D’une note à l’autre, il y a des manquements assumés.
Fiasco complet.
Téléphone.
— Tu es bien incapable de te taire, mais tu n’as
aucune idée de ce que tu veux dire.
— Est-ce grave ?
— Pour les autres, oui.
— Ecrire pour sonder le gouffre, et le creuser encore.
— Projet bidon.
— Au moins, si je savais écrire des livres pour
enfant, je serais satisfait.
— Bien incapable.
—Ou des romans roses pour petites femmes perdues dans les trains.
—Bien incapable.
— Au lieu de ça : grandiloquence, tragédien minable.
— Qui es tu pour me dire tout ça ?
— Celui qui s’est tu.
ETC
TRAITS COURTS
(Autologie aussi comme recyclage de vieux
machins d’il y a quelques années,
crachés ici et maintenant pour m’en débarrasser.)
On revient toujours ici pour dire sa chose, la cracher, lit-on ;
Bizarrement, l’écran de mon ordinateur supporte
encore la salive, c’est sa sève.
Note sur le héros
(Intermittence etc.)
Il y a quelque chose qui s’ouvre parfois, une
amitié s’amorce, un retour d’énergie
comme des milliards de points qui convergeraient
sur cet impératif : vivre ; l’échange
doit se produire, car la chance tourne vite : la loi de l’alternance
comme dit R. Laporte est une machine qui peut n’importe
quand lui retirer ce pouvoir, alors urgence de tendre la main avant
qu’elle soit brulée, pour construire son regard dans l’amour.
(Amour de quoi ? corps, spectres, mots, pays………)
MECHANT
Nous dinons et L.C. nous avoue que selon
sa psychanalyste, elle serait enfin entrain de braver l’interdit
de l’inceste.
« Tant que tu resteras humaine » lui dit son mari.
L’après-midi, je sors de la galerie 779. L’homme des lieux
me dit : « Vos images, sans être documentaireS, nous parlent
de l’opérateur disparu. Je vous rappelle mardi prochain »
Plus tard, café (etoile manquante), une conversation entre deux jeunes filles :
— Parfois j’ai envie de faire l’amour avec des nanas comme toi.
— T’aimer le plus profondément possible.
Derrière, deux hommes commentent les petits garçons
qui passent, je change de place, scandalisé.
INTERDIT DE L’INCESTE ? RETOUR D’ŒDIPE EN PUISSANCE MAMA !
Plus tard avant de diner nous guettons une table qui va se libérer.
Une voiture manque de m’écraser, je reconnais Sophie Calle
qui sort du bolide et qui fonce vers moi pour me dire
UNE PLACE RUE RAMBUTEAU J’Y LAISSE MA VOITURE 6 MOIS !
Je ris, elle sait que je sais qui elle est ; je ne lui rappellerai pas qu’il y a
deux ans j’ai accroché ses croutes aux rencontres d’Arles !
OPERATEUR DISPARU ?
MAMA !
Mort amoureuse, passage du coit au cercueil,
vieillissement prématuré de ton sein droit que
j’aime encore, échange de salive et d’instants
momifiés dans ma mémoire, existences.
PLUSIEURS VIES VECUES ENTRE DEUX PHRASES !
La garder absolument en soi.
pas bof car la chose est bien trop précieuse, je
préfère la conserver au centre de ma vie,
plutôt que de l’exposer au regard des autres ; car elle
n’est que ce centre de ma vie et m’enchante
comme tu ne peux l’imaginer ; certes, elle me pèse parfois,
mais pas le projet d’en faire un objet de décoration,
je l’observe chaque jour davantage, je l’astique,
car ce n’est qu’en elle que je peux être sauvé.
J’ai découvert récemment que la simplicité est une sagesse,
un ralentissement des pas, un refus des nerfs lyriques.
Le début d’une vision élargie.
« C’est dans la technique du dépassement de cette révulsion,
qui a sans doute à voir avec les barrières qui
s’élèvent entre chaque moi individuel et les autres,
que gît la véritable ars poetica. » Freud.
Il ne faudrait lire que lorsqu’on a soif, puis pisser,
(écrire) mais plus tard, quand on ne peut plus se retenir.
Parole du héros
La persévérance ? Oui, quand bien
même l’objet de la recherche serait vain, ou impossible
à atteindre, seul l’effort donnerait du sens à
l’épreuve ; c’est le mouvement du travail qui reste
sacré, la cible pourrait ne pas exister, il en serait de
même : l’acharnement, oui c’est le mot juste, pourquoi ?
mystère acharnement à montrer que rien n’est
évident.
Danger.
Considérer que le sens
de sa recherche est hors de soi,
est une mort à
petit feu.
D’une table de café
Retour du soleil, pensées lâches brûlées,
retour à la surface, la peau a très chaud.
(La vie inconnue se déroule, sans s’affoler.)
