Strange shiny clouds…

L’accumulation de nuages noctilucents aux pôles a provoqué des suicides collectifs de gnomes de niveau 1. Il faut arrêter le massacre.
konsstrukt / 28
vingt-huitième livraison
***
le bordel quotidien
***
(un vieux texte presque inédit)
des nouvelles des morts :
mon grand père paternel s’est tiré une balle dans la bouche
ma grand-mère maternelle n’est finalement pas morte
c’était un mensonge destiné à ma mère
mon grand-père, c’était un suicide
mon père est mort d’un cancer qui a mis deux ans à se développer
ma mère n’est pas encore morte mais j’ai bon espoir
non en fait je m’en fous
cyril est mort écrasé par une voiture
quand je pense à lui je me dis que le truc le plus extravagant qu’il ait fait de sa vie
c’est de baiser sa meuf en levrette
pendant qu’elle lui lisait le seigneur des anneaux
des nouvelles des vivants :
ils prennent le bus et ils tirent la gueule
et finalement cyril n’est pas mort
c’était un mensonge inventé par ma mère
pour on ne sait pas quelle raison
***
(un vieux texte presque inédit)
les enfants espèrent toujours que quelque chose va survenir
une catastrophe
ou quelque chose
un truc grave
pour venir perturber les corvées
que l’école crame
et demain le contrôle de maths sera annulé
on l’a tous espéré
ça
et puis des fois ça arrive
un enfant écope d’un d en écriture
et on décide de le faire bosser et tant pis si c’est mercredi
et l’enfant espère qu’un truc va se passer
un truc grave qui va prendre la tête à tout le monde
et que tout le monde oubliera le d en écriture
et la corvée pourrie du mercredi
et là le coup de bol : la mère se tranche les veines et il n’est plus question de bosser
***
(un vieux texte presque inédit)
je suis vide
je suis une chose creuse et vide
et je suis bien comme ça
j’y trouve mon bonheur
oui
seulement
pas de chance pour moi
la nature a horreur du vide
et il se trouve toujours des gens
et des gens que j’aime par-dessus le marché
pour remplir ce vide
pour le remplir de leur amour
pour le remplir de leur désespoir
pour le remplir de leur malheur
et tout ça c’est souvent la même chose
et au bout d’un moment je suis trop plein et je dégueule
en ce moment mon fantasme c’est d’avoir juste une chambre
une chambre dont j’aurais la cléf
et un frigo
et un ordinateur
et rien d’autre
et juste assez de fric pour bouffer tous les jours
surfaces / nouvelles / 4ème livraison
– gauche… droite… gauche… droite… gauche-droite-gauche-droite-gauche-droite… impasse à gauche… gauche… droite. impasse à droite… gauche-droite-gauche et tu m’attendras là.
je regarde les pavillons au fur et à mesure
je suis le dernier à sortir
les autres sont déjà dans leur secteur
gilles arrête le van le temps que je descende
il fait demi-tour et repars plus vite
je suis seul
je porte mon carton
dans mon carton il y a encore quatre gâteaux et six paquets de nougats
il est dix-sept heures
la journée est commencée depuis midi
il fait encore super chaud
je commence à puer un peu la transpiration
j’ai mal aux pieds à force de marcher
je marche d’un pas lent vers le premier numéro de mon secteur
posé sur les paquets il y a la liste des tarifs
un produit pour quatre-vingt-neuf francs
deux prduits pour cent quatre-vingt dix-huit francs
etc.
