Conscientisme syllogique

Le Maugréant : « Une aire de stockage organisée où les consignes sont strictes, où sont interdits les ordures, les fumiers, les cadavres, les déchets, les carcasses, les explosifs, l’amiante, les toners de photocopieurs et les bonbonnes de gaz ? »

J’habite dans une déchèterie.

Old par ... le 02 Fév 2007

This is not a War, this is a Rescue Mission !


jack : mes couilles !
king : ça commence bien.
jerry : si catherine est là, je reste.
fanny : si on peut danser, je reste.
cathy : si jerry est là et qu’on peut danser
boy : jack ?
jerry : danser le tango de l’entropie ?
fanny : je suis pas trop tango pour une brésilienne.
cathy : electro ce soir pour moi.
jack : la roupe surtout.
king : ouvrir les portes de la perception, ganesh, hermes.
fanny : la transe shamanique peut en effet… oui, de l’electro.
cathy : si personne ne meurt à la fin, ça serait mieux.
jack : on pourrait s’embrasser.
king : oui, on pourrait.
jerry : tu embrasses ma soeur je te tue, frosty.
fanny : du calme les machos, moi tout le monde peut m’embrasser.
cathy : laisse le tranquille jerry, on finira ensemble de toute façon.
boy : jack ?
jack : oui, boy. tu n’aimes pas trop danser.
king : has anyone actually done anything with CM and gotten results?
fanny : if CM means Ceremonial Magick, then yes,
i have gotten results. if CM means Chaos Magick,
i have gotten results… make them stop…
sweet mother of god make them stop.
cathy : alors la roupe et les baisers ?
jack : danser surtout.
king : la liberté aussi, ou la mort.

Old par igor le 31 Mai 2007

le bordel quotidien / poésie hebdomadaire / 21ème livraison

vingt-et-unième livraison

***

 

il est sept heures trente du matin
valentin me réveille il a faim et la je constate que vanessa
n’est pas rentrée
pas rentrée de la nuit
je m’inquiète plutôt et je fais son petit déj et ensuite je fouille
dans toute la baraque
pour trouver un peu de fric
pour recharger mon téléphone
je ne trouve rien mais un vieux papier
avec le numéro de cb
de vanessa et je recharge avec ça
je l’appelle ça ne répond pas
deux heures plus tard et après je sais pas combien d’essais
j’appelle les flics
et là j’apprends
qu’elle a un accident de la route
qu’elle est morte
je suis effondré
je ne sais pas quoi faire
je contiens les larmes qui me viennent aux yeux
par lacheté
valentin
je ne veux pas être celui qui va lui annoncer
je lui dis viens on va chez isa
on sonne chez elle
je la prends à part et je lui explique
je lui explique que la brigade des mineurs
va venir le chercher
pour le remettre à son père
moi je n’ai pas ses coordonnées
je le prends à part lui aussi
et là je lui dis
la vérité
trente minutes plus tard je suis à la maison
je remplis un sac de mes affaires
une heure et demi plus tard je suis dans le train
direction paris
quatre heures plus tard je suis chez ariane
et je pleure et je me laisse aller
mais non
mais non
en vérité il est vingt et une heures quarante neuf
j’écoute france inter
et je flippe

***

dans la maison il y a un godemichet
qu’on a baptisé norbert et marie-louise
norbert c’est la partie qui me rentre dans le cul
marie-louise c’est dans la chatte à vanessa
dans le frigo il y a un tube de crème chantilly
c’est pour mes couilles et pour ma petite quéquette et pour sa chatte et pour nos tétons
dans la table basse avec les magazines il y a un jeu porno
de ma fabrication
dans le cellier il y a toujours du whisky
la bouteille est souvent aux trois-quarts vide
et tout le reste on s’en sert pas souvent

***

encore des morts trente et un morts dans une fac en virginie
et valentin fait des poèmes encore plus cons et drôles que les miens
mais il ne sait pas
que c’est de la poésie
un tireur fou et valentin qui part en délire bête
maman pue des pieds
christophe pue des pieds
je pue des pieds
les fourmis puent des pieds
le chien pue des pieds
les pêcheurs puent des pieds
etc.
et le type qui en a descendu trente autres dans une fac en virginie est mort
tué tout seul ou par un autre
à france inter ils ne savent pas
pendant ce temps
valentin pionce tranquille dans son lit
il ne connaît ni la virginie
ni la poésie



A LA VOTRE !

Aube 2007

« L’aurore grelottante en robe rose et verte
S’avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux. »
Crépuscule du matin, Charles Baudelaire

Le centre est l’avenir de l’homme


La suite dans
Airhole Special Agent – saison 007

Non classé par Gregoire Courtois le 25 Mar 2007

il est 17:41

Where are you from ?

Old par D.b le 06 Juil 2007

serge, ce héros —

« Pour éteindre le feu au cul de Marilou
Un soir n’en pouvant plus de jalousie
J’ai couru au couloir de l’hôtel décrocher de son clou
L’extincteur d’incendie »


Littéralement, "Encule les Majeures"

Old par ... le 19 Sep 2007

Nul donc un-dispensable

le récitant : my love is a flower (just beginning to bloom).
la poste, la depression de fevrier, les accents, ce soir on va pendre le DJ, one more time, Je le regretterai sans doute, de cocktails subtils en filles dociles, le micro et sa mixette, panic, etc…

Old par igor le 09 Mar 2007

C’est malin, vos conneries…

Old par ... le 07 Mai 2007

le bordel quotidien / poésie / 24ème livraison


 
(jean-marc renault – jmr02.blogspot.com)
 
***
 
vingt-quatrième livraison
 
***
 
à quick à midi à deux tables de nous
une très grosse femme d’environ quarante ans mange assise seule à une table pour deux
deux plateau occupent la table
ils sont remplis de bouffe
il y a deux boites en carton pour les hamburgers
un grand cornet à frite
un grand gobelet
une crème glacée et encore
un truc dans un sachet en papier
le regard de la femme ne quitte pas tellement la table
elle croise furtivement le mien mais c’est tout
elle mange proprement
tristement
lentement
 
***
 
on croise des trucs marrants sur l’autoroute
sur cinquante kilomètres j’ai vu
un pigeon marcher sur la bande d’arret d’urgence
tranquillement
pas du tout dérangé par les voitures
qui passent à toute blinde
sur la bande d’arret d’urgence j’ai vu aussi
une énorme merde de chien
et j’ai imaginé
un énorme chien marron venir déféquer là
qu’est-ce qui lui est passé par la tête à celui-là
et j’ai vu aussi un escalier
qui partait de la bande d’arret d’urgence
pour escalader le talus
vers où
et qui pouvait en descendre de cet escalier
et qui pouvait le monter
je me demande
 
***
 
– ai’e ‘ien ‘e ‘e’a’é ‘ai’e
– hein ?
– J’AIME BIEN TE REGARDER FAIRE
j’articule mieux à cause de la brosse à dents et du dentifrice
et je mets une main devant ma bouche
à cause des projections
ouais j’aime bien regarder vanessa
mettre du noir sur ses cils
et nettoyer l’excédent sur ses paupières
avec un coton-tige mouillé de sa salive
ça me fait penser à un numéro de cirque
en miniature

Partenaires sociaux : les discussions reprennent

Old par ... le 04 Juil 2007

What happened to the design?

To know more about why styles are disabled on this website visit the

Annual CSS Naked Day
website for more information.

Old par igor le 06 Avr 2007

Pourquoi, le soir, le ciel est-il rouge ?

Lorsque le soleil est proche de l’horizon, les rayons qui nous arrivent ont traversé une épaisseur d’atmosphère nettement plus grande que dans la journée ; ils ont donc eu la possibilité d’être diffusés de plus nombreuses fois par les gaz et poussières présents dans l’atmosphère. La partie bleue de la lumière a été presque complètement ôtée par cette diffusion ; les parties verte et jaune ont été affaiblies pour la même raison. Restent donc les rayons à forte dominante rouge, la couleur la moins diffusée. C’est pourquoi le soleil nous paraît plus rouge et moins lumineux, et le ciel prend également une teinte rouge-orange.

Old par ... le 16 Juil 2007

Et pourtant, il tourne…

Le Tourguenisme tourne, avance et s’élève. Plus qu’un programme politique, plus qu’un plan de carrière, plus qu’un choix de vie, le Tourguenisme est en vous, le Tourguenisme est en nous, est-ce que tu le sens, tu le sens là ? Tu le sens bien ? Le Tourguenisme est partout et en toute chose, entre le tronc de l’arbre et son écorce, entre le proton et l’électron, entre la Terre et sa Lune, entre la poire et le dessert.. entre toi et moi aussi, entre-nous soit dit ; il est au fond du couloir à droite après la cuisine, jamais entre les repas. Il est même entre le sol et ton vaisseau. Il souffle des profondeurs infernales jusqu’en extrême-amont, il souffle jusqu’au jour d’après, il souffle les bonnes réponses mais t’entends pas les chuchotements à cause de ton putain d’Ipod. L’hélicoïde tourgueniste étale ses branches nébuleuses sur des millions d’années lumières, balaie les galaxies, allume les soleils et emporte les qasars dans une immense transe cosmique mêlant énergie sombre et rayonnement stellaire éternel. Les Tourguenistes sont des derviches tourneurs sinistrogyres qui ont trop bu et chopent le hoquet. Le bonjour chez vous, la paix sur toi. Nan mais sans déconner.

Old par ... le 28 Mar 2007

Certains se découvrent une soixantième lune… et moi j’ai toujours – ECLIPSE.

Old par ... le 20 Juil 2007

LE FANTÔME DU MARCHAND DU SEL ?

Angleterre: Tourgueniev dérobe l’urinoir d’un pub et l’emporte dans un sac à dos ?

La police britannique recherche Tourgueniev qui a volé un urinoir dans un pub du sud de l’Angleterre et l’a emporté discrètement après l’avoir démonté avec beaucoup de dextérité.
L’inconnu tourgueniste est entré dans le pub Royal Oak à Southampton (sud du pays), a commandé une bière blonde et est ensuite allé aux toilettes où il a passé quelque 40 minutes à détacher l’urinoir du mur. Tourgueniev a ensuite glissé l’urinoir dans son sac à dos et est sorti sans éveiller de soupçons immédiats mais une caméra de surveillance avait filmé son manège et la bande a été remise par les propriétaires du pub, Alan et Suzie Dreja, à la police.
« Il a fait un travail très professionnel. Il a fermé le robinet d’eau et a bouché le tuyau. C’est un tellement bon travail que nos employés ont pensé qu’on l’avait retiré pour réparation et on n’a rien remarqué avant le soir », a dit Suzie Dreja. Le voleur expert en plomberie a même effacé ses empreintes digitales des toilettes en partant, a-t-elle ajouté.
La police du Hampshire estime que l’urinoir a pu être utilisé pour des travaux artistiques voire littéraires à un autre endroit et a indiqué rechercher Tourgueniev sur la vidéo (extra-it).