#28
Ne faire son portrait qu’à partir de ce que les autres ont dit
(récemment) de lui : faussement humble, minet, play-boy, impatient, petit,
tourmenté, ambitieux, cynique, coureur, superficiel, satisfait, à l’aise etc.
Et s’ils avaient raison ?
Bigre ! Ce sont les yeux et les mots des autres qui me font ? Salauds ! Cela ne se passera pas comme ainsi ! ».
Je n’avais pas eu l’impression de réaliser
une action décisive.Il se saisit du bonheur
uniquement pour faire battre plus
vite son cœur. Au moment voulu, tu diras à tes amis :
« N’importe où dans le monde ! «
Contre-texte.
Agacé par certaines expressions que des intellectuels
pratiquent, s’échangent. De l’ordre de…
…C’est une force de proposition….
Utiliser ce type de langage, comme stratégie d’évitement
du réel, forcément violent — indomptable.
Être pédant, c’est avant tout parler par peur de la Présence .
Refuge dans la soi-disante culture, couverture.
Pédant ? Adopter le code par crainte de l’informe.
ETC
#41
Quelques titres pour prendre la responsabilité de ces divagations :
Bataille de soi pour moi.
Les pages d’un héros.
Autologie.
Je connais un peintre qui depuis des années, écrit des titres pour
des œuvres pas encore réalisées. (FR. M.)
ex : « Le babouin va-t-il enfiler Milou ? »
Trouver un titre pour un travail au milieu de lui-meme.
#38
(En témoin de la vie sordide, intérieur-jour.)
Comment soulager l’énervement ? Ecrire multiplie la haine.
Partir serait mieux mais il a rendez-vous avec une femme,
alors il faut subir ces vieux cons alignés comme
des bocks le long du zinc.
La jeune fille : « Vous m’en voulez ? »
— Absolument !
— Qu’avez-vous fait en m’attendant ?
— Des projets de meurtres !
— Sortons s’il vous plait.
— Bien entendu.
Il faut imaginer le héros s’en allant,
la femme à son bras vers une nouvelle aventure.
Cette loi de l’alternance est aussi un motif, ou plutôt une épreuve
qu’il faut accepter, sans ressentiment ; lorsqu’une phase d’abattement
rend le travail impossible, espérer pouvoir à nouveau retrouver
ce pouvoir de dire, d’exister en somme puisqu’on a pu enfin accepter le péril,
car cette loi est bien entendu une machine infernale !
Maintenant, il va falloir falloir prendre des mesures : fichages
des faussaires, décoration des héros, congratulations diverses selon la qualité des interventions hors de chambres etc.
Au désir de renouer avec la toile, vacance : forme ?
petits jets de petites choses. Pour préserver comme
dirait l’autre, pas pour construire.
Impératif fatras, mélange,
c’est tout ce que je peux faire, et vaille que vaille.
Oui, parfois qualité douteuse. Gommage interdit.
Vracarme
Et il en vint à penser qu’il
n’y avait pas de
second degré, que le secret
n’avait plus de prestige, la confidence,
aucune classe, gesticulations vulgaires
(des bruits sans significations), pas de
promesses, d’extensions, humour limité
jouissance minimale, méfiance —
voilà comment parfois il voyait le monde,
et voià que ce sale monde pouvait à
tout moment se contaminer à ses rêves
il comprenait très bien les déjections
des modernes, leurs cynismes, et leur
manque insensé de goût.
Texte à ne pas lire, pas relu moi, le scribe ADC.
Expérience vaseuse au milieu de la nuit, juste pour voir
comment ça fait. Alors ? Laissez-moi le temps de dire deux
ou trois choses. Bilan sur l’écriture ? Mêlée à
quelques verres en trop. Couillon de moraliste. Et à part ça ?
Que voulez-vous ? Que vous vous étonniez de ce que vous dites.
Mal barré. Relisant je trouve ça à chier,
frigide. Souhaitez-vous être obscène ? Pas besoin d’un interlocuteur
pour l’être, passez votre chemin. J’aide votre parole à ne pas trop
délirer. Dit il y a quelques semaines que j’écrivais
dans les marges de votre attente. Veut rien dire. Dialogue absurde.
Je remue en moi tous les hommes qui ont dit du mal de mon travail.
En vous adversaires se cristallisent les voix désagréables
qui ont voul ma perte. Comme vous y allez ! Les plumitifs entre eux sont sans
pitié. Stop je dis. Stop il ont dit. Et je suis trop ivre pour continuer.
Où cela avait-il commencé ? Que pouvais-je envisager ?
Revenir ? Chercher les causes premières ? Oublier ? Me briser le cou ?
Une peuplade d’images, faussées par les medias, les contes et les livres,
m’insupportaient, et contre le récit que je pouvais faire de mon enfance,
je préférais encore mettre à jour une nouvelle porte,
définitivement close, oubliée.