je soupire
j’en ai plus que marre
depuis que la journée est commencée j’ai vendu deux paquets dee nougats
ça veut dire que j’ai gagné cinquante-quatre francs
le tiers de chaque vente est pour moi
vingt-sept francs par vente réalisée
et c’est tout
rien d’autre
je suis devant la porte
je rumine encore
je n’ai pas envie de sonner
c’est un petit pavillon merdique
ils se ressemblent tous
façade blanche en crépi
porte een bois
une espèce de cigale ou d’abeille moche en céramique
des volets en bois à l’ancienne avec un renforcement en z – ouverts
les trucs pour bloquer les volets en fer forgé
en fer forgé aussi le nom à la con du pavillon à la con
un petit garage qui flanque le pavillon et un petit jardin qui l’entoure
des nains
un vélo d’enfant
un petit toboggan
un muret en pierre blanche crépi qui sépare le petit jardin de la rue
un portillon en bois marron de la couleur des volets pour les piétons et un autre plus large pour les voitures
les deux sont ouverts mais je sonne
j’ai du bol y’a pas de visiophone ni d’interphone
le quartier est plutôt classes moyennes
si ça ouvre ça sera une femme de quarante ans dont le mari est au travail
il faut que j’en vende au moins quatre à cette connasse
allez
quatre
un coup de quatre c’est ça qui me faut
il faut que j’en vende au moins quinze par jour pour ne pas me faire jeter
normalement je dois en vendre minimum vingt-et-un
tu parles
bande d’enculés
bon ça répond pas
je ressonne
quand j’en vends dix c’est pas si mal déjà
ça me fait même pas trois cent balles par jour
en soustrayant le fric pour les sandwiches sur l’autoroute ou dans un bistrot
et ma part de l’essence
ça fait pas très lourd
ça répond pas
bon
je continue
je vais remonter la rue – tous les numéros pairs et l’impasse à droite et puis redescendre tous les numéros impairs et l’impasse à gauche jusqu’à mon point de départ et attendre le camion
je sonne
ce fils de pute viendra me chercher et il y aura déjà tout le monde et si j’ai rien fait il me foutra la honte devant tous les autres
putain il fait chaud
putain de sa mère
ah
la porte s’ouvre
une meuf de quarante ans en robe qui attend sur le pas de sa porte et qui crie : « ouiii ? »
j’ai le soleil dans la gueule je souris à tout hasard
je la déteste déjà – cette conne
– bonjour !
mon carton est posé par terre – hors de vue
je lui souris – allez approche-toi bordel de merde
– c’est pour quoi ?
– bonjour, je représente l’association oui-dir ! puis-je vous prendre une minute de votre temps
elle s’approche enfin mais je sais déjà que la vente est foirée
tant pis
je continue mon baratin et mon sourire artificiel mais elle ne m’écoute pas
quatre-vingt neuf francs le gateau ? mais c’est hors de prix – oui mais c’est une bonne action, madame. cet argent sert à financer un centre d’acceuil, vous comprenez
dynamique
je dois être dynamique
sourire
bouger les mains
créer une énergie
non, merci
vous êtes sûre ?
oui, je suis sûre
bon, au revoir, alors
allez – au suivant
putain de merde il fait chaud j’en peux plus
j’arrive à la porte suivante
et pareil je me fais poliment jeter
à la porte suivante aussi
à celle d’après la meuf est dans soon jardin – elle m’a vu faire – je suis grillé d’avance
– non merci je n’ai besoin de rien
son sourire de connasse
salope
pute
je continue
au bout d’un quart d’heure je n’ai rien vendu
j’attends le camion
je suis en sueur
le camion passse me chercher – les autres son là
je grimpe à l’avant
j’annonce deux ventes
le chef me regarde
deux ventes ? c’est tout
bin oui
putain, tu dors ! djamilla en a fait six ! et thierry, un coup de huit ! tu fous quoi, bordel ?
bin, je sais pas
je suis hébété par la chaleur
je mens pour pas me faire jeter et je me fais quand même jeter
maintenant il va falloir faire gaffe à retomber sur mes pattes à la fin de la journée
au pire je rognerai sur mes bénefs – si j’en ai
pfff
et c’est reparti
il largue tout le monde
et moi en dernier
allez ! et t’en fais au moins cinq ! c’est facile, un coup de trois, un coup de deux, et hop c’est fait !
ouais
le camion repars
je suis collant de sueur et de poussière
c’est un quartier de centre ville avec des vieilles baraques – sûrement habitées par des vieilles pauvres ou radines – putain de merde – enfin y’en aura au moins une qui m’offrira un jus d’orange
putain je crève de soif
c’est parti
je sonne à la première maison
le soleil me cogne sur le crâne
c’est une vieille qui ouvre
– bonjour madame !
