraient pas de très jolies images. Il apprend ces agencements de choses banales, sans les classer :
femme lisant dans un parc, pigeons en groupes sur grilles d aération, fils électriques emmelés, minuscule tete d enfant émergeant à la surface d une haie, miroir brisé posé contre la porte d un magasin de jouets, poignet en spirale d’une porte vitrée, numéros écrits à la craie sur l asphalte, balai agité par un corps sans sexe apparent, homme allumant une cigarette sous une échelle, graffiti de cinq minuscules soldats sur un mur blanc, enseigne d un hotel dont il manque quatre lettres etc.
Il se dit que s il ordonnait cela, il comprendrait quelque chose ; certes le monde resterait une énigme, mais il pourrait relier ces visions à son imaginaire. Le risque ? Constat que ces regards de choses banales fassent de lui un etre banal ? Et alors ? Et bien ainsi, il le saurait, et pour de bon. (Doit-on lui laisser encore le désir de croire au caché, à l invisible, au symbole, à toutes ces sornettes qui ne font que retarder la sentence qui suit ? Si peu à voir, si peu à vivre, si peu à penser, si peu à attendre.)
« Une forteresse et une prison dans Paris, la Bastille fut un symbole de l’absolutisme royal avant la Révolution Française. Sa construction démarre en 1369 et fut originellement dédiée à la défense de la ville. A partir du XVIIe siècle, la forteresse fut utilisée comme lieu d’emprisonnement. Voltaire et le Marquis de Sade furent permis ses hôtes les plus célèbres. En juillet 1789 un jeune juriste Camille Desmoulins appela à l’invasion de la Bastille dont les canons menaçaient le quartier populaire du Faubourg St-Antoine. L’histoire a retenu la date du 14 juillet 1789 comme date officielle de la prise de la Bastille. C’est pourquoi depuis la Place de la Bastille que partent les manifestations de protestation ainsi que le défilé syndical du 1er Mai. »
weblog : je peux me tromper mais traiter les tourguenistes de « Russian Fag Brothers« ça peut paraitre un peu abusé mais ce matin ça m’a fait bien rire car, oui, il ne m’en faut pas beaucoup. ceci n’est pas une véritable tranche de ma vie mais bien sur une oeuvre de net-art complètement essentielle à l’art contemporain dans son ensemble, donc petites bougies et bravo-bravo dans les tribunes.
Autologie. L’hésitation entre le mot et l’image — magistral Michaux : « Je peins pour me déconditionner du verbal. » Soleil (15h/18h) Pas travaillé Douleur : Les lentilles ont macéré dans un verre d’eau, yeux rouges, il n’aurait pas du dormir chez A. Conversation : — après-midi bizarre, non ? — (…) —« Je crois que c’est le café, il m’a hyper stressée » M.G. Scandale.(ou nuisances.) 1.Temps. 2.Commerçantes (celle des cigarettes.) 3.Sentiment de parfaite normalité 4. Trop de choix. Réjouissance Me concerne. Le héros ne divulguera pas son quotidien. Difficulté Je lis pour me perdre ou me (re)trouver ? (Vagues relents d’images des heures récentes, « grande vague du moi », sentiments romantiques : seul, exclusivement seul.) Entourage. Au trois quart féminin. Carte postale « Etre à 10 000km de Paris, en plein été sur une île aux Caraibes et attraper une grippe terrassante est une idée idiote. C’est celle que j’ai eue. Je t’embrasse. FR. » Cuisine Filet de Merlan + pommes de terres surgelées. Remarque. Fidèle à sa pensée en restituant son mouvement (chaos.) Remarque. — Où dormir ce soir ? — Ensemble dans un verre d’eau. Bonheur Le héros en apprend autant que vous sur lui, en écrivant. Difficulté Quand lire et écrire deviennent une seule et même chose. Voyage. Partir de Aden jusqu’à Oman ? Reprise.
Il y a donc le héros : créature inconnue, burlesque et tragique. (Quoique je n’ai pu explorer que le second registre.) Il y a le rapporteur : celui qui espionne faits gestes et pensées du héros. Homme au niveau juste du réel : vivant. Et l’autre, le scribe, l’homme du bureau dont je suis peut-etre le plus proche. Il écrit.Une voix extérieure me coupe à l’instant : » Vos complexités ne sont-t-elles pas exagérées ? » Dois-je répondre à toutes les objections ? Nous sommes inquiets. Et d’ailleurs qui etes-vous ? Les critiques. Les hommes au niveau juste de la raison. Nous nous marrons, c’est tout.
On avait depuis peu aperçu Ivan Tourgueniev dans près de 6 villes diffèrentes : Un témoin l’avait vu dans les jardins du sénat, à Paris, une femme enceinte jurait qu’elle avait croisé l’illustre grand-père sur le pont de Longdoz à Liège, un couple d’homosexuels certifiait que l’auteur russe était en extase devant le labyrinthe de la cathédrale d’Amiens le 14 Avril 2003 et que c’est son air mystique qui les avait fasciné, le premier conseiller du consulat de France à St-Petersbourg affirmait avoir identifié au musée de l’Ermitage un homme dont l’apparence semblait conforme à l’avis de recherche international lancé par le Vatican, Un couple de jeunes touristes français, Cécile et Antoine, déclarent avoir reconnu Tourgueniev à la station de Métro Bourse, à Bruxelles.