Do arthromorphs dream of electric feelings ?

« Un rêve, comment j’ai pu peu à peu l’oublier Ce que c’était. Je, Cette explosion, cette ankylose excitation, cette, cette plénitude. Ces promesses sauf futur. Je comprends Maudite m’aurait sauvé mon, même pas.. mais qui au réveil décille désespérée. ça faisait longtemps de larmes que je n’avais plus perdu contrôle et ça faisait longtemps que je n’avais pas réalisé joie sauvage. Mais je, je mesure à quel point, et de moins en moins. encore. Et ça n’est plus rêvé maintenant.
J’aurai finalement l’inverse, rien qu’un rêve, pour le tout mouillés,. Et c’est précisément ce qui de loin en loin me rappelle que c’était des yeux. ne me rappelle, maintenant. »

Pool.

Old par ... le 12 Juin 2007

Loop 2

Gobackthere, gobackthere, gobacktheregobacktheregobacktheregobackthere
gobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobackthere
gobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobackthere
I wanna gobackthere gobackthere gobackthere gobackthere gobackthere
I wanna gobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobackthere..

Old par ... le 21 Sep 2007

Bertrand, il faut ta gueule fermer maintenant..

Old par ... le 21 Avr 2007

gnn.

Old par ... le 31 Mai 2007

Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket

"Where is my bubble ?"

Old par ... le 05 Juil 2007

Le Cabinet des Affaires Internes a mis en place une adresse mail publique à laquelle vous pouvez écrire :

1. Lorsque vous avez trop bu et qu’intensément désinhibé, vous ressentez l’irrépressible envie d’entrer en contact avec quelqu’un par sms, mail, ou téléphone (CE QU’IL NE FAUT JAMAIS FAIRE VOUS LE SAVEZ) pour par exemple lui déclarer soudain votre flamme ou encore votre colère éthyliques. Afin de pallier votre pic expressif éthylique incontrôlable, vous avez donc le choix d’écrire votre scandaleux message au réceptacle neutre que constitue le Cabinet des Affaires Internes.

2. Lorsque vous avez écrit un texte intimiste ou un poème que vous ne pouvez poster nulle part ni montrer à personne, mais que POURTANT vous devez absolument faire lire à quelqu’un. Et bien ce texte inavouable, vous pouvez l’envoyer au réceptacle neutre du Cabinet des Affaires Internes.

3. Lorsque vous avez un secret à dire mais que vous ne bénéficiez pas de petit trou dans votre mur pour chuchoter le secret.

4. Lorsque, mû par une envie de distraction détachée, vous avez juste envie d’envoyer une jolie histoire sympa au Cabinet des Affaires Internes.

5. Lorsque, passionné de ficus, vous ne trouvez personne à qui en parler.

6. Lorsque seul un soir de pluie vous avez envie de tuer le chien de votre voisine et que tous vos amis fêtent le nouvel an sans vous et que votre petit copain n’a pas pu vous emmener dans sa famille parce que sa famille ne vous aime pas et que vous ne savez pas quoi faire de vos dix doigts.

Il est entendu que l’anonymat des correspondants sera respecté.

Le Cabinet des Affaires Internes se réserve tout droit d’exploitation des messages reçus afin de les recycler dans la grande machine géante qui avec des mots fait pousser des espaces verts. Plus les mots sont sincères, plus la machine peut produire des marguerites.

Le Cabinet des Affaires Internes se réserve le droit de répondre ou non, aux messages reçus.

Si vous vous sentez concerné par ce message, n’hésitez pas :

cabinet.des.affaires.internes(at)gmail.com

8 mai

Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage tout entière. J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même.

J’aime ma maison où j’ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule, le long de mon jardin, derrière la route, presque chez moi, la grande et large Seine, qui va de Rouen au Havre, couverte de bateaux qui passent.

A gauche, là-bas, Rouen, la vaste ville aux toits bleus, sous le peuple pointu des clochers gothiques. Ils sont innombrables, frêles ou larges, dominés par la flèche de fonte de la cathédrale, et pleins de cloches qui sonnent dans l’air bleu des belles matinées, jetant jusqu’à moi leur doux et lointain bourdonnement de fer, leur chant d’airain que la brise m’apporte, tantôt plus fort et tantôt plus affaibli, suivant qu’elle s’éveille ou s’assoupit.

Comme il faisait bon ce matin !

Vers onze heures, un long convoi de navires, traînés par un remorqueur, gros comme une mouche, et qui râlait de peine en vomissant une fumée épaisse, défila devant ma grille.

Après deux goëlettes anglaises, dont le pavillon rouge ondoyait sur le ciel, venait un superbe trois-mats brésilien, tout blanc, admirablement propre et luisant. Je le saluai, je ne sais pourquoi, tant ce navire me fit plaisir à voir.

Old par igor le 24 Oct 2007

klimperei & mme patate au ninkasi

Le 19 octobre à 22 heures, au Ninkasi Kfé (gratuit), à Lyon,
C. Petchanatz (Klimperei, donc), accompagnera Madame Patate. De Madame Patate on dit : « Comme une ballade épique entre breakbeats convulsifs et effets bucoliques carbonisant les lucioles, les mixs de Madame Patate pourraient bien servir de bande son pour un « Alice au Pays des Merveilles » chaotique… Un jardin magique avec champignons hallucinogènes, escargots à la lave de javel, friandises à la poussière lunaire et lapin au regard malcieux. Aride et ludique, références electronica et combinaisons fantomatiques de styles, on réécoute les compositions d’Ovuca sur un lecteur cassette usé, on imagine Aphex perdu dans une clairière de brume épaisse… »

surfaces / nouvelles / 2ème livraison

dernière fois que je vois le dos d’irène que j’entends sa respiration que je touche son épaule nuque crâne

quelques heures plus tard dernière fois que je lui dit bonjour dernière fois que je lui dis à tout à l’heure

et je lui mens forcément

dernière fois que je la vois fermer la porte et que j’entends ses pas s’éloigner

dernière fois que je l’entends quitter l’immeuble

dernière fois que je suis dans cet appart

il est trop cher pour nous cet appart même s’il a la classe et que tous nos potes l’aiment bien

dernière fois que je fais la vaisselle et sans nostalgie ni pincement au coeur ni rien de romantique dans toutes ces dernières fois même si je les énumère au fur et à mesure juste parce que ça me rappelle d’autres dernières fois

je suis meilleur en dernières fois qu’en premières fois moi

j’imagine que je ferai un meilleur mort que vivant

supposition à la con

d’autres dernières fois

j’y pense en faisant la vaisselle

dernière fois que je vois ma mère

ça se passe un peu pareil

je me tire un jour en laissant une lettre d’insultes et en piquant tout le liquide

à peu près six cent balles

en chemin je balance les clefs de la maison à la flotte et je prends le train pour toulouse

pourquoi toulouse

parce que c’est la grande ville la plus proche où je ne connais absolument personne

je veux rester seul

à la gare dernière fois que je croise cécile je fais semblant de pas la voir et elle ne me voit pas

j’apprendrai plus tard qu’elle fait semblant elle aussi

salope

vaisselle terminée

la lettre

première fois que je ne termine pas une lettre à irène par un petit coeur première fois que je marque je t’embrasse au lieu de je t’aime

ça ça me rend triste

je suis triste de plus l’aimer et puis ça passe

je laisse la lettre les clefs

pas question de jeter les clefs

et un peu de fric pour les factures en cours

dernière fois que je claque la porte

légère hésitation

une fois la porte claquée impossible de revenir en arrière

elle s’ouvre pas sans la clef

merde pourvu qu’elle elle ait les siennes

dernière fois que je descends les escaliers que je franchis la cour que je sors de l’immeuble

porte de l’immeuble claque derrière moi

en une seconde j’imagine que je reste qu’elle revient que je lui dis une connerie j’ai oublié mes clefs ou j’en sais rien et une fois à l’intérieur je me débrouille pour faire disparaître la lettre avant qu’elle la remarque mais non je m’éloigne et dernière fois dans cette rue

dernière fois à cet arret du tram

dernière fois dans le tram

il est encore temps de revenir en arrière mais non

dernière fois dans la gare

j’achète le billet

encore temps mais non

j’achète un bouquin pour la route

de quoi bouffer boire

je monte sur le quai attendre mon train

irène rentrera à la maison à peu près au même moment où moi je rentrerai dans mon train

elle va probablement s’effondrer en morceaux

ça me concerne plus

le train arrive

train pour marseille

cette fois je choisis marseille parce que j’y ai plein d’amis qui peuvent m’héberger

j’ai pas envie d’être seul ni à la rue cette fois

je monte dans le train

je marche jusqu’à ma place

là peut-être irène sonne et je lui ouvre pas

il faut qu’elle farfouille dans son sac pour retrouver les clefs

le train démarre et c’est le bordel dans son sac

elle ouvre la porte et y’a personne elle comprends pas

c’est la dernière fois que je vois paris elle remarque les clefs boule au ventre le ventre comprend mais le cerveau refuse encore et la lettre

terminé paris campagne et irène s’effondre en pleurs

ses larmes vont tacher la lettre qu’elle va lire cinquante fois d’affilée

le bruit du train et j’ai faim

je déballe un sandwich et j’ouvre un magazine et elle ouvre la porte et elle lit la lettre et elle pleure

je lis le magazine mais c’est difficile de se concentrer alors je regarde le décor et je pense à irène qui pleure et je me demande si je regrette et je ne regrette pas

j’écris un poème et un an plus tard j’écris encore un poème et derrière moi il y a françoise avec qui je viens de faire l’amour et qui n’est pas irène

je ne connais pas bien cette maison

la première année avec irène je n’ai pas pu écrire

la première année j’étais assis dans un coin de la chambre à la regarder et à faire semblant d’écrire

la dernière année je n’écrivais plus non plus

j’étais assis à l’ordinateur et je faisais semblant d’écrire mais je regardais à la place de regarder irène des filles à poils sur des sites de cul