grand sourire
elle voit le carton
non merci
elle sourit pas
elle ferme direct – je retire ma main tendue
putain ça commence bien
vieille pute
connasse
dans la rue il y a deux jeunes sur un banc
ils me regardent faire
deuxième porte je sonne – ça répond pas – je toque – pfff merde
je pousse la poignée – ça s’ouvre – j’entre en disant « il y a quelqu’un ? » je referme
il y a quelqu’un ? bonjour ! j’ai sonné mais vous n’avez pas entendu !
il fait frais ça fait du bien
dans le salon il y a une vieille assise sur une chaise les bras ballants – les poignets et les mains et la jupe trempés de sang – une mare de sang sous la chaise
ho bordel de dieu
un cutter posé sur la table
je me sens faible
je pose le carton
je m’assieds dans un fauteuil
j’ai une bouffée de chaleur
putain de merde
je regarde la vieille
elle est assise bien droite
elle porte une robe à fleurs et un tablier bleu ciel
elle a des cheveux blancs
une permanente
il y a une croix sur le mur et une peinture du christ
il y a une photo du pape
la mare de sang s’étend sous la chaise
le sol est fait de tomettes rouges
je commence à retrouver mes esprits
je vais fermer la porte à clé
je ne veux pas être surpris ici
faudrait quand même pas que je traine trop
je cherche la cuisine
je bois un verre d’eau
quand je reviens je contemple encore pendant un bon moment la vieille
je vais ouvrir les tiroirs du buffets
je trouve le pognon rapidement
des billets rangés dans une enveloppe
et encore quelques billets dans son sac à main
plus de trois mille francs
je laisse un paquet de gateau et un paquet de nougat
j’annoncerai un coup de quatre et le compte sera bon avec les deux de tout à l’heure
le sang commence déjà à figer
je range les billets dans ma poche
sauf quatre cent balles que je mets dans la banane qui me sert de caisse
je regarde encore la vieille
elle est maquillée
elle sent l’eau de cologne et le fond de teint
elle a les yeux fermés
le sang est noir marron à ses poignets
elle a mis du rouge à lèvres
sur la table il y a un verre a moitié rempli d’eau
il y a la télécommande de la télévision
il y a télépoche ouvert à la page des programmes d’aujourd’hui
la vieille porte une alliance
je me demande si elle est veuve ou mariée ou séparée
il est temps d’y aller
je sors de la maison
dans la rue les jeunes ne sont plus là
je vais frapper à la porte suivante
quand le camion vient me récupérer il me manque deux maisons à faire
le chef d’équipe me dit de monter quand même
il me dit qu’on change de ville
j’annonce six ventes
les quatre de la vieille
plus un coup de deux que j’ai réalisé après
mon chef semble content
on sort de la ville
on roule en silence sur la départementale
Les voiles blanches se dressaient fièrement dans l’azur, tandis qu’Ulysse,
le torse gonflé d’air, se tenait immobile.
Elle lui lança à peine un regard fuyant, préférant longer le rivage des yeux.
Son navire quittait lentement l’ombre méprisante.
Le sel de ses larmes lui inspira soudain une rage terrible.
L’écume aux bord des lèvres, il lui cria : « J’aurai ta peau Calypso ! ».
Chopin est idéal pour contempler mes plantes carnivores

| Notre peuple est comparable à une île en plein milieu d’un grand lac d’hommes blancs. Nous devons unir nos forces, sinon nous serons tous anéantis un par un. Ces soldats ont ouvert le feu ; ils veulent la guerre. Alors comme un seul peuple nous leur ferons la guerre. Une voix m’a éte envoyée d’en haut me disant : je les remets à ta merci, parce qu’ils ne savent pas entendre.