Francis Ponge : » Jeunesse : « Qualités d’un être
ou d’une chose qui n’a pas encore acquis toutes les qualités
dont il (ou elle) est susceptible. »
Ce qu’il faut faire
Dans ton texte, laisse apparaître les ratures, repentirs, contre l’idée
dégoûtante de la réussite, et du prêt à admirer.
ETC.
Parole vaine du héros
#7
Héros car je m’invente sans cesse, je n’ai pas de seuil,
je ne contiens aucune essence, aucune rareté,
aucune singularité ; héros car cela ne me satisfait
pas mais cela me regarde — plus jeune ceux que j’aimais, je souhaitais
leur prendre leur ame, leurs pantalons, leurs femmes ; héros,
puisque je conçois la vie comme l’invention de soi à chaque fragment
de temps insensible aux communs,
(betise du temps soi disant partagé !) ;
héros, car le désir de construire l’emporte
sur le chaos (si séduisant soit-il) ; héros,
car j’ai beaucoup de taches à accomplir ;
héros, en fin car il faudra qu’au bout du compte
cette entreprise touche aussi ceux que ne je connais pas.
Saccades
L’après midi sera consacrée
à la confection de la troisième
maquette de mon livre d’images.
(Successions de gestes, passage de corps
improbables en couleurs, dans des villes
visitées en 2000/2002 : Kiev, Damas,
Istanbul, Milan, Paris, Marseille).
Initialement le livre s’appelait DEFILEMENT.
Mais A.C. trouve que le titre annonce un fonctionnement
cinématique (séquentiel), alors
que chacune des images est à lire individuellement.
Pas dormi.
Au réveil, (solution) trouvé SACCADES, je suis heureux.
(Le projet comporte 32 images et une dizaine de pages de notes
sur la photographie.)
— Saccades : à-coup, accidents, interruptions, surprises, failles…
1 Dans un bus, assise, une femme et sa jupe, bavarde et cocasse comme une toile de Miro.
Images, je n’assume pas la gêne que vous me causez ! Que faire de vous ?
2 Une jeune fille, après être photographiée, fonce vers le photographe pour l’embrasser.
3 Un clochard explique trop longuement ses circonstances, sur trois stations, c’est beaucoup de donneurs potentiels qui descendent.
Où est la vie ?
J’avais demandé à mes étudiants en
photographie d’enregistrer les petits événements,
dans une ville. Les mains ! Amoureux, travailleurs saisis dans
la simplicité d’une action dont le sort du monde
ne dépend pas ! Alors la vie toute entière
fut dans la main d’une jeune femme qui s’agrippe à celle
de son ami ! Photographiez le chaînon, le lien ! Et la vie
ne sera qu’une tendresse et rien d’autre (amoureux sur les bancs publics
pourquoi pas !).Quand un beau geste fait oublier les restes, la vie s’affirme
dans une mécanique factuelle, simple. Un gosse qui ramasse un
caillou, et bien je suis heureux de le voir ! Une femme qui court
sans être poursuivie dans un boulevard en contre-jour, c’est ça !
Commencement de la fiction ! La vie est dans cette minceur,
ouverte aux histoires. L’homme se lève de son banc, jette le
journal dans la poubelle, il fait bien, et il continue sa route. J’ai
vu à travers ce geste la nécessité de se
retrouver et de lâcher le poids du monde. Marche vieillard !
Tout le monde devant le portrait de quelqu un pourrait
se reconnaitre.
« C est lui, c est moi. »
Pas question de s émerveiller,
de le prendre pour modèle,
la peau incandescente vient
déchirer ses sourires, et quand on le voit
(image solarisée)
on peut se dire : mais il a perdu sa forme,
il a déjà cramé sa présence.
Il y a eu donc quelqu un, et je veux le retrouver.
Présenter le banal,
sans histoires, sans biographie, sans visage.
Si tel est le projet,
à quoi bon continuer ?
Foi dans le personnage de quelqu un.
En lui, je vois mes héros favoris dans la vie littéraire.
Comme si, en faisant cet effort de le dessiner,
je me me mélangeais
aux créatures de nulle part.
Nota Bene
Les affaires de l’âme ne nous concernent pas ;
Le compte-rendu de votre intimité, non plus.
La fiction nous fatigue.
Dans un café de la gare de Lyon, à mes pieds, un moineau
très loin du ciel, sautille sur le revêtement caoutchouteux et bullé.
AUTOLOGIE.
(Il faudrait songer à rassembler et
classer un jour ces notes pour ne pas être
pulvérisé. Etat d’esprit du
moment ? Calme, frivole, tout reste à faire.)
Rouge
La lumière qui venait du dehors transperçait les rideaux
rouges, et diffusait cette couleur dans la chambre d’amour, sur
les draps blancs, peau mate ; je me rappelle la nuit dans le noir quand
elle m’avait avoué le désir de peindre un tableau rouge ;
nous avions donc trouvé à neuf heure du matin
l’origine de la couleur, et celle de son désir d’image.
Texto (from Perros Guirec, Bretagne)
Vive les langoustines, les coquilles st Jacques et les tourteaux !
