
Les Semeurs
Stanick (via le wub)
Aujourd’hui c’est dimanche et j’ai trouvé ma vocation. Je crois que je vais postuler pour être « Counter-terrorism Analyst » ou « Operations Officer » à la CIA. J’ai passé les premiers tests d’évaluation en ligne et vous me croirez ou pas, j’ai obtenu des « excellent matches ».
La CIA recherche des « independant thinkers, adventurous spirits and passionate professionals » : ça me plaît bien, c’est tout à fait mon genre. Ils offrent des « competitive salaries » et même des « holiday pay », et ça c’est plutôt cool. Un « Operations Officer » du Clandestine Service, par exemple, peut être payé jusqu’à 60 000 $ dès la première année : moi ça me suffit.
Je me vois bien m’installer dans un pavillon avec jardin, garage et chien, tout près de mon boulot, au George Bush Center for Intelligence. Ça se trouve pas loin de Washington, à McLean en Virginie, sur la rive ouest du Potomac – très belle région. Là-bas c’est beau comme un campus ; d’ailleurs ils le disent, c’est une « campus like atmosphere ». Un peu comme à Camden. Il y a tout plein d’options pratiques : deux « fully equipped fitness facilities » et un « jogging track », et même un « child care center », au cas où j’engrosserais une « college student » du « Internship Program ». En plus, c’est une «drug-free workplace» : ça veut dire ce que ça veut dire, non ? (en fait je suis pas sûr ; je suis pas très bon en anglais).
A la CIA, tout le monde a l’air super sympa, ouvert, souriant, dynamique, pluriethnique. En plus ils bossent sur un fond musical hyper rock’n roll, ambiance Tom Cruise dans Mission Impossible. Trop cool. Avec un peu de patience je finirai peut-être comme Anne, une « senior analyst » qui voyage beaucoup et qui accompagne souvent W. Bush à bord d’Air Force One. La classe. Je finirai en vieux beau, les tempes grisonnantes, genre Harrison Ford.

« – hé t’as vu c’est marrant chez toi,
on trouve des peplums canins au hasard des gondoles
– hin hin »
First shots
| REPORTAGE A 105 CM |
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j’aime arriver
à l’improviste
chez toi
un peu bourré
me faire peur
te faire peur
rires nocturnes
et finalement
m’endormir
heureux
à tes cotés
insouciant
Aujourd’hui, l’idée m’a traversé que je pouvais être nul. Heureusement, raconter n’importe quoi me faire sentir moins ringard. Peut-être, finalement, ne vais-je pas me transformer en l’un de ces horribles bibelots qui changent de couleur en fonction de la température.
Paramaribo, 1982
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Igor Tourgueniev hante les rues de la capitale depuis déjà deux mois, ne restant que le moins possible dans la chambre miteuse de son hôtel près de la gare centrale. Ses prises sont de plus en plus rapprochées et ses déambulations de plus en plus aléatoires entre les « maisons » qu’il fréquente. Ses ongles et ses cheveux tombent depuis déjà deux semaines et il ne s’exprime plus que par bruits de bouche et jappements indistincts. Il bave et doit souvent voler pour pouvoir continuer à se fournir. Parfois dans son regard brille encore l’Aventure.
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L’impression d’avoir dormi dans un buisson d’épine
avec 7 nains en train de chanter à tue-tête
est persistante,
c’est grave Docteur ?
amertume
nom féminin
1. Saveur amère.
synonyme : âpreté
exemple : La légère amertume des endives.
2. Sentiment durable de tristesse mêlée de rancoeur, liée à une humiliation, une déception, une injustice du sort.
synonymes : découragement, dégoût, mélancolie
exemple : Il pensait avec amertume à toutes ces belles années perdues.
dans la série ça dépend du point de vue

je me disais l’autre jour que la place d’Italie
n’a pas du tout la même configuration
si on la considère à 3m50 de hauteur
(et merci le printemps de nous faire lever les yeux)
The overarching themes of the conference focus on contemporary
and past theory as species of risk-taking.
Tentative sessions include:
The ends of gaming
Taking practical risks in doing theory
The break-up of established interpretive systems
The moment of crisis tackled head-on
What redemption is there in risk taking?
