Un cortège me suit, vingt trois ancêtres poussiéreux, en robes grisées par le temps, aux yeux délavés, aux visages sépias. Ils pourraient être transparents, bleutés et vêtus de lambeaux ce seraient les mêmes. Mais ils me regardent depuis des photographies, sagement assis sur des chaises ou appuyés à des rambardes. Ils ont voyagé dans les aléas de la vie, et on me le raconte. Ils ont eu des désirs qu’ils n’ont pas aboutis, et ils me demandent en me dévorant des yeux de les réaliser pour eux. Je balance tous les albums photos et me tape la tête contre les murs pour oublier les plus proches, ceux que j’ai connus et qui sont morts (dont conséquemment j’ai vu les désirs les volontés et les cassures). je ne suis pas la vingt-quatrième je ne suis pas de leur famille – je suis moi juste moi – ils sont morts aujourd’hui et ils n’existent pas pour moi – certains sont des souvenirs douloureux ou non leur mort reste certaine et ils n’ont plus aucun moyen de m’investir
Le cortège derrière moi s’efface, je sens moins de visages penchés sur mon épaule. Moins de poussière dans les yeux. Mais je ne distingue toujours pas mes propres désirs.
je te vois
je t’attends
j’ai pensé je ne veux plus manger
et puis j’ai repensé aux jours où je ne voulais plus manger
j’ai repensé à des années en arrière
j’ai repensé à ce que je ne connais plus à ce qui ne me touche plus
à ce qui n’existe plus
j’ai repensé à tout cela et ça remplace aujourd’hui
merde alors pourrir un jour et se remettre à pourrir
pourrir un jour et vouloir mourir
j’ai tourné dans un freezer jusqu’à ce que des cristaux de sang giclent
j’ai mordu des tuyaux jusqu’à ce que mes dents n’existent plus
j’ai ventilé ma mémoire jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans un désert absolument loin derrière moi
ce désert c’est toi silencieux incompétent ignorant tu as les yeux vides tu ne regardes rien tu ne mâches rien et pourtant tu mâches
j’ai trituré mon nombril et j’ai réussi à passer entre mes côtes et je t’ai touché derrière moi
j’ai vociféré un son inaudible tellement aigu, tellement pur, tellement invivable!
j’ai planté un pieux dans mon âme afin de pouvoir m’y accrocher et de pouvoir grimper jusqu’à mon crâne
de là-haut ce que je vois? ta tête fumante, brûlante de tourner à vide, tes cheveux épars et grillés
tu es laid
je tords mes dents autour de tes boyaux, je tire, je tire, des kilomètres me suivent, je cours, toujours des boyaux qui sortent de toi, je n’en reviens pas
o voilà donc ta magie! ces rouleaux sanguinolants qui désignent un point de fuite en s’alignant
ces chairs qui s’étalent dans le sang et le bruit de l’humide… je les lèche! mon amour!
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front
Je me réveille toujours avec le même mal de tête. Je cherche du regard l’heure qu’il peut être, et quand je la trouve, je ne veux pas y croire. Si tôt si tard, juste ces chiffres aléatoirement écrits sur mon réveil en lettres rouges qui percent le noir. Je ne sais pas si je dois y croire. Je connais mes autres heures, et je fais comme tout le monde, je fais en fonction, je conçois le temps qui me reste. Je ne suis jamais en retard. Les gens pensent que j’ai une horloge dans la tête, c’est faux pourtant, il y a peu de choses qui me sont aussi étrangères que ça. Le mal de tête met du temps à passer. D’abord je dois me lever, me laver, ne pas me lover, et manger. Boire mon café, et le mal de tête passe. Je sais ensuite tout le travail qui me reste à faire, je me résigne un peu, mais la vie m’inspire confiance.
Je ne suis rien, c’est tout ce que je sais. Je ne suis rien, comme beaucoup de gens, mais ils se serrent entre eux, et ils ont l’impression d’être (le voisin de celui d’à côté) ; ils répètent cette phrase en boucle en omettant toujours ce qui est entre parenthèses. J’ai fait du mal à beaucoup de gens en refusant de leur parler, ce qui signifie que leur amour propre a senti mon passage. En réalité ils ont oublié qui je suis, mais les jours qui ont suivi nos rencontres, ils en ont fait beaucoup plus avec les autres. Ensuite, j’ai été proche de beaucoup de monde, mais je suis trop sensible, et comme je ne suis rien et que je ne fais pas semblant de ne pas le savoir, ils ont traversé mon corps et mon âme avec. Ça me peine, mais maintenant, je me réveille solitaire et me rendort pareil, je ne suis rien. En fait, ça me plaît parce que ça me laisse le droit d’être témoin de tout.
Le cœur a battu si longtemps hier soir. Je vois quand même parfois, le soir, un autre rien que moi, et hier son cœur a battu longtemps sous ma main. C’était plus long, plus chaud, plus touchant.
Mais c’est Scarbo qui me mord au cou, et qui, pour cautériser ma blessure sanglante, y plonge son doigt de fer rougi à la fournaise! (Aloysius Bertrand)
suspiro sangriente
demain je parlerai encore une autre langue,
et j’hablerai des mots inadaptés
parfait chemin d’hérésie, ma religion la plus touchante
je préfére les orgies qui ont lieu loin des couvents
matez-les et hérissez mon cerveau de:
ris de veau
cervelet
pieds de porcs
rognons.
j’aime la viande
ce qui veut dire: ………………………………………..
tout cela c’est ce que vous ne pourrez jamais lire
j’aime les silences [rien oh rien du tout]
et les suspiros sangrientes
encore une chanson d’amour
elle: rose
lui: bleu
eux: violet
je te voyais tourner au coin de la rue dans la lumière de la pluie
pour te retrouver je tournais le dos à mes yeux mouillés
comment survivre à ton rire qui dans un concert d’argent me transportait
tu rêvais d’être l’orfèvre de mes formes, de mes cheveux
tu es mienne aujourd’hui pour toujours je dis je t’aime
cet instant fort comme l’éternité et si bref de l’amour à l’unisson
tu nourris mes espérances, tu me donnes l’envie de l’hiver
tu donnes une raison à mon existence, j’ai maintenant une icône vers laquelle lever les yeux
belle beau enfermons-nous lalalala dans notre amour!
laaaaa laaaaa laaaaa je cherche un prince ou une princesse
la voici le voilà
tiens c’est drôle c’est exactement ainsi que je le rêvais depuis que je l’ai rencontré
tiens c’est drôle c’est exactement ainsi que je la rêvais avant de la rencontrer
tu me cherchais, me voici conforme à tes désirs
tu me cherchais voici tes rêves conformes à moi
paroles: orad — musique: orad — couleurs: gwendoline klingon
blig blag blog, sérieux que signifies-tu? rond un tour autour du monde, et ffff un doux rêve où tu es. je ne veux plus que tu sois dans mes rêves. alors protprotprot je sors du danger dans une voiture inventée imaginée imagée. je sors du sommeil je sors de la journée je sors du réel. rrrrrrrr les voyez-vous encore? ils déjeunent entre eux, ils discutent ils se parlent se regardent. se trouvent-ils beaux? je les trouve pâles. brrmm un deuxième tour autour du monde, ils sont de plus en plus loin. où m’avancent mes anneaux, dans le temps, ailleurs? je ne connais rien alors je ne comprends rien. mais je sais que je perds toutes mes chances de les revoir un jour. ouf. maintentant je peux m’endormir tranquille loin de mes rêrves de toi et des contacts d’eux.
je m’endors dans un monde où je flotte, uniquement parce que je ne le connais pas. je soupire d’aise, entendez-vous mon confort? je suis très loin de vous et ça me fait du bien. je siffle doucement dans mon sommeil une chanson angeline que jamais on n’avait entendue, ni vous ni moi. de chez vous vous l’entendez, certains se prosternent, ils montent une église. ils créent un culte. ils vous haranguent, vous obligent à croire comme eux. mais ce n’est que le sifflement perfide d’une méchante fille qui a craché sur la société des hommes! croyez-vous toujours au règne du juste? Dans mes rêves à l’autre bout des ténébres je sais que le juste ne peut pas régner. Quand je reviendrai, si je reviens, je vous trouverai prosternés à mes pieds, vous reconnaîtrez mon chant et mes larmes de cristal, j’arracherai vos gorges et vous comprendrez. mais vous resterez à mes pieds. il ne faut plus croire au juste. vous ne pouvez le voir, il erre dans l’imagination du mauvais; peut-il être mieux caché?
je vous aime
tam tam tam
la terre n’a pas tremblé, rien n’a changé aujourd’hui
je me trompe de supports, mais ce n’est pas grave, c’est du travail fait pour plus tard.
réajustements: attendre de comprendre le mot qu’on lit, tirer dessus et là, pouvoir parler.
pour l’instant je tâtonne sur la côte avec mes pieds, et je creuse des petits trous où l’eau entre en tourbillons.
c’est beau et c’est hypnotique.
la migraine occulaire me sauve, après deux trois jours de ça, j’aurai envie ce me semble, d’action.
le moteur tourne… action!
« Qui veut venir passer quelques jours avec moi à Madrid en janvier? »
tu étais parfaite poulette
Survivre dans votre tempête, gonfler mon ventre, je ne pourrai pas me noyer, mais je suis lourde; si fatiguée… monsieur où êtes-vous? enrouée, une sirène meurt. je ne sais plus quoi chanter. tu es parti. je meurs seule, ensablée. les vagues qui me parviennent sont nauséabondes; elle sentent le poisson mort.
