Le président fêlé enflamme l’Elysée, Les feux dans la cité brûlent pour Géronimo, It’s time for the good times, Forget about the bad times.
au rayon ménager d’une hyper-surface linéaire 14-b8
un couple se dispute au sujet d’une marque de produit vaisselle
elle l’insulte et elle lui parle Ph et acides essentiels type acides essentiels
il réplique : » c’est quand même pas ma faute si tu as les mains rèches«
en dernière analyse, c’est la force du couple,
couple de type : carrefour grands espaces nuit parisienne
ils décident une trêve et choisissent PALMOLIVE
ciao ciao coccinella
tu m’auras tout fait
et pourtant
je te baille bye
a moi les neiges de l’Alaska
et tout l’or du klondike
qui n’y changera rien









car désormais…
tu m’appartiens.
Mina, chargeant son pistolet à fléchettes, sérieuse : On ne voulait pas « bosser dans le web », on voulait être des putains de cyberpunks !
yU’re welcOme (…)
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7:00
pm |
Brulez en enfer ! #FF
oublie ceux que tu as aimés,
tu es avec nous maintenant,
tu es habillé comme nous,
tu executes les memes taches,
tu as les memes centres d’interet que nous,
tu vibres à l’unisson de notre vibration,
tu es un autre,
n’est-ce pas merveilleux ?
Les briques réfractaires possédaient les lentilles les plus puissantes
mais en cette cuisse de dinde de chandeliers consensuelle,
ils ne savaient contre qui s’en servir,
alors, de temps en temps,
ils asservissaient un petit Etat,
un petit pays que personne n’aimait vraiment au hamac de se galvauder pour lui,
ce petit état restait un temps dominé par les moufles
qui s’en déclaraient les sans-culottes lors de noyaux d’olives discours fleuves,
après quelques temps, leur attention se détournait de notre petit Etat
et les soeurs siamoises et leurs sardines à l’huile quittaient le gros porc
pour en attaquer un autre, s’en proclamer les montagnes russes
et prononcer de nouveaux discours,
ils se sentaient fiers,
comme au régional de l’étape de l’univers
et un rabat-joie sans pareil
guidait leur soif de baguettes de pain
on acceptait leur existence
comme on accepte la barbe de 3 jours
ou les dents pointues :
qu’y pouvons nous ?
Je rêve d’un duel avec toi.
la notion de « temps social » n’a jamais été aussi froide, humide et nuageuse (avec un léger ciel de traîne).
mais la perspective des trois mille « va te faire foutre » mentaux quotidiens met des pieds au cul et des barres aux T.
et yop, une bouteille de rhum.
café, clope. gnn.
BALADE ORANGE |
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QUAND LES PROGRAMMES DE DIVERTISSEMENT TELEVISES SONT TERMINES - LA VILLE NE SE CONTENTE PAS D'ETRE VIDE - ELLE EST SILENCIEUSE - ET LES LUMIERES S'ETEIGNENT - COMME DANS LE COULOIR DE LA MORT - QUAND LA CHAISE ELECTRIQUE EST EN MARCHE - |
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Il avait vu une grande maison, ancienne, aux lourdes poutres de bois
les étages inférieurs semblent inondés par une eau saumatre
des vieillards et des fous arpentent le dernier étage
certains présentent des malformations
il a aussi vu un animal dégénéré,
comme un chien avec des pattes surnuméraires
qui se déplace un peu comme un scorpion
Il a regardé par la fenetre,
un cadavre est pendu dans le soleil
des corbeaux sont perchés sur ses épaules
et lui donnent des coups de bec
pour lui dévorer les yeux
Il détourne le regard
et cherche à revoir les fous et le scorpion
mais ils ont disparus
la salle semble avoir pris de nombreuses années
et le sol est jonché de souillures et de vomi
où grouillent de très nombreux vers
l’odeur est immonde
Il plonge à présent dans l’eau glauque et malodorante
et traverse plusieurs étages sans vouloir regarder tout autour
il croise le cadavre d’un oiseau blanc
aux plumes gorgées d’eau,
lui donnant une apparence monstrueuse
Il atteint une poche d’air
en rejoignant le niveau du sol
un homme jeune à l’air avenant
tente de convaincre un auditoire invisible
de rejoindre son parti politique
il présente des brochures qui vantent
l’humanité du parti et sa grandeur d’ame
on ne sait qui l’a placé ici
pour distraire d’éventuels visiteurs,
égarer leur attention
et les détourner du macabre spectacle des étages supérieurs
Soy un perdedor, …
L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente
Apollinaire
Alcools (1912)
Quelques photos et ça sera le temps du rasoir.
8h56 my dear. Sortir dans les voitures, oui. Une boisson frelatée, un os pour vieux chauves en même et. (p’tain j’adore !)
[POINTS DE RETRAITE] roman à publier à heures fixes (4453)
Lucienne profite de ce qu’Augustine
est partie à la messe pour la mort du pape
pour appeler Marie-Renée
tout cela est bien triste
mais Lucienne n’a pas souvent l’occasion
de bavarder avec Marie-Renée
Augustine n’aime pas trop Marie-Renée
elle la trouve vulgaire et un peu odorante
même au téléphone
Oui c’est TOI l’inconnue qui vient hanter mes nuits. T’occupant des serveurs d’une boutique de manga et bossant ensuite pour l’armée.
la mort c’est sexy/2