The dubious synchronicity of theory and its objects
Chance by chance
Balancing the waste-book
Morality at the edge
What kinds of urgency?
Gamblers and Idiots
Getting badlucky
Theory gambled away
When to stop the game?
What prosthetic futures for such bright pasts?
Speculation and hazard
Theory junkies
The theory of gambling and the gambling of theory
[…] Fondu enchaîné. Sorti de nulle part, quelqu’un me félicite le plus sérieusement du monde pour mon interview « dans Technikart ». Quelqu’un que je connais, j’en suis sûr, et pourtant je n’arrive pas à l’identifier. Pris d’un élan lyrique, j’engage une conversation éthylique avec E., une journaliste de Cosmopolitan qui croit que je travaille avec S.M. : elle trouve tout « génial », je lui parle de surfers hawaïens et de Peter Sloterdijk, « et je t’enverrai une épreuve de mon bouquin en avant-première, c’est promis ». Sur ce, J. surgit de la foule, me claque une bise, et se plaint qu’il y a trop de monde au bar ; je lui explique que « cette compression humaine est une magnifique œuvre d’art », très fier de cette réplique un peu approximative. […] Saut à suivre jusqu’en fin de soirée, je tombe sur B. de K. – ça m’arrive tous les trois mois environ. Comme d’habitude, je me précipite sur lui avec un sourire béat. Comme d’habitude, il est trop ivre pour se souvenir de moi mais il fait semblant de me reconnaître, avec un aplomb qui me laisse admiratif. Et comme d’habitude, je lui demande s’il a de l’herbe sur lui, question à laquelle j’obtiens invariablement la même réponse : « Ah non, camarade… mais j’vais demander à mon épouse, si elle a du matériel on s’fume un calumet sous la tente.». […]
ho, britney, arrête avec tes dérapages vocaux et tes déhanchements de metaputa effarouchée… tu sait trés bien que christina aguilera est meilleure que toi, plus jolie, plus espagnole aussi; et que son « dirty » t’as mise KO… et puis , c’est une vraie fille, ELLE…
ô on y arrive, on y arrive !! c’est très bien « cariboo’s road » ! vraiment bien !! ça va se retrouver au top 3 for sure ! mille mercis de m’aider gü ! le seul truc est que mon film est plutôt axé sur l’errance intérieure qu’extérieure, physique. ils errent dans leur tête, leur coeur. mais « cariboo’s road » c’est tout de même très bien…
Je peux, sans rien sacrifier de ma vie ni de ma lucidité, décider de ne pas voir le réel
[dont je reconnais par ailleurs l’existence].
Aveuglement volontaire
[comme Oedipe je me crève les yeux]
qui trouve des applications plus ordinaires dans l’usage immodéré de l’alcool et de la drogue.

Je m’balladais
sur l’avenue
le corps ouvert
à l’inconnue…
je suis une jeune fille,
Charlie, 18 ans
et
j’habite Londres
Camden
et
je suis amoureuse de ma voisine
Vera, 22 ans
et
je l’écoute faire l’amour
avec son imbécile de boyfriend
Max, 28 ans
et
elle a l’air d’aimer ça
et
parfois je suis émue
par ses cris
acides
et
parfois je voudrais
être lui
Max
before POP IN
———————-
mes voisins se disputent fort
elle pleure – il hurle
le temps que je me décide à intervenir
ils rigolent
———————-
Âne – précision
|
Ongulé plus petit que le cheval possédant de longues oreilles et des châtaignes (marques noires) sur les pattes antérieures. Répartition géographique (pour les ânes sauvages) : Afrique du Nord, Moyen-Orient et Asie centrale. Habitat : prairies, savanes et déserts. Classe : Mammifères ; ordre : Périssodactyles ; famille : Équidés.