Elle pleure. Sur son épaule, il est là pour se pencher. Oh oui, il vient quand elle l’appelle. Elle a caché le surin dans le revers de sa veste. Crime passionnel? Elle a peur, elle tremble, parce qu’aujourd’hui sentez vous la mort qui rôde partout? SI elle se laissait être super sensible, ce quelle est, elle irait vivre à l’écart, mais elle ne peut vivre seule. Accompagnez-la. Elle l’a tué, et maintenant, elle pleure, sans personne sur son épaule.
aujourd’hui nous ne sommes que mardi et c’est déjà vendredi pour moi
ce matin, j’ai croisé un enterrement et suis tombée sur la pire caissière à la poste
aujourd’hui nous ne sommes que mardi et c’est déjà vendredi (13) pour moi
ce matin je me suis habillée, involontairement, en gothique attardée
on aurait pu venir me soutenir à l’enterrement me tendre un mouchoir et me demander si j’allais
hier ils étaient trop loin maintenant ils sont trop près.
mon corps gonfle des larmes retenues
intoxicated lady
boire, fumer
me laisser pousser des poils dans le dos
tout
un homme qui me sort de la peau
un tricot d’homme
trouver ça bon
et rester là:
un homme qui me sort par la peau
intoxicated lazy
les yeux exorbités? oui, les yeux exorbités. il s’avance. est-ce qu’il fait noir? un petit peu. il chreche un petit peu mais il voit assez. il a les yeux exorbités parce qu’il a hâte d’avoir vraiment peur. il avance, ses mains se transforment en serres de rapace. il est à moitié baissé, il a remonté le temps jusqu’à la préhistoire. et son jean le serre. il avance toujours, le cou tendu, tendu et tendu vers l’avant, ses dents sont serrées et découvertes, ses mains attrapent déjà quelque chose. Le couloir est un peu long et à moitié dans la pénombre, il a le temps de devenir l’assassin. il voit, il voit le couteau par terre, à manche de bois, un petit couteau pas très bien aiguisé. son corps contracté peut-il se pencher? il se plie, ses os craquent, ses muscles hurlent, il attrape le couteau, il est presque couché au milieu du couloir pour l’attraper, il rampe un peu, mais ses serres de charognard n’accrochent rien, il n’arrive plus à avancer, et son corps raidi ne peut plus se relever. son dos continue à se voûter, ses muscles durcissent.
c’est son ennemi qui attrape le couteau. il le tient fort et poignarde le dos, par terre. la lame se casse. cette viande est trop dure, impossible d’attaquer la bête. il bave maintenant et ses yeux exorbités tournent; il grogne. mais son corps est durci.
son ennemi s’esquive. il l’abandonne, vivant. vivant? ses yeux sont vivants, son coeur qui bat douloureusement, ses crampes, sa bave, ses ongles qui crissent, son sexe tendu aussi, ses nerfs qui l’emprisonnent. il ne se relèvera sans doute jamais, et il a vraiment peur maintenant. de mourir tard.
Trois deux un partez, et hop! Il court il court le furet; je l’attrape par la queue, je le montre à ces messieurs, et on s’assoit sur le haut d’un mur, le faîte d’un arbre. J’embrasse à pleine bouche l’amiral qui l’escalade, ça ne vous étonne pas du tout n’est-ce pas? Mais pour qui me prenez-vous?
On reprend la course, le furet va assez vite, moi un peu plus encore, sauf quand il y a des tunnels. La tortue est loin derrière, elle ne gagne jamais ça c’est des conneries. Mais pour les gros arbres écrasés au milieu de la route, je bondis au-dessus, et mes jambes s’écartent, se mettent à l’horizontale, mes muscles saillent et je gagne!
Oh! Je m’écrase sur la ligne d’arrivée, ma joue rape, j’ai la gueule déchirée. En fait personne ne voulait gagner on m’a fait croire à une fausse course. Je pleure dans la boue.
Mais hop! Le furet rejaillit, il m’embrasse, il m’emmène, je le crois.
Et hop! J’ai la figure pleine de boue.
Mais hop! Le furet rejaillit, il m’embrasse et nous partons.
Et hop! J’ai la figure pleine de boue.
Mais hop! Le furet rejaillit, il m’embrasse et nous partons.
Et hop! J’ai la figure pleine de boue.
Mais hop! Le furet rejaillit, il m’embrasse et nous partons.
Et hop! J’ai la figure pleine de boue.
Mais hop! Le furet rejaillit, il m’embrasse et nous partons.
Et hop! J’ai la figure pleine de boue.
Mais hop! Le furet rejaillit, il m’embrasse et nous partons lalalalilala vers une clairière illuminée. Oh lala… les poncifs de l’amour, toujours!
mes yeux sont tombés dans une coupe
je les ai ramassés, trop tard!
le moment d’égarement a eu lieu.
est-ce que ça peut coûter une vie, le moment d’égarement?
(moment d’égarement:
symptôme: perte de la portée des mots
mouvement d’égarement: courir comme une folle, hystérique dans l’espace comme un ballon volé trop haut parce que trop heureux, pincé par une minuscule épine)
des fois j’ai le hoquet:
j’ai soupiré une dernière fois et ça m’a fait un bien fou
maitenant, toute l’indifférence du monde m’indiffère parce que j’ai adhéré!
je suis indifférente à tout moi aussi
bonjour bonjour bonjour!
les murs de glace m’enrobent, je risque d’avoir froid, mais vous ne me ferez plus rougir
dents de scie, je suis dans les airs un dragon invisible entre l’amour et l’indifférence de tous et de tout
blanche neige s’est endormie dans son cercueil, je suis une princesse qui n’a pas trouvé ses nains
mieux vaudrait vomir, n’est-ce pas?
Au XVIII° siècle, les humanistes firent un tas d’expériences pour essayer de comprendre quelle était la nature de l’homme et tenter de résoudre des problèmes philosophiques. Une de ces expériences réunit des nourrissons sur une île, où ils ne seraient pas éduqués ni choyés, mais seulement nourris et langés par des mains anonymes et non caressantes. Le but était bien évidemment de pouvoir à terme constater si l’homme était bon ou mauvais. Mais l’expérience fut abandonnée : les nourrissons moururent tous, bien qu’ils aient été bien nourris. Force fut à nos ‘scientifiques’ de constater que ces enfants étaient morts du manque d’affection.
Elle s’est infectée, elle a à l’aine une boule sous la peau, qui grossit, qui fait mal. Désormais quand on la baise, elle la sent rouler sous les mouvements de bassin de l’autre, elle gémit et on peut croire qu’elle prend plaisir. En réalité elle a très mal.
Quand elle monte les escaliers avec des sacs très très lourds, ou qu’elle porte depuis trop longtemps elle le sent jusque dans son sexe, et si là on lui y mettait un doigt elle jouirait instantanément.
Finalement peut-être que la petite douleur diffuse dans tout le corps lui procure du plaisir.
Mais la petit boule grossit, quand elle la touche elle a mal absolument partout pendant un bon moment.
Un jour elle ne peut plus marcher avec cette jambe-là. De son lit elle crie personne ne l’entend son appartement est coincé dans la troisième cour de l’immeuble. Le matin elle se réveille dans une mare de sang sortie de son vagin, il est un peu noir, il pue. Elle a la cuisse violette. Et on voit la boule à l’oeil nu. Elle a beaucoup grossi cette nuit. Elle est terrifiante, et immobile, aucun pouls ne bat à l’intérieur. Elle aimerait bien que ce soit vivant qu’une bête en sorte même et la dévore. Mais ce n’est qu’une boule de pus qui infecte tout son corps et la laissera crever dans des draps poisseux criant au vide.
Elle imagine: elle se réveille elle a une toute petite boule à l’aine. Cette boule grossit un peu dans les jours qui suivent et commence à lui faire mal. Elle appelle un médecin. Elle va le voir, le médecin ausculte, ce n’est pas grand chose, ça arrive souvent, un antibiotique local (crème), un anti-inflammatoire à prendre absoluement pendant les repas.
Quand elle baise le soir, elle a de moins en moins mal. Elle pense de moins en moins à ceux qui aurait pu faire rouler la boule sous la peau, elle pense de moins en mois au sexe.
Elle voit ses deux vies se confronter sous ses yeux de malade, elle ne sait pas exactement laquelle choisir. Elle n’appelle plus au secours.
8h55 rue des Abbesses un camion tournant des Bétons de France est arrêté
9h03 rue Antoine des travaux tels que je n’en ai jamais vu et les feuilles d’un Libé étalées sur le trottoir
9h30 quai de Corse un camion des Routiers de France
9h32 devant le Palais de Justice on entend les talons des femmes et un camion de sang passe
9h38 quai St Michel un bateau citerne et un bonhomme vert nettoient les quais
9h46 Bd St Germain un camion de sable
9h52 Bd St Michel une cheveleure magnifique au loin, je crois que c’est un homme, je le suis, c’est énervant je n’ai pas besoin de le suivre nous allons au même endroit, je le double (ruse urbaine) oui c’est bien un homme
9h56 rue de la Sorbonne des faux petits chats qui bougent la tête dans une voiture garée
9h57 l’homme à la belle chevelure et moi arrivons à la Sorbonne. Mon école, je ne l’aime pas, je la déteste:
« – Non je ne veux pas aller à l’école! Maman, tu sais, mon nono il est malade aujourd’hui, il a de la fièvre
– Emmène-le à l’école
– Oh non, il a besoin de calme. Il faut qu’il reste allongé
– Laisse-le ici alors
– Mais il faut que je m’occupe de lui! »
10h00 mon professeur
11h03 rue du 4 septembre un camion Kronenbourg
aujourd’hui si il fait beau, j’irai me promener.
Llegabas por el sendero,
Tu arrivais par le sentier,
delantal y trenzas sueltas,
tablier et tresses lâchées,
brillaban tus ojos negros,
tes yeux noirs brillaient,
claridad de luna llena
clarté de pleine lune
Mis labios te hicieron daño
Mes lèvres t’ont blessée
al besar tu boca fresca.
En baisant ta bouche fraîche
Castigo me dió tu mano,
Ta main m’a puni
pero más golpeó tu ausencia
mais plus cinglante est ton absence
Aaaaaaaah…
Volví por caminos blancos,
Je suis revenu par des chemins blancs
volví sin poder llegar.
Je suis revenu sans pouvoir arriver
Triste con mi grito largo,
Triste avec mon long cri
canté sin saber cantar.
J’ai chanté sans savoir chanter
Cerraste los ojos negros,
Tu as fermé les yeux noirs,
se volvió tu cara blanca
ta figure est devenue blanche
y llevamos tu silencio
et nous emportons ton silence
al sonar de las campanas.
Au son des cloches.
La luna cayó en el agua,
La lune est tombée dans l’eau
el dolor golpeó mi pecho.
La douleur a frappé ma poitrine.