Ubuntu est une distribution Linux qui réunit stabilité et convivialité. Elle s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels, débutants ou confirmés qui souhaitent disposer d’un système d’exploitation libre et sécurisé. Je voudrais savoir les raisons pour lesquelles vous circulez sur nos pistes. Vous effrayez les bisons et nous avons besoin de chasser dans ces endroits. Je désire que vous vous retiriez de ce pays. Si vous refusez, de nouveau je vous combattrai. Je veux que vous abandonniez le terrain avec toutes vos affaires et que vous retourniez en arrière. Je vous parle en ami le récitant : puisqu’on est dans les citations. « Ubuntu » est un ancien mot africain qui signifie « humanité aux autres ». Ubuntu signifie également « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». La distribution Ubuntu Linux apporte l’esprit Ubuntu au monde logiciel. Lorsque la dernière goutte d’eau sera polluée, le dernier animal chassé et le dernier arbre coupé, l’homme blanc comprendra que l’argent ne se mange pas. |
Mardi 11h30, enveloppe craft glissée sous la porte.
Par l’intermédiaire du wumuau le yetquot a. Fixe connexe, cours d’instruction si le besoin. Mon chargement auxiliaire, attendent svp l’emplacement. Édité par le quotie de P.M. voir le leur marais. Chaque, la tentative assurent le conseil précis, cause, mal cependant ! Offre qui donnent, l’expertise, font chaque tentative. Les conseils ou signalent maintenant des messages possèdent des liens, mises à jour ! Le téléchargement de problème de résolution de Xbased, installent, laquo d’updatequot. Droit sans pastebin de galerie, mailirc de chesslug. Les dispositifs ont tabulé la lecture rapide, droite de bouton de pages Web en dehors ! Situe des utilisateurs a eu, rapporté le nouveau filtre phishing. Ici aide libre de trouvaille de youll et. Fin d’automobile de volonté d’emplacement dans la bienvenue de secondes. Pourrait visiter des pièces rapportées sont. La page contente la révision de revue d’iegt ! Youre, employant que compatible, suggérer fortement le firefox pensent ? Navigateurs nouveaux de cette poussée sur quelques sites Web. Cela, amplifient nouveaux navigateurs sur certains. Posséder, groupe du DEC AM de profil de membre de vue de mises à jour de liens. Le paquet de service xbased le téléchargement de problème de résolution installent l’updatequot. Apprendre explorent nos panneaux de message ou signalent maintenant des messages. Lentement, évalue la page, contenu. Ouvert est des commentaires parler de nouvelles. Les options mon chargement auxiliaire attendent svp l’emplacement. Avait rapporté nouveau filtre phishing ralentissant des PCs. Updator de groupe du DEC AM de profil de membre de vue, poteaux. Options de cet onlymore de forum mon aide, chargeant svp ? Quotie voient leur multiframe de marais, indicateurs de fraude avec grand.
Loop 2

Gobackthere, gobackthere, gobacktheregobacktheregobacktheregobackthere
gobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobackthere
gobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobackthere
I wanna gobackthere gobackthere gobackthere gobackthere gobackthere
I wanna gobacktheregobacktheregobacktheregobacktheregobackthere..

Putain j’ai horreur des sites internet qui te tutoient, ça me fait penser aux radios libres et ça me donne des envies de mass murder.
le récitant : agony is good.
This is not a War, this is a Rescue Mission !

jack : mes couilles !
king : ça commence bien.
jerry : si catherine est là, je reste.
fanny : si on peut danser, je reste.
cathy : si jerry est là et qu’on peut danser…
boy : jack ?
jerry : danser le tango de l’entropie ?
fanny : je suis pas trop tango pour une brésilienne.
cathy : electro ce soir pour moi.
jack : la roupe surtout.
king : ouvrir les portes de la perception, ganesh, hermes.
fanny : la transe shamanique peut en effet… oui, de l’electro.
cathy : si personne ne meurt à la fin, ça serait mieux.
jack : on pourrait s’embrasser.
king : oui, on pourrait.
jerry : tu embrasses ma soeur je te tue, frosty.
fanny : du calme les machos, moi tout le monde peut m’embrasser.
cathy : laisse le tranquille jerry, on finira ensemble de toute façon.
boy : jack ?
jack : oui, boy. tu n’aimes pas trop danser.
king : has anyone actually done anything with CM and gotten results?
fanny : if CM means Ceremonial Magick, then yes,
i have gotten results. if CM means Chaos Magick,
i have gotten results… make them stop…
sweet mother of god make them stop.
cathy : alors la roupe et les baisers ?
jack : danser surtout.
king : la liberté aussi, ou la mort.