Selon les espèces et les régions, l’âne sauvage est appelé hémione, kiang, boulang, onagre , koulan… Les races domestiques les plus connues sont celles du Poitou, des Pyrénées, du Berry, de Sicile, d’Égypte et d’Afrique du Nord. La taille d’un âne varie de 1 à 1,50 mètre au garrot et son poids de 150 à 450 kilogrammes. La couleur de sa robe est fonction de l’espèce ou de la race : blanche, noire, gris souris, rousse et parfois blanc et noir, blanc et gris, etc. Son espérance de vie est de l’ordre de trente à trente-cinq ans. C’est un herbivore très rustique qui consomme fréquemment des végétaux fibreux de qualité très médiocre. La saison de reproduction des ânes varie selon les espèces. Après une gestation de onze mois environ, l’ânesse donne naissance à un seul ânon ; ce dernier sera allaité durant six à dix mois, absorbant de deux à six litres de lait par jour. Les ânes forment des groupes peu hiérarchisés et très mouvants. Les combats entre mâles sont très violents (morsures profondes, coups de sabots) pour obtenir et défendre leur territoire. Les systèmes de communication sont principalement olfactifs (urine), sonores (braiments fréquents et puissants), visuels (abaissement ou redressement des oreilles et de la queue) et tactiles (épouillages entre femelles). Sélectionné à partir de l’âne sauvage africain – Equus asinus, comprenant deux sous-espèces : l’âne de Nubie et l’âne de Somalie -, l’âne domestique est utilisé dès 3 000 ans avant J.-C. en Palestine pour transporter les marchandises, bien avant le dromadaire. Très vite, il se répand dans le sud de l’Europe et devient, au Moyen Âge, l’animal de bât et de monture des plus démunis. Irascible mais besogneux et capable de porter de lourds fardeaux par rapport à son poids, il est encore très utilisé dans les pays en développement. L’âne sauvage devient rare – l’âne africain est en grand danger et l’onagre d’Asie vulnérable – et l’âne domestique tend à disparaître dans les pays occidentaux. En France, la population asine est extrêmement réduite, avec moins de 20 000 animaux. Diverses associations, telles la société de protection du baudet du Poitou, l’association des amis des ânes ou l’académie de l’âne, ont entrepris de sauvegarder les races domestiques. Le baudet du Poitou , animal de grande taille à la robe velue, l’âne pyrénéen aux poils ras de couleur brun roussâtre et l’âne français commun à la robe souris claire font ainsi l’objet de plans d’élevage très surveillés. Le mulet (et la mule), croisement d’un âne et d’une jument est plus résistant que l’âne ; c’est un excellent animal de bât en montagne. Le bardot, issu d’une ânesse et d’un cheval, est encore plus rustique. Ces animaux hybrides sont généralement stériles. Symbole de pauvreté et d’humilité dans la religion chrétienne, l’âne réchauffe Jésus dans la crèche, permet sa fuite en Égypte, lui sert de monture lors de son entrée à Jérusalem. En Inde, les divinités célestes sont transportées sur son dos. Il peut aussi devenir un objet de risées. De sa longue familiarité avec les plus humbles au sein des sociétés rurales traditionnelles, l’âne a conservé une image fréquemment péjorative, construite par opposition à celle du cheval, monture noble. Sa lourde tête à l’expression jugée peu éveillée, sa capacité proverbiale d’entêtement ont fait de lui une figure de la stupidité : de la légende du roi Midas au bonnet d’âne des cancres d’autrefois, la littérature et la langue abondent en exemples. |

« … je vais me livrer à la police, c’est mieux ainsi…
ou alors me suicider ? »
Matrix Revolution
Message-ID:1991Aug25.205708.9541@klaava.helsinki.fi
From: torvald@klaava.helsinki.fi
(Linus Benedict Torvalds)
To: Newsgroups: comp.os.inix
Subject: What would you like to see most in minix ?
Summary: small poll for my new operating system
Hello everybody out there using minix-I’m doing a (free) operating system (just a hobby, won’t be big and professional like gnu) for 386 (486) AT clones.