Con cuerdas de cien guitarras
Avec les cordes de cent guitares
me trencé remordimiento.
Je tresse mon remords
Aaaaaaaah…
Volví por caminos viejos,
Je suis revenu par de vieux chemins
volví sin poder llegar.
Je suis revenu sans pouvoir arriver.
Grité con tu nombre muerto
J’ai crié avec ton nom mort
recé sin saber rezar.
J’ai prié sans savoir prier.
Tristeza de haber querido
Tristesse d’avoir aimé
tu rubor en un sendero.
Ton rougissement dans un sentier
Tristeza de los caminos
Tristesse des chemins
que después ya no te vieron.
Qui ensuite ne t’ont plus vue.
Silencio en el camposanto,
Silence dans le cimetière,
soledad de las estrellas,
solitude des étoiles,
recuerdos que duelen tanto,
souvenir si douloureux,
delantal y trenzas negras.
Tablier et tresses noires.
Volví por caminos muertos
Je suis revenu par des chemins morts
Volví sin poder llegar
Je suis revenu sans pouvoir revenir
Grité con tu nombre bueno
J’ai crié avec ton beau nom
Llore sin saber llorar
J’ai pleuré sans savoir pleurer
(Milonga triste)
Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;
suivez-moi du doigt:
Le tour du visage c’est facile, mais sentez comme c’est doux sur les tempes et sur les lèvres. Descendez un peu sous le meton, peau vierge et blanche, caressez-la, je m’en mords les lèvres, ajoutez d’autre doigts pour que je sente l’emprise de la main sur le cou, vous pourriez m’étrangler, vous pressez un peu d’ailleurs, mais ça m’arrache des soupirs… Le doigt continue seul, il tourbillonne autour des clavicules, il aime bien cet endroit, et puis c’est le dernier stade avent d’aller valser sur les collines. D’ailleurs il y va, il commence par passer entre, et ça, les collines, ça les affole déjà. Le doigt passe dessus l’air de rien et tout s’agite, elles commencent à se soulever différemment. Des petits tours là-haut autour des tétons, tout ça ce n’est que du jeu; le doigt regarde déjà vers le nombril, mais c’est mieux de déployer la main et tout le ventre… c’est doux et moelleux, c’est toujours pur aussi, le doigt descend toujours. Ah…! L’endroit du corps où la peau est la plus douce, à l’intérieur des cuisses tout près du sexe. Et là le doigt s’attarde un peu, me donne envie, et après il ira amuser mon bouton.
Merci bien!
je mange assise sur le coin de mon lit
il fait noir dans la chambre
je mange mais des grains de riz s’échappent de ma bouche; aveugle je loupe ma bouche et la cuillère s’effondre sous mes yeux
il fait noir dans la chambre, il y a des rais de lumière qui entrent par les persiennes, i don’t want u
je mange et je sens ma joue qui dégouline, je sens mon oeil se déshabiller, que va-t-il voir de plus? j’ai peur qu’il tombe
il fait noir dans la chambre mais la lumière de la télé se projette sur le lit. On voit des images noires, l’atmosphère est bleutée, mon visage tombe comme un masque mou, je suis vêtue d’un jupon de dentelle blanche, il ya du sang [rouge] entre mes jambes, i don’t want u, u, u, je ne vois rien, aveugle je suis seule assise au coin du lit du riz [blanc] et du sang mélangés sur mes jambes, il y a cette lumière bleue autour de moi comme une aura et les rais de lumière qui hachent la pénombre [noir] i don’t care i wish u die mon visage est tombé sur mes jambes. Il me regarde, je me regarde, je ne vois plus sur mon crâne humain [rouge et blanc] que des yeux, larges billes brillantes [blanc et noir] every second i think of you je ne suis plus assise sur le coin du lit, je ne suis plus du tout, je ne peux plus rien être
Elle entre dans la salle. Sur la scène ils sont là, ils chantent when i think of love i think of u. Elle le cherche du regard, le drôle de voisin qui ne parle pas mais l’accompagne dans toutes ses sorties. Cette fois-ci elle est arrivée seule parce que Tom lui a demandé de le remplacer à la bibliothèque. Sarah s’ouvre un passage au milieu de la foule et elle avance vers les épaules de Mike qu’elle a repéré. Le morceau est terminé, tout le monde applaudit, Mike se retourne et il sourit. Sarah a peur. Personne n’a pu voir son sourire dangeureux. Elle est seule à savoir ce qu’il va se passer. Elle le rejoint malgré tout (sinon, il pourrait dire que tout à coup elle l’a laissé tomber qu’elle le draguait que c’est une salope, il pourrait dire au voisinage qu’elle ne pense qu’au sexe, il pourrait même le dire à l’église dimanche) et elle attend qu’il la tue. Elle regarde la porte des toilettes qui brille tout à coup comme si c’était là que ça allait avoir lieu.
Il passe devant moi. Il s’arrête devant moi, quelques mois, il n’ose pas me toucher. Il passe son chemin, il croit qu’il, le croiriez-vous, a changé ma vie. Et pourtant si il savait comme c’est vrai.
Il passe devant moi, il est en face de moi, il n’y reste que quelques heures. Il me séduit, pour quelques heures. Et pourtant, si il savait comme les heures sont longues pour moi.
Il passe devant moi, il essaye de m’arrêter face à lui. Quand j’ai l’air de ralentir le pas, il fanfarrone, il m’aura, il m’invite. Il est intelligent. Et pourtant si il savait comme je pense à d’autres.
Il est passé devant moi, il m’a enfermée longtemps face à lui. Il est passé. Et pourtant il savait comme j’aimais qu’il m’enferme.
Maintenant… elle sent son souffle dans son cou, il est sur elle et lui écrase les seins, elle aime cette douleur qu’elle sent rouler sous ses mouvements. Il est entre le souffle la parole et les baisers. Elle ne sait plus ce qu’il fait ce qu’il veut. Mais elle le sent sur elle, elle sent ses allées et venues qui oscillent dans les rythmes qu’il leur donne, petite partition privée, elle sent sous ses mains ses fesses durcir ; bientôt elle sentira son corps trembler. Cela ne vient pas, elle lève à peine la tête, comme elle le peut émergeant de son corps de titan, elle tente elle aussi de murmurer dans son oreille d’embrasser n’importe quel endroit de sa peau. Il ne l’embrasse pas il ne la regarde pas, il s’applique sur ses mouvements, ses rythmes, rien à voir avec une partition avec la musique, juste du calcul du mouvement du sport. Il compte ses aller et retour, il compte le temps qu’il dure il compte -à peine- ses gémissements à elle. Il sait déjà combien il y en aura, il sait où appuyer pour qu’un femme crie, avec toutes c’est pareil. Et pourtant, elle le respire sa transpiration amoureuse son haleine ses cheveux. Elle aime quand brusquement il passe sa main dans son dos et la soulève l’arque sous lui quand il tient sa tête pour ne pas la cogner quand soudainement il sort d’elle appelle le manque et place son sexe entre eux deux d’aucun corps en aucun corps avant qu’il ne la renfonce comme un viol un acte oublié quelque chose d’involontaire. Il est sur elle et il fait tout cela, il se regarde faire il pense à ce qu’il fera ensuite ; il ne la regarde jamais. Il fait l’amour avec lui-même. Elle s’en veut d’être là.
MF dans une révolution synthétique
souviens-toi une femme se détruit
excuses moi sur des verres à moitié pleins
Surprise et survie. La soirée le matin continuité amicale, la nuit n’annule pas les plaisirs. Alors je caresse la peau de ton visage, j’évite les lèvres parce que c’est ce que je prefère. Mes mains ont oublié la géographie de ton corps, elles ont oublié ce qu’il y a après ton visage, elles s’interrogent sur ce qu’il y avait avant. Elles cherchent sans le demander à tes joues; elles ignorent tes yeux et n’écoutent pas tes lobes. Elles caressent, virevoltent sur ta peau, sans rien trouver, elles sont tendresse gratuite. Elles s’épuisent. Je t’aime plus que mes mains, et mes yeux te le diront en s’enfonçant dans ton corps.
maintenant je suis fatiguée. revenir à paris c’est difficile, et je me trompe toujours de mots. parce que ce n’était pas si dramatique… j’ai peur parce que je vois qu’on peut me deviner parfois. en fait ce sont juste des choses qui traînent et que je m’approprie. pourtant celles qui me concernaient sont passées loin derrière moi. c’est pour tout cela que j’oublie le souci de clarté.
alors tout va encore recommencer, les valses funèbres, c’est moi qu’on enterre toujours: je m’allonge dans le cercueil pour me reposer de la roue des heures, des allers et retours obligés, des rendez-vous, des formalités; tout ça pour que finalement je travaille seule chez moi, qu’on ne s’en inquiète pas, et qu’on me félicite à la fin, dans le meilleur des cas.
je n’ai de cesse de chercher la paix et d’aimer la tourmente. cela ressemble à un air déjà entendu, alors on le transforme, ah mais oui je comprends ça je l’ai déjà entendu, nonononon c’est autre chose aujourd’hui maintenant, c’est moi qui le dis à toi, machin, alors quoi, c’est différent. mais non en fait vous dites la même chose. bon, alors je laisse tombre, je ne chercherai plus de mots différents, je prendrai les mêmes que les autres tout fripés, et on croira me comprendre, et on me foutra la paix. j’étais si différente, vous m’avez refaite. maintenant, triste parfois, je pleure dans le secret d’une entente différente, je m’émeus du mot que personne ne soulignerait dans le livre, et comme ça, je suis heureuse.
toutes nos âmes errantes et solitaires, nous nous croisons en gémissant de l’incompréhension des autres. ce n’est qu’un ingrédient humain, peut-être en fait nous sommes tous identiques, comme peut-être en fait nous n’existons pas.
je cherche un discours de la méthode et jai perdu moravagine.
que pensez-vous de cela?
d’accord: j’ai marché dans l’ombre au moins ffff longtemps!
quand ça me tape le moral, je sors un orteil.
wouaouh!!!!!!!!
on cherche, on cherche, mais où est donc son visage, à qui est ce pied?
absurdité, vous voilà. mmm… dormez avec moi ce soir.
mais si mais si montrez-vous, vous avez un si bel orteil, que cachez-vous donc?
hop je disparais, moi ça va mieux, vous contentez-vous d’imaginer.
non, non, on veut voir!
ils entrent dans l’ombre; les malheureux!
ils cherchent, ils cherchent, mais il ne voient plus rien.
chez moi, tout le monde se perd, et surtout moi.
mais lâchez donc ce pied, (il y en a un qui a marché dessus sans faire exprès)
on m’agrippe la gorge, raaaaaaa, on m’étouffe.