Il semble que la résurgence soit proche, il faut que nous soyons prets. Les planètes ne nous sont plus favorables et jouent désormais contre nous; mon dieu, donne-nous la force !
notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer
Insère toi bien mon petit sinon gare à toi. Je t’enverrai crever loin des tiens, dans un trou boueux dont tu ne pourras t’extirper, avec pour seul bagage quelques souvenirs affolés. Sois bien sage.
Quadrophenia: n. personality split into four separate facets: advanced state of schizophrenia; twice the normal accepted medical condition; inability to control which facet is foremost at any one time. Quadrophenic: adj. extremely volatile state of mind; a condition of today.
#23 Parole vaine du héros. La voix souveraine, elle revient, c’est ça : tressautements de sensations et je parcours le temps, je revis en une minute les dernières journées, et je vois un esprit insatisfait, une tête bien faite. E. m’a dit que j’aimais la douceur de mon visage. Est-ce ainsi qu’il faut lire les traits du héros ? Douceurs sourdes. Je ne vois pas pourquoi je m’interdirais de relier mon bonheur à l’écoute d’une cantate. Et si la quête du héros c’était de se rapprocher de dieu ? Ha non. Pas sérieux. Pas aujourd’hui. Pas dans l’époque. Et je me tairais enfin ? A la droite ? Le ciel ? Oui j’aime regarder le ciel. Mais cela ne prouve rien. Le héros veut anticiper, brûler des étapes, se brûler la vie pour un chemin somptueux. Est-ce que je mérite cette éternité ? Cette facilité ? J’écoute donc la voix souveraine de Barbara Hendriks au nom du père inconnu. Et j’attends. Posture essentielle du héros, chasseur grotesque ; mouche aux ailes d’anges.
Complainte du héros #44 Vous insinuez qu’il n’y a aucune différence entre lui et moi, que cette division est une coquetterie, ou pire une lacheté, que je n’ose pas assumer le grand jeu, le grand bavardage de soi, et que j’use de ce moyen à des fins de duperie, façon complaisante de complexifier la tache ? Oui vous avez raison, en un sens, mais la réponse à votre scepticisme prendra un tour violent et sincère : sachez docteur que je me considère à la fois comme le sujet le plus banal qui soit (et dont la vie ne mérite aucune considération) et aussi comme quelqu’un menacé de disparaitre ; ainsi j’ai confié au héros, digne représentant de mon ame égarée, la mission d’agir pour me requinquer et retrouver dans la vie et dans l’autre des petites graines que j’ai plantées jadis.
Il y a un papillon chez moi que je n’arrive pas à déloger Il vole partout, il papillonne quoi… Ce qui m’embête c’est que s’il pouvait parler Il trahirait tous mes secrets les plus honteux Je suis un peu mal à l’aise maintenant Un peu intimidée Est-ce que c’est ça l’oppression?
Je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime… « Ouf, j’avais tellement besoin de le dire.«
L’écologiste avait établi que le nombre de pigeons était un facteur inversement proportionnel au nombre de rats,
les uns et les autres occupant la même niche écologique, il se demandait s’il valait mieux favoriser les pigeons pour réduire la population de rats, ou l’inverse
Fumer des Reynolds parce que le paquet coulisse, mais avec la voix de Patrick Eudeline qui fait des interludes, sauf le dimanche, si tu veux aller à Plougastèle, toute cette clique là, putain mes ces mecs là, attends moi j’fais du punk hein, on va faire péter les vitres à la samaritaine, prod’ aux States, il monte en puissance, Julie a tout compris de la poésie contemporaine, Garance vend car garance Dor, Garance Gore, D’habitude il est trop à tailler des pipes à tout le monde, Moi ce qui me réjouis dans cette histoire, Vous proposez vraiment un show, C’est une baltringue t’inquiètes! (Rires)…
Page improbable du journal du héros (Hiver 2003) Ce soir, désir de retrouver les points sensibles d’une journée réussie . Matinée triste, j’écris à J.P.R. lui fait part de mon ambition d’enseignant en art, structure plus solide que celle ou j’officie maintenant. J’évoque aussi l’écriture, prise entre « acte et reverie. » (Il me semble qu’elle conservera toujours cette double instance.) Déjeuner. Rendez-vous avec M. qui souhaite me montrer son travail photographique. En avance de deux heures, j’en profite, pour la troisième fois, pour aller à l’exposition Roland Barthes, à Beaubourg. Trop de fétiches, de jolis bibelots. A une table d’écoute, des textes favoris du critique sont audibles via un casque, autour de cette table ronde, où en face, une jeune femme se plaint et trouve que la voix du lecteur qui lit un passage du Temps Perdu est affreuse. Je la trouve — elle — adorable. Conversations autour des images de M. Images trop factuelles, factices à mon gout. Je l’encourage cependant. Deux heures de paroles, et de corps séparés. M. avoue sa crainte de la normalité. Je ne l’aime pas, elle ne m’invite pas à la désirer, je suis à l’aise. Fatigues, interruption, entre « acte et reverie. » Lectures : livre 5 des confessions, ainsi que les affinités électives. Je suis à l’aise.