car crash with gallimard…
Qu’est ce que je fous là ?

Qu’est ce que je fous là ?

Qu’est ce que je fous là ?

Qu’est ce que je fous là ?

Pourquoi ne suis-je pas avec toi ?
le bordel quotidien / poésie / 24ème livraison
(jean-marc renault – jmr02.blogspot.com)
***
vingt-quatrième livraison
***
à quick à midi à deux tables de nous
une très grosse femme d’environ quarante ans mange assise seule à une table pour deux
deux plateau occupent la table
ils sont remplis de bouffe
il y a deux boites en carton pour les hamburgers
un grand cornet à frite
un grand gobelet
une crème glacée et encore
un truc dans un sachet en papier
le regard de la femme ne quitte pas tellement la table
elle croise furtivement le mien mais c’est tout
elle mange proprement
tristement
lentement
***
on croise des trucs marrants sur l’autoroute
sur cinquante kilomètres j’ai vu
un pigeon marcher sur la bande d’arret d’urgence
tranquillement
pas du tout dérangé par les voitures
qui passent à toute blinde
sur la bande d’arret d’urgence j’ai vu aussi
une énorme merde de chien
et j’ai imaginé
un énorme chien marron venir déféquer là
qu’est-ce qui lui est passé par la tête à celui-là
et j’ai vu aussi un escalier
qui partait de la bande d’arret d’urgence
pour escalader le talus
vers où
et qui pouvait en descendre de cet escalier
et qui pouvait le monter
je me demande
***
– ai’e ‘ien ‘e ‘e’a’é ‘ai’e
– hein ?
– J’AIME BIEN TE REGARDER FAIRE
j’articule mieux à cause de la brosse à dents et du dentifrice
et je mets une main devant ma bouche
à cause des projections
ouais j’aime bien regarder vanessa
mettre du noir sur ses cils
et nettoyer l’excédent sur ses paupières
avec un coton-tige mouillé de sa salive
ça me fait penser à un numéro de cirque
en miniature
Pendant tout le début du conflit, les enfants sont restés dans les ruines de l’hôtel. Le plus souvent dans la piscine. À jouer aux cadavres. Nus.
Le crâne du zouave, le Corbusier et Mina. Sauve tes fesses, Una. Au cricket, les serbes restaient toujours parfaitement fair-play. #bim #bam
À qui de droit, aux autorités compétentes, à dieu et tutti quanti,
j’exige que l’on me rende dans les plus brefs délais les deux heures de mon temps, dont je n’ai plus aucun souvenir, que j’ai malencontreusement perdues la nuit dernière.
J’ai de gros moyens logistiques pour arriver à mes fins et j’ai, depuis hier, beaucoup moins à perdre que vous.
Sachez que ce matin, à 9h12, j’ai pris le temps en otage et qu’à partir de demain j’exécuterai une seconde par jour tant que ma revendication ne sera pas prise en compte et que mes deux heures ne me seront pas rendues.
Je vous conseille de ne pas faire les mariolles en faisant tourner la terre plus lentement ou un autre truc du genre, sinon je passe aux minutes.
Préparez-vous à régler vos montres, demain premier jour aux 86 399 secondes, le temps presse.
Sur ce.
Cordialement.
Casimodo a trouvé une seconde famille (…)
A tous un grand merci d’avoir adopté son image sur le réseau (…)
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C’est pas ma faute à moi !
Les miliciens chinois faisaient montre d’une grande intelligence stratégique dans le placement de leurs mines anti-Mao. Igor fait ronron.
Misère, go home
Igor Tourgueniev cherche dans ses papiers, petit ordinateur portable au clavier défaillant, ouvre le boitier blanc Malibu, pianote sur un rythme 4/4, yeux scintillant aux lueurs du réseau, sens en temporaire relachement, lance des indications aux tourguenistes agent-dormants (relatif quant à propos de la) Révolution, quelques réponses hésitantes, zététique toujours le tourgueniste, ferme le boitier, sortir ce soir, ramper jusqu’à la douche et assaisonner son eau d’un peu de MDMA, oh un soupçon, donner du goût, maladroites roulades déviantes, dehors la pluie est noire, les scooters fumants et les milices zonzonnent gaiement.