la dernière nuit je n’ai pas dormi

la nuit dernière non plus

la dernière nuit passée avec l’estomac noué d’un côté irène qui dort de l’autre côté les cartons pas déballés pas la place pas l’envie pas que ça à foutre empilés et recouverts d’une tenture et au milieu entre irène et les cartons mon corps j’ai trop chaud mon sexe qui ne sert à rien et j’ai même pas envie de l’agiter et plus haut vers la tête des yeux et des larmes qui coulent pas

la nuit dernière j’ai fait l’amour et ensuite j’ai eu trop chaud pour dormir et ensuite j’ai fait l’amour et ensuite j’ai eu trop chaud pour dormir

c’était la première nuit que je passais dans cette maison et je m’attendais à n’en passer aucune

là c’est la première fois que j’écris dans cette maison et c’est la première fois que j’écris depuis un moment

il y a onze mois j’avais quitté irène depuis un mois

il y a onze mois j’ai quitté irène depuis un mois

j’ai quitté irène depuis un mois et je marche

je suis seul et je descend un escalier et ça va pas va pas du tout

je suis en train d’essayer de pas pleurer je me demande ce que je fais là

irène pleure au téléphone et moi je lutte pour ne pas

irène rie au téléphone et moi je rie avec elle

irène me parle de cul au téléphone et moi je bande

dans la pièce d’à-côté des amis

dans la pièce où je téléphone des cds

c’est la première fois que je parle à irène depuis un mois et je suis bouleversé et je regarde les titres sur les tranches des cd et je prends note mentalement de ceux qu’il faudra que j’emprunte ou que je copie quand je quitterai marseille pour retourner à paris

faut être un peu con

irène raccroche et je me sens bien et mal et bien et mal

je vais aux toilettes pour pleurer un bon coup et ça va mieux

nous sommes de nouveau ensemble et tout prend des allures de première fois

première fois que je retourne vers irène

le train

marseille paris c’est long presque quatre heures

pas d’argent ce coup-ci pas de magazine pas d’idée pour écrire rien

juste le paysage qui défile dans l’autre sens mais comme la dernière fois il avait pas marqué ma mémoire ça ne veut rien dire

j’écris ça liquéfié de chaleur dans un cybercafé il n’y a ni irène mais j’ai rendez-vous avec elle ni françoise mais elle veut mourir et j’essaie de l’en empêcher mais c’est une autre une toute autre histoire

françoise veut mourir et je ne veux pas qu’elle meure et à force de parler sur msn elle va juste mourir ce soir en se picolant la gueule jusqu’à l’inconscience et c’est mieux comme ça

j’ai trop chaud quand j’écris ça j’écoute nine inch nails en boucle depuis une demi douzaine d’heures et chaque centimètre carré de ma peau colle et je dois régulièrement m’essuyer le front avec la paume de la main ou avec le tee-shirt

comme je fais à l’instant

ce qui est dégoûtant mais très utile

je suis dans un cybercafé et au lieu d’écrire ce texte je drague par msn trois meufs une très jolie et une autre très jolie et je me dis dieu que j’ai envie de me les faire et dieu que j’ai encore envie de me faire françoise mais françoise veut mourir et là elle a coupé internet j’espère qu’elle mourra pas et les autres meufs sont retourné à leur vie et moi à mon texte

quatre heures de train c’est long

je somnole et je somnole plus et je somnole encore et il n’y a rien pour tuer le temps et je suis dans un cybercafé et je ne me souviens pas du tout de ce trajet pas du tout du tout du tout

peut-être que j’ai dormi en fait

je me souviens juste que le train était assez peu rempli

et le controleur a controlé peu après la sortie de marseille

juste une image

une demi heure avant d’arriver

je commençais à trouver le temps long

à compter les minutes

la voie fait un large virage

assez large pour voir l’avant du train

quatre heures de train

je sors du train

irène est là

elle a grossi

on se prend dans les bras

elle s’est fait belle

on pleure pas

on attend de rentrer

chez les amis chez qui elle squatte

pour pleurer

Getting high / s’envoyer en l’air

Where is my bubble now ? **uh-oh, sometimes I’m even boring myself**

Psychédélisme à Cap Canaveral (et componction murmurée dans l’oreille).

Est-ce que le tourguenisme avance ?

Irrationnel, molletonné, souvent accidentel, jamais vraiment volontaire, le tourguenisme. Vous n’y croyez pas, pourtant, nous non plus. Le tourguenisme est-il un phénomène en voie d’extinction ou avance-t-il à vive allure, comme un petit cheval fou lâché dans la prairie ?

Le maugréant : Nan, il avance, il tourne et il s’élève, dans le sens des aiguilles d’une pelle.

La Baronnie : Le tourguenisme avançant en moonwalk, doigt dans le nez, mains sur les hanches et poutre apparente, il n’ira jamais plus loin que d’où il est parti… mais très vite. Cheikh Abdullah ben Hamad Al Khalifa m’a dit, pas plus tard qu’hier, que l’allure tourgueniste l’avait tellement impressionné qu’il payerait une fortune pour qu’Igore et Nicolaï viennent saillir ses pouliches… pour dire.

Dr. Drüünorst Gulkstra-Grüül : « Dans le monde réellement renversé, le haut est un moment en bas, ma tête tourne mais il paraît que c’est normal, car comme le tourguenisme avance, tourne et s’élève, l’hélicoïde se retourne sur elle-même dans son propre délire ; je suis, je voudrais être, j’essaierai d’être pile-poil au milieu, un no man’s land terreux où fusent des missiles sol-sol et des jets d’encre, no man’s land entendu comme le théâtre de l’affrontement entre la régulation normative et sociale des subjectivités, leur enchassement identificateur dans des segments comportementaux et des profils neuropsychophysio(patho)logiqu… d’une part, et le chaos primordial des créations narcissiques et libidinales d’autre part, vivantes, aimantes, qui doivent échapper à l’arraisonnement de toute esthétique et à son démantèlement programmé, à sa dévolution et sa standardisation en pack fraîcheur zéro pour cent hypoallergénique hypodermique en tête de gondole, l’entropie cette salope qui désagrège ronge bouffe consume la singularité sensitive, le sentiment collectif et annihile les processus de civilisation, parce que la plus techniciste d’entre elles se rationalise jusqu’à l’autophagie gargantuesque et l’amputation sensorielle, la lutte intersticielle qui essaie de faire pulser un peu, encore, pas beaucoup, de loin en loin, le chaos esthétique primordial, la soupe originelle, celle avec des pâtes en forme de bites dedans, la pangée mentale qui n’en finit plus de se fractionner sous le contrôle tectonique, et de subir le conditionnement industriel rayon frais, gâteaux secs, câblopérateurs et industries du désarmement. Alors si on considère l’insurrection festive et l’activisme de bidibulle comme une fin, l’antidote au désarroi, l’alternative à la subversion explosive, la nouvelle contestation qui supprime toute reconduction capitaliste finira trés probablement « dans ton cul », avec mon pied droit et un vieux gode-ceinture qui traînait par là, aussi. »

Old par ... le 06 Avr 2007

Old par ... le 14 Juil 2007

Troudair : Une déchèterie est tout le contraire d’un dépotoir. Il s’agit d’une aire de stockage organisée où les consignes sont strictes. Sont interdits : les ordures ménagères, les fumiers et déjections, les cadavres d’animaux, les déchets hospitaliers ou médicaux, les carcasses de voiture, les engins explosifs, les produits radioactifs ou à base de mercure, l’amiante, les toners de photocopieurs et les bonbonnes de gaz.

Non classé par igor le 02 Fév 2007

il est 17:43

le bordel quotidien / poésie hebdomadaire / 19ème livraison

il est six heures onze
et je suis allongé sur le dos
il est six heures douze
et vanessa est allongée sur ma poitrine
entre mes bras
je ne dors pas
elle ne dort pas non plus
je ne pense pas à grand-chose
et j’ignore à quoi elle pense
elle est triste je crois
je ne suis pas assez réveillé pour lui remonter le moral
je sens battre ses cils contre ma clavicule
***
le terrain de jeu pour enfants forme une petite pente avec de l’herbe et des jeux
limitée d’un côté par les hlm
et de l’autre par une petite ruine et puis plus loin la route
valentin a trouvé un rat mort
il le trimballe embroché au bout d’un bâton
pour pas se saloper les mains
il le montre à ses copines
il essaie de le réanimer
je regarde tout ça depuis la fenêtre
il cherche un endroit où le poser
il ne trouve pas trop
des passants le voient avec son rat crevé au bout d’un bâton
ils sont horrifiés
je me marre depuis la fenêtre
valentin est près du tobbogan
valentin fait du toboggan avec le rat crevé
il est bientôt l’heure de manger
***
quand j’étais ado je faisais la différence entre les pochettes de disques
ou les couvertures de magazines
ou les couvertures de bouquins
etc.
qui montraient soit une illustration
soit la gueule de l’auteur
et j’établissais mes goûts en fonction de ça
et aussi je jugeais une carrière
en fonction de ce que le mec
passait de l’une à l’autre
de ces philosohies
j’avais raison je crois
mais aucune copine
avec qui partager
mes théories à la con


Les témoins :  » Ce fut une grande et belle fête nationale « 

We can be

HERO


Just for one day ?

—————– Original Email —————–
De : ydl
Date : 19/01/2007

c’est marrant
un collègue m’a expliqué très fier
que sa boîte mail
s’appelait
dingdongquiestlà
j’ai cru que j’allais m’étouffer

Les feuilletons tv du dimanche après-midi c’est du temps de cerveau disponible
pour des messages subliminaux.