Titre (idiot.)
Lit et ratures : un personnage nous confie qu’il passe de son bureau
à son lit et accomplit ses besognes (coits, phrases) — qu’il manque
toujours, ça va de soi.
Micro.
Il faudrait qu’à chaque instant de la journée nous
puissions vivre l’insolite, et laisser la surprise décider
de nos pas, sans commander, sans souci de régner,
amoureux de faits parfois ridicules et de situations folles
— juste se désorganiser.
Moderato
Il faut considérer ce lignes d’écriture comme
des bruits ; les associer à la fulgurance d’un doigté
de pianiste que je ne suis plus, — je me tue à vous dire que je ne suis
pas un sémioticien, et ces murmures qui s’inscrivent par accidents,
sont proches des mains de l’enfant, qui veut faire du
vacarme pour se signaler.
Chanson.
» Je me tue à te dire, qu’on ne va pas mourir. »
Page improbable du journal du héros
(Hiver 2003)
Ce soir, désir de retrouver les points sensibles
d’une journée réussie .
Matinée triste, j’écris à J.P.R. lui fait part de mon ambition
d’enseignant en art, structure plus solide que celle ou j’officie maintenant.
J’évoque aussi l’écriture, prise entre « acte et reverie. »
(Il me semble qu’elle conservera toujours cette double instance.) Déjeuner.
Rendez-vous avec M. qui souhaite me montrer son travail photographique.
En avance de deux heures, j’en profite, pour la troisième fois, pour aller
à l’exposition Roland Barthes, à Beaubourg.
Trop de fétiches, de jolis bibelots.
A une table d’écoute, des textes favoris du critique sont audibles
via un casque, autour de cette table ronde, où en face, une jeune
femme se plaint et trouve que la voix du lecteur qui lit un passage
du Temps Perdu est affreuse. Je la trouve — elle — adorable.
Conversations autour des images de M. Images trop factuelles,
factices à mon gout. Je l’encourage cependant.
Deux heures de paroles, et de corps séparés.
M. avoue sa crainte de la normalité.
Je ne l’aime pas, elle ne m’invite pas à la désirer, je suis à l’aise.
Fatigues, interruption, entre « acte et reverie. »
Lectures : livre 5 des confessions, ainsi que les affinités électives.
Je suis à l’aise.
#10
Il pressent un scandale qui l’entoure, mais il ne sait pas le nommer.
Dénoncer l’obscurité. Voilà son programme.
Dénoncer l’incapacité à désigner le mal.
Il avance, légèrement courbé ; je vois traverser l
e temps jusqu’au moment où seule la vieillesse le calmera.
Cheveux longs sales. Petite maison. Petite nourriture.
Petite femme pour le regarder décliner.
Voir comment il se meurt depuis le commencement.
Je me méfie de toi tous les jours. Le héros fatigué
ne tracera pas un point final.
Trop fatigué aussi pour se retourner et compter les bravades.
Au fait, de quoi a-t-il déjà triomphé ?
De la torpeur bon sang !
Produire des phrases comme on ferme des portes, pour dormir enfin.
(Ecrire pour atténuer le bruit du dehors.)
Pages du héros (à la campagne)
Le corbeau vient de me regarder ouvrir à
nouveau les paupières, d’un air étrange,
j’ai eu l’impression de n’etre pas un homme
(aucune méfiance de sa part), ni une proie possible ;
si les corbeaux m’ignorent, j’ai déjà gagné
quelque chose, mais quoi ? La permission de voir, peut-etre.
Je me plais à penser que les alouettes sont d’accord
pour que je contemple leur plumage, que le pie vert est enchanté
que je sois un auditeur qui apprécie sans culture son hennissement ;
il y a les branches méandrines, le coucou qui pourrait folatrer,
je ne lui ferai pas de mal, je suis là en ami, sans sciences,
je l’ai dit, mais plombé d’idées imprévues.
Ce que je vois se double de morts, d’imaginaire. Pourquoi est-ce ainsi ?
Et pourquoi surtout résister ?
La bombe cosmique est lachée, je l’ai déjà
prévenue, et je continue dans un mélange d’angoisse
et de bien-etre, et il faut etre fort pour ici faire naitre une tension à
partir d’un si paisible paysage.
C. m’a raconté que son homme l’insulte quand il lui fait l’amour.
Une phrase revient régulièrement :
“ Montre moi comment elles aiment jouir les petites putes. ”
Veuillez briser les images, décoller
le résidus du monde, plonger
ces fragments dans l’eau chaude, attendre
de nouvelles craquelures, et restez joyeux,
je vous en prie.
(DIX MILLE MONDES ENTRE CHAQUE PARAGRAPHE)
Facile.
Je défie quiconque d’affirmer que les sonates de Mozart
pour piano sont douces.. Les coupables sont rassurés par ce
qu’ils croient entendre. Mais ils stagnent dans une mauvaise interprétation
de la vie et de la musique. Erreur… Je le clame. Et je les entends déjà
vitupérer : l’énergumène, où veut-il en venir ?
