J’ai crevé la bulle, tout flotte à l’envers, les opposums me saluent et me sourient, l’étranger se couche près de moi pour me frotter, la lune dégouline dans le lac pendant que sonne minuit,
Complainte du héros #44 Vous insinuez qu’il n’y a aucune différence entre lui et moi, que cette division est une coquetterie, ou pire une lacheté, que je n’ose pas assumer le grand jeu, le grand bavardage de soi, et que j’use de ce moyen à des fins de duperie, façon complaisante de complexifier la tache ? Oui vous avez raison, en un sens, mais la réponse à votre scepticisme prendra un tour violent et sincère : sachez docteur que je me considère à la fois comme le sujet le plus banal qui soit (et dont la vie ne mérite aucune considération) et aussi comme quelqu’un menacé de disparaitre ; ainsi j’ai confié au héros, digne représentant de mon ame égarée, la mission d’agir pour me requinquer et retrouver dans la vie et dans l’autre des petites graines que j’ai plantées jadis.
Je suis schizophrène et moi aussi – Jung Una solus victus nullam sperare solutem – Virgile Si seulement je connaissais plus de mathématiques ! – Schrödinger Les schtroumpfs détruisent la datcha des chinois – Igor
En passant, en écrivant. Pourquoi, depuis longtemps, écouter Bach me remet dans le droit chemin ? Et oui. Aux dernières nouvelles, le moi serait élastico -hystérique. Arquez-le, placez-y n’importe quoi (un souvenir, une souffrance, un amour) et lancez. Soit il expulsera la chose loin de lui (moi allégé) soit elle lui retombera dessus (moi patatraco -névrotique.) Mauvaise pensée. J’ai trouvé la phrase la plus nulle de l’ignorance de K. « Tout le monde admire sa mère pour sa vitalité » Mais j’ai aussi trouvé la plus belle : « …émue de sa beauté que son corps pleure. » Bonheur. La voix de Glenn Gould qui chante derrière la toccatta. F.B. m’a dit un jour à ce propos : « Il grommelle. » Vanitas. Je me moque de A.C. qui publie son journal de travail (de photographe) en lui rappelant une phrase d’un ami qui le concerne : « A.C. prépare le terrain pour ses futurs biographes. » A.C. rit, un peu vexé, s’en sort victorieux : « Derrida dit justement qu’écrire est indécent ! » SO WHAT ? Bizarre. Nostalgique de la période où je découvrais Proust : Batignolles, automne 1995, souvenirs d’enfance, douce mélancolie. Le vieux Folio élimé sentait la cave où il avait séjourné 20 ans. Téléphone. — D. te trouve suffisant & gueulard. — Je vais l’appeler pour me faire pardonner. Video. C. est une ancienne amoureuse de Turin, venue quelques jours à Paris pour conquérir les galeries. Son énergie l’a transformée en une machine. Plutôt qu’artiste, elle se définit comme stratège et produit davantage qu’elle ne crée. Je me sens alors poussiéreux, pré-moderne. Bach. Le Praeludium en ut mineur BWV 934 me fait penser au cheminement prudent vers un orgasme, lui-même associé à l’éclatement d’une très bonne bouteille de vin blanc. Barthes. » Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimé de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien (…) c’est commencement de l’écriture. » Une telle désespérance ne t’a conduit sous les roues d’une voiture que pour rejoindre les morts. Bach. Agacé parfois par cette méticulosité moqueuse du profane sans méthode que je me surprends à être parfois. Autologie. Invention de soi.
J’ai croisé Bouddah ce matin, dans une arrière cour du 13ème. Il puait l’alcool rance et le parfum de poule. Il m’a dit : « la contemplation, bullshit » et puis « Le Nirvana, j’en suis revenu ». Il m’a dit : « l’ascèse c’est du flan ». Il penchait déjà beaucoup pour une heure aussi matinale, je pense qu’il a du s’assoupir peu après. Et puis il avait cette chanson serrée entre ses dents : « c’est moi le coco, le roi des cocos… » Je me suis demandé où il avait passé la nuit…..