This has been brewing since april, and is starting to get ready. I’d like any feedback on things people like/dislike in minix, as my OS resembles it somewhat…
Any suggestions are welcome, but I won’t promise I’ll implement them :-)
Linus
Qu’importe que ce soit léger puisque ça sent le sang et la sueur
les yeux qui chavirent
c’est un bulldozer,
c’est pas délicat
c’est pas fait pour les champs de coquelicots
les coquelicots nous on les broie
on en fait un jus sombre
qui pique la langue
on joue pas de la flûte dans les vertes prairies
au soleil
on écoute le Boum-Boum
sous nos côtes
à la lune
on regarde
nos cages thoraciques
qui volent en miettes
aujourd’hui, c’est l’arbre qui a été le plus forT, pas ma main…
a one, a two, et chante
les hématomes c’est dans le dedans
tu prends un pain et c’est bleu
tu prends un pain et c’est bleu
pitinnnnnnnnnn,
les hématomes, c’est du dedans
c’est du dedans
et c’est moiiiiiiiiii le grand schtroumf
et c’est moiiiiiiiiiiiii le grand schtroumf
les hématomes,
ça se te tatoue dedans
à l’encre de prison
à l’encre de marine
à l’encre du fond et du profond,
les hématomes
pitinnnnnnnnnn
les hématomes,
ça se voit comme une blague au milieu de la figure,
tu prends un pain et c’est bleu,
ouais, c’est vrai que ça se voit bien,
merd, pitinnnnnnnnn
et c’est moiiiiiiiiii le grand schtroumf
et c’est moiiiiiiiiiiiii le grand schtroumf
c’est pas yves klein
Mon amour est partie y a longtemps et je travaille comme fou.
Ca marche très bien pour moi, j’ai été promu.
Les nuages se profilent à l’horizon, brisé par les tours de verre de la Défense.
Je vais traverser tout Paris pour rentrer Porte de Bagnolet (c’est chez moi).
Dans la rame de métro, il y a un tas de personnes très ordinaires dans lequel je me confonds.
C’est tout propre – y a personne – quand je rentre.
Je mange tranquillement mes céréales.
Puis je me couche et un répliquant me susurre des mots tristes.
Fondamentalement, j’aimerai retrouver mon animalité ; elle me fait défaut pour agir ; objet construit, je ne puis profiter de l’instant présent.
Mon masque social agit comme une membrane imperméable, empêchant l’aération de mes blessures émotionnelles, et favorisant la culture d’un mal être anaérobique, une ulcération intérieure qui précède une inévitable nécrose.
Je crois que c’est sans remède.
Belle, active, drole, intelligente, douce, entière, désirable.
Soyons Badided
N’ayons l’air de rien
Ayons l’air Badided
Badided mag’
A paraître
Ainsi parlait Zarathoustra ?
Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse.
ou
Il faut porter un chaos en soi-même pour accoucher d’une étoile qui danse.
ou
Il faut encore avoir quelques chaos en nous pour accoucher d’une Etoile qui danse.
ou
Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse.
ou
Il faut porter le chaos en soi pour accoucher d’une étoile filante.
ou
Il faut avoir un chaos en soi pour donner naissance à une étoile qui danse.
ou
Il faut qu’il y ait encore du chaos en soi pour donner naissance à une étoile qui danse.
ou
Il faut beaucoup de chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse.
Côté musique zen il en connaît un rayon.
Les années 60, 70 il a suivi toutes les évolutions.
Ex rocker tardivement reconverti au punk, il est passé à la world c’est tellement plus calme.
Il a plus de 1500 cds pour la plupart commandés, ils sont évidemment introuvables maintenant.
Il aime aussi le jazz mais pas n’importe lequel. Coltrane, Shepp, Ayler il laisse ça aux autres,
son kiff c’est Texier, les frères Kuhn, Garbajek. Petite musique de chambre ça coule de source.
Il n’aime pas les bass, les boum boum comme il le dit.
Le hip hop, le trip hop, la techno, l’électro, la house ça ce n’est pas de la musique.
Va aux concerts Tsiganes. Passe vingt plombes à t’expliquer le jeu de shankar à la cithare
Il en a marre de la pop ça fait longtemps qu’il est passé aux choses sérieuses.
Au cinéma il apprécie les films à petits budgets.
Les colombiens qui vendent les bagouses de leur mère pour se financer
et qui ont de bonnes critiques dans les Cahiers.