Pas tout de suite les enfants.
Que regrettez-vous ?
Au commencement, comme tout le monde, je me suis dit : quel délice,
quel mouvement suave ! Puis écoutant inlassablement la même sonate,
elle devint odieuse. Je me mis à entendre autre chose… Je ne sais quoi…
comme s’il y avait une moquerie cachée dans la mélodie.
Mozart se foutait de moi. Mais je ne tombai pas dans le panneau. Dés les
premières notes, on s’attend à trouver une émotion.
Là ? rien…un défi grotesque sur lequel les épisodes
de ma vie ne font que buter. Et la musique continue de m’humilier ; elle diverge de mon
âme. Je suis exaspéré par cette douceur qui n’est qu’un cri avant la
sécheresse de mon cœur.Quoi alors ces sonates ? Des regrets de regrets.
Fatigué, repris cours de photographie,
moulin à paroles pour les images des autres
(monologue devant des têtes silencieuses) — numéros
comme d’hab. — je fais le pitre, j’amuse la galerie ; dehors il pleut
(une étudiante me dit : « mais qui est-il ? ») — nous
avançons dans la journée qui s’opacifie, en même
temps que mon regard fatigué.(Demain idem).
Pourquoi écrivez-vous ?
Beckett : « Bon qu’à cela. »
Blanchot « Ecrire, c’est se livrer à la fascination de l’absence de temps. »
Bernhard : « J’écris car beaucoup de choses me sont désagréables. »
Et vous pourquoi, écrivez-vous aussi ?
Paris (9)
Assis sur une table de café je regarde
aimablement une jeune femme, j’attends A. ce qui
me laisse le temps de révasser face à elle ;
mon amie arrive (A.), et obstrue la vue ; beaucoup bu de
bières,je me dirige vers les toilettes, en évitant la table
de la jeune femme car je suis timide, j’en sors, je me lave
les mains et trouve que mon visage est fatigué
la porte s’ouvre, je reconnais l’inconnue qui s’excuse et me demande
du tac au tac si on peut se revoir, je suis timide, je bafouille, dis oui
pourquoi pas, mais comme elle semble plus âgée que moi,
et plus grande surtout, je tremblote, et finalement la voilà
qui me tend un papier où est écrit son téléphone,
elle s’appelle (non je ne dirai pas son nom) on s’appelle ?
Oui darling mais je pars dans le Limousin, ciao, ciao,
pourquoi ce retour de l’audace
dans un paysage de vie si aride ?
Les admirateurs de belles femmes.
Les dingues d’images.
De voitures fuyantes.
De cranes lisses.
De femmes volubiles.
(Peut-on se dévoiler dans l’image ? Helas non, Felix. )
ETC
Choses (re)vues©
Il dit que la date de l’IVG© coincide avec l’anniversaire de la
mort de son père©, et pense qu’il est grand temps d’aller
voir un psychanalyste©.
pertes de temps©
Hier : conférence de J. B©. sur Nietzsche©
puis des verres pas frais chez P. Dorfman©,
puis des bières aux 9 billards©
puis ce soir on va palabrer chez Villepoix©
et puis il y aura Perrotin.©
puis le sentiment de n’être pas vraiment à ma
place, que vivoter© ainsi parmi des mous©
ne convient guère à notre souci des quatres
murs© ; mais il faut bien contenter C©. venue d’Italie© pour
épater la gallerie ; d’accord pour ces histoires©,
les plus courtes sont les meilleures !
Complainte du héros
#44
Vous insinuez qu’il n’y a aucune différence
entre lui et moi, que cette division est une coquetterie,
ou pire une lacheté, que je n’ose pas assumer
le grand jeu, le grand bavardage de soi, et que j’use
de ce moyen à des fins de duperie, façon complaisante
de complexifier la tache ? Oui vous avez raison, en un sens,
mais la réponse à votre scepticisme prendra
un tour violent et sincère : sachez docteur que je me
considère à la fois comme le sujet le plus banal
qui soit (et dont la vie ne mérite aucune considération)
et aussi comme quelqu’un menacé de disparaitre ;
ainsi j’ai confié au héros, digne représentant
de mon ame égarée, la mission d’agir pour me requinquer
et retrouver dans la vie et dans l’autre des petites graines
que j’ai plantées jadis.
— Quel était l’origine de toute cela ?
— Qu’entendez-vous par cela ?
— La lutte, je ne sais pas, votre présence ici.
— Problématique.
—C’est pourquoi je vous demande de m’expliquer.
Beauté
Je voudrais dire deux ou trois choses sur la beauté.
Premier essai : la beauté comme énigme.
La beauté n’exige rien, et m’offre des pistes
que je dois traduire — pour être avec elle.
Si j’essaye de la posséder, elle se rétracte,
puis disparaît. Ma position de spectateur est la seule attitude
possible : prudemment distancié.