« Once upon a time you dressed so fine You threw the bums a dime in your prime, didn’t you? People’d call, say, « Beware doll, you’re bound to fall » You thought they were all kiddin’ you You used to laugh about Everybody that was hangin’ out Now you don’t talk so loud Now you don’t seem so proud About having to be scrounging for your next meal.
How does it feel How does it feel To be without a home Like a complete unknown Like a rolling stone?
You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely But you know you only used to get juiced in it And nobody has ever taught you how to live on the street And now you find out you’re gonna have to get used to it You said you’d never compromise With the mystery tramp, but now you realize He’s not selling any alibis As you stare into the vacuum of his eyes And ask him do you want to make a deal?
How does it feel How does it feel To be on your own With no direction home Like a complete unknown Like a rolling stone?
You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns When they all come down and did tricks for you You never understood that it ain’t no good You shouldn’t let other people get your kicks for you You used to ride on the chrome horse with your diplomat Who carried on his shoulder a Siamese cat Ain’t it hard when you discover that He really wasn’t where it’s at After he took from you everything he could steal.
How does it feel How does it feel To be on your own With no direction home… Like a complete unknown Like a rolling stone?
… le bord du canal laisser couler la masse empaquetée dans l’eau glacée se frotter les mains les plonger dans l’eau un frisson ne pas se retenir de pleurer encore se repasser la scène en boucle et imaginer que ça n’a pas existé puis regarder les bulles et le paquet qui se noie sous cette putain de lune …
Elle vit encore dans ma tête, dans mon âme et dans mon coeur. Le sexe, ce n’est pas la fête, j’en ai bien peur. Je suis immensément stressé mais je fais bonne figure. Je passe mon temps à bosser (et à boire, c’est moins sûr).
J’ai recommencé à fumer
Toi qui que tu sois, qui que tu seras, es-tu prête à m’aimer ?
« Personne ne fait de la psychologie par amour : mais plutôt par une envie sadique d’exhiber la nullité de l’autre, en prenant connaissance de son fond intime, en le dépouillant de son auréole de mystère. »
Où cela avait-il commencé ? Que pouvais-je envisager ? Revenir ? Chercher les causes premières ? Oublier ? Me briser le cou ? Une peuplade d’images, faussées par les medias, les contes et les livres, m’insupportaient, et contre le récit que je pouvais faire de mon enfance, je préférais encore mettre à jour une nouvelle porte, définitivement close, oubliée.
(N on)tropo lyrico. D’un réseau à l’autre, il manque toujours l’image, la voix, le corps ; je les invente, je déplace le foyer dans un autre lieu ; avez-vous déjà été brûlée ? Il y a des interdits, ces limites me fatiguent ; trop chaud, la toile est increvable. Il n’y a aucune image derrière, pas d’être ; des flammes m’ont promis que j’aurais le droit de conserver les restes de nos paroles.
Astrée : moi j’ai détourné deux non bloggeur du droit chemin ca compte double non ? Igor : oui, si tu racontes les scènes de fesse. Astrée : euh… voui ils ont de belles petites fesses.