Old par To le 07 Jan 2007

le récalcitrant : sans commmentaire.
Fuck

mais demain ?
je n’aurai plus rien
pourquoi veux-tu que j’efface tout ? il y a déjà ma mémoire qui s’efface, des pans entiers qui s’effondrent et je ne sais pas quoi faire de tout ces gravas, je ne peux quand même pas t’effacer comme ça ?
il faut m’aider un peu
je ne peux pas faire ça tout seul je suis déjà rongé de l’intérieur, regarde c’est tout vide là-dedans, il y a bien longtemps que plus personne n’habite ici
attends

il est 17:35


? J’aurais du oublier quelque chose…(quelqu’un ?)…

il est 17:42

on se refait pas


via Menstruel

Old par igor le 30 Août 2007


 
(jean-marc renault – jmr02.blogspot.com)

***

vingt-troisième livraison

***

pendant que vanessa me téléphone
j’entends passer près d’elle un camion de pompiers
et la sirène
et quelques minutes plus tard c’est par la fenêtre de la chambre
que j’entends la sirène
et vanessa l’entend à travers mon téléphone à moi

***

neuf heures deux devant le supermarché
deux ou trois personnes attendent que le rideau se lève et un vieux
qui porte des lunettes noires des baskets et une sorte de fuseau qui lui colle aux cuisses
et lui arrive aux genoux
fout des coups de pieds dans le rideau de fer
en regardant tout le monde et en faisant deux avec ses mains
neuf heures quatre le rideau s’ouvre
le vieux engueule l’employée et les vigiles engueulent le vieux
neuf heures quinze à la caisse
la vieille devant moi ne sait pas quoi faire de son panier vide
je le lui prends des mains pour l’empiler sur un autre panier vide
et le sourire qu’elle m’adresse
est le plus beau depuis longtemps

***

je ne vais pas aller à lyon
en vacances
je ne vois pas ce que j’irais foutre
loin de vanessa
je vois ça d’ici
passer deux jours à déprimer
mécontent d’être parti
mécontent de rentrer
la seule chose que j’aime c’est m’éloigner
être ailleurs je n’aime pas
et revenir ça m’angoisse
je m’éloigne bien assez
en allant marcher une ou deux heures dans la ville

 
***


©ydl.

tendre apocalypse

Old par igor le 26 Mai 2007

le bordel quotidien / poésie hebdomadaire / septième livraison

au feu rouge il y a une file de voitures arrêtées
dans l’une d’entre elles il y a un jeune type assis à la place du passager
il porte une veste jaune fluo
un genre de truc que mettent les mecs qui bossent sur les voies ferrée ou sur les autoroutes
et il dort
la tête posée contre la vitre
le soleil fait briller sa veste et éclaire bien son visage
à côté de lui
le conducteur baille et s’étire et au même moment le soleil
éclaire son visage
je passe mon chemin

***

un type ouvre la porte de la maison d’arrêt
la petite porte pas la grande
il y a deux portes
une grande comme une porte de château fort
et l’autre de taille humaine
les deux sont en acier bleu
le type ouvre la porte de la maison d’arrêt
la petite pas la grande
regarde derrière lui et son regard croise le mien
et entre
et ferme la porte
je n’entends rien du bruit de la serrure à cause de la circulation
et j’ai cette pensée à la con
je me demande si les gens là-dedans
ont tant que ça envie de s’évader
je repense à mon état d’esprit
quand j’étais en foyer
à mon absence totale
de volonté

***

jouir dans ta bouche mon amour
et mon nez et ma bouche à moi
plongés dans ta chatte
tes mains sur ma bite et mes couilles mon amour
et mes mains à moi aggripées à tes cuisses
incapable d’autre chose que d’éjaculer
tous mes sens réduits à ta chatte
mon nez plongé dedans
ma langue écrasée contre
mon seul univers réduit à ça
c’est bien

Est-ce vraiment mieux un sous-titre qui démarche ?

Nicolaï Tourgueniev : putain – mais putain quoi – j’ai rêvé de toi cette nuit – c’était rigolo – je fêtais mon anniversaire dans un étrange appartement qui n’était pas vraiment le mien, dans une ville qui n’était ni Paris, ni Lille – et à un moment donné, je m’éclipsais pour aller chercher un autre appartement, parce qu’il fallait que je déménage – et l’agence immobilière était en fait l’endroit où vivait Hélène, Fred, la mère d’Hélène et Jehanne, la petite fille, qui au départ était un chat qui vivait sous l’eau – dans une sorte de piscine – et en fait c’est une petite fille de 2 ans et quelques qui parle et qui court partout comme si elle avait 8 ans – et puis à un moment donné tu arrives pour me chercher – parce que je suis parti depuis très longtemps de mon anniversaire – et tu es habillé avec une sorte de chapeau pointu et un string en bonbons, et tu as un peu honte d’arriver comme ça chez la mère d’Hélène – et je me rends compte que moi aussi je suis à moitié à poil – et du coup on repart dans la rue pour retourner à la fête, mais au lieu de rentrer à l’appart, on commence à s’égarer dans les rues, de bar en bar – et je me souviens plus de la fin – voilà – tu t’en fous bien hein – salaud…

Old par igor le 07 Mar 2007

le bordel quotidien / poésie hebdomadaire / 20ème livraison

dernière livraison en provenance de picardie ; à partir de mardi prochain je posterai depuis un cybercafé de bordeaux et je suis bien, bien content, camarades.
***
***
vingtième livraison
***
j’ai foutu dans un bol
un peu de mayonnaise
un peu de ketchup
un peu de purée de piment
un peu de sauce aigre-douce
j’ai mélangé tout ça
la mayo fait des grumeaux
et j’y ai trempé des saucisses de strasbourg froides
encore humides de leur sachet
c’est comme un concentré de célibat
ramassé en trente secondes
le temps de bouffer les saucisses
et c’est bon
***
sur le trajet pour aller au théâtre
on est trois parents pour accompagner vingt-quatre gamins
à un passage piéton on dépasse un aveugle
personne ne le calcule et lui non plus ne nous capte pas
toute la colonne lui traverse devant la canne
qu’il tapote sans comprendre dans le caniveau et puis il s’engage
il se mélange à la colonne
j’entends quelques voix d’enfants qui lui disent excusez-moi
et en passant devant l’église
il y a une renault espace de couleur noire
des fonctionnaires et des gens habillés en noir
et des couronnes
et les commentaires fusent
c’est un mort
tu crois qu’il est mort
ça c’est des fleurs pour les morts
ensuite les gosses disent bonjour à leurs reflets
croisés dans la vitrine réfléchissante d’un immeuble de bureau
et pareil au retour
et pareil pour le convoi mortuaire
qui n’a pas bougé
au théâtre ils vont pisser par groupes de six
et ils s’emmerdent pendant le spectacle
et nous aussi d’ailleurs
***
vanessa s’est tirée bourrée en voiture
je devrais m’inquiéter mais je ne peux pas
toujours cette saloperie de liberté
que je place au dessus de tout le reste
y compris au dessus du droit des autres
de ne pas se faire écraser par une meuf bourrée
y compris au dessus du droit de valentin
de ne pas grandir sans sa mère
valentin qui est inquiet
que sa mère soit partie
valentin qui croit
qu’on va se séparer
je suis assis dans le couloir et valentin aussi
moi dos à un mur et lui dos à un autre
on parle d’amour et je me sens proche de lui
je lui parle comme un père et il m’écoute comme un fils
c’est curieux qu’on vive ça
dans ces circonstances qui me rendent malade

Jupiter and Saturn have not yet cooled off…
Jupiter and Saturn have not yet cooled off…

Old par ... le 26 Jan 2007

pour info il est 17:45

Mardi 11h30, enveloppe craft glissée sous la porte.

Par l’intermédiaire du wumuau le yetquot a. Fixe connexe, cours d’instruction si le besoin. Mon chargement auxiliaire, attendent svp l’emplacement. Édité par le quotie de P.M. voir le leur marais. Chaque, la tentative assurent le conseil précis, cause, mal cependant ! Offre qui donnent, l’expertise, font chaque tentative. Les conseils ou signalent maintenant des messages possèdent des liens, mises à jour ! Le téléchargement de problème de résolution de Xbased, installent, laquo d’updatequot. Droit sans pastebin de galerie, mailirc de chesslug. Les dispositifs ont tabulé la lecture rapide, droite de bouton de pages Web en dehors ! Situe des utilisateurs a eu, rapporté le nouveau filtre phishing. Ici aide libre de trouvaille de youll et. Fin d’automobile de volonté d’emplacement dans la bienvenue de secondes. Pourrait visiter des pièces rapportées sont. La page contente la révision de revue d’iegt ! Youre, employant que compatible, suggérer fortement le firefox pensent ? Navigateurs nouveaux de cette poussée sur quelques sites Web. Cela, amplifient nouveaux navigateurs sur certains. Posséder, groupe du DEC AM de profil de membre de vue de mises à jour de liens. Le paquet de service xbased le téléchargement de problème de résolution installent l’updatequot. Apprendre explorent nos panneaux de message ou signalent maintenant des messages. Lentement, évalue la page, contenu. Ouvert est des commentaires parler de nouvelles. Les options mon chargement auxiliaire attendent svp l’emplacement. Avait rapporté nouveau filtre phishing ralentissant des PCs. Updator de groupe du DEC AM de profil de membre de vue, poteaux. Options de cet onlymore de forum mon aide, chargeant svp ? Quotie voient leur multiframe de marais, indicateurs de fraude avec grand.

Old par igor le 22 Juin 2007

Baby-Boom ou Ka-BoOm

Tourguenisme : Live or Die ?

Old par Nicolai le 09 Oct 2007

Happy B-Day Babylone Babies !

Fake symbolism is only manipulation

Old par ... le 11 Sep 2007

le récitant : i have built a treehouse, nobody can see us, it’s a you and me house

Old par igor le 24 Jan 2007

"Where is my mind ?"

Old par ... le 05 Juil 2007

Hommage à Jean-Marc Pompougnac

Old par Nicolai le 09 Sep 2007

Old par ... le 04 Juil 2007

Junkie Brewster

février 2003: Junkie Brewster vient de s'acheter un ukulélé, elle ne sait absolument pas s'en servir (ni d'aucun autre instrument de musique), elle passe ses journées à le prendre dans ses bras et le regarder en souriant de façon euphorique et débile.