ça y est tout a disparu, et moi, moi?
j’imagine………. je lis moravagine disparu et je remplace le discours de la méthode par ce que je crois qu’il est.
blablabla le soir c’est juin et tuer son voisin c’est pas bien, tee shirt très très court et jupe en dentelle, elle me regarde et toute son anatomie en même temps, elle va me demander si on s’est pas déjà rencontrés vieux truc de mec, et moi je serai effrayé. ‘bonjour beau brun, on se connaît pas déjà?’ nononononononon je hoche la tête en tous sens pour qu’elle comprenne bien, je finis mon demi, je me tire, vite vite, la voilà qui me suit, ‘mais si une soirée chez ma soeur j’avais dix sept ans, tu m’avais draguée, tavais pas froid aux yeux à l’époque’; merde qu’est-ce que c’est que ce vieux souvenir pourri?, je marche un peu plus vite, tac tac tac j’entends ses talons derrière moi, et j’entrevois du coin de l’oeil son tee shirt rouge sa peau super blanche, tout ça qui va vite derrière moi, je suis sûr qu’elle regarde les plis de mon pantalon qui vrille sur mon cul, je sens sa haine contre moi, contre ce cul qu’elle a dû lécher, et merde, c’est horrible, je me hâte,,, je me hâte. mais je sais qu’une victime ne lâche jamais son bourreau
« Frédéric, en écoutant ces choses, regardait Mme Arnoux. Elles tombaient dans son esprit comme des métaux dans une fournaise, s’ajoutaient à sa passion et faisaient de l’amour. » Flaubert
Non, l’amour n’est pas mort en ce coeur et ces yeux et cette bouche qui proclamait ses funérailles commencées.
Ecoutez, j’en ai assez du pittoresque des couleurs et du charme.
J’aime l’amour, sa tendresse et sa cruauté.
Mon amour n’a qu’un seul nom, qu’une seule forme.
Tout passe. Des bouches se collent à cette bouche.
Mon amour n’a qu’un nom, qu’une forme.
Et si quelque jour tu t’en souviens
O toi, forme et nom de mon amour,
Un jour sur la mer entre l’Amérique et l’Europe,
A l’heure où le rayon final du soleil se réverbère sur la surface ondulée des vagues, ou bien une nuit d’orage sous un arbre dans la campagne, ou dans une rapide automobile,
Un matin de printemps boulevard Malesherbes,
Un jour de pluie,
A l’aube avant de te coucher,
Dis-toi, je l’ordonne à ton fantôme familier, que je fus seul à t’aimer davantage et qu’il est dommage que tu ne l’aies pas connu.
Dis-toi qu’il ne faut pas regretter les choses: Ronsard avant moi et Baudelaire ont chanté le regret des vieilles et des mortes qui méprisèrent le plus pur amour.
Toi, quand tu seras morte,
Tu seras belle et toujours désirable.
Je serai mort déjà, enclos tout entier en ton corps immortel, en ton image étonnante présente à jamais parmi les merveilles pérpetuelles de la vie et de l’éternité, mais si je vis
Ta voix et son accent, ton regard et ses rayons,
L’odeur de toi et celle de tes cheveux et beaucoup d’autres choses encore vivront encore en moi,
En moi qui ne suis ni Ronsard ni Baudelaire,
Moi qui suis Robert Desnos et qui, pour t’avoir connue et aimée,
Les vaux bien.
Moi qui suis Robert Desnos, pour t’aimer
Et qui ne veux pas attacher d’autre réputation à ma mémoire sur la terre méprisable.
« Amour. Ce soir je préfère prier que sortir dans l’agitation. Je préfère chanter que manger. Tout ce temps où tu m’as tellement manqué, tout cela est passé, tout s’est dissous dans mon futur trop vaste pour te perdre. Me reviennent maintenant les années de douleur que nous avons traversées ensemble, que nous avons tissées ensemble. Je ne sais de toi ce qui me manque le plus, quand tu me montrais les dents ou quand je ne savais te dire combien je t’aimais. Maintenant je suis seule à pleurer, est-ce que ça en vaut bien la peine? Et pourtant ce soir, je vais prier. Je ne crois en rien, mais je me souviens: je t’aimais. Tous les autres maintenant je les choisis pour toi, ils ne m’aimeront pas, ils ne me quitteront pas. Pas de peine et pas d’autre amour. J’espère que tu ne viendras jamais visiter mes rêves. Tu es cautérisé dans ma plaie, tu ne partiras pas je le sais. Tu es la moitié de ma vie. Je n’ai jamais réussi à te recracher. Maintenant, tant pis, tous les souvenirs reviennent, ai-je assez dormi pour avoir la force de les revoir? Tu me manques, mais je voudrais ne jamais t’avoir vécu, ne pas avoir déjà tant de poids et d’amertume. Ce que tu as ravagé te dépasse.
Toi, tu ne penses plus, tu ne penses plus à moi, moi, tu es gravé dans mon cerveau, dans mon imaginaire, tu en es une pièce maîtresse. Injuste.
Amour. Ce soir, je vais prier. Je ne crois en rien, mais je me souviens, et tout cela vaut le coup de la communion, au moins avec moi-même. Je me pénétrerai au lieu de regarder vers le ciel, je sais où tu te trouves. Mon vampire, ma vie. Encore maintenant haine-amour. Je crois de temps en temps te reconnaître dans les yeux des clochards qui écrivent je t’aime sur les trottoirs ou des mecs bourrés ou de ceux qui sans raison me parlent dans la rue pour me dire que je suis belle qu’ils m’aiment et que ma vie m’attend. J’aimerais que ce soit ça mais tu es mon passé et tu ne peux espérer mon futur.
Je t’aime encore mais c’est si inutile. J’aimerais que ce soir le christ vienne s’allonger dans mon lit, m’ouvre ses bras blancs, qu’il m’accueille sur son cœur brûlant, qu’il reconnaisse ma peine, et qu’il ait pitié de moi. Je voudrais ce soir que le christ vienne me réconforter et me dise que ma vie a été si dure. Mais il n’existe pas et ce soir je vais prier. Je chanterai ma peine pour qu’aucun ange ne descende du ciel et j’écrirai des mots incompréhensibles dans le noir. Tous ce mots que jamais je n’ai pu prononcer.
Amour. Ce soir je vais prier. Et je dormirai en paix. Sans christ sans père sans dieu, sans amour. Draps blancs et avenir lumineux. Est-ce ma mort? Est-ce ma vie? Je prie déjà. »
Cette femme est devenue la plus heureuse des femmes que la terre ait jamais portée. Elle est encore vivante et elle a mille ans.
en 1930 Heitor Villa -Lobos rentre au Brésil après avoir passé sept ans à Paris. Il écrit la première Bachiana Brasileira, dont le troisième mouvement est une fugue et s’appelle Conversa.
1ère voix:
répétitions, reprises, éther.
Des milliers d’oiseaux volent
Qui tirent vers le haut les gorges profondes
Qui installent la tension
Musique de chauve souris
De l’espoir d’un jour peut-être
2ème voix :
plus jeune, noyée entre l’aîné (à la fois le premier et le dernier) et la cantatrice, accompagnement semi-obscur. chute d’une larme, course pour rattraper la première et lui met ses pieds dans les pieds.
Ornement (sévérité de l’enfant)
Voix adolescente
Age nécessaire
Apporte ses tourments (prémisse des tourments de l’âge mûr) – je m’y reconnais
(je suis les pas de danse des plus savants que moi
les transforme parce que moi je ne les sais pas
les rajeunit et les aggrave à la fois.)
se joint aux vols pour tisser le drame entre les graves. Ajoute la folie à la noblesse de la douleur
se joint aux graves pour la mort
3ème voix :
jeune grave, inflexion de la connaissance qui n’écrase pas. Voix entourée de velours et de soie. Crème et amour. Elle sait qu’elle va mourir. Elle chante discrètement mais on l’entend toujours parce qu’elle émeut (mon punctum). Elle peut se joindre à n’importe laquelle des autres elle a l’indifférence du regard
elle avance elle est la première à désespérer
dans son désespoir il y a encore la vie
4ème voix :
noblesse on l’entend on l’attend elle fascine on en veut plus on n’en veut plus c’est elle qui tire vers le bas c’est elle qui installe les idées noires c’est elle qui fait désirer la mort d’un des personnages parce qu’elle arrive à nous faire croire que la mort c’est beau elle trouble les plus jeunes elle monte même parfois vers elles pour les tenter diable.
C’est elle qui résonne le plus longtemps et le plus profond et elle sait s’en servir
Elle rend la jeune fille amoureuse de la mort –envoûtante magicienne masculine
Elle se cache pour mieux empoisonner
Mais c’est elle qui signe la fin
sortir, boire du vin, parler de conversion et de désamour (et travailler?) dormir à plusieurs dans un canapé, boire de l’eau, et fermer les paupières sur des images de dumontheuil (et travailler?) se lever, râler, il pleut meeeerde, on est en retard (pour travailler?) s’ébahir dans le bus parce tout ça est extraordinaire, regardez cet amas de plastique métal béton, mélange chaotique qui ressemblerait à des tas de restes amassés par le temps (si nous nous étions d’ailleurs). alors travailler… c’est imbécile. le travail c’est la civilisation de l’homme la fierté de l’homme qui ne chasse plus, de l’homme propriétaire, et c’est encore mieux quand on a un bureau d’où on ne sort pas. mais ça fait tellement longtemps que tout le monde trouve ça normal de devoir travailler pour acheter le vital (manger, boire). normal de payer pour vivre. et tout ça se fait sans choix, mais tout ça se fait sous couvert de liberté. à l’entrée de camps de concentration, il est écrit arbeit macht frei, le travail rend libre, parole prophétique à laquelle certains croient encore (ça a été écrit).
mais peut être en fait c’est le travail qui donne le désir du temps… ce qui n’est pas filmé attire toujours l’âme.