Salaud de voeux
Février 2007, pas de doutes, l’année qui commence est vraiment pourrie. Un land cruiser pour Noël, je leur avais dit c’était une mauvaise idée Babette, partons avec les enfants à Acapulco mais rien à faire, sur le parking, un dernier regard en arrière, rien à faire Babette, tu marches mais tu es déjà morte à l’intérieur. ![]() Fatal janvier, fatal Billy Jean, fatale surmultipliée, fatal Eyrand qui court toujours à 280 sur les départementales du Périgord, on peut voir ma jambe gauche en regardant à travers le trou dans ma tête. La pluie tousse, je vomis mes yeux, Babette passe la cinquième, tout est bien, sans doute. Tourguenistes, mangez du chevreuil… |
le bordel quotidien / poésie / 24ème livraison
(jean-marc renault – jmr02.blogspot.com)
***
vingt-quatrième livraison
***
à quick à midi à deux tables de nous
une très grosse femme d’environ quarante ans mange assise seule à une table pour deux
deux plateau occupent la table
ils sont remplis de bouffe
il y a deux boites en carton pour les hamburgers
un grand cornet à frite
un grand gobelet
une crème glacée et encore
un truc dans un sachet en papier
le regard de la femme ne quitte pas tellement la table
elle croise furtivement le mien mais c’est tout
elle mange proprement
tristement
lentement
***
on croise des trucs marrants sur l’autoroute
sur cinquante kilomètres j’ai vu
un pigeon marcher sur la bande d’arret d’urgence
tranquillement
pas du tout dérangé par les voitures
qui passent à toute blinde
sur la bande d’arret d’urgence j’ai vu aussi
une énorme merde de chien
et j’ai imaginé
un énorme chien marron venir déféquer là
qu’est-ce qui lui est passé par la tête à celui-là
et j’ai vu aussi un escalier
qui partait de la bande d’arret d’urgence
pour escalader le talus
vers où
et qui pouvait en descendre de cet escalier
et qui pouvait le monter
je me demande
***
– ai’e ‘ien ‘e ‘e’a’é ‘ai’e
– hein ?
– J’AIME BIEN TE REGARDER FAIRE
j’articule mieux à cause de la brosse à dents et du dentifrice
et je mets une main devant ma bouche
à cause des projections
ouais j’aime bien regarder vanessa
mettre du noir sur ses cils
et nettoyer l’excédent sur ses paupières
avec un coton-tige mouillé de sa salive
ça me fait penser à un numéro de cirque
en miniature

Mai 68 : dis-moi, p’tit gars, tu connais rien à l’histoire des idées et au passé politique de ton pays ou tu le fais exprès ?
Niqueulas : nan !!! c’est toi, tout est de ta faute, l’assistanat, l’antiracisme, la tolérance, les libertés, le relativisme culturel, c’est toi, tout est de ta faute !
Mai 68 : t’as bientôt fini avec ton terrorisme intellectuel et tes escroqueries sémantiques ?
Niqueulas : nan !!! les stock-options, l’immigration, la spéculation, l’effet de serre, la mondialisation, le laxisme, les banlieues, le fric-roi, tout ça c’est toi !!!
Mai 68 : …mais t’es un énorme menteur, au fond, tête d’ail…
Niqueulas : nan !!! tu vas voir, moi je suis décomplexé et efficace, et je vais en finir avec toi !
Mai 68 : bah, à moins que moi je revienne en finir avec toi, sous une forme nettement moins idéaliste mais nettement plus létale… fais gaffe quand même : entre ton déterminisme socio-génétique, tes réformes ultralib et ton blaze de dictateur, tu vas finir par récolter un méchant grain, tête d’ail…
Des millions de connectés érogènes
plus de quatre-vingt poèmes
et un concours menstruel gratuit
à Paris, Lille, Lyon, Marseille, Strasbourg, Rouen.