En elle, s’irise une image. Ne rentre pas dans la beauté, ne
te contemple pas en elle, sinon elle te crèvera les
yeux. La beauté est une chose du dehors. Est-ce l’émotion
qui la signale ? Oui, mais la beauté a quelque chose à voir
aussi avec la pensée mais je ne sais pas trop quoi. Quand Rimbaud
décide de lui tordre le coup, la beauté est devenue sa rivale.
Ne te bats pas contre elle, n’essaye pas de l’assagir, ou de la faire
mentir. Comme si la beauté était une création !
La beauté : dimension inconnue. En elle parle la raison
qui s’affolle, les larmes d’un enfant. Elle naît dans l’intervalle
mince, quand la vie matérielle se met à rêver.
Chacun a sa propre expérience de la beauté.
Quant à moi, je l’ai souvent trouvée au milieu des
grandes villes étrangères, sur un visage
mélancolique d’une femme qui allait nulle part.
L’origine
Je suis né le 13 avril d’un père écrivain et
d’une mère inconnue. Les journaux ne manquèrent pas de relever ce phénomène :
“ Dans la nuit de jeudi à vendredi, le même nourrisson est sorti de l’utérus de
76 femmes différentes. Le père, furieux, décida qu’il ne resterait qu’un
enfant et il congédia les mères. ”
Comprenez alors l’ampleur de ma tourmente
Mode d’écriture qui repose sur l’exposition
immédiate de la phrase. Lecture
contemporaine de l’écrit. Temps
de travail aboli, rumination interdite. Ecrire
pour se débarasser de sa pensée,
lourde ou trop légère. On ne garde surtout
pas sa morve trop longtemps dans sa bouche,
on crache.
C’est comme ça, ça pourrait être pire.
En vrac
Le retour sur soi : restituer dans
le langage arrêté la vitesse de
la vie.
Idiotie.
Faire des phrases, comme des cabrioles et
se préserver du jugement
que des abrutis sont toujours prêts à dire.
So what ?
Mots courts, traits courts ; examen médical d’un nombril,
cavité sans profondeur.
Souhaitez-vous faire vaciller le sens ?
Remplissez-moi ce nombril d’images,
gavez -le jusqu’à la satiété.
Oui oui oui
Ce que je fais me renseigne parfois sur qui je suis.
Projets
Rester fidèle au principe selon
lequel l’origine de la phrase est inconnue,
sa destination folle (cachée) —
et sa danse, forcément érotique.
B.L.V.
« Je n’ai jamais été mis en vie. »
Nerfs.
Il s’était mis à détester
les images ancrées dans le quotidien,
les récits nains et peu glorieux de la
vie immédiate ; croyant peut-être
bêtement que la transformation n’est pas
un vain mot, qu’il est toujours possible
de décoller de la misère
(sexuelle, alimentaire, littéraire)
et que rendre compte sans projet
de son impuissance face à la vie,
est une agonie qu’il ne peut plus supporter.
Paris.
A quatre heure du matin, traversant le 17 ème,
croisant des putes fatiguées, il ne faisait
pas très froid, je vous (r)assure.
Bob Dylan.
« I don’t know how much longer I can wait. »
Finale.
to be continued dans l’étonnement sans fatigue
couleur rouge vagues sensations de mobilité
capricio ça fait partie du jeu du seul avec ou sans suivre
la première route vers l’indéfini
soleil se fait rare quand j’ai un besoin urgent de lumière
pour développer mes images.
#18
La voix du héros dont l’écriture est la transcription approximative.
Car personne ne saura si son timbre est grave.
Si la tessiture de sa parole conjugue les variations les plus extraordinaires.
L’écriture est le négatif de sa voix.
ô mon amour !
C’est le début du livre pour toi. La chaleur m’oblige
à rester caché dans l’ombre d’une pièce ;
j’ai accroché au dessus du bureau des images
de la mer, de vieilles photographies ; pouvoir enfin s’y rendre, te retrouver et
oublier les vilaines têtes, les noyer ; avant d’écrire ce livre,
je te propose d’éliminer toutes les nuisances qui font obstacle
à notre amour ; nous penserons tous les deux à des meurtres
minutieux, au découpage concerté des vilaines têtes ; oui il nous
faut de la place ! Tu sais comme moi, l’époque se satisfait du minimal,
et bien mon amour nous ferons tomber l’une aprés l’autre ces
dérisions, casserons aussi tous les postes de TV qui menacent
nos vie blanches.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.etc.
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#23
Parole vaine du héros.
La voix souveraine, elle revient, c’est ça : tressautements de sensations
et je parcours le temps, je revis en une minute les dernières journées,
et je vois un esprit insatisfait, une tête bien faite. E. m’a dit que j’aimais la douceur
de mon visage. Est-ce ainsi qu’il faut lire les traits du héros ?
Douceurs sourdes.