Bon, on connait bien le Lo-Fi Covering Orchestra mais on
ne parle pas assez de Junkie Brewster, de son Ukulele
de son maillot de bain bleu, de ses reprises audacieuses
de standards moldaves et des 50 groupes qu’elle monte
avec ses potes. Oué le Rock’n Roll n’est pas mort avec
Julien Lepers ! On va essayer de lui trouver une date
à Paris si ça la branche de voyager un peu (en fait on
sait pas où elle est en vrai) histoire de boire un coup et
de faire découvrir au monde le bonheur que la petite
guitare des iles peut apporter à notre ville de Lumière
(j’ai besoin de toi). Sinon, merci à Patricia pour ce
week-end et au Baron d’être l’ange qu’il est, merci
surtout à Chloé parce que bon… ben… voilà !
A part ça, on se prépare à organiser la fin du…
la fin du tourguenisme, une fin joyeuse, militante,
plutôt une disparition, comme un camouflage, une
mutation, un truc positif pour aller plus loin, laisser
pousser nos ailes, sortir du cocon, etc… Fonder partout
dans le monde de petites écoles de Kung fu temporaires
fragments de chaos, entropie, un petit tango ?
On y reviendra, mais préparez vos créations et vos
envies et vos plus belles lunettes de plongées.
There’s a light that never goes out…

Old par igor le 19 Fév 2007

do e mo la ma n

i y a b e c s éc il e t q i m p us e un p u p r out – le m ins di c ète t me dé or s par ois la m itié du vi age – m is j squ’ ci ce n’est pas i dol re à arr cher.
C’est tou ours des qu stions et je s is là je ne uis pa fâché, non, non pas la tête, je ne suis pas malh ur ux, je s is bien qu’on me rt partout, très viola ment, et la misère aussi, je sais tout cela, mais quoi ?
to t va bi n, je suis t ujo rs moi-même, non ?
j’ai un p u moins de cheveux po r te plaire, je l’a mets, et ce ve tre : il y a ce creux, là, dessous les côtes, cette dép ession surp enante, ma s il suffit d’un peu d’ex rcice et c’est comme une lig e qu’on veux garder
aha … cette obsee sion
mais n n! c’est ta faço de me reg rder ta façon d ne plus me voir, co me si on ne s’étai jamais con us alors que pré isé nt nous ne no s sommes jam is connus, alors po rqu i pe ses-tu le contra re ? tu s is je n’ai pas envie d’e trer dans ton lab rinthe
mais … il n’y a pas de lab rinthe, seulement toi,
parfois j’ai du mal
c’est bi n ce q e tu veux ? ce que tu ve x ? c’est bien ce q e tu ve x ?

konsstrukt / 28

vingt-huitième livraison

 

***

 

le bordel quotidien

 

***

 

(jean- marc renault – www.jmr2.blogspot.com)

 

(un vieux texte presque inédit)

 

des nouvelles des morts :

mon grand père paternel s’est tiré une balle dans la bouche

ma grand-mère maternelle n’est finalement pas morte

c’était un mensonge destiné à ma mère

mon grand-père, c’était un suicide

mon père est mort d’un cancer qui a mis deux ans à se développer

ma mère n’est pas encore morte mais j’ai bon espoir

non en fait je m’en fous

cyril est mort écrasé par une voiture

quand je pense à lui je me dis que le truc le plus extravagant qu’il ait fait de sa vie

c’est de baiser sa meuf en levrette

pendant qu’elle lui lisait le seigneur des anneaux

des nouvelles des vivants :

ils prennent le bus et ils tirent la gueule

et finalement cyril n’est pas mort

c’était un mensonge inventé par ma mère

pour on ne sait pas quelle raison

 

***

 

(jean-marc renault – www.jmr2.blogspot.com)

 

(un vieux texte presque inédit)

 

les enfants espèrent toujours que quelque chose va survenir

une catastrophe

ou quelque chose

un truc grave

pour venir perturber les corvées

que l’école crame

et demain le contrôle de maths sera annulé

on l’a tous espéré

ça

et puis des fois ça arrive

un enfant écope d’un d en écriture

et on décide de le faire bosser et tant pis si c’est mercredi

et l’enfant espère qu’un truc va se passer

un truc grave qui va prendre la tête à tout le monde

et que tout le monde oubliera le d en écriture

et la corvée pourrie du mercredi

et là le coup de bol : la mère se tranche les veines et il n’est plus question de bosser

 

***

 

(jean-marc renault – www.jmr2.blogspot.com)

 

(un vieux texte presque inédit)

 

je suis vide

je suis une chose creuse et vide

et je suis bien comme ça

j’y trouve mon bonheur

oui

seulement

pas de chance pour moi

la nature a horreur du vide

et il se trouve toujours des gens

et des gens que j’aime par-dessus le marché

pour remplir ce vide

pour le remplir de leur amour

pour le remplir de leur désespoir

pour le remplir de leur malheur

et tout ça c’est souvent la même chose

et au bout d’un moment je suis trop plein et je dégueule

en ce moment mon fantasme c’est d’avoir juste une chambre

une chambre dont j’aurais la cléf

et un frigo

et un ordinateur

et rien d’autre

et juste assez de fric pour bouffer tous les jours

!

Une famille tourgueniste est soupçonnée d’avoir alimenté la région, mais aussi, peut-être, des membres de la jet-set azuréenne, en nuages.
Quatre tourguenistes ont déjà été placés en détention.

Depuis environ une semaine, la direction interrégionale de police judiciaire de Lille achève le démantèlement de ce qui semblait être, vendredi, un trafic de nuages de grande envergure, et sur lequel une enquête est toujours en cours. L’affaire a commencé il y a plusieurs mois en Belgique, où des quantités de nuages auraient été découvertes, à destination de la France. Les enquêteurs soupçonnent alors quatre personnes, dont deux membres d’une famille tourgueniste du quartier du Pont Rompu.

Les policiers ont réalisé de longues et minutieuses surveillances (d’où un très gros dossier à l’arrivée). Ils ont finalement identifié ce qui semble être un important trafic entre la Hollande, la Belgique, le Nord-Pas-de-Galets et la Côte d’Azur (avec, peut-être, un lien avec l’Amérique du Sud). Il s’agit de nuages destinés à des marchés locaux « classiques » (principalement dans la région), mais aussi de cumulus qui pourraient avoir servi à alimenter les milieux de la jet-set azuréenne. Les quantités (ainsi que des sommes d’argent saisies) étaient, vendredi, en cours de décompte. Les totaux pourraient être très importants.

D.T.C.

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No d’annonce : 55Paru le : 21/01/2006

Association : ASSOCIATION DES SYMPATHISANTS DU « DANS TON CUL ! » (ASDTC).

Activité(s) : Action socio-culturelleNo de parution : 20060003Département (Région) : Alpes-Maritimes (PROVENCE-ALPES-COTE-D’AZUR)

Lieu parution : Déclaration à la sous-préfecture de Grasse. Type d’annonce : ASSOCIATION/CREATION

Déclaration à la sous-préfecture de Grasse. ASSOCIATION DES SYMPATHISANTS DU « DANS TON CUL ! » (ASDTC).

Objet : rassembler les personnes qui répondent oralement par l’expression « Dans ton cul ! » aux questions qui leur sont posées avec le mot « où » par leur proche entourage, dans le milieu non professionnel ; peut, en outre, adhérer à la présente association toute personne sympathisant avec cette pratique verbale, sans toutefois la pratiquer elle-même.

Siège social : 11, rue de la République, 06370 Mouans-Sartoux.

Date de la déclaration : 12 décembre 2005.

Page 1 / 1

SRC = Le Journal Officiel

Vendredi 15h

Dehors il pleut de grosses gouttes chaudes, la mousson parisienne. J’ai envie de parler à quelqu’un. Envie de somnoler surtout. Le mot mousson proviendrait du mot arabe mawsim qui signifie saison et désigne notamment la saison favorable à la navigation vers l’Inde dans l’océan Indien. J’ai eu une idée ce matin, une idée de développement industriel peut-être rentable. Ça me fera grincer des dents quand quelqu’un le sortira à ma place. Dommage c’était sympa mais il me fallait un ingénieur. Dehors il ne pleut plus, j’espère que Lisbeth Salander va se sortir de ce guêpier. L’eau ruisselle encore un peu par la longiligne meurtrière qui me donne un peu de lumière. A part le Livre, le portable et un grand verre d’eau on ne peut pas dire que ma cellule soit vraiment meublée. Le crépit se fait la mal et je m’écorche souvent en changeant de position. Avec la chaleur dehors, j’espère que ça ne s’infectera pas. A L’AIDE. Je me demande comment ça s’est passé hier soir pour les autres. SORTEZ MOI DE LA. J’aime assez la musique qu’écoute le type dehors, dans le genre reggae, je veux dire dans le genre reggae, dans le genre reggae. Encore une averse, je pousse le verre contre le mur pour le remplir à nouveau. Je râpe mon genou avec vigueur contre le mur pour en faire du carpaccio. Super, j’aime aussi vraiment le carpaccio à volonté. La vie est belle.

Old par igor le 22 Juin 2007

A goal

« First, they meet. Then, they fight. And at the end, they fuck »

Déréliction totale, la diode pulse comme un stroboscope, lancée à plusieurs centaines de km/h sur le RDO,
les synapses en ébullition, loin de tout, loin de vous, un ailleurs où les fonctions vitales sont réactivées un
ailleurs où les possibles sont réenchantés, une condamnation sans appel du hic et nunc, une perspective
monumentalement égoïste, une spirale égotiste, une nouvelle explosion qui transforme un cours d’eau trop
calme en torrent turbulent, qui s’écrase de rocher en rocher, se vautre sur le trottoir et éclabousse tout le
monde alentour, une (des) résolution(s) écrasantes et des étoiles, putain des étoiles partout, des étoiles et
des constellations entières que vous ne verrez probablement jamais, la galaxie en coupe, là-haut là-bas,
devant et derrière, une extase insulaire débarrassée des pesanteurs urbaines, des coercitions opérationnelles,
des contingences matérielles, une noix de coco brisée en deux et ma machette fichée dans ton crâne, un monde,
bref, tout un monde, un monde définitivement interdit aux teckels.

Le matin c’est ça. Tu as trés mal mais tu te dis que c’est pour la bonne cause. Ou t’essaies de pas penser.

Le midi c’est ça, pour peu que tu aies le temps d’aller acheter un sandwich avant que les cols blancs du quartiers
n’aient dévalisés la boulangerie. Si tu as jeté un oeil sur les infos, tu es traversé par des pulsions homicides de
basse intensité, au mieux. Au pire tu ressens la dépression comme un tsunami ralenti, un truc proche du
mouvement perpétuel, et la jolie serveuse n’y peut strictement rien, parce qu’elle peut être aussi jolie qu’elle veut,
elle n’est pas celle qui, et en plus elle te colle une addition aussi salée que cette merde de confit de canard qu’elle
a osé te servir.

Café, clope(s), gnn. Les préfectures explosent, le centre du trésor public ressemble à une boule de feu, les métros
déraillent et tailladent les corps hostiles en fines lamelles sanguinolentes, mais c’est encore dans ta tête. Celle
qui fonctionne à 10 % et donne de plus en plus de signes de fatigue. Celle qui grince la nuit et collectionne les
bugs le jour.

