mais quand vous marchez dans la rue vous regardez les gens ? je veux dire dans les yeux, ceux que vous croisez vous les voyez ? cherchez-vous leur regard ? quand j’avance certains jours – surtout si j’ai rêvé de toi, si tu m’as ignoré, si j’ai eu mal aux tripes d’être anéanti – j’ai peur de voir dans leur yeux la difformité mon âme je crains que mes jambes ne s’emmêlent, j’ai le vertige je ne croise que leurs yeux aimantés globuleux curieux ça me porte au cœur, j’ai un peu peur vous voyez mon cœur, n’est-ce pas ? oui c’est ce qui déforme ma poitrine, je ne sais pas comment ça se fait non ils ne me voient pas, chacun est son propre centre du monde et je ne sens que ton absence et ton indifférence et rien n’importe plus que ma belle douleur je la chéris comme une trace de toi, je veux des cicatrices parfois j’ai mal à la tête très mal à ramper sur le carrelage pour chercher la faîcheur à frapper le sol de mon cerveau nu, avez-vous remarqué comme ma boîte cranienne a rétréci ? ça ne peut-être que cela ces maux de tête non ? parle-moi je veux encore sentir ta peau je veux encore sentir ta peux je veux encore sentir ta peau
PsychoMiX Farfadet mongol sans gravité, bonheur, pour vivre un mot l’image manque. Couillonne ! 1917 : foirade. Où es-tu ? En souvenir de toi tu vas voir le soleil. Tu m’avais promis tes ailes, ton cul, Bianca ! Trust la souris Klingon. On va nous ranger le désir du temps et partager le butin. Les fleurs en lettres rouges, les pieds nus, tes lèvres … la paix. C’est fini. Je frappe. J’aime. ? Le cur des enfants chasseurs ! Ils auraient aimé un toucan, Igor. Don’t care. Amour, fictions, continent ? La mer, contre toi, was crying. I won’t forget ma vie. La torpeur nauséeuse de la réalité au bord des lèvres filantes : quelques chattes. Dans Elle, le secret assez triste sonne amour. Réveillez-vous ! Chrétien. (Merci à Igor Tourgueniev, Nicolaï Tourgueniev, M. Fox, — Zan, n letresor, Don Marmitto, Amaury da Cunha, orad v, Gwendoline Klingon et jeanba 3000 pour leur participation hasardeuse)
Ils étaient, ceci deviennent, de celui-là avec moi a commencé, mais la mémoire les nuits oublie, si la veine de l’intérieur de l’intérieur de la vie le transformait du travail en enregistrements d’appositive des lumières.
Ca me prend à la gorge, j’ai envie, j’ai besoin de hurler mais bon sang ! rien ne sort, ça m’étouffe quelques secondes puis ça redescend très violemment dans mon ventre, ça me serre les intestins, je me tors puis ça remonte encore, encore et encore jusqu’à en avoir la nausée. Je dois fermer les yeux pour oublier. J’arrête de respirer pour ne plus penser. Illusion. Je sais que c’est encore là. Ca reviendra. Ca somnole au fond de moi mais c’est prêt à bondir, à rugir, à déchirer mes entrailles pour gagner la surface. J’inspire profondément, yeux clos, muscles relâchés. Effort inhumain. Des larmes me montent au yeux, je déglutis péniblement. Respire. Respire. Respire. … Je suis très calme et derrière mes paupières douloureusement sèches je ne vois plus que des phosphènes muticolores, manège kaléïdoscopique. J’apprécie ces instants de régression. Video. Je ne vois plus qu’un espace imaginaire et mouvant. Quelques mots … Quelques notes … Déjà les souvenirs affluent. Les images se superposent. Peu à peu tout reprend forme et ternit. J’ouvre les yeux.. Tu ne m’as pas encore eu.