Je ne vois pas pourquoi je m’interdirais de relier mon bonheur à l’écoute
d’une cantate. Et si la quête du héros c’était de se rapprocher de dieu ?
Ha non. Pas sérieux. Pas aujourd’hui. Pas dans l’époque.
Et je me tairais enfin ? A la droite ? Le ciel ? Oui j’aime regarder le ciel.
Mais cela ne prouve rien.
Le héros veut anticiper, brûler des étapes, se brûler la vie
pour un chemin somptueux.
Est-ce que je mérite cette éternité ? Cette facilité ?
J’écoute donc la voix souveraine de Barbara Hendriks
au nom du père inconnu. Et j’attends.
Posture essentielle du héros, chasseur grotesque ; mouche aux ailes d’anges.
Ecrit en pause longue
Clic
Parler pour soi ne va pas de soi.
Avis
Vivre est désormais inséparable de l’écriture, le
mariage est déjà consommé.
400 iso
Je regarde sur la planche de la bibliothèque les dix
films noir et blanc non développés. Pourquoi
est-ce ainsi ? 360 images de la vie cachées dans
ces boîtes. Je ne me souviens de rien.
Il doit y avoir, grosso modo :
– Des inconnu(e)s
– Des connu(e)s.
– Objets d’intérieurs.
– Fragments de nuages.
– Une épaule.
– Un pied.
– E. cachée sous les couettes pour fuir l’objectif.
– Portrait de mon père sur son canapé Louis XV (rouge).
– Autoportraits insatisfaits.
– Chute de films illisibles.
– Peut-être des images d’Italie ? (Milan ? Turin ?)
Contrariétés
Je n’écris pas (ou très peu) d’histoires. (Nouvelles ou romans.)
Dans la vie, quand une histoire amoureuse s’amorce, je flippe, je me casse
et retrouve mon chaos : repère pas pépère du tout.
ALLEZ SAVOIR POURQUOI !
Autologie.
Autoportrait en rameur.
Clac
Je m’endors sur le grand canapé
rouge, comme une Olympia déplûmée. Entendez- le
comme vous voudrez : fauché, à court d’idées.
Autologue
A.
Les prénoms des femmes qui ont compté
dans sa vie, sont truffés de A
Il est temps de changer.
coit
Avez-vous récemment fait l’amour dans la mer ?
rêve.
Frôler l’insignifiance comme Keith Jarett.
Programme.
De la vie comme fourniture.
Titre de livre à écrire. (Pas pour moi.)
« Pas de pathos pour Boris.
Thomas Bernhard.
« Mozart c’est aussi le kitsch de la petite culotte ! »
Questions.
Comment vous en sortez-vous ?
Comment allez-vous ?
Que comptez-vous faire ?
Thomas Bernhard
« Nous sommes une tête chercheuse de défauts ! »
Hier soir.
— Pourquoi tu n’es pas naturel ?
— Cela me demande un travail de dingue… alors j’ai arrêté.
Entendu, ou lu
« Je suis beaucoup plus heureux depuis que j’ai renoncé à l’être. »
Questions
Nos expériences se rejoignent-elles quelque part ?
Projet.
Une journée d’images de la vie.
Matin.
Marina me fit écouter le bruit de la mer, le son de l’eau.
Titre de livre.
Le bruit de la mer, le son de l’eau.
Nouvelle.
Les citronniers de Calabre sont arrivés !
Nouvelle
Récemment, nos contemporains ne sont pas très audacieux.
Erreur
Elle a dit « partenaire », j’ai entendu « adversaire. »
Question
Pourquoi ce retour de l’eau ? Ce désir d’eau ?
Post-it
Reprendre « le cerf-volant » pour la revue Vacarme.
Préparer cours d’histoire de la photographie.
Évaluer à nouveau les soi disant amis.
Participer au monde.
Réfléchir sur le « mystique sans dieu » (Roger Laporte.)
Revoir le monde.
Qu’est-ce qui m’a précédé ? (Preuves, vite !)
Envoyer à F.Y. Jeannet la nouvelle version du texte Epreuve.
Ajouter deux pompes de plus par jour.
Etre direct et aimable à la fois.
Nouvelles expériences contre
L’éternel retour du même.
(Pourquoi pas quatres pompes de plus ?)
#3
Apparemment, vu de l’extérieur, tout va bien.
Il ne vit pas en marge du monde, n’a pas tué son père, paye ses factures.
A quatre vingt dix pour cent comme vous et moi. Mais…
Après-midi.
Suites.
Recyclés
Quand j’étudiais à Arles,
Jacques Serena (écrivain de l’écurie Minuit,)
m’a dit qu’il copiait sans vergogne des phrases entières
d’autres livres, avec la fierté absurde d’une femme qui
se vanterait de tromper son mari.
(Quoi que Louis-René des Forêts l’aie fait aussi, mais ce ne sont
que des citations involontaires.)
Après-coup.