Igor : « putain mes dents !! »
Trop facile…
Puisque je passe très peu le temps dans Internet moi veut te demander pour que tu m’aies écrit sur l’adresse. #spam #Ekaterina
Nadia, l’analyste héroïne, est non seulement en train de dénouer un imbroglio inter étatique passionnant mais surtout en train de chercher une morale amoureuse entre son ancien fiancé guébiste, Oleg l’idéaliste, son sauvage baiseur de l’Ouralbank et le phallocrate assassin Igor
ich liebe liebe zu dritt. es ist sexy, ekstatisch tierisch, animalisch crazy, romantisch es ist kommunistisch ! ich liebe liebe zu dritt.
slow song
un dragon est sorti de la montagne
il est lové à côté de moi.
lorsque je tends le bras main ouverte
c’est son souffle qui palpite dans ma paume.
dragon
tu es mon kung-fu
et ma dignité
je suis la montagne qui marche
j’entends le cri qui se cache
je suis la montagne qui marche
et je viens réveiller ton dragon
Mina saute Igor contre la portière arrière du bus Paris-Irkoutsk. Les charnières lâchent. Noyade générale. Yeah.
Canards. tourgueniev.com/2003/08/06/1076
Pour le lever de la constellation du chien, la canicule : Augurium Canarium à la porta Catularia, sacrifice de chiots roux.
Les quatre humeurs

Hippocrate va chercher les origines naturelles des maladies.
Il espère qu’avec une seule théorie il pourra expliquer toutes les maladies. C’est la fameuse théorie des quatre humeurs. Le corps serait composé de quatre humeurs : le sang, la bile jaune, la bile noire et la lymphe.
Quand ces quatre liquides sont en proportion harmonieuse, c’est la santé.
Quand il y a déséquilibre, c’est la maladie.
Igor à Mina, boudeuse : « tu me bouleverses. »
La vérole. Les pissenlits. La racine. Les chrysanthèmes. La tombe de Toby. A mon chien fidèle.
je l’ai reconnu à l’odeur. le clodo vient d’entrer chez moi, je me décolle de l’ordinateur et je le vois dans mon salon. il s’est assis à al table, quand jentre dans le salon, il me regarde; il est sérieux, il est chez lui, c’est sans réplique. il a pris un bout de pain et il le mange. il se lève et va se secouer un peu au milieu du tapis, des tas de choses indéfinissables tombent. il a au moins dix épaisseurs de tissus sur lui, le chaud et le froid n’existent plus pour lui. la puanteur est partout. maintenant, c’est vraiment chez lui!!
il m’aide à faire mon sac, et me souhaite bon courage d’un hochement de tête. on m’a dit qu’au début c’est pas facile. mais on s’habitue vite, et puis quoi, d’ici cinq ans, si je me conduis bien, ce sera à moi de passer le relais…
fou ouille ouille
Depuis 16 jours fou ouille ouille hardos.
Cascades de fictions abracadabrantesques.
Impossible d’établir le contact, territoire hostile aux perturbations.
Une interdiction, une incompréhension.
Me semble-t-il.
Solutions imaginées par dizaine (2 en fait) mais leurs radicalités frôleraient encore l’excès, la précipitation, une ambiance atmoterroriste dirait Pet Slo car les métaphores climatiques sont nombreuses dans ces dossiers amoureux. Un coup de foudre basé sur deux regards qu’il faut garder en tête depuis 16 jours car il n’y a rien d’autre à faire pour l’instant. Probabilité d’une éclaircie, incertaine.
Réfugié en haut du Taipei101 concentré sur le texte l’attente n’en est pas moins longue mais différée a-temporalisée et en cela même sûrement trop magnifiée. Voilà ce que cela coûte un manque de concentration de quelques heures par mois.