Le soir c’est ça.

Trop de monde dans la rue, trop peu de luminosité par rapport aux taux de photons que ta peau exige par jour,
si tant est que tu l’écoutes dix minutes. Mais soit, c’est encore et toujours pour cette foutue bonne cause.

Sauf qu’un jour, tous les jours, ça sera ça. Et que de là-bas seront encore envoyées des salves psychostiles qui
feront passer les 18 janvier 2008 pour des séries B mal branlées. Plus belle la vie ? Mais t’as pas idée.
Non seulemement ta peau sera gorgée de soleil, mais tu dessineras des arabesques dessus jusqu’à ressembler
à un putain de yakuza.

Precious and fragile things
Need special handling
My God what have we done to You?

We always try to share
The tenderest of care
Now look what we have put You through…

Things get damaged
Things get broken
I thought we’d manage
But words left unspoken
Left us so brittle
There was so little left to give

Angels with silver wings
Shouldn’t know suffering
I wish I could take the pain for You

If God has a master plan
That only He understands
I hope it’s Your eyes He’s seeing through

Je ne vois franchement pas pourquoi l’affirmation de soi devrait passer par la destruction des autres.
Sartre peut écrire tout ce qu’il veut, après tout l’exploit réside peut-être plutôt dans l’explosion sans
dommages collatéraux. J’aimerais bien essayer, mais à tout hasard, je conseille à l’aimable assistance
de s’écarter un peu. Des fois que.

Old par ... le 31 Août 2007

Si t’as bu sur Tourgeuniev – 21

J’aime pas les gens qui se disent et qui font pas, qui disent ce qu’ils font en oubliant de faire ce qu’ils ont à faire j’aime pas les gens qui se racontent très fort pour sentir avec volupté le ton de leur crâne et les contractions de la mâchoire, j’aime pas les gens qui l’ouvrent j’aime surtout ceux qui la ferment tout en ouvrant leur cul ou peut-être leur sœur, j’en sais rien, une mélodie même si elle pue, j’aime pas les gens coincés, j’aime pas les gens qui étudient, qui curriculum vitae, qui ne tremblent pas, j’aime pas les gens qui pensent trop tellement qu’ils pensent à votre place, j’aime pas les gens qui baisent pas, qui mangent pas mais qui bizarrement trouvent le moyen de se pendre la bouche, comme si l’air et le vide vitalisaient et fortifiaient leur salive, j’aime pas les gens qui sont constamment à leur propre poursuite qui manquent d’eux-mêmes qui se manquent tellement qu’ils s’attachent à eux-mêmes pour ne pas se perdre, qui passent leur temps à se guetter entre leurs murailles, j’aime pas les vieux cons, pas parce qu’ils sont vieux, mais parce qu’ils étaient cons avant d’être vieux et qu’ils ont trouvé le moyen de pas changer et de rester cons jusqu’à l’infini de toute leur trouille, j’aime pas les jeunes cons, c’est rébarbatif et inquiétant, si jeunes et déjà embouteillés, la cervelle périphérique, j’aime pas les gens qui vomissent des conseils à n’en plus finir, qui vous retournent les entrailles de leur presse féminine, j’aime pas les gens qui se conseillent pas eux-mêmes, j’aime pas le public des salles de fête ça fourmille de sociopathes en série, j’aime pas les petits villages ce que les gens s’ennuient ce qu’ils haïssent la capitale en lui enviant la vie qu’ils soupçonnent de ne pas vivre, j’aime pas la capitale elle est morte et ennuyeuse elle tourne en rond, j’aime pas ton frère ni ta sœur ni tes ennuis je veux dire tes amis, je veux dire arrête de me prendre à parti et de me faire garder les bêtes qu’il y a dans ton cœur, j’aime pas les gens qui parlent de shampooing de tubes de talons de voitures de gamecube, j’aime pas les jeux de mots pitié avec tes jeux de mots, on dirait des ruby-cube décomposés dans un frigo détraqué, t’arrives tellement pas à parler simplement aux gens comme à ta mère le dimanche t’arrives tellement pas à être limpide et nu qu’t’as besoin d’en faire trop même avec les mots, histoire de pas te frotter avec tes profondeurs, j’aime pas les gens qui se pointent dans les salles d’expo en espérant coincer l’artiste, pour lui faire mal désespérés de n’avoir rien fait de leur doigts si rassurés d’avoir quand même, ingurgité des tonnes de bouquins en études d’histoire de l’art à l’école du Louvre, histoire de mater les artistes de références, de pouvoir repeindre la toile exposée de leurs analyses claudiquantes toutes suintantes de leur masturbation glaireuse, histoire d’avoir l’impression de peindre eux-aussi, j’aime pas trop les gens en vrai on avouera qu’il y a deux choix : les cons, les intelligents, les muets, les vociférants, les plaies les piliers, non il n’y a pas deux choix il y en a des milliers et c’est bien ce qui me gangrène on ne peut pas les emmagasiner quoiqu’on puisse les résumer en deux pôles : les faibles muets, les forts vociférants, et ce qui commence à me péter les couilles plus je vieillis c’est qu’il faut surtout pas être doux histoire d’avoir la paix avec les vociférants, tu peux même pas rester un con muet en paix, j’aime pas ta mère tu sais non je l’aime pas elle t’a fait à son image et toi tu l’as dégueulée, ce qui se conçoit certes, certes mais regarde ta gueule dans la glace maintenant, t’as vieilli de dix ans et t’es devenu sacrément agaçant avec ton orgueil quand même vaguement dérisoire faut l’avouer, j’aime pas les gens qui parlent beaucoup et qui n’ont que cette pauvre vérité, la leur, pleine de spaghettis à six et de cinémas à trois, vérité glanée, l’art de la parole, l’art de la génuflexion, vraiment c’est nauséeux, j’aime pas les gens qui se contractent en costumes, rappeurs, gothiques, mal rasés, grunge, pour ne pas disparaître dans la masse, j’aime pas les gens faiblards qu’ont trouvé comme seul moyen que de se bâtir une autre identité afin de crier qu’ils n’en ont pas. C’est pénible et pas citoyen ça encombre les rues, vraiment j’ai envie d’hurler de rire en les pointant, vraiment ces pouilleux, me fais pas croire que tu veux disparaître, non vraiment j’aime pas les gens qui se regardent dans les miroirs, j’aime pas les gens qui se mentent à eux-mêmes avec leurs plaintes et leurs costumes coordonnés à leurs plaintes alors que ces connards ils transpirent la rage d’exister, vraiment ça me fout la gerbe l’inutilité de toutes ces heures devant les glaces à se confectionner des costumes destinés à prouver aux gens qu’on-se-regarde-pas-dans-la-glace vraiment c’est vrai avec l’âge je deviens nazi et vraiment je m’aime pas trop pour ça, vraiment j’aime pas cette sensation d’une solitude qui perfore son carrelage en continu vl’à t’y pas que j’ai creusé un puits dans ma cuisine vraiment c’est dérangeant cette sensation de m’être coupé du reste du monde depuis trois ans que ça dure, vraiment j’aime pas cette sensation d’aimer ça, vraiment j’aime pas ne pas aimer, vraiment j’aime pas inspirer, j’aime pas avoir de références, j’aime pas les biographies des gens qui sont encore en vie, j’aime pas les creux scolaires qui veulent plaire, j’aime pas les gens qu’aiment pas parce que ça fait chouette d’avoir l’air implacable et de pas aimer, ceux-là j’me les ferais bien avec cet air de pas comprendre qu’ils sont laids, ce qu’ils sont assoiffés les gens, ils savent plus quoi faire, j’aime pas l’épicier quand il me dit repassez samedi y’en a plus, mais j’ai passé une commande ça arrivera samedi le Cahors, j’aime vraiment pas cette sensation d’avoir transformé mon épicier sympa en dealer notoire de l’avoir vu festoyer en patins à roulettes dans la rue avec ma cousine et Colin-Maillard quand j’avais huit ans, j’aime pas Monoprix, cette sensation détestable qu’ils changent tous les rayons de place, je comprends bien que c’est pour perdre le client dans des rayons qu’il avait pas l’habitude, je suis tellement handicapé que j’arpente le supermarché trois heures des instants éreintants flippants angoissants j’aime pas cette sensation de toujours retrouver mon chemin malgré tout vers le rayon alcoolisé c’est fou quand même ce que j’ai le nez en forme de poire, j’aime pas cette sensation de tout dire, que plus la vie va, et plus j’en ai rien à foutre de vous plaire, j’aime pas cette sensation de me faire arnaquer le regard, mais que c’est pourtant la seule solution, j’aime pas cette idée que c’est la seule solution mais que c’est pourtant bien la seule solution, que d’être transparent et de parler comme si je venais de naître, c’est bien le seul postillon que je brigue, si jamais y’avait un truc à revendiquer ce serait ce postillon-là même si j’aime pas les revendications, non j’aime pas les revendications putain faut les voir encore s’essouffler ceux-là qui se sentent encore et toujours pas exister assez fort – putain ce que c’est déprimant ces humains assez couillons pour adhérer à des partis couillons, soit des opinions, soit des congrégations et des gays-pride, des réunions et des entreprises et des comités et des cercles, dont ils se foutent éperdument mais ils se sentent tellement tout seuls, et faut voir leur petit cerveau prompt au conditionnement rien que pour l’amour de cette multitude, ce parti qui les accueille, qui les aime enfin, putain c’est pas vrai non mais c’est le pompon, j’aime pas moi, j’aime pas me sentir me sentir exister, j’y pense pas je veux dire, je me dis pas que c’est bien, ou pas assez, j’aime pas y penser, quand je commence à y penser, j’me dis que c’est mal barré que je vais devenir couillon forcément, commencer à palabrer et me décerveler comme tous ces gens qui baisent pas, qui baisent pas du cerveau je veux dire, j’aime pas non j’aime pas, j’aime pas cette sensation que j’ai de mentir depuis trois pages à vociférer que j’aime pas, j’aime pas manipuler, j’aime pas mentir, j’aime même pas tout ça, l’écrire, avoir eu suffisamment de prétention pour l’écrire et le déclamer à voix haute alors que putain toute ma vie j’l’ai passée à aimer, c’est facile d’enfler son gros bras putain personne n’aime personne, et personne n’aime pas, et on est vachement personne faut le dire à tous grouiller en masse et se colporter comme des sauterelles dans les cerveaux des autres, putain quel manque d’originalité que ce texte, j’aime pas les gens qu’ont la trouille et je m’efforcerai toute ma vie de leur faire du mal, j’aime pas cette sensation qu’ils ont de toujours devoir s’écraser quitte à faire tuer les autres, voilà, c’est un peu pour ça, que j’ai été tout ça.