Je t’ai tant aimée je t’ai tant désirée je ne vis plus qu’au jour le jour c’est risible bien sûr c’est absurde incroyable on dirait des foutaises mais je ne pense qu’à toi du matin au soir et toute la nuit cette longue nuit qui n’en finit pas car je ne connais pas le repos je t’aime et tu ne quittes pas mes pensées chaque seconde je rêve de toi les yeux ouverts je dors le jour je perds la vie et j’espère sans bruit j’attends en silence paralysé je vois seulement le temps passer mais je ne le sens pas s’écouler pourtant je sais que chaque instant t’éloigne un peu plus de moi chaque jour passé me ronge un peu plus et je ne sais que regretter tout ce temps perdu à n’avoir pas su te dire plus tôt je t’aime encore je t’aime encore je t’aime …
C’est un canal de plus – il n’y a décidément que des canaux sur toute cette planète – au milieu du désert cette fois ; un canal interminable, assoupi entre les dunes, qui courre d’un bout à l’autre de l’horizon, irrémédiablement rectiligne, absolument sans accroc. C’est un canal désert entre le dunes, sous le ciel vert empire de ma drôle de planète. Le ciel est marbré d’auréoles claires, orangées ou bleutées. Pas de nuage. Lumière intense. Chaleur mortelle. Mon radeau dérisoire quitte la berge anonyme pour dériver lentement, porté par aucun courant, soufflé par aucun vent, que le temps qui s’écoule et le porte.
Je ne pense plus qu’à la faim. A mon estomac. Il se dilate atrocement, il enfle, il parle sans cesse et bruyamment, il prend de plus en plus de place. Beaucoup trop. Cet estomac a pris trop d’importance. Ce ventre prend une dimension monstrueuse. Je le vois bien dans le regard des autres. Il est impossible qu’ils l’ignorent. Ils savent. MON VENTRE ME TORTURE. Chaque jour il grignote un peu plus de moi. Ma ceinture abdominale, ma belle ceinture ! s’est envolée depuis longtemps. Malheur. Plus rien qui puisse contenir cette expansion hominivore. La nausée. Je dois prendre des cachets pour réduire son volume, pour digérer ce qu’il ne digère pas. Car il ne prend plus même la peine de travailler. Il engrange. Point. Pourtant j’ai très faim. Je ne veux plus manger. Je ne veux plus manger. J’ai très mal au ventre. Ca va passer.
Pardonnez tant de vulgarité mais … putain de bordel à culs ! tant de tracas pour retrouver un login recouvert de poussière et se voir refoulé par le rutilant nouveau Blogger qui tue sa race qui veut vous faire migrer, c’est contrariant.
Je voulais juste dire, Igor, il manque un bouton « écrire » dans le bouton à gauche : c’est fatiguant de taper blogger.com. (ok j’aurais pu le faire en privé)
Ah il est tout en bas ? Bon et alors ?! Nan j’ai rien à ajouter ! Merde.
Bonne Chandeleur
(en plus y a même pas mon nom infalsifiable, pfff)
J’ai une importante révélation à faire. J’ai cru percevoir depuis quelques temps, dans l’attitude trouble de mon camarade de dissidence, les signes précurseurs d’une grave crise existentielle. J’étais dans l’erreur. La métamorphose a eu lieu il y a bien longtemps et je ne crois pas que nous puissions encore le sauver … Le monstre dissimule son identité véritable et trouve en notre sein le refuge insoupçonnable. Amis, regardez le vrai visage de Nicolaï ! et prions ensemble pour le salut de son âme.
«…/ J’entre dans cette nef et j’appelle : ho, ho. L’écho me gratifie aussitôt en stéréophonie de la seule réponse distincte mais décevante dont me juge digne l’Inconnu : ma propre voix, tournant dans ce fatras condamné de palans et de poutrelles. Et je songe à tant d’hommes qui n’ont même pas fini là-dessous de purger quelle peine, puisqu’il faut recommencer ailleurs. Et que peut-être on devrait sauvegarder certains de ces sanctuaires, pour faire comprendre ou pour faire peur, quand on va se croyant seul, à l’abri de la menace, un dimanche, sous le libre ciel. /…»
Plus que quelques affaires à régler ici. Demain j’embarque et surtout j’en prends pour au moins vingt ans. La prochaine étape de ce cargo c’est dans quinze mois lumière, ensuite c’est le grand saut quantique et à l’escale suivante je ne connaîtrai probablement plus personne de ce monde. C’est l’occasion de recommencer à zéro, non ? Je vais ranger ma cabine.
J’aime tant que tu te glisses dans mes rêves ! Tu y glisses une jambe autour de moi, tu y poses la main sur mon torse. Je sens ton parfum. Alors je peux me lever le cur léger.