Emporté par un vent inattendu mais espéré depuis si longtemps que sa venue ne surprend personne je pense prendre possession du Taipei101 avec mon équipe d’intervention n°1, trop c’est trop, on le sait tous, il faut y aller, allons-y. Nous n’étions plus si jeune, voire cramés pour certains, dépressifs au possible, emportés dans les affres de l’hyperspécialisation mais une promo en classe Evergreen à 420 euros l’aller simple nous a décidé en quelques minutes et c’est avec joie et empressement que nous retournons sur terre définitivement en nous rendant au Taipei101 pour en prendre possession dans l’imposture la plus totale. Vive l’art global. Le terminal 8 de l’aéroport de Roissy est étrangement occupé pendant quelques jours par quelques 828 chtarbés ayant décidés, d’un coup d’un seul, tous ensemble tous ensemble, que trop c’était trop. Passagers hors normes a-normalisant les quelques « classe moyenne » perdus en notre mi-temps nous forçons les hôtesses de Eva Air à nous passer l’intégrale de Kenneth Anger plutôt que la dernière production Buena Vista à danser sur le dernier Vincent Epplay à nous ouvrir la cabine des pilotes pour des moments un peu plus fun. Makoto Yoshihara déploie ses boucles noisy stéréophoniques au milieu du pilote et co-pilote pour un set apprécié de tous quelque part au dessus de la chaîne Himalayienne. Parfait. L’atterrissage se déroule dans une ambiance religieuse car conscient, enfin, de la mise en action de la mise en action.
Nous exigeons, non sans mal, l’arrivée d’autres taxis pour absorber notre flux afin de quitter l’aéroport en meute. Tous les jours quelques cent cinquante totos en arrivance. Nous déferlons sur la ville dans nos taxis jaunes, matraquons au numérique, noircissons quelques pages de carnets, alignons les signes sur nos pads. Préparation. Attention nous sommes au top, nous venons prendre possession des lieux, pas singer nos attitudes habituelles. C’est pour de vrai cette fois-ci. Mittler zwischen Hirn und Händer mus das Herz sein !
Cela commence probablement par quelque chose d’inattendu, une situation qui n’a plus lieu d’être une situation pour laquelle des milliards de compétences s’auto-coordonnent à ce qu’elle n’ait pas lieu, mais qui cette fois-ci à bien lieu. Nous étions plus ou moins jeunes et peu larges d’épaules, normal, mais l’efficacité allait être au rendez-vous, ponctuelle. En l’espérant, en l’attendant patiemment nous la nommions Bug, Phase 2, voire même Prise de conscience, nous restions sur nos gardes tout en sachant que la période ne se prêtait pas à l’attaque, juste sauver les meubles, les meubles ultra fonctionnels dépérissant aux yeux de tous mais pourtant bien là, frais et dispo, des outils qui trépignent d’impatience d’être réutilisées dans la bonne concordance. A l’unissons. ET puis le déclic, la fenêtre d’ouverture, l’état de grâce, le moment in, l’explosion, la symbiose, le flash, la grosse grosse montée compossible qui s’actualise, surréaliste certes dans son apparition mais terriblement réaliste si soudainement.
Nous savons au milieu de quoi nous tenterons de poser nos exigences a-normales. Un contexte positionné sur un forme proche du tryptique (la nouvelle course au capitalisme vertical mise en place depuis quelques années et s’accélérant très fortement, la résistance de Taiwan au nouveau « chef » du capitalisme : la Chine, la tentative de création à Taiwan d’un capitalisme innovant, écologique et social —quel programme !—). Dans cette trinité conceptuelle les totos artistes exigeant s’invitent comme jamais à la table des dynamiques symboliques en action. Nous nous invitons sans problème, d’un coup, inattendus, surgissant, déferlant, imprévisibles tant la rétention fut contenu sur quelques siècles déjà ou finalement tant de totos pensaient quand même à un déroulement des affaires du monde beaucoup plus fluide. :)))))
Pas de fioritures, pas de comédies esthétiques, pas de looking désespérément néo-nihiliste ni rétro-kitsch branchouille, juste nous, comme cela, à un moment donné, sans le gel ou les accessoires inutiles de la fiction mode. Biens, beaux, belles, formidables. Entre eutopie et putsch.
Tout est dans le titre. #eu09 ♫ blip.fm/~7urd0
Les amis du jeune Carver ne laissaient aucune place au hasard et planifiaient tout avec la plus insupportable détermination ludique. #jeu #☭
2 flics à magnanime ?
Mithra !
Alors je me reprends un peu d’urine de chat sur la couette pour que les hallucinations du matin durent plus longtemps. via Canal de l’Ourcq.
Reminiscence 2