à la descente du bus ils avaient attendu au croisement une demi-heure. d’un côté le chemin de terre s’évanouissait, de l’autre la route d’asphalte conduisait à l’hôtel fluorescent puis à la ville. sans parler ils se regardaient de temps en temps. ils avaient envie tous les deux d’en prendre une. ils se regardaient de temps en temps sans parler. celui au jean déchiré prit la route d’asphalte; celui à la rose à la boutonnière prit la route de terre; le premier chanta du blues sur des terrains désaffectés; celui à la rose embrassa de nombreuses femmes sous des sycomores. il était géant et la peau sur ses pommettes comme tanée, déjà.
elle est rentrée dans le bar sombre tandis que dehors il fait moite, il fait pluie, il fait nuit.
on le lui présente, il se lève, en marcel, pour la saluer. elle a envie d’une cigarette
[elle le trouve: beau, sensuel, viril, elle ne voit que lui]
ils se font la bise debout en se penchant par dessus la table
[il pense qu’il la prendrait bien là sur cette table, sûrement, oui peut-être en fait ce n’est pas sûr]
ils se rasseoient en se regardant, ils se souviennent à peine des gens autour d’eux, de vagues échos
[si elle osait: un pied détaché de sa sandale, et hop pied serpent entre ses cuisses] [si il pouvait allez viens poupée je vais aux toilettes, tu me suis?]
ils se revoient cinq ans après après des trains ratés et des soirées sous les magnolias, ou jamais jamais ils n’ont été seuls.
ils se revoient cinq ans après, ils vont dans la chambe au fond elle a envie de pisser il est sous coke
il la prend sans ménagement, ça faisait cinq ans, alors les bonnes manières… [il pense: putain, mais pourquoi elle est pas plus chaude cette chienne?] [elle pense: après tant de temps, il pourrait pas attendre des minutes en plus?]
il l’a prise, elle se rendort, du sperme sur les bras, sur un coin de matelas, position pathétique elle n’est pas allée pisser
elle sort les ongles elle les rentre dans son anus, elle suit la colonne, la peau s’ouvre comme le ventre d’un poisson.
pour n’avoir pas su mentir…
« Quand j’étais jeune, tu vois, j’ai jamais eu besoin de personne. Et je faisais l’amour pour rien…
Maintenant que j’vis seul, j’repense aux vieux amis. Alors, des fois, j’décroche le téléphone. Mais ça sonne vide chez eux.
Je n’ai plus envie de tout faire tout seul. Je ne veux plus vivre seul.
C’est difficile maintenant, d’avoir confiance en moi. L’amour est loin, et ça m’aide pas. Ca me rappelle sans cesse que chuis seul et que j’vaux rien. »
Ben alors, Johnny, bois un coup, ça ira mieux!
d’abord, organiser la chair
l’étaler bien rouge (la prendre en photo avec un carreau de sucre comme mesure de référence)
sortir la poele et un peu de beurre, ça chauffe, ça fond, ça glisse sur la surface chauffante
l’étaler bien rouge et laisser le tout s’épouser
ça fait un murmure chaud et ça sent le beurre chaud, la graisse fondue, la viande cuite
la couper en deux avec un couteau de boucher
la faire glisser dans l’assiette (et attention, saucer la poele avec un bout de pain de campagne)
***bonheur***
saucer l’assiette, soupirer d’aise, boire un peu de vin rouge
et laisser croquer et juter la salade sous les dents
en dessert, on ne veut rien, de toutes façons là on ne veut rien, personne d’autre, aucun autre élément, on est juste plein du meilleur, et on va attendre (c’est ça aussi) de se vider avant de recommencer à poursuivre l’happiness…
je suis désolée de ne pas être plus près de tes rêves.
à toi seul peux tu seulement remplir le vide immense de ton absence?
si je pouvais entendre le bruit d’un cheval au galop
je tournerais la tête et mes cheveux me suivraient
(Ne soyons pas dupes des apparences: il y a des cas où c’est le langage imagé qui parle sciemment au propre, et le langage abstrait qui parle insonsciemment au figuré. –H.Bergson–)
la foule crie: j’ai envie de danser!!!
(…mon corps réclame)
le mec de la foule lui fout une rouste: ta gueule vieille poire
oh ben mince alors, et moi qui croyais bien faire
alors qui a raison?
(mon corps réclame…)
deux plaies vivantes se rencontrent…j’ai tué mon père…j’ai vécu l’exil…ils s’endormiront de toutes façons;l’insomnie est une maladie partielle;elle réveille le passé et installe l’oubli du présent.
j’ai saigné de l’oreille;du lac qui en est sorti ont surgi ma mort et la mort de ceux que j’aimaient;mon goût d’eux s’est préservé de la mort;on donne du prix aux gens en les tuant.
il tient un mouchoir ensanglanté dans sa bouche et son crâne est un peu fêlé;il parle avec un fée aux jambes de glace;tout en haut de la colline le conseil va se réunir; là où se joignent les flots montants de nos sangs.
dans le ciel se dessine la cartographie de la mort en sang violet d’être saturé;nous joignons dieu sur son trône de génocide, il peut nous apaiser;la colère de l’homme est la plus dangeureuse;mais dieu existe ailleurs le dies irae n’est qu’un cri de raliement pour humains trop humains pour croire en humains.
le ciel se teinte en rose, le sang se dilue, nous nous regardons avec amour;la femme se fiche en terre;l’homme prie au sol; chacun soigne ses plaies; je n’ai entendu aucun mot, le sang coule toujours.
je suis enlevée par le sexe et je coule en jouissance pour être en chacun de vous.
Pierre et jésus marchaient sur un chemin caillouteux comme d’habitude quand ils rencontrent le diable et une femme qui se chamaillent pour… je ne sais plus… pour rien sans doute. Pierre décide de rétablir la paix et ni une ni deux il tranche la tête du diable et de la femme. Jésus est un peu mécontent, il lui fait la morale, nononon ce n’est pas bien de tuer les gens. Pierre pour réparer, recolle les têtes, mais voilà… il se plante, et c’est depuis lors que c’est chose véritable: Tête de femme, tête de diable!
todas la mañanas de mi amor se van contigo me olvidaras me olvidaras
bip bip
euh… yaourt pour remplacer les paroles de la première chanson du deuxième disque de Q and not U, groupe de euh… Los Angeles? un truc comme ça en plusieurs mots aux USA
rêve: elle parle à sa mère, elles pleurent
réveil: il fait noir dans la chambre, l’ambiance est moite, elle a encore les rêves devant les yeux
rêve: elle entend vomir à côté d’elle
réveil: il fait noir dans la chambre, l’ambiance est moite, elle a encore les rêves devant les yeux (elle a envie de vomir)
rêve: le gâteau au chocolat, qui semble se glisser juste derrière sa glotte
réveil: elle a très mal au ventre
bip bip (vous ne l’avez pas reconnue mais c’est la chanson de Bowie, in Scary monsters et celle là elle tourne bien dans la nuit, dans la tête)
PARA UN TANGO FUTURO
corriendo por el frio y la lluvia
courant dans le froid et la pluie
dibujando mi destino sobre labios que imagino
dessinant mon destin sur des lèvres que j’imagine
buscando por algun dia como me llamo
cherchant dans les jours mon nom
corriendo por la calle y por la noche
courant dans la rue et dans la nuit
llamando mi amor pesado como lagrimas
appelant mon amour épais comme des larmes
ya no te encuentro en mi porvenir
je ne te trouve plus dans mon avenir
donde estas? donde estas?
où es-tu? où es-tu?
mi vida… un llanto largo e invisible
ma vie… une plainte longue et invisible
vos… un fantasma que en mi primer nacimiento soñé
toi… un fantôme que je rêvai lors de ma première naissance
mi muerte… tu mano, tu ojo, mi olvido y tu voz
ma mort… ta main, ton oeil, mon oubli et ta voix
llanto febril de un dia olvidado
plainte fébrile d’un jour oublié
corriendo por el frio y la lluvia
sourant dans le froid et la pluie
dibujando mi destino sobre labios que imagino
dessinant mon destin sur des lèvres que j’imagine
buscando por algun dia como me llamo
cherchant dans les jours mon nom
vos… un fantasma que en mi primer nacimiento soñé
toi… un fantôme que je rêvai lors de ma première naissance
c h a q u e n u i t j e m ‘ a t t e n d s – j ‘ a i m e r a i s – t e t r o u v e r d e v a n t m a p o r t e à m ‘ a t t e n d r e
Atmosphère colorée, relents électroniques, tout le monde se connaît déjà et ceux qu’on ne connaît pas on sait déjà comment ils sont. Virevoltage savant et repérage de la personne la plus enduite du désir de tous. Je suis l’image la plus enduite de désirs. Tu viens vers moi. J’apparais déjà sur les écrans placés derrière mon dos et tu regardes fasciné, tu ne sais déjà plus laquelle choisir. Moi non plus je ne sais plus laquelle choisir. Je souris, j’ai les joues roses je bois je fume je fais des clins d’oeil au loin on vient me saluer tout le monde me connaît ou tout le monde croit me connaître. Notre singularité s’étale en flaques de couleurs, je suis enrobée dans la tienne et la mienne te touche. Je fume ma dernière cigarette je grimace un peu tu t’éloignes vers les télévisions derrière moi. Revient la chimère de cet univers pixélisé elle est projetée elle est multipliée en images. Elle correspond au format de ton écran. Tu me parles soudain comme à un produit type qui serait la moyenne de toutes ces poupées en 3D. Superficiel (toi). Artificielle (moi). Tu me passes au-dessus!
Mon coeur saigne. Chaque jour. A chaque pulsation. Le sang est envoyé dans les artères et il fait le tour de mon corps. Le sang empoisonné fait le tour de mon corps.
Imagine-toi mon corps nourri par la pourriture. Ma main est faible. Mon regard perverti par le mauvais sang qui y est injecté.
Ce sang-là ne se transforme pas en vin. Tu ne le boiras pas. Tu ne mangeras pas mon corps.