Ce qu’il a retenu d’une lecture à la surface de Nietzsche,
hier soir, entre 00h05 et 1h07 :
(Mots qu’il lui envie beaucoup :)
« Les amis de la vie. »
« Les êtres manqués. »
« Développe toutes tes facultés — cela signifie
développe l’anarchie ! Péris. »
Portrait.
Se comporte dans les livres comme dans la vie :
en espion, il attend son heure.
Programme.
Reprise d’un texte.
RDV avec A. (au soleil, malgrè le vent frais.)
Tri des images récemment faites.
Gênes :
Les soi disants cultivés
Les médiocres complaisants.
Lecture.
Valeria Piazza :
« Le journal est ainsi par essence le lieu dans
lequel l’appropriation de soi se rend chaque fois
potentielle et pourtant impossible. »
Mail
F.Y J. (écrivain exilé à N.Y) :
» Bon courage aussi pour vos cours de photo et vos différentes
activités liées à cela. C’est toujours difficile, en effet,
et cela a représenté l’une de mes principales épreuves,
de délaisser ou mettre entre parenthèses la
vie quotidienne, professionnelle, pour écrire, lorsque l’impératif
survient. Il y faut bien de la persévérance.
Mon livre en cours avance cahin-caha, mais sa masse de brouillons me
contraint à ne pas renoncer. Je cite souvent cette phrase de Pavel
Filonov, que je vous ai peut-être déjà recopiée :
« Lorsqu’on éprouve de la difficulté à faire quelque chose,
il faut continuer : c’est en trouvant la solution qu’on fait vraiment qq chose de nouveau. »
(N on)tropo lyrico.
D’un réseau à l’autre, il manque toujours l’image, la voix, le corps ;
je les invente, je déplace le foyer dans un autre lieu ;
avez-vous déjà
été brûlée ?
Il y a des interdits, ces limites me fatiguent ; trop chaud,
la toile est increvable.
Il n’y a aucune image derrière, pas d’être ; des flammes m’ont
promis que j’aurais le droit de conserver les restes de nos paroles.
« Les fragments ne sont pas des aphorismes, chaque
fragment est ouvert à la multitude des autres fragments. » Blanchot
« Once upon a time you dressed so fine
You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?
People’d call, say, « Beware doll, you’re bound to fall »
You thought they were all kiddin’ you
You used to laugh about
Everybody that was hangin’ out
Now you don’t talk so loud
Now you don’t seem so proud
About having to be scrounging for your next meal.
How does it feel
How does it feel
To be without a home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?
You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely
But you know you only used to get juiced in it
And nobody has ever taught you how to live on the street
And now you find out you’re gonna have to get used to it
You said you’d never compromise
With the mystery tramp, but now you realize
He’s not selling any alibis
As you stare into the vacuum of his eyes
And ask him do you want to make a deal?
How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?
You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns
When they all come down and did tricks for you
You never understood that it ain’t no good
You shouldn’t let other people get your kicks for you
You used to ride on the chrome horse with your diplomat
Who carried on his shoulder a Siamese cat
Ain’t it hard when you discover that
He really wasn’t where it’s at
After he took from you everything he could steal.
How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home…
Like a complete unknown
Like a rolling stone?
Autographies
… CLIC…
Valéry
« Soumets toi tout entier à ton meilleur moment. »
Conversation.
Je lui dis au milieu de la nuit, lors d’une fête insensée :
— C’est en apriorisant de tout que tu deviendras folle.
Fête.
Grande santé : être irresistible, illimité
le corps se sent vivre et la pensée dans les
alcools a quelque chose de sanguin.
Titre.
Après le Mécrit de Denis Roche,
voici venir le Décrit de …
Avertissement.
Si votre prénom comporte un seul A, passez
votre chemin.
On m’a dit :
« Fais en sorte que je puisse te parler ! »
Dans la maison.
Je chante, et j’admire la tenue de x, y, et z, mes favorites.
Réponse/
De quoi veux-tu que je te parle ?
L’eau, l’acidité, la vague, la transmission,
la perle, l’esquisse, le mouvement qui déplace les
lignes, le battement de l’œil, le coit pour imiter la vie,
l’extension de mon corps vers toi, bruissements, moment
qui s’éternise, et multiplie les raisons de voyager.
Samedi.
Regardé Alien en buvant du porto,
puis attrapé au vol la voiture d’un petit
photographe de mode Italien (Une Lada rouge de Torino),
direction LouisWeiss où je regarde sans
conviction la vidéo de
Sarah Jones et ses plages de Miami.
Rêves.
Mélange de temps, et fusion de personnes
de ma vie, périodes fondues ensemble, sans espoir
de pouvoir les discerner, les comprendre, les aimer : effrayante unité !
Matin.
Téléphone de M. ,dans le sud :
Charles Fréger est un connard ! «
Reprise
De quoi veux-tu que je te parle ?
Tout ceci n’est qu’un échauffement en vue d’un texte à venir.
…CLAC…