– Non, c’était pas ça. ça n’était pas un nounours, et d’une, c’était une sorte de grand chien, genre porte-manteau, l’air trés con, un objet foncièrement laid, en fait. Un hybride entre quelque chose d’utile et un jouet, une chose à vocation pratique trés affirmée, chose à laquelle on avait quand même essayé de conférer un aspect ludique pour plaire aux gosses. En y réfléchissant, ça nie toutes les caractéristiques d’une peluche. Un gosse pouvait rien en faire, de ce truc, ni le prendre dans ses bras, ni se coller contre, ni dormir avec, rien.
– ça t’a frustré de ne pas pouvoir le prendre dans tes bras ?
– Mais non, t’es con, je te dis que c’était laid au possible, j’en n’avais rien à battre. Même à l’époque. Et ces putains de poils rouges et rêches, ça devait être un calvaire au toucher. Rien d’agréable. C’était plutôt décoratif.
– Option galerie des horreurs.
– Un peu. T’as fait les puces du design, gros con, tu sais quelles horreurs on devait s’appuyer étant gosse. D’ailleurs voir tous ces couillons racheter les bibelots vintage pour des fortunes, ça me donne des envies de meurtre.
– Bon, mais ces poils gluants ?
– Dans le frigo.
– Mmh.
– Dans la boîte à gants, aussi.
– La boîte à gants ?
– Tu crois que tu as l’air fin à répéter ce que je te dis comme ça ? Oui la boîte à gants. Mon reup avait une R16, verte. Aujourd’hui ça doit être collector des tires pareilles, à l’époque j’imagine que c’était juste économique. Hideux, et économique. Monstrueux, mais, économique. Bref il avait une R16 verte, je me souviens du bruit du moteur qui ratatouille, l’exemple parfait d’une mécanique qui donne l’impression de peiner dès qu’elle sort de l’usine. Le nom lui-même sonnait comme inachevé, « R16 », on sent l’outil en travaux. Et le designer de l’époque devait pas être trés net non plus, c’était presqu’aussi laid que le porte-manteau en poils rouges et rêches. Y avait une thématique sous-jacente, à l’époque, j’en suis sûr.
– Et y avait des poils ?
– Quelle clairvoyance. Oui : dans la boîte à gants. Tu ouvrais la boîte à gants, une petite veilleuse s’allumait, mais elle était masquée par toute une toison longue, rouge et rêche, de poils en bataille. Du coup ça projetait une petite lueur rougeâtre et spectrale. Touffue. Une diode dans un amas de fougères. Avec une odeur bizarre, de la mousse synthétique. J’imagine qu’on ne peut pas injecter d’amiante dans des fibres, fussent-elles rouges et rêches, mais c’est l’impression qui en reste : en respirant ces poils tu avais l’impression de risquer d’avaler des spores, tu risquais un empoisonnement, une contamination à la vieillesse. Rien d’engageant. Une odeur rance. Note bien que je ne passais pas mes après-midis le nez dans la boîte à gants, j’aimais pas cette boîte à gants. La présence d’une toison rouge et rêche qui sentait la mamie ne m’inspirait pas, j’y voyais une anomalie, un truc contre-nature, presque une menace. Rien de sain. Il n’y avait rien d’autre d’ailleurs dans cette boîte à gants. La mienne est gavée de contredenses, de vieux flyers, de cassettes chrome niquées, y a même une fléchette et une langue de belle-mère et des jetons de douche, on y trouve une carte de Bretagne et un disque horodateur…
– un disque horodateur ? T’es routier ou fétichiste ?
– C’est pour me rappeler de la R16, ducon. Oui, y a encore des bleds où tu as besoin de ça. Je m’en servirai probablement plus jamais de ma vie, mais quelque part ça froisserait mon ego de prendre une prune dans un bled paumé parce que j’aurai lourdé mon disque horodateur.
– Vu les contredenses qui s’entassent dans ta boîte à gants, je dis que c’est du fétichisme.
– Bon, va chier. Toujours est-il que dans la boîte à gants de la R16, y avait rien de tout ça, pas de clefs, pas de grattoir contre le gel, pas de lampe de poche, pas de monnaie, pas de carte routière ni de guide des essences végétales, pas de laisse de chien, pas de fiole de visine, rien de ce qu’on peut un jour trouver dans une boîte à gants, je sais pas, pas de sachet de coke ni même de flingue, tiens – dans la R16 de mon reup, tu penses – y avait rien, la boîte était encombrée par la toison rouge et rêche. En fait je crois que tu ne pouvais rien y mettre, c’était dense. Et en ce qui me concerne, j’aurais paniqué à l’idée de devoir y entreposer quelque chose. L’aspect pratique du receptacle disparaît complètement, c’était tellement pas naturel que j’étais persuadé qu’y placer un objet revenait à l’expédier dans une autre dimension. Ou à le faire vieillir outrageusement, façon Ubik. Les poils rouges et rêches risquaient de s’y loger définitivement. Et de contaminer ledit objet, par le fait.
– Par le fait.
– Donc j’en trouvais aussi dans la boîte à gants. Quelques fois, parce que je ne me souviens de l’avoir vue ouverte que quelques fois. Mais j’avais ça en horreur. Une zone rouge et rêche pas saine.
Poison.
Il est
le plus beau
le plus fragile
toujours fort
sombre et merveilleux
et la délicatesse de ses gestes,