Association pour le ramassage et recyclage
des amoureux : Quelle est la principale raison qui nous pousse
à papillon dans le ventre ?
parce qu’il m’émeut Vente de vins de France au prix de la propriété (www.amourduvin.com).
Tout est possible sur Réseau Contact :
se réduire, dès le plus jeune âge, au positif, romantique et facile à comprendre (éducation sexuelle agréée par les pouvoirs publics) (en plus des œuvres des poètes reconnus) et devenir enfin UN AMOUR DE TAPIS.
Petite chatterie familiale d’élevage de l’amour courtois : tout sur la pêche à la carpe, recettes de bouillette, pas de discrimination ni d’interdit, jeux, bricolages, expériences, Aragon, Ronsard, ta menteuse école où j’ay perdu l’esprit (présentation de la chatterie, informations sur la race et son élevage, la génétique et la santé).
Et enfin : ESPRIT_AMOUR Dancing espace vituel (animé par Dj Yoyo) qui augmente l’espérance de vie, à 800 m de la plus belle plage d’Europe et à 1.2 km du centre ville.
Une lettre d’Amour pour vous, elle vient directement du cœur du Père.
Nul donc un-dispensable
le récitant : my love is a flower (just beginning to bloom).
la poste, la depression de fevrier, les accents, ce soir on va pendre le DJ, one more time, Je le regretterai sans doute, de cocktails subtils en filles dociles, le micro et sa mixette, panic, etc…
Happy B-Day Babylone Babies !
Fake symbolism is only manipulation
le bordel quotidien / poésie hebdomadaire / 21ème livraison
vingt-et-unième livraison
***
il est sept heures trente du matin
valentin me réveille il a faim et la je constate que vanessa
n’est pas rentrée
pas rentrée de la nuit
je m’inquiète plutôt et je fais son petit déj et ensuite je fouille
dans toute la baraque
pour trouver un peu de fric
pour recharger mon téléphone
je ne trouve rien mais un vieux papier
avec le numéro de cb
de vanessa et je recharge avec ça
je l’appelle ça ne répond pas
deux heures plus tard et après je sais pas combien d’essais
j’appelle les flics
et là j’apprends
qu’elle a un accident de la route
qu’elle est morte
je suis effondré
je ne sais pas quoi faire
je contiens les larmes qui me viennent aux yeux
par lacheté
valentin
je ne veux pas être celui qui va lui annoncer
je lui dis viens on va chez isa
on sonne chez elle
je la prends à part et je lui explique
je lui explique que la brigade des mineurs
va venir le chercher
pour le remettre à son père
moi je n’ai pas ses coordonnées
je le prends à part lui aussi
et là je lui dis
la vérité
trente minutes plus tard je suis à la maison
je remplis un sac de mes affaires
une heure et demi plus tard je suis dans le train
direction paris
quatre heures plus tard je suis chez ariane
et je pleure et je me laisse aller
mais non
mais non
en vérité il est vingt et une heures quarante neuf
j’écoute france inter
et je flippe
***
dans la maison il y a un godemichet
qu’on a baptisé norbert et marie-louise
norbert c’est la partie qui me rentre dans le cul
marie-louise c’est dans la chatte à vanessa
dans le frigo il y a un tube de crème chantilly
c’est pour mes couilles et pour ma petite quéquette et pour sa chatte et pour nos tétons
dans la table basse avec les magazines il y a un jeu porno
de ma fabrication
dans le cellier il y a toujours du whisky
la bouteille est souvent aux trois-quarts vide
et tout le reste on s’en sert pas souvent
***
encore des morts trente et un morts dans une fac en virginie
et valentin fait des poèmes encore plus cons et drôles que les miens
mais il ne sait pas
que c’est de la poésie
un tireur fou et valentin qui part en délire bête
maman pue des pieds
christophe pue des pieds
je pue des pieds
les fourmis puent des pieds
le chien pue des pieds
les pêcheurs puent des pieds
etc.