L’asiatique c’est tellemnt sensuel, senti, volontaire, esthétiquement beau.
En tous lieux, il milite pour la v.o. Hollywood est corrompu, il va à la cinémathèque boyocotte le MK2
c’est tellement mieux il sûr de ne pas faire la queue.
Ses commentaires, toujours les mêmes expressions toutes faites: c’était sympa, riche, intéressant
Nous voilà bien avancés…
A SUIVRE
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Howard Stern ne s’est jamais résigné à se séparer de son jumeau le bel Albert. Il se rassura en portant autour de sa taille une ceinture contenant de petits morceaux de ses testicules. Sa physionomie particulière le rendait spécialement réceptif aux ondes émises par les lunes de Pluton. Sa femme Irma possédait deux photos d’Elvis en tissus.
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il dit :
tu sais, moi en photo, c’est surtout de la pellicule gachée
elle dit :
tu sais, je suis photographe, j’arriverai surement à quelque chose, pas vrai ?
lui :
…
communiqué de charleston parva:
une personne mal intentionné(e) utilise mon login pour poster des images de lapin sur des blogs
ce n’est pas moi
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la ville était inondée de sang et ravagée par des langues de feu – mes amis poursuivirent leur chemin, tandis que je tremblais encore d’angoisse – et je sentis que la nature était traversée par un long cri infini.
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je voudrais être ton esclave sexuelle
et te promener au bout de la laisse que tu attacheras à mon collier.
please, love me …

– il ne pose jamais de questions, je ne sait pas ce qu’il en pense.
– tu ne sais pas s’il éprouve de la jalousie ?
– son attitude signifie clairement que non…
FISHERMAN’S BLUES (WATERBOYS)
I wish I was a fisherman
tumbling On the sea
far away frOm dry land
and its bitter memOries
casting Out my sweet line
with abandOnment and lOve
nO cieling bearing dOwn On me
save the starry sky abOve
with Light in my head
and yOu in my arms
Les pages d’un héros (extraits)
Il y a donc le héros : créature inconnue, burlesque et tragique.
(Quoique je n’ai pu explorer que le second registre.)
Il y a le rapporteur : celui qui espionne faits gestes et pensées du
héros. Homme au niveau juste du réel : vivant.
Et l’autre, le scribe, l’homme du bureau dont je suis peut-etre le plus proche.
Il écrit.Une voix extérieure me coupe à l’instant :
» Vos complexités ne sont-t-elles pas exagérées ? »
Dois-je répondre à toutes les objections ?
Nous sommes inquiets.
Et d’ailleurs qui etes-vous ?
Les critiques.
Les hommes au niveau juste de la raison. Nous nous marrons, c’est tout.
des indications intuitives
tu prends à gauche tant que ça descend
puis à droite quand tu es sur du plat
simple, joli(e) et efficace,
merci !
ô mon amour !
C’est le début du livre pour toi. La chaleur m’oblige
à rester caché dans l’ombre d’une pièce ;
j’ai accroché au dessus du bureau des images
de la mer, de vieilles photographies ; pouvoir enfin s’y rendre, te retrouver et
oublier les vilaines têtes, les noyer ; avant d’écrire ce livre,
je te propose d’éliminer toutes les nuisances qui font obstacle
à notre amour ; nous penserons tous les deux à des meurtres
minutieux, au découpage concerté des vilaines têtes ; oui il nous
faut de la place ! Tu sais comme moi, l’époque se satisfait du minimal,
et bien mon amour nous ferons tomber l’une aprés l’autre ces
dérisions, casserons aussi tous les postes de TV qui menacent
nos vie blanches.
Plus que quelques affaires à régler ici. Demain j’embarque et surtout j’en prends pour au moins vingt ans. La prochaine étape de ce cargo c’est dans quinze mois lumière, ensuite c’est le grand saut quantique et à l’escale suivante je ne connaîtrai probablement plus personne de ce monde.
C’est l’occasion de recommencer à zéro, non ?
Je vais ranger ma carabine.




























IS
