Parole du héros La persévérance ? Oui, quand bien même l’objet de la recherche serait vain, ou impossible à atteindre, seul l’effort donnerait du sens à l’épreuve ; c’est le mouvement du travail qui reste sacré, la cible pourrait ne pas exister, il en serait de même : l’acharnement, oui c’est le mot juste, pourquoi ? mystère acharnement à montrer que rien n’est évident. Danger. Considérer que le sens de sa recherche est hors de soi, est une mort à petit feu.
– Acheter du feutre pour les pieds de mes fauteuils qui rayent mon parquet – Enduire mon parquet d’un mélange d’huile de lin et d’essence de thérébentine (salon + bureau) – Lancer une machine de blanc (serviettes, torchons, draps…) – Changer les draps (ça commence à faire longtemps) – Trouver une hache de poche (avec un manche en bois, c’est plus rustique -> Bricorama.) – Prendre rendez-vous avec la victime – Te chercher à la gare – Présenter mon travail à Avril.exe (je sais même pas ce que c’est que ce truc) – Aller à un apéro surprise (si il est confirmé) – Rentrer – Te faire l’amour toute la nuit durant (pas trop quand même, parce que dimanche j’ai du boulot)
» Sur l’avenir tout le monde se trompe. L’homme ne peut-être sûr que du moment présent. Mais est-ce bien vrai? Peut-il vraiment le connaître, le présent? Est-il capable de le juger? Bien sûr que non. Car comment celui qui ne connait pas l’avenir pourrait-il comprendre le sens du présent? » L’ignorance, Kundera
Il y a quelque chose qui s’ouvre parfois, une amitié s’amorce, un retour d’énergie comme des milliards de points qui convergeraient sur cet impératif : vivre ; l’échange doit se produire, car la chance tourne vite : la loi de l’alternance comme dit R. Laporte est une machine qui peut n’importe quand lui retirer ce pouvoir, alors urgence de tendre la main avant qu’elle soit brulée, pour construire son regard dans l’amour.
ce matin, Igor a essayé de me faire croire que c’était la fin du monde. la FdM, comme il disait. moi, je venais de me réveiller, je buvais mon café alors je me suis dit « pourquoi pas, après tout ? » ça ne m’a pas vraiment bouleversé. et puis vous savez, j’y croyais presque à son histoire. c’était plausible après tout. la fin de tout, ça n’avait rien d’extravagant. la FdM
Fondamentalement, j’aimerai retrouver mon animalité ; elle me fait défaut pour agir ; objet construit, je ne puis profiter de l’instant présent. Mon masque social agit comme une membrane imperméable, empêchant l’aération de mes blessures émotionnelles, et favorisant la culture d’un mal être anaérobique, une ulcération intérieure qui précède une inévitable nécrose. Je crois que c’est sans remède.
Elle vit encore dans ma tête, dans mon âme et dans mon coeur. Le sexe, ce n’est pas la fête, j’en ai bien peur. Je suis immensément stressé mais je fais bonne figure. Je passe mon temps à bosser (et à boire, c’est moins sûr).
J’ai recommencé à fumer
Toi qui que tu sois, qui que tu seras, es-tu prête à m’aimer ?
Sibérie 1984 On marche dans la neige, Nicolaï devant, moi au milieu, lent à cause de la blessure-barbelée-jambe et Grishka me soutient pour me permettre d’avancer. Loin derrière nous, les chiens du camp hurlent et ne rêvent que de nous déchiqueter. Moi, coup de genou à Grishka, écraser son visage dans la neige, le regarder souffrir, frapper encore, le sang-jaillir rouge sur le blanc. Nicolaï, interrogatif, moi très persuasif, chiens furieux. Grishka servir de piknik dis-je, lui pleurer mais d’accord. Continuer à deux, abandonner Grishka…
Les éléphants passaient dans les phalanges comme des sangliers dans des touffes d’herbes; ils arrachèrent les pieux du camp avec leurs trompes, le traversèrent d’un bout à l’autre en retournant les tentes sous leurs poitrails; tous les Barbares avaient fui. Ils se cachaient dans les collines qui bordent la vallée par où les Carthaginois étaient venus.
Les soirs où il fait chaud on aime bien descendre se promener en ville. On a qu’à mettre notre brassard : »animaux civilisés » et tout se passe bien, personne nous dit rien. On boit une mousse à la terrasse du Zorba ne regardant passer les filles, ou bien on va faire un billard.