Chchchut… Ecoute… mon pouls, c’est ma mort qui avance.
dans un bus:
-jécoute: essai: essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai (ça y est les deux sons [e] commencent à se mélanger) essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai que c’est beau, je trouve ce mot très beau essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai essai et je ne sais déjà plus ce que j’essaie
je trouve ces mots très beaux
ces mots très beaux
-derrière la nuque d’un vieux devant moi, je regarde la peau qui déborde sur le col de la chemise. j’ai 22 ans, c’est énorme vous vous rendez compte, on me dit que j’ai le temps mais considérez:
« ça fait 22 ans qu’on ne s’est pas vu » (si longtemps non c’est pas possible)
« je finis la fac dans 22 ans » (cri d’effroi)
« ils sont partis à l’étranger il y a 22 ans » (on les a déjà oubliés)
et en même temps, le monsieur a 60 ans peut être, pas très très vieux, mais c’est un monsieur, je n’ai l’air que d’une jeune fille, il est sévère solide, et j’ai beau être jeune je suis excédée de ne pas savoir ce qu’il sait, ce qu’on ne saura jamais qu’en vieillissant. j’ai fait 1/3 de sa vie, déjà, mais tout à l’air de venir après, après ce petit tiers que personne ne considère autour de moi.
avant le bus:
deux hommes sortent du métro sur la place avec des bagages. ils cherchent leur direction, ils la demandent à deux pervenches qui passaient par là. elles leur indiquent. je les entends derrière moi « il faudrait qu’on traverse la pla » suspension, je me retourne, je les voudrais finissant leur mot. ils ont disparu, ils ne sont nulle part tout autour de moi.
J’ai un papier très important avec une adresse sans nom. Alors voyons voir lundi mardi mercredi, là il dit you caïdi, alors je réponds mais non voyons, il prend ses allures de crocodile, oh oui j’aime ça. J’aime tout particulièrement sa bouche, des fois on l’aperçoit quand la lumière des néons entre par la fenêtre. Je trace des signes cabalistiques autour de l’adresse pour qu’elle prenne vie mais rien n’apparaît. Comment faire? Derrière l’adresse se cache le salon et là dedans l’inconnu. Mon crocodile remue la queue j’allume la lumière de la rue il me regarde et tout brille.
J’avance vers ce corps démantelé (ils l’ont ouvert systématiquement comme s’ils voulaient y trouver quelque chose). Le bord des plaies suinte, on voit plus que du rouge maintenant, il y a aussi du blanc (une espèce de gélatine qui indique que le corps est perdu) beaucoup de noir (des mouches assoiffées par le sang, requins terrestres, chauves-souris diurnes) et une couleur indéfinissable (sang séché qui racornit la peau). La peau… elle n’est plus tendre, plus imperméable, les bords des plaies (oh combien nombreuses) sont secs. J’avance vers ce corps démantelé, et je devine qu’il a été un homme. Frisent au bord des plaies des poils noirs épais comme j’en ai souvent léchés, la bouche est vermeille, le sourcil épais, et je vois son sexe. C’était un homme. Qu’est-il aujourd’hui ? Je veux qu’il soit un homme de nouveau, que l’on voit qu’il en était un. J’avance vers ce corps démantelé, et me baisse entre deux plaies béantes. Elles sont belles… les couleurs se mêlent au gré des mouvements des petits vers blancs qui les contaminent ; tableau vivant, qui m’émeut dans le temps. Son sexe est intact et donc immobile. Je le prends et le lèche doucement comme pour le laver d’une mort qui ne l’a pas assez atteint. Il est raide, et c’est un peu difficile de le lever pour le prendre dans ma bouche. Mais je le peux, et le mort ne sent pas mes efforts. Son corps pourtant se réalise un peu, et dans le mort s’immisce un peu de vie, il en prend la représentation. Je lèche son dard tant et si bien qu’il gonfle un peu, et m’excite. Je peux m’asseoir sur lui, et je vois les plaies soubresauter sous mon corps qui s’agite. Des vers tombent de leur cène, et le cou se détache du corps. Mon doux amant éloigne ses lèvres de moi à jamais ! Je crie au plaisir, et me lève, je sais que je ne dois pas rester avec lui. La région de son aine est singulièrement gonflée par le liquide de mon amour. Je peux partir maintenant, il est un homme de nouveau ; un nouvel homme mort.
Les objets, cela ne devrait pas toucher, puisque cela ne vit pas. On s’en sert, on les remet en place, on vit au milieu d’eux: ils sont utiles, rien de plus. Et moi, ils me touchent, c’est insupportable. J’ai peur d’entrer en contact avec eux tout comme s’ils étaient des bêtes vivantes.
L’autre jour, cela passait du galet dans mes mains. Oui, c’est cela, c’est bien cela: une sorte de nausée dans les mains.
Vous aussi, vous avez la nausée?
On a fait des tas de guirlandes. Puis on a fait la fête avec des feux d’artifice. Et ce courant d’air est revenu. Il est passé sur mes épaules dénudées, puis il s’est glissé dans mon dos, entre l’étoffe de ma robe et ma peau. Le frisson a parcouru tout mon corps et s’est attardé au centre de mon plaisir. Je ne me suis pas retournée. Il me disait: maîtriser ses pulsions engendre souvent la jouissance. Alors je ne me suis pas retournée. J’ai bien fait.
je n’aime pas le flash, je n’aime pas le zoom, je n’aime pas quand tu me regardes à travers l’appareil, l’image est fausse, certainement tordue, sûrement imag(in)ée. je suis faussée pour toi, oublions ce que nous croyions. point point point.
les listes sont émouvantes
etc
my name is lolita, i’m not supposed to play with boys, mon coeur est à papa!
my heart belongs to daddy… attention attention au coeur déjà pris, il est à voler…
ahah!
fatique -maladie – manque de discernement
énervement – atteinte des sens de la perception – détournement du réel
énervement – brûlures d’estomac -agressivité latente
et moi, je m’endors sur un nénuphar dérivant sur la Carte du Tendre
Surprenant d’être sur un pont au-dessus de l’eau. Le courant est si fort qu’on se croirait emporté; vers le trou (la gorge du diable)/. En rentrant à l’hôtel on s’aperçoit que plein de petits bouts de plantes se sont collés à nos chaussures. On pleure; d’émotion. Regarde-moi dans les yeux, c’est la dernière fois que je te vois.
Demain on recommencera la litanie; tu te souviens? On est sur le pont au-dessus de l’eau, c’est aussi nul que de regarder les étoiles allongés dans l’herbe. J’ai envie, de me tourner sur le côté pour t’enlacer. Mais c’est plus difficile qu’en images (toi, à enlacer, comment faire, comment passer mon bras sous ton dos, entre l’herbe et toi). Sur le côté, l’air se remplit de vibrations violentes, que je ne sens même plus. Je ne peux pas me touner.
regarde moi bien —je suis new yorkaise /// tes yeux océans /// mes ongles d’or
Un autre courant d’air est remonté le long de ma jambe droite et s’est arrêté au creux de mon genou, un petit tourbillon chaud et énergique. Il s’est mis à faire le tour de mon genou et à envelopper mon mollet. Dans ce temps délicieux, un autre courant s’est faufilé entre mes deux seins et s’y est niché. Ces courants chauds me donnaient des suées, et le plaisir montait en moi de façon tout à fait déraisonnable. Je sentais maintenant celui qui se profilait derrière mon oreille, et qui s’allongeait comme une langue pour atteindre mes lèvres. Oh brumes du soir! Sans vous la foule m’aurait démasquée! Je l’avoue, je laissais ma main s’égarer vers des contrées peu recommandables. Le quatrième souffle s’engouffra de façon tout à fait inattendue et fantastiquement voluptueuse entre mes cuisses. J’en sursautai, et, le dirai-je, en gémissait. Un plaisir enragé, qui me fit glapir comme une chienne!
00h59 des cars déversent des touristes (des hommes) sur la place Pigalle: commerce du sexe, inclus dans le tour operator. Je ne sais plus bien à l’heure qu’il est s’il s’agit de commerce du sexe ou de commerce de l’amour. Ces hommes embrasseront entre deux verres d’alcool très cher, des lèvres qu’ils auront cherché toute leur nuit, il embrasseront, entre deux verres dont le prix rendra cher le fantasme, des poitrines qui s’offrent à eux. Ils en ont rêvé de cette femme qui s’offrirait et qu’ils chériraient tout à la fois. Beaucoup seraient prêts aujourd’hui à rester avec cette femme là, cette femme de peu qui leur coûte très cher. Ils lui cracheront dessus pleins de mépris, c’est leur vie qu’ils méprisent, à la chercher la femme idéale qui fera ci et cela mais qui ne leur donnera pas ce qu’ils croyaient peu leur importer pourvu qu’ils l’aient elle, l’amour. Cette sueur, ce foutre sale ils l’aiment, dans leur rêves aussi tout est devenu sale, s’est entâché à la lueur de la réalité, de la pauvre gratuité de leur vie.
Demain ces bus repartiront je dormirai et eux dans leurs rêves deviendront des pleureurs, des brutes qui ont leur vie derrière eux ou derrière leur crâne, qui joueront du violon sur des cadavres.
