J’ai croisé Bouddah ce matin, dans une arrière cour du 13ème. Il puait l’alcool rance et le parfum de poule. Il m’a dit : « la contemplation, bullshit » et puis « Le Nirvana, j’en suis revenu ». Il m’a dit : « l’ascèse c’est du flan ». Il penchait déjà beaucoup pour une heure aussi matinale, je pense qu’il a du s’assoupir peu après. Et puis il avait cette chanson serrée entre ses dents : « c’est moi le coco, le roi des cocos… » Je me suis demandé où il avait passé la nuit…..
(( Ah te voilà ! J’ai mis du temps mais je t’ai enfin retrouvé. Qu’est-ce que tu fous dans le monde réél ? Tu prends des vacances ? Tu sais bien que ce monde n’est pas pour toi ! Tu n’as rien à y faire… Tu veux jouer à la vraie personne… mais tu ne ressens pas comme un décalage ? Allez, reviens vite ! ))
Accoudé au bastingage, on regarde s’éloigner le quai du petit port, puis défiler de belles rives sauvages. Bientôt l’odeur des embruns se fait plus forte.
Elle me dit que je déborde d’amour Et que c’est une chance Mais non Parfois j’éclabousse les gens Et il y a des gens qui n’aiment pas être arrosés Parce qu’ils ont des ensembles délicats
Sais-tu que là-bas on te roule on t’emballe on t’échange on te coince entre les lèvres et on te suce toute la journée Et puis on rêve dans tes volutes en priant Hanuman
j’ai croisé tout un tas de spectres qui errent dans les dédales du bandeau rouge du panneau d’interdiction de stationner de la rue Croulebarbe à la recherche de leur voiture…
Et ainsi Danaé, la toute belle, Passa de la lumière heureuse du jour à des murs d’airain, Et dans cette chambre secrète et close comme une tombe, Elle vécut en captive.
coupez votre chat en deux à peu près au niveau du cou posez la partie supérieure sur votre tête vous avez un chapeau très élégant — avec l’autre bout vous pouvez faire une moufle…
17 avril 1836. Les bras blancs de G. Elle me sort de la torpeur de l’éther pour affronter la pluie qui cingle les pavés de Petersbourg. Le ciel les lèche à s’en rendre fou. Nous marchons le long des restaurants. La nuit est écarlate. Je perds G à la sortie du théâtre, c’est une anguille. Je bute sur T, il a l’air enchanté de ce Revizor mais le murmure de la foule détrempée a plutôt un parfum de scandale. En tout cas il n’a pas vu G. Dans mon état, impossible de me lancer à sa recherche. Je me décide à rentrer chez moi quand un fiacre s’arrête à ma hauteur. C’est elle.
sous ses paupières il y a des ombres écarlates qui dansent un grand brasier vieux, déjà et il n’est pas question de mots Alors elle s’en fout du monde C’est facile pour elle De le laisser où il est
Elle rêve à des crimes incandescents Et se lèche les lèvres
notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer notre vie est lente il faut l’accélérer
bien se caler dans un coin le dos contre deux murs les fesses posées dans l’angle relacher la nuque et tenir ses mollets avec ses doigts oublier s’abandonner je reviendrai me chercher dans un an et un jour
(sur un air gai et mélancolique à la fois) C’est toujours quand il fait beau Qu’il faut aller au boulot C’est toujours quand t’es pas bien Qu’il faut aller au turbin C’est toujours quand t’es fatigué Qu’il faut aller travailler Etc…
Ce matin la journée a mal démarré avec ce Robot-Putain-Du-Matin qui était détraqué… (J’avais demandé à ce qu’il chante (« tchi-tchi », j’aime bien, le matin) et il voulait pas. J’ai toujours ma machette sous mon oreiller, quand j’ai senti qu’il s’excitait trop j’ai fait valser sa jolie petite tête à l’autre bout de la chambre. Ces trucs là quand ils commencent à être détraqués ils peuvent vous dévorer tout cru…) Il faudra qu’on s’explique ce soir avec la direction. Ca a pas continué tellement mieux, j’avais rendez-vous à Bonneuil pour ce poste de pompier, et arrivé là-bas personne pour me réceptionner, ils étaient tous partis faire une battue… Igor ne répond toujours pas, le mystère des tourguénistes disparus s’épaissit…