Le bonheur, c’est simple comme un jersey

Old par Nicolai le 08 Jan 2007

Troudair et l’Amour.

Old par igor le 28 Août 2007

ceci est un attentat…

On peut pas refuser éternellement les invitations (c’est ce qu’elle me disent toutes).
On peut donc logiquement s’attendre à une pluie de chiures de mouettes dans le quartier…
alors, puisque t’insistes :

et comme on dit chez mycroft:
Thanx for the add…

Locuiesc in televizor

Magalie se indoapa cu croasanti, explicandu-i peretelui ca varietatea este prin ea insasi un univers artistic, Gregory plange in bratele camarazilor sai, pentru ca totul este prea crud, Elodie se smiorcaie in sala de interviuri, Nolwenn se culca cu Matthieu Gonnet, iar Jenifer cu Jean-Pascal. In cazul unei nominalizari, candidatul ia cunostinta de situatia sa odata cu telespectatorii, cu prilejul emisiunii cotidiene realizate in direct si duplex. Candidatul aflat in pericolul de a fi eliminat face apel la telespectatori ca sa-l salveze via SMS-urilor suprataxate.

Old par igor le 16 Avr 2007

Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket

et puis le lapin géant bouffeur de planètes IL BOUFFE DES PLANETES ALORS QUE Y’A DES GENS DESSUS!!!







Old par igor le 26 Oct 2007

Moderar comentarios : pastillas… le retour

avec igor nous avons alterné le rôle de premier de cordée, sommet atteint sans trop de problème malgré le manque d’oxygène. boum boum boum. igor a gagné deux doigts de pied supplémentaire dans la première épreuve, moi une toulousaine dans la seconde. nous avons avancé sûrement mais fermement malgré l’abandon de nos sherpas à mi-sommet. c’est comment qu’on freine. La neige tombe à flot et la nuit nous manque. les sommets sont vertigineux. Appréhension pour la descente. nous pleurons à tour de rôle sur l’avenir d’une chaussette trouée. olé.

La mort du tourguenisme ?

il est 17:34

Old par ... le 31 Août 2007

2007 comme un plan séquence

« IL FAUT REVALORISER

LES VALEURS, M’DAME CHABOT !!!!!! »

(un ex-candidat bourré à la goutte)

Old par ... le 29 Avr 2007

"Where is my sex ?"

Old par ... le 05 Juil 2007

I.W.A.G.W.A.E.H.

Prâtar namâmi gananâtham ashesha haetam brahmâdi
deva varadam sakala âgamâdyam;
dharma artha kâma phaladam bhava-moksha haetam;
vâchâma agocharan anâdim ananta-rûpam

Old par igor le 28 Juin 2007

bagarre de fille à la galerie mycroft !

bagarre de filles à la galerie mycroft ! (un compte-rendu konsstrukt de la soirée de lancement du recueil raison basse)
dans l’ensemble, l’événement le plus notable, c’est cette amie de thierry théolier qui me propose un grand verre d’eau, après mon impressionnante lecture. j’étais épuisé, tu penses, dick rivers à côté c’est un amateur, et je bois donc avec délices. la garce ! c’était de la vodka.
après ça, la soirée devient un peu plus floue, dans mon esprit.
bon, en tout cas, avant, c’était vachement bien.
dans l’ordre :
on a débarqué en avance, pile après tout les autres, à l’heure de l’apéro. le but était d’arriver avant tout le monde, pour obtenir un avantage tactique au moment de dire bonjour. les autres salopards ont sûrement pensé la même chose. seulement eux, ils n’avaient rendez-vous avec personne, avant, dans un bar. les ordures.
la prise de contact était charmante. j’ai enfin vu thierry théolier avec qui on s’était brièvement pris le chou sur internet. a ma grande joie, il n’y a pas eu de duel (non, la bagarre de filles, c’est pas nous. un peu de patience). j’ai enfin vu jean-marc renault, un immense illustrateur, qui illustre (ah bon ?) mon bordel quotidien, et que vous pourrez voir bientôt sur le site ; et d’autres bons gens, plein, ils avaient tous des prénoms et des visages, c’était jamais les mêmes, du coup j’ai tout oublié. quelle misère.
si, à noter que les deux zouaves des éditions caméras animales, ceux-là même qui ont sué sang et bière pour sortir raison basse, et trois ou quatre autres bouquins, et bin ils doivent avoir vingt-cinq ans maxi, vu leurs têtes. moi, à leur âge, j’apprenais tout juste à agrafer mes premiers fanzines et à remplir une déclaration trimestrielle de la caf. respects, comme on dit sur skyrock.
trois mots sur les interventions. dans l’ensemble, c’était très chouette. le type qui est passé avant moi, philippe boisnard, a fait un live électronique, euh, un peu indus, un peu noisy, enfin encore un qui nous pisse dans les oreilles avec une très grande classe. mon moment préféré de toute la soirée, même si lui trouvait que son live était pourri, j’ai hâte de l’écouter quand il est en forme, ça doit envoyer. en tout cas, j’étais pas peu fier de passer après lui. pour ce qui est de ma lecture, savamment relevée par la clarinette très free-bruit de vincent, j’ai rarement vu un public aussi concentré, y’en avait qui fermaient carrément les yeux (non, rêve pas, en fait ils pionçaient), j’ai jamais autant été applaudi, ah quelle joie, quel enthousiasme, quel bonheur mes amis ! le type de zombieland a un look parfait sur scène, avec sa clope et sa main dans la poche (mais est-ce qu’on peut écrire un truc qui s’appelle zombieland et ne pas avoir un look parfait ?) ; charles pennequin n’est pas venu (salaud !) ; enfin bref, je suis très heureux d’avoir fait partie de ce petit bordel.
sinon, pour en savoir plus sur les intervention des uns et des autres (textes, mp3, photos) (et, tiens, voir la vidéo de la performance hilarante de théolier), cliquez ici :
et, donc, j’ai enfin vécu en direct la chanson de balavoine. que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi, qu’elles m’admirent, qu’elles me tuent, qu’elles s’arrachent ma vertu-u. bon, heureusement, vanessa s’est posée en gardienne de ma vertu, et c’était pas simple, il fallait escalader deux énormes seins pour venir me sauver, l’ambiance a donc monté d’un cran, et s’est réchauffée encore quand la filles aux seins a versé un verre de vin (rouge, je crois) sur la tête de la femme de ma vie. moi, évidemment, j’étais loin de la scène, en train de chercher mon sac, et de me dire, connards d’écrivains, ils ont tous le même sac au rabais, comment je vais faire pour retrouver le mien, connards d’écrivains (oui, c’est peu avant cet événement que j’ai bu mon grand verre d’eau bien fraîche, enfin, de vodka bien tiède). et en sortant sans mon sac (j’allais chercher du secours, aidez-moi à le retrouver, par pitié), j’ai eu vent de la scène. aussitôt, mon sang alcoolisé n’a fait qu’un tour, j’ai saisi la fille à la gorge (pas facile, je n’ai pas une très grande allonge) et lui ai jeté mon verre de rouge à la gueule. dans la foulée, quelqu’un (qui ?) me vise, mal, avec son verre de rouge à lui, et là je me dis, chic, une bagarre de pinard ! et bin non. on a juste dit au revoir comme de braves gens, et on est parti manger des pâtes et picoler avec neR, je connais pas son vrai nom, de toute façon, je ne me souviens même pas de ce qu’on a pu se dire, c’était sûrement de la haute voltige.
bref un excellent moment, pleine signe de la poésie et du bon goût. ah, oui : quand on s’est cassé, le sourire sale et le cheveu lourd de vinasse, quelqu’un a eu cette réplique définitive à l’adresse de vanessa : « de toute façon, toi, t’es même pas belle ».
c’était une soirée sous le signe de la bière lidl, du vin rouge en tétrapack et des caméras animales, et konsstrukt vous aime.
pour vous tenir au courant de leurs activités, pour acheter raison basse où un autre de leurs bouquins, pour les rajouter à votre testament si vous vous vous appelez françois pinault, ou pour toute autre raison plus ou moins inepte, cliquez ici :

loin des sectes millénaristes, les aborigènes – Résultats 1 – 10 sur un total d’environ 329 000 pages en français pour aborigène. (0,15 secondes) – ont décidé d’arrêter de se reproduire. Ce qui au départ ne semblait être qu’une rumeur a pris un tournant médiatique suite à l’annonce des frères Wachowski il y a une semaine d’entreprendre d’effacer numériquement tous les figurants de type aborigène visibles lors des plans des grands rassemblements sur Zion dans leur trilogie Matrix – Résultats 1 – 10 sur un total d’environ 2 450 000 pages en français pour Matrix. (0,13 secondes). Depuis les joueurs de didgeridoo sont en deuils. Hier soir 20h, Los Angeles, David Beckham® – Résultats 1 – 10 sur un total d’environ 1 060 000 pages en français pour David Beckham. (0,15 secondes) – exhibe son nouveau tatouage inspiré de peinture rituelle sur un grand network et lance un appel rageur au monde pour sauver les aborigènes qui ont arrêté de se reproduire. Partenaire de l’opération « L’aborigènes c’est aussi notre histoire », Sony® – Résultats 1 – 10 sur un total d’environ 13 100 000 pages en français pour Sony. (0,16 secondes) – a installé gracieusement des écrans dans les réserves certifiées, celles où les aborigènes portent des Levi’s® – Résultats 1 – 10 sur un total d’environ 792 000 pages en français pour Levi’s. (0,13 secondes) – aussi appelées « communautés », pour diffuser des programmes d’accompagnement à un retour des pratiques sexuelles entre aborigènes consentants.
Hélas force est pour nous de constater que les espoirs qu’ont fait naître les très bons scores d’audiences de la série pornographique Bang Bus, – Résultats 1 – 10 sur un total d’environ 322 000 pages en français pour bang bus. (0,18 secondes) – courte mais jolie victoire d’aborigène – astucieusement rebaptisé Bang Bush, ainsi qu’une reprise d’une certaine forme de sexualité dans ces communautés qui habitent presque toutes des maisons avec l’électricité, furent de courte durée. L’adoption massive de l’ejac facial par l’aborigène qui a arrêté de se reproduire ne laisse plus guère présager à un retour de la natalité.

dîner galant

Qu’est-ce que tu leur as encore promis

Des tendres croques

Ouais ouais ouais

Il est temps papa

Il faut se dépêcher, papa il devient fou

Tu as raison

Tendre croque Herta si tende si croustillant

Oh t’es calmé là

Ça va beaucoup mieux

C’est toujours une fête

Herta le goût des choses simples

Ou juste la fin du début…

Old par ... le 26 Sep 2007

Des athés : foutez-moi l’apnée.