Marcher en se tenant sous le bras, il y a beaucoup de vent et sans lui je m’envolerais. Les bribes de paysages se mêlent, il y a sur ma gauche les quais d’un fleuve embrumés, à ma droite des herbes sur une plage engouffrées par le vent. Il y a devant moi un bâtiment gris luisant sous la pluie. Il y a derrière moi un chemin de terre qui m’emmène dans des champs plats. Il me tient sous le bras je ne suis pas blessée et pourtant je vois défiler ma vie, l’aisselle de son manteau est chaude et j’y pose ma tête. Fermons les yeux et ce sera un autre, le prochain, le dernier. Les fuites ne me vexent pas.
and the wind turns the skin to lovers
j’ouvre les yeux encore en dormant. j’ai un peu froid et mon corps est humide. Il y a une lumière que je n’avais jamais vue ici. je m’asseois dans le lit, je caresse mes cils, je regarde un peu autour de moi un doigt sur mes lèvres, je redécouvre comme chaque matin mon goût: je me réveille. La lumière est froide et bleue. Il pleut. Après tout ce mois de chaleur étouffante c’est à peine croyable. Je sors sur la terrasse, je suis déjà toute mouillée. Je pleure sous la pluie, j’ai peur. Mes longs cheveux noirs dessinent des courbes violentes sur la chemise blanche qui colle à mon corps. Tout a disparu: plus de terrasse, plus de jardin, et j’en suis sûre plus de maison. Je n’ose pas me retourner. Je tremble. Des lumières blanches fugitives passent devant mes yeux, parmi les éclats d’eau. Tout ça est si beau, mais si effrayant! Je ne discerne pas ce que je vois, alors j’invente le plus terrible et le plus séduisant; des fantômes transparents qui passent comme des flèches dans un rêve ténébreux. Ma peur me plaît parce que j’ai l’impression qu’on me voit, que je séduis ceux qui me voient. Je n’arrête plus de pleurer malgré tout mes efforts de faire de ma réalité un décor. Un bruit, inventé, entendu? Je me retourne violemment. Il n’ya rien! rien! La pluie est si dense que je ne peux rien voir, et que j’imagine ce qu’il y avait là détruit par les gouttes. Je ne peux plus que tomber à genoux, gémir et gratter le sol. Tout cela était si immaculé, si pur, si glacial. Je sens maintenant la terre chaude sous mes ongles, il y en a aussi sur ma chemise blanche, et qui dégoutte de mes cheveux. Mes sourcils sont de la terre mouillée, je sens mon coeur dégouliner à l’intérieur de mon estomac, mes intestins se liquéfier et je les pisse. La pluie continue, inbattable.
j’ouvre les yeux encore en dormant. j’ai un peu froid et mon corps est humide. je m’asseois dans le lit, je caresse mes cils, je regarde un peu autour de moi un doigt sur mes lèvres, je redécouvre comme chaque matin mon goût: je me réveille. Ma chemise est trempée, elle me colle, je vois comme des taches brutales le triangle noir de mon sexe et les bouts de mes seins qui lui répondent.
ta mère, vas-y tape, tape… allez tape lui sa sale tête, tu vas faire sortir toutes les merdes de cette tête. allez vas y plus fort, mais qu’est-ce que t’attends BORDEL DE MERDE!!!!! allez, prends cette putain de batte arrache lui la tête!!!!!!!! fais pas gaffe à son regard de merde, fais sortir toutes les merdes de cette tête, allez vas-y mais tape tape taPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE TAPE
de venise à paris,
les bras se croisent,
comme des tentacules froids et humides.
J’ai peur des fois de vos accès fous. Suivez
moi
du doigt
et vous ferez éternellement le tour de mon corps.
Je n’existe que si vous le voulez bien.
Veuillez-le, j’ai peur ,vous savez,
de me perdre dans la forêt des autres.
j’ai froid, j’ai froid, j’ai froid, mon cou tombe, je la vois, tenue contre une rambarde par son frère. derrière eux les voitures passent, rapides, devant eux les gens, pressés. elle est pâle mais je ne la vois pas, ses cheveux couvrent son visage. le corps ramollit d’un coup le frère crie, il essaye de la tenir contre la rambarde, la tête part en arrière, les yeux deviennent vagues, il met ses doigts dans sa bouche, il tâte voir où est la langue. il l’appelle, il crie, elle ouvre les yeux, elle le regarde de très loin, elle lui susurre quelque chose, elle tient un peu, il appelle, appelez les secours, son protable, il le tient, il essaye d’appeller tout en tenant sa soeur, tout en parlant à sa soeur, on ne lui répond pas, le téléphone coupe, il panique, mais il garde le sang froid. je mapproche j’appelle à mon tour, les cris de la mère affolée arrivée couvrent le disque d’accueil des pompiers. la fille glisse contre la rambarde, je passe la main sous son cou, elle ne perdra pas la tête, je passe le bras sous sa taille, le corps est mou, desarticulé, elle glisse, son frère lui parle, la fille tombe étourdie sous les cris de sa mère, on ne peut plus la tenir de regard elle n’en a plus, la mère braille, c’est sa fille la fille tombe pour de bon, la mère frappe le corps mort, elle tape elle appelle elle crie, on allonge le corps sur le trottoir en l’allongeant ils ont découvert son dos un moment que la mère a giflé, un dos lisse jeune, un dos brun. la fille est couchée je ne la vois pas derrière les jambes, de la mère, de l’ami mou comme un veau son frère qui regarde intensément sa soeur. elle se réveille. elle prend sa famille pour des fous, ils ont l’oeil hagard encore la mère pleure, le frère l’engueule parce qu’il faut donner à manger aux enfants le matin et pas paniquer comme ça, lui il pose des questions à sa soeur, il a eu peur, il l’aime et il maitrise la situation les pompiers arrivent.
il a fallu que la mère hurle pour que les gens s’arrêtent
il faut qu’une bombe explose pour qu’on remarque qu’il y a une guerre
étonnament le corps flasque s’est redressé en une jeune fille alerte et qui se tenait. bouche fermée regard sûr. parlante.
Il y a ceux qui sont sincères et c’est pour ça qu’il vont draguer votre moitié dans les soirées sans vous dire qu’elle mérite mieux que vous
Il y a ceux qui sont tolérants sauf avec ceux qui ne sont pas d’accord avec eux
Il y a ceux qui prétendent aimer les filles mais ils les trouvent idiotes
Il y a ceux qui sont fragiles mais ils font semblant d’être forts, alors quand vous les aidez vous tombez
Il y a ceux qui adorent critiquer chez les autres ce qu’ils aiment chez eux
Il y a ceux qui se transforment sans le voir (ça crée des dissidences dans la communication)
Mon préféré c’est W. quand il a compris en mettant une chaussette sur sa tête que sa philosophie à l’envers fonctionnait mieux
Ou C. qui n’a jamais fait savoir si oui ou non il avait pris ce putain de transsibérien
Ou C. détesté par tous parce qu’il écrivait ce que des milliers de rats pensaient en secret (le dégoût humain)
Ou R. qui s’est tiré pour vendre des armes et crever bouffé par une gangrène qu’il avait tout fait pour mériter
Ou M. qui donnait sa fortune (43 francs 50) à des grues démaquillées
Mais pour me tuer moi pauvre cafard il suffit de me mentir
Je sais maintenant pourquoi K. se transforme un beau matin
Je ne sais pas bien si tout ça a du sens
Mais je rêve la nuit, transportée dans les mondes merveilleux de R. et C.
Dans les contes de fée nous sommes tous punis !
Mais il y a ceux qu’on ne connait pas bien encore et qui ne vous connaissent pas bien encore, et nous sommes tous beaux
Passer ma langue entre tes oreilles et lécher ta cervelle, oui ça me plairait;
vomir de façon démodée toutes tes tripes avalées ce serait mon plaisir;
griffer tes chairs grasses, jambes, ventre, cou, ferait mon plaisir.
Comme je t’aime, j’aime aussi ton sang et tes cris. Les parties les plus abjectes de toi me font frémir de plaisir.
Le monstre amoureux te poursuit. Ecoute ses pas étouffés par la chair de ses victimes.
Mais ma préférée c’est toi, je nettoierai mon corps dans un fleuve de sang je convoquerai le ciel des damnés et alors je serai pur pour t’emmener loin des autres loin de moi. Je ne te dévorerai pas tout de suite. Le ferai-je d’ailleurs? Je tuerai ton sang à force de te sucer. J’inverserai tes tensions à force de te voyager. Tes cheveux deviendront ma crinière et je serai la plus flamboyante des bêtes.
Mon amour est ma lumière.
(ce qui me plaît dans ma vie, c’est d’être amoureux des victimes)
« J’aurais voulu jouer dans un groupe de punk. J’aurais vaguement pianoté sur un synthé en fond de scènce. Mais surtout j’aurais chanté. J’aurais voulu être cette voix féminine qu’il y a souvent dans ces groupes de rock un peu brusques, dont on se dit souvent qu’elle est en trop, qu’elle est inutile; elle sonne même un peu faux elle est plus criée que chantée et au niveau de la balance elle est toujours trop basse, on l’entend pas bien mais elle gêne un peu. En fait si on écoute bien et qu’on essaye d’imaginer tout ça sans cette voix, ça na va pas, ça devient banal, c’est la musique qui devient inutile. » « Ma vie sera peut-être comme ça. J’ai l’air inutile, mais si vous regardez bien, vous vivez tous pour moi. »
IVAN:
Je vous aime. Je vous ai aimé dès le premier jour, mais je ne l’ai compris qu’hier. Vous ne me répondez pas? Je comprends. C’est pénible d’entendre une déclaration quand on n’aime pas. Je vous remercie de votre silence. Maintenant tout est fini entre nous. Je ne vous retiens plus. Vous pouvez partir d’ici sans me dire un mot. Il faut croire que nous ne devions jamais nous connaître. Adieu, adieu, pour toujours. Vous ne partez pas? Je voulais seulement dissiper tous les malentendus, je voulais me punir… Vous partez demain… Restez. Restez, et que Dieu nous juge!
les paysages défilent derrière les doubles vitrages, cimetières, cimetières pas terminés à espace prévu pour les suivants, villages, lotissements, campagnes, autoroutes, à l’intérieur tous les bruits sont étouffés, on n’entend pas passer les gens dans le couloir, ni le voisin tousser, ou si peu… la tête tombe, sursaut réveil d’une micro seconde de sommeil. le regard retourne à la fenêtre, il voit son visage dans le reflet, si précis, contours un peu troubles, mais chaque imperfection de la peau dessinée, et le visage de celui de devant endormi. derrière les yeux sans profondeur des taches vertes, marrons qui se mêlent dans la vitesse; zoom, le regard se rectifie, un champ. douceur du passage, bonheur du départ.
l’échec d’une manipulation génétique. une mauvaise construction dans le texte. il y a quelque chose qui ne colle pas mais vraiment pas. quelque chose d’infime qu’il n’y a que moi qui peut voir. la moindre application et ça explosera à la gueule de n’importe qui. l’erreur met les génies au niveau des débiles. la moindre erreur et c’est comme si rien n’avait été fait. mourir hier ou avant avant des siècles avant c’est la même chose: il est mort. la différence est minime, savoir employer les mots que tout le monde connaît et utilise. « parler avec les mots des autres, ce doit être ça la liberté, voilà ce que je voudrais faire ». et après? pas de différence ou une différence minuscule, quelle est la différence?