le rend flou et m’hypnotise.
La rosée
qui perle
presque givre
sur les toiles d’araignées
sur les premières pousses
le soleil point
doucement
au bout du chemin
lumière encore dure
de l’hiver
la sérénité des saisons
le silence
le silence
à la chasse
on perd parfois des plumes
et si je chasse
c’est que j’ai faim
l’oeil luisant
j’observe la plaine
le nez au vent
je cherche une proie
cette faim là,
croyez moi,
je ne l’aime pas,
cette faim là,
croyez moi,
je n’en veux pas
c’est la nature qui me veux ainsi
chasseur au regard vif,
prêt à bondir
et à vous egorger.

« Splendeur de ma voix qui s’élève seule, seule,
dédaigneuse de toute oreille, faite pour aucune.
Je frémis au sommet du mot seul, sur une limite aussi pathétique
que le tournoiement du derviche hurleur,
ou du chancellement du boxeur avant qu’il s’écroule,
ou de l’avion qui pique en flammes. »
La complainte de la journée :
Je m’endors, je m’ennuie, j’ai envie de vomir, j’ai mal à la tête, j’ai la diarrhée, j’ai le nez bouché, j’ai mal au ventre, j’ai mes règles, et je trouve pas de boulot.
SophieK
Enfin je dis ça je dis rien.
Jouer avec les scalpels, c’est juste pour les docteurs.







































et mon petit 
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