Petite annonce remix Passées les broussailles et les dentelles les murs sorciers de la vieille ville ont recelé notre escapade. La maison de Nostradamus était en ravalement, pas de prédiction ce jour là. Tu as manqué mouiller tes souliers, j’ai pris ta main, tu as passé le gué. Nous avons collecté quelques bricoles en prétexte, j’ai suspendu quelques breloques à tes lobes, caressé ton cou dénudé, respiré ton corps fin. Une église, le parvis, les marches, la nef déserte. Tu as prié quelques minutes. Si touchante à genoux devant Dieu, dans l’ombre j’enviais ce vieux fou, jeune inconscient. Je t’aimerai toujours.
Un homme entra : Brasserie l’Avenir. Ceux qui s’échouaient là n’avaient plus belle allure. Sur le zinc émoussé ne se réfléchissait plus qu’une vague tâche jaunâtre, l’image de leur demi siroté aux hasard des trop longues après-midi d’errances éthyliques. L’homme qui venait d’entrer avait la face brunâtre et couperosée, le ventre ballonné d’un assidu, d’un habitué, d’un condamné. Ayant jeté un furtif mais perspicace coup d’œil à la ronde pour s’assurer de la présence de tout son petit univers, il s’accouda au comptoir et revêtit sa gangue de souvenirs …
Parfois du haut de mes yeux j’aperçois mes mains et il me semble qu’elles ne sont pas miennes. Un doute alors s’immisce et du coin de l’oeil j’observe le bras puis le torse, les jambes : suis-je bien moi là-dedans ? Ce corps chétif, obscène, est-ce bien le mien ? Il me faut bouger le pouce, remuer le pied pour comprendre que décidément oui, c’est bien moi qui ai pensé ces mouvements.
Vient la déception, la triste prise de conscience : ce corps est bien le mien.
Comme s’il suffisait d’une journée d’information pour se faire pardonner des millénaires d’indifférence et de domination, on ouvre les yeux une fois par an et l’on s’étonne encore que tu marches voilée -et pas qu’à l’autre bout du monde, et l’on s’étonne aussi que tu sois torturée, violée, battue, pour un regard, un sourire, un désir soupçonné, pour une idée, pour avoir voulu savoir, pour avoir voulu être libre … Mais on ne s’étonne plus que tu travailles, que tu élèves les enfants, que tu fasses le ménage, la lessive, les courses, à manger … Je ne te souhaite pas vraiment de devenir notre égale, tu vaux mieux que ça.
La journée de la Femme est finie et je voulais te dire je t’aime. Tous les jours.
Après quelques gorgées, la culpabilité qui lui avait timidement noué la gorge à son arrivée le quitta pour de bon et ce fut le soulagement, le début de l’abandon. Ses doigts jaunis étreignaient fébrilement un mégot informe. Sa langue pâteuse l’embarrassait, il voulait être ailleurs …
Impériale, elle l’ignore superbement. Ce petit jeu l’amuse et lui aussi peut-être. Parfois, il jette un œil mélancolique à ses sandales dorées, il admire son pied dénudé. Elle croise et décroise les jambes, l’air absent et son parfum vole autour d’elle comme un piège narcotique. Sa poitrine se serre. C’est un peu de cette douleur qu’il voudrait garder d’elle …
Poupée alanguie langoureuse langue heureuse Ta langue ma langue tes bottines Sourire Mutine Il me reste une image Elle/Tu me reste/s en image Résistance Persistance rétinienne ultime Un parfum Le tien, comme toujours, ce cher parfum Répéter Faire des litanies – Psalmodies Aller voir des chamanes. Danser autour d’un feu en chantant de drôles de trucs, dans des vêtements bizarres en peau de bêtes sauvages, couvert de petits ossements, grigris, colifichets. Espérer ton apparition. Tomber face contre terre, le nez dans le sable. Mordre la poussière. Rêver de tes orteils. … me réveiller avec une putain de gueule de bois. Voilà le programme !