Gloire à l’instinct!
Gloire à l’instinct!
Gloire à l’instinct!

(…)


A quoi bon
les démarches
sans sous-titres ?

Old par Gu. le 09 Jan 2007

le récitant : une utopie où poser son hamac ?

Old par igor le 05 Juil 2007

la récitante : Mords! Ajoutes-y une apparence et mords!

konsstrukt / 26

à la radio ils parlent d’une meuf qui a accouché sans rien dire à personne et qui a planqué ses bébés au congélo
putain elle a trop raison cette pute
son mec était en prison
putain moi mon mec il est même pas en prison
c’est moi qui suis en prison
en taule
en cabane avec jason une putain de cabane hlm et je n’en sors que pour aller mendier du fric à la caf putain
je me refais une clope
pendant que son père s’en fout pendant que son enculé de père il est à paris où je sais pas où avec sa pute à prendre du bon temps
moi j’ai même pas de quoi m’acheter des vraies clopes
je fume de l’aja 17 parce que c’est moins cher
saloperie
huit ans que je suis en prison
et ils veulent me coller une assistante sociale ces pédés
elle a raison cette connasse
elle n’a plus d’emmerdes elle
j’aurais du avorter
j’aurais du avorter putain
je me rappelle ce cette autre meuf qui a abandonné son mome à la terrasse d’un quick
putain elles ont trop raison ces connasses
je ris encore
j’éteins la radio
il est onze heures du soir
je pense à un truc
une voiture passe dehors
je pense à un truc
je pourrais me casser
je pourrais très bien me casser
c’est pas comme si je tuais jason
c’est pas comme les autres tordues
nononon
moi les enculés des services sociaux font tout pour me faire comprendre que je suis pas une bonne mère
que jason est perturbé
que s’il fout rien à l’école c’est à cause de moi
c’est parce que je suis seule
c’est parce que je suis au chomage
ils parlent tous de me le piquer et de le foutre en famille d’accueil
hé bin je suis pas une bonne mère
d’accord bande d’enculés
alors gardez-le
gardez-le putain et moi je me casse
une autre voiture passe
ouais
c’est ce que je vais faire
c’est ça que je vais faire
c’est pas un crime
je vais le leur laisser
après tout son enculé de père s’est tiré sans poser de question
il est heureux maintenant avec sa nouvelle salope
il est heureux et personne ne vient le faire chier lui
il est pas harcelé toutes les semaines par les putains de services sociaux lui
hé bin je vais faire pareil
je vais juste faire pareil
jason je vais le laisser
exactement comme son connard de père l’a laissé
et c’est tout
je vais me barrer moi aussi
moi aussi je vais la quitter la prison putain de merde
moi aussi je vais la quitter
je regarde ma clope
elle est éteinte
je la rallume
je la fume
mon cerveau tourne dans tous les sens
c’est comme si j’étais défoncée
l’excitation m’empêche de penser
il faut que je prenne mes affaires
mais pas trop
c’est pas la peine
de toute façon je n’ai pas besoin de grand chose
je vais dans ma chambre
je prends un sac
je le remplis d’affaires
je ne fais pas attention
mon esprit tourne dans tous les sens
je n’arrive pas à me concentrer
je vais à la salle de bain
je prends des trucs
mon sac est rempli
ça suffira
pour le reste j’ai ma carte bleue
je vais dans la chambre de jason
j’ouvre la porte
j’ouvre la porte
il dort
la couette est rabbattue à ses pieds
il dort en pyjama
il est tourné sur le côté
il est bien quand il est comme ça
il faudrait qu’il ne se réveille jamais
ce matin je lui ai mis une claque et il a pleuré
j’en peux plus
je le supporte plus
il ne n’aime pas je crois
je crois qu’il ne m’aime pas
quand il me regarde je le sens dans son regard
de l’indifférence
du mépris
rien d’autre
pas d’amour
aucun amour dans son regard
dors
dors bien mon ange
puisque je ne te supporte plus
et puisque tu ne m’aimes pas
on va se laisser une nouvelle chance à tous les deux
dors bien mon ange
adieu
je referme la porte
je traverse le couloir jusqu’à l’entrée
je pose le sac dans le couloir
je mets mes chaussures
j’ouvre la porte d’entrée
le froid de la cage d’escalier vient contre mon visage
je referme la porte de l’appartement
je suis dans le couloir
je tourne la clé
ça y’est
ça y’est c’est terminé
peut-être je devrais pas refermer à clé
non
c’est pas grave
l’agence a un double
j’appellerai demain pour les avertir
jason va avoir un peu peur
je devrais lui laisser un mot peut-être
oui
je devrais lui laisser un mot
je rouvre la porte
j’entre
j’ouvre son cartable
je déchire une feuille de papier à son cahier de texte
j’écris
chéri,
je dois partir en voyage. un très long voyage. je t’aime, je pense à toi très fort. nous ne nous reverrons pas avant un très long moment. des gens vont s’occuper de toi, ne t’inquiète pas. ça sera mieux comme ça. surout n’ai pas peur, et ne sois pas triste.
je t’aime.
ta maman.
j’ai trop chaud avec mon manteau dans la maison
je pose la feuille en évidence sur la table
je range le cahier de textes dans son cartable
je ressors
je referme à clé
je me sens soulagée
terriblement soulagée
je quitte l’immeuble
dehors il fait froid
le froid vif me fait du bien au visage
combien de temps que je suis pas sortie seule en pleine nuit
ça se compte en années
en années
je marche un peu au hasard dans les rues
je marche en direction du centre-ville
il fait noir
il n’y a pas beaucoup de voitures
il n’y a que les lampadaires et le vent et moi
quelques fenêtres sont allumées
je ne croise presque personne et puis au fur et à mesure que je m’approche du centre-ville il y a un peu plus de monde et un peu plus de bruit et puis les rues deviennent animées des bandes de jeunes des couples des types seuls des zonards avec des chiens des bars de la musique qui s’en échappe des odeurs de kébabs des rires des aboiement des gens qui s’engueulent des phrases saisies au vol
je déambule au milieu de tout ça mon sac pèse lourd mais je m’en fous je trouverai un hôtel mais c’est pas le plus urgent
je me balade et c’est bon
la liberté
je pense un peu à jason
je me sens coupable
mais je le supporte plus alors quoi
j’entre dans un bar
il fait chaud
le brouhaha est plus fort
l’odeur de tabac est très prononcée
je m’installe à une table
je commande une vodka pomme
le serveur l’apporte
je la bois d’un trait
une bonne chaleur me remplit le ventre
je me roule une clope
le temps de fumer trois taffes et je suis pompette
je commande une autre vodka
je me souviens que j’ai pas mangé ce soir
je n’ai pas faim
je termine ma clope
je bois ma vodka à petits coups en écoutant la musique
j’en commande une troisième
je bois et je fume
un type vient s’asseoir à ma table
on discute
je lui raconte ma vie
il me raconte la sienne
il est chomeur
il est divorcé
il me plaît bien
je suis bourrée
je commence à avoir faim
il me propose d’aller manger un kébab
j’accepte
on marche un peu
le froid me dégrise
on se roule des pelles pendant que le type prépare nos kébabs
ça sent la viande
on se roule encore des pelles en mangeant dans la rue
il me dit qu’il habite pas loin
je le suis chez lui
on boit du whisky et je ne me souviens pas de la suite
je reviens à moi il fait nuit
il dort
je sais pas comment il s’appelle
il y a deux capote par terre
elles sont remplies
j’ai mal à la tête
je cherche la cuisine
je trouve du coca
je bois une longue rasade de coca glacé
ça me détruit la gorge et intensifie la barre à ma tête
je me casse de chez lui
dehors il gèle
l’air est humide et glacé
je marche longtemps
je suis encore bourrée mais ça n’a rien d’agréable
j’ai les jambes coupées
je sais pas combien de temps je marche heureusement que l’alcool attaque la notion du temps
au bout d’un moment je suis devant chez moi et je me souviens pas du trajet
je rentre
je froisse le mot et je le jette à la poubelle
j’ouvre le frigo
il y a une bière
je la décapsule
je la bois lentement en bloquant devant la télé
il est quatre heures du matin
je jette un œil dans la chambre de jason
il dort
il a changé de position
il dort tourné vers le mur et la couette est sur lui maintenant
j’ouvre une autre bière
j’ai pas sommeil fait chier
mon mal de crâne est parti
je suis bourrée
je regarde les émissions de la nuit
je fais pas gaffe à ce que je regarde
je termine pas ma bière
je commence à piquer du nez
je vais au lit
je me déhabille pas j’ai trop la flemme
je m’endors instantanément et je suis réveillé par la télé
je regarde l’heure
il est six heures quarante-cinq
dans quinze minutes le réveil va sonner
va falloir se lever pour préparer jason
y’a école aujourd’hui
je suis en vrac

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se réduire, dès le plus jeune âge, au positif, romantique et facile à comprendre (éducation sexuelle agréée par les pouvoirs publics) (en plus des œuvres des poètes reconnus) et devenir enfin UN AMOUR DE TAPIS.
Petite chatterie familiale d’élevage de l’amour courtois : tout sur la pêche à la carpe, recettes de bouillette, pas de discrimination ni d’interdit, jeux, bricolages, expériences, Aragon, Ronsard, ta menteuse école où j’ay perdu l’esprit (présentation de la chatterie, informations sur la race et son élevage, la génétique et la santé).
Et enfin : ESPRIT_AMOUR Dancing espace vituel (animé par Dj Yoyo) qui augmente l’espérance de vie, à 800 m de la plus belle plage d’Europe et à 1.2 km du centre ville.

Une lettre d’Amour pour vous, elle vient directement du cœur du Père.

in god i trust —

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