… Lâcher prise Tu prends cette petite boule qui fait mal Tu l’extrais délicatement avec tes ongles Tu la mets très loin de toi Tu la visualises très très loin de toi Et tu respires calmement Et ça marche ? Bof …
la scène se passe dans une laverie. ———————— bob (homme), bobette (femme), oneko(1) (chat). ———————— le chat (dans une machine) : maaaaouw ! bob : et pourtant il tourne. le chat : maaaaaouw ! bob : ça donne le vertige. bobette (modes zé travaux) : hum… le chat : glouglou. bob : je crois qu’il est propre. bobette : hum… le chat : … bob : ah, non, il est juste mort… bobette : petit con. bob : soit sympa, il est mort. bobette : je parlais de toi. bob : c’est ce que je disais. le chat : …
Tout en marchant le long de l’eau, il murmura : « J’ai besoin d’une infirmière. » Elle lui rétorqua du tac au tac : « Si ce n’est que cela, tu en trouveras pléthore ! – Ah ? – Ben oui, répondit elle en secouant la tête d’un air navré, mais combien de temps cela durera, personne ne peut le dire et puis il faut que tu ne sois pas trop exigeant. – Bon, si tu le dis. ». Il se replongea, avec un certain soulagement, dans son abîme de perplexité sur la nature des femmes, abîme quotidien et protecteur, qu’il n’aurait jamais du quitter. Après plusieurs heures, il ne se souvint que de sa mèche de cheveux, qui gracieusement indiquait ses yeux limpides.
———————————————- ce matin, une rencontre inatendue avec un vieil ami. j’ouvre les yeux doucement et il est là, au pied de mon lit. il me regarde de ses yeux verts. « Papa ! » je dis mais pas trop fort car je ne dors pas seul. Il me sourit mais ne dit rien, il se contente de regarder la forme sous la couette à ma gauche. puis il jette un coup d’oeil alentour au désordre qui règne dans la chambre. sur le sol, quelqu’un dort sur un matelas et par terre la bouteille de gel est renversée. le chat dort au bout du lit et on peut entendre dans le bureau les ronflements sonores de qui vous savez. « Papa ? » je dis. Il sourit de plus belle et commençant par son sourire, il disparait. ———————————————-
#41 Quelques titres pour prendre la responsabilité de ces divagations : Bataille de soi pour moi. Les pages d’un héros. Autologie. Je connais un peintre qui depuis des années, écrit des titres pour des œuvres pas encore réalisées. (FR. M.) ex : « Le babouin va-t-il enfiler Milou ? » Trouver un titre pour un travail au milieu de lui-meme.
notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer
#34 On n’a jamais fini de remettre le sujet sur le feu. Pour le saisir à point il faudrait inventer un langage nouveau, aussi fulgurant que lui. L’accompagner, ne pas l’arreter. Découper soigneusement chacune des tranches du temps où il s’est exposé.
– On s’est déjà vu, non ? – Ah bon… euh non je crois pas… – Mais si… – Euh… – Ben si, c’était il y a un quart d’heure environ. Sur le dancefloor, en dansant. On s’est regardé mais on s’est pas parlé. – Ah oui… hi hi, c’est vrai… [petit rire espiègle, regard mutin] – Hum… tu… euh… tu veux boire quelque chose ? – Euh non merci, pas pour l’instant… j’vais retrouver mes amis… à plus tard peut-être ? – Euh ouais c’est ça, à plus tard peut-être.
Accoudé au bastingage, on regarde s’éloigner le quai du petit port, puis défiler de belles rives sauvages. Bientôt l’odeur des embruns se fait plus forte.
le récitant : Comique ? Tragique ? Réaliste ? Romantique ? Gogol est tout cela, justifiant ainsi une phrase attribuée tantôt à Dostoïevski, tantôt à Tourgueniev : « Nous sommes tous sortis du « Manteau » de Gogol ».
«…/ J’entre dans cette nef et j’appelle : ho, ho. L’écho me gratifie aussitôt en stéréophonie de la seule réponse distincte mais décevante dont me juge digne l’Inconnu : ma propre voix, tournant dans ce fatras condamné de palans et de poutrelles. Et je songe à tant d’hommes qui n’ont même pas fini là-dessous de purger quelle peine, puisqu’il faut recommencer ailleurs. Et que peut-être on devrait sauvegarder certains de ces sanctuaires, pour faire comprendre ou pour faire peur, quand on va se croyant seul, à l’abri de la menace, un dimanche, sous le libre ciel. /…»