C’est un vieux monsieur pas très honorable. Dans son oeil inquiet brille l’assurance de celui qui sait qu’ils parleront. Creusé de respectables rides il inspire la confiance en ceux que l’âge, paraît-il, assagit, mais les deux points noirs au fond de leurs orbites démentent et s’embusquent. Il parviendra à ses fins car le prix ne lui importe pas. Il y parviendra car nos vies ne comptent pas. Nous tomberons. Sans échappatoire. Et nul besoin de se souiller de notre sang. Ils se bousculent pour le servir. Je tomberai demain. Demain il te demandera de nous trahir. Tu trahiras aussi. Et tous les autres jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne à trahir. Alors il sera repu et pourra s’étendre quelques heures sous le soleil, apaisée sa soif de sang. Il s’étendra sur le tapis puant de nos corps déchirés, nettoiera ses crocs acérés en rêvant à son prochain repas.
mais demain ? je n’aurai plus rien pourquoi veux-tu que j’efface tout ? il y a déjà ma mémoire qui s’efface, des pans entiers qui s’effondrent et je ne sais pas quoi faire de tout ces gravas, je ne peux quand même pas t’effacer comme ça ? il faut m’aider un peu je ne peux pas faire ça tout seul je suis déjà rongé de l’intérieur, regarde c’est tout vide là-dedans, il y a bien longtemps que plus personne n’habite ici attends
tu reviens c’est vrai ? je suis heureux tu sais. bien sûr tu sais. tu sais que je ne peux pas t’oublier. j’essaie pourtant. je ne peux pas. je te hais, tu m’arraches les tripes, laisse-moi. je ne veux plus te parler. Regarde : je ne te vois plus. C’est vrai tu reviens ? Parle-moi. Oui parle moi encore. Je ne dirai rien. Tu veux que je parle aussi ? Je peux si tu veux. Enfin je crois. J’ai su je crois. Parle, toi. Je t’écoute. Je sais que tu me tueras encore. Et encore. Et encore. Ca ne meurt pas regarde. C’est toujours là. J’y peux rien. Tu sais comme je t’aime. Tu l’as trop entendu. Tu te lasses. J’ai envie de toi. Ce joli grain sur ton sein droit… Viens dans mes bras. Je ne veux plus que tu partes.
Être lu être vu être su être tu. Être bu être dû être chu et déchu. Être nu. Avoir pu. Dormir sans fermer l’oeil. Il y a des objets partout. Des choses qui me connaissent depuis quelque temps maintenant. Elles m’épient. Parfois, je ferme un oeil, je perds ma vigilance…La fatigue croit faire sa loi mais très vite je remonte la garde. Rien n’a changé. Enfin en apparence. Ce bruit…ce bruit…ce bruit ??? Ah! C’est mon ongle qui craque entre mes dents qui résonnent. Leur émail se fendille. Remonte à la racine. Puis la dent se casse en morceaux qui tombent en poussière sur les draps. C’est très laid. Il me faut trouver le sommeil.
Piano Mal de dos Des arbres dans le dos Du soleil des épines de pin des parfums d’automne Mal de dos Sombrer s’effilocher s’autodévorer Sentir voir douter craindre Sourire Mal de dos Aquarium
on s’est assis dans l’herbe et tu as levé la tête vers la grande ceinture d’astéroïde, l’air triste tu m’as dit – je crois qu’on va avoir un bébé – j’ai dit hein ? quoi ? tu plaisantes ? tu as eu un peu peur mais j’étais fou de joie je t’ai invitée a dîner dans le Grand Restaurant antigravité et on a fini la soirée en faisant l’amour comme des fous épuisés on a regardé partir les grands destroyers pour la Zone E, où les combats faisaient rage un jour notre fils commandera un de ces vaisseaux t’ai je dit d’un air prophétique
Debout ! cours cours cours cours cours ! STOP. Regarde. Écoute. Fronce les sourcils. Inspire. Repars ! cours cours cours cours !!! Sauuuuuuuute ! tends les bras ! penche-toi … Tu t’ENVOLES ! Ne crains rien. Laisse faire. Plane un peu ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. Bien. Redescends sur ce courant. Vire à gauche. Ferme les yeux tu vas sentir l’air qui te porte. Allez. Pose-toi là. Fin de la première leçon. (C’est vrai, c’était surtout une prise de contact.)
– Tourgueniev, notre héros Montre-toi si t’es pas une grosse supercherie !! Il paraît que tu te prononces avec un « é », parce que tu aurais des origines gnagnagna … Alors je vais te dire espèce d’emmerdeur : vu l’heure qu’il est ton « é » tu sais où tu peux te le carrer. Avec « ER » à la fin. Et maintenant j’aimerais dormir. … – t’es énervé ou quoi ?! – nan, nan c’est comme ça histoire de pas rester zen tout le temps quoi. Je casse mon image. – ah oué ? ‘tain, t’as de ces idées des fois ! je t’admire, tu sais. – oué, oué, ça va. Allez, bonne nuit.