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
inconfortable, sourd téméraire et je fais ce que tu veux écoutent love and rockets.
c’est drôle pour personne ça n’a le même sens.
Le magicien faiseur de courants d’air était là, au haut de la colline et pouvait me voir jouir de ses tours. Je levais vers lui mon visage luisant de sueur et de mon regard inondait de brûlures son sexe impatient. Mais mon amant n’était point venu pour cela. Il fit un geste du bras, qui découvrit une armée de bandits sanguinaires sur leurs chevaux couleur enfer. Cette armée assoiffée fondit sur la foule égayée par le vin, et à coups d’épées chauffées sur les braises décapita ma famillle et mes convives. Mon mari officieux est bien le plus brave de tous. Il vient jusqu’à ma fenêtre et me somme de descendre. Je ne peux que lui obéir. Tremblante à la fois de peur et de désir, je le rejoins. Il me prend sur le corps de mon père, et nous glissons dans le sang. Je hurle à la vie. Et fête la mort de l’ennui.
j’ai envie de clafouti aux cerises
mais ceuh n’eest pas l’épooooooqueeeeeeeeuuuh!
mais ceuh n’eest pas l’épooooooqueeeeeeeeuuuh!
une petite place de province sous la pluie.
C’est une petite place de province sous la pluie.
Elle lui écrit:
C’est surtout son corps à côté du mien.
C’est surtout mon corps à côté du sien.
Elle lui écrit:
Je voudrais tant que tu sautes dans un trou au milieu du désert australien.
Je voudrais tant que tu me sautes dans l’air.
C’est trop facile?
Elle lui répond:
Comment oublier ces mains qui n’osaient pas bien?
Soyons précis, regardons par la fenêtre ce qui nous tend dans l’espace. Tu vois, mon amour, il ya une petite place de province, et un jardin très riche autour de la maison d’en face.
Je pleure de ne pas vouloir d’enfant.
Soyons précis, mon amour, regardons au fond du jardin ce qui limite notre réel. Tu vois je sais qu’il y a quelque chose derrière, et je crève, mon amour, d’aller y faire un tour. Reste sur la chaise longue et attends-moi pour toujours. A moins qu’un jardinier ne vienne te planter sa tige.
Je fume…
Rose Poussière. Une nuance oubliée, en vogue dans les nuits des années soixante-dix, après ça s’est perdu, moi je m’en sers encore.
Caresse du doigt sur l’arcade, un souffle, frôlement du bâtonnet sur la paupière, balayage furtif du pinceau sur la pomette.
Panne d’électricité. Noir. Silence.
je me déchire toute seule entre
que tu me laisses
que tu me suives
que tu m’abandonnes
que tu me suives
que tu me laisses crever
que tu me suives
et j’ai perdu les bons doux mots de l’amour, que tu me suives…
« je n’ai jamais voulu être avec des gens comme moi
en fait si je l’ai voulu, j’ai essayé et ça n’a pas marché
c’est parce qu’on est pareil qu’on ne fait pas l’effort de s’écouter »
délicieuse malice, regarde-moi dans les yeux, reste couchée sous moi, ne pointe pas sur mon ventre, ne mouille pas les draps, ton inexistence m’excite, chuut, reste clame, sois tranquille, regarde moi dans les yeux, ne vois-tu pas qu’ils se pâment de tomber sur toi, ne vois-tu pas qu’ils voudraient s’enfoncer dans ta gorge, attends, attends, ne bouge pas, reste là, sens-moi, respire-moi, toi tu sens bon, un peu la panique, j’aime ta sueur, aïe maintenant touche mon ventre, sans t’agiter juste comme ça ne bouge que la main
etc
sympathie du regard tourné vers rien; j’ai mangé beaucoup de spaghettis et puis tu t’es levé précipitamment, j’ai voulu te suivre mais tu as couru dans une rue qui échappait à mon réel. J’ai regardé, j’ai regardé longtemps là où tu avais disparu, trace de ton absence. C’est mon désir.
sympathie des pâtes inachevées; tu as mangé beaucoup de spaghettis mais il en restait encore dans l’assiette
sympathie de la monotonie nocturne; j’ai mangé beaucoup de gâteau au chocolat (j’aurais préféré un cake au thé vert, mais mon pays est ainsi fait qu’on n’en fait pas), tu n’étais toujours pas revenu alors… pffff. J’ai regardé par la fenêtre. Et par la fenêtre on voit des choses dingues.
Je sais que tu reviendras parce que : Ta mélodie est dans mon oreille.
Je t’avais rencontré sur une plage en décembre/ Le vent soufflait et tes cheveux dressés te faisaient une auréole/ Je t’ai trouvé beau, beau, beau, là maintenant j’aurais pu boire l’eau de la mer/ Tu m’as vue malgré tout, et tu m’as suivie jusqu’au bar du village nord pas de calaisien/ On a bu un chocolat chaud ensemble et j’ai décidé d’essayer d’être avec toi/ On s’est embrassé en sortant du bistrot et tu m’as murmuré dans l’oreille que tu m’aimais/ Je me suis enfuie bien sûr avec le vent/ J’ai eu peur, et j’ai vu se dessiner sous mes yeux des années de routine amoureuse, où jamais je ne devrais me battre pour des sentiments/ Acquis tu m’aimais, tu ne m’intéressais plus.
Le prochain que j’ai rencontré sur la plage/ c’était encore en décembre juste après noël, je l’ai fait mariner une année entière avant de lui dire que je l’aimais et pourtant c’était vrai avant/ Lui encore des fois, roule des yeux pour me faire croire que bientôt nous entrerons en désamour/ Chaque fois, il me gagne à nouveau ainsi. Mais pourquoi ? Je ne le sais, parfois, toi je te regrette, sûrement tu étais mon homme, tu étais au premier tour sur la plage, c’est toi que j’étais destinée à rencontrer/ Plusieurs fois on se recroise, tu le sais, tu me vois, tu me reconnais, et on sent, que c’était nous/ Tu m’as murmuré trop tôt ce que je rêvais d’entendre/ Je ne peux que m’en vouloir/
je regarde derrière moi. puis devant moi. encore derrière moi. de nouveau devant. je me rends compte que je me tourne dessus, je tourne en rond sur moi-même je pivote je surveille les alentours sans avancer sans reculer. je ne fais qu’un mouvement giratoire qui me conduit toujours à moi. les notes à venir seront-elles aussi rondes que ce mouvement?
je sors! je respire, je prends un élan et tue le mouvement. d’abord je pose un pied qui ne bougera plus. je réprime mon envie de voir de l’autre côté. c’est dur. mon corps tremble en tirant sur la jambe. mon corps explose. je sens ses lambeaux qui volent dans l’espace en tous sens. ils envahissent toute cette partie du monde sans s’arrêter d’évoluer. ils commencent à dessiner un mouvement. oh non! ils tournent! mon corps explosé se réunit se refait, mais là-haut au centre, au milieu du ciel. je me recompose objet volant et tournant, toupie céleste, qui voit, qui voit tout, qui voit toujours.
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi;
Sélavy m’a dit que la vie était rose et même rrose tant elle était envoutante et qu’on aimait à l’écouter rouler
Le croyez-vous que Sélavy m’a parlé? Le croiriez-vous qu’à me voir jouer avec des fous elle ait eu le feu aux joues?
Elle m’a regardé leur montrer sous ma jupe pour qu’ils aient connaissance de la connaissance.
Croyez-vous, maintenant, que Rrose Sélavy connaisse ces jeux de fous qui mettent le feu aux joues ?
Je me traîne sur les sols en pierre, poursuivie par l’oubli et le manque. Ils me poussent jusqu’à la terrasse, où m’attend mon fantôme délaissé que je reconnais pourtant. Ma bouche trouve son oreille ; je peux parler des mots et oublier les gestes… son mon corps tremblant la chair se tisse sur le vide. Moi hantée par des restes, lui rempli par mes fantasmes, les deux transpirent sous un soleil de plomb, où est partie l’alcôve où jadis les amants s’entrelaçaient ? Il ne reste que deux amas de muscles cisaillés par des nerfs convulsifs. J’ai extase dans la tête, mais les mains se crispent, attrapent un rien, et C’est l’électricité qui baise l’air : aucune forme pour remplacer la frustration d’un coït interdit.
chuuttt… j’ai peur de te regarder, et que tu croises mon regard
j’ai peur que tu comprennes que ce qui te plaît en moi c’est ma fuite
j’ai peur que tu comprennes que notre amour était partagé
aujourd’hui à l’heure où les morts viennent me chercher
il fait noir dans la salle en béton, les fenêtres sont bouchées par du noir aussi, un type tripote des vinyls c’est lui qui fait la musique, on croyait que ce serait une fille, je me dis c’est peut-être lui qui pose en fille. et derrière les gens qui danseront tout à l’heure il y a des projections, comme dans toute soirée qui se respecte donc des projections, de films indiens. beaucoup de gros plans, les levres de la fille et les yeux brillants du mec. la projection se fait dans le coin de la pièce, et les images se coupent en trois. on a en face une image ressemblante à la vraie et sur le mur de droite et sur le plafond des dégénerescences de bouche d’oeil de cheveux. on a le vrai en face et des choses abstraites autour qui ne sont que du vrai mal projeté. retournez vous doucement, et regardez les gens qui danseront tout à l’heure. ils sont peut-être indiens.
suer sous le soleil voilà où jen suis
manger des scarabées dorés voilà ce que je suis
un fantôme décoré voilà qui je suis
décoré de mes rêves, de ce que je ne voudrais pas voir mourir
je cultive l’herbe du silence, pour que les autres la mâchent
la paix, la paix, la paix
demain, je rêverai que je suis
demain, je construirai d’autres songes
estivaux, hivernaux, pour une vie entière
où s’arrête la vie? inconnu délicieux
mots sirupeux et rêves au sucre
ça fond ça colle et ça coule
je vomirai vos désirs, les remplacerai par mes craintes
et demain sera noir