et le type qui en a descendu trente autres dans une fac en virginie est mort
tué tout seul ou par un autre
à france inter ils ne savent pas
pendant ce temps
valentin pionce tranquille dans son lit
il ne connaît ni la virginie
ni la poésie
Aube 2007
« L’aurore grelottante en robe rose et verte
S’avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux. »
Crépuscule du matin, Charles Baudelaire
Si t’as bu sur Tourgeuniev – 21
J’aime pas les gens qui se disent et qui font pas, qui disent ce qu’ils font en oubliant de faire ce qu’ils ont à faire j’aime pas les gens qui se racontent très fort pour sentir avec volupté le ton de leur crâne et les contractions de la mâchoire, j’aime pas les gens qui l’ouvrent j’aime surtout ceux qui la ferment tout en ouvrant leur cul ou peut-être leur sœur, j’en sais rien, une mélodie même si elle pue, j’aime pas les gens coincés, j’aime pas les gens qui étudient, qui curriculum vitae, qui ne tremblent pas, j’aime pas les gens qui pensent trop tellement qu’ils pensent à votre place, j’aime pas les gens qui baisent pas, qui mangent pas mais qui bizarrement trouvent le moyen de se pendre la bouche, comme si l’air et le vide vitalisaient et fortifiaient leur salive, j’aime pas les gens qui sont constamment à leur propre poursuite qui manquent d’eux-mêmes qui se manquent tellement qu’ils s’attachent à eux-mêmes pour ne pas se perdre, qui passent leur temps à se guetter entre leurs murailles, j’aime pas les vieux cons, pas parce qu’ils sont vieux, mais parce qu’ils étaient cons avant d’être vieux et qu’ils ont trouvé le moyen de pas changer et de rester cons jusqu’à l’infini de toute leur trouille, j’aime pas les jeunes cons, c’est rébarbatif et inquiétant, si jeunes et déjà embouteillés, la cervelle périphérique, j’aime pas les gens qui vomissent des conseils à n’en plus finir, qui vous retournent les entrailles de leur presse féminine, j’aime pas les gens qui se conseillent pas eux-mêmes, j’aime pas le public des salles de fête ça fourmille de sociopathes en série, j’aime pas les petits villages ce que les gens s’ennuient ce qu’ils haïssent la capitale en lui enviant la vie qu’ils soupçonnent de ne pas vivre, j’aime pas la capitale elle est morte et ennuyeuse elle tourne en rond, j’aime pas ton frère ni ta sœur ni tes ennuis je veux dire tes amis, je veux dire arrête de me prendre à parti et de me faire garder les bêtes qu’il y a dans ton cœur, j’aime pas les gens qui parlent de shampooing de tubes de talons de voitures de gamecube, j’aime pas les jeux de mots pitié avec tes jeux de mots, on dirait des ruby-cube décomposés dans un frigo détraqué, t’arrives tellement pas à parler simplement aux gens comme à ta mère le dimanche t’arrives tellement pas à être limpide et nu qu’t’as besoin d’en faire trop même avec les mots, histoire de pas te frotter avec tes profondeurs, j’aime pas les gens qui se pointent dans les salles d’expo en espérant coincer l’artiste, pour lui faire mal désespérés de n’avoir rien fait de leur doigts si rassurés d’avoir quand même, ingurgité des tonnes de bouquins en études d’histoire de l’art à l’école du Louvre, histoire de mater les artistes de références, de pouvoir repeindre la toile exposée de leurs analyses claudiquantes toutes suintantes de leur masturbation glaireuse, histoire d’avoir l’impression de peindre eux-aussi, j’aime pas trop les gens en vrai on avouera qu’il y a deux choix : les cons, les intelligents, les muets, les vociférants, les plaies les piliers, non il n’y a pas deux choix il y en a des milliers et c’est bien ce qui me gangrène on ne peut pas les emmagasiner quoiqu’on puisse les résumer en deux pôles : les faibles muets, les forts vociférants, et ce qui commence à me péter les couilles plus je vieillis c’est qu’il faut surtout pas être doux histoire d’avoir la paix avec les vociférants, tu peux même pas rester un con muet en paix, j’aime pas ta mère tu sais non je l’aime pas elle t’a fait à son image et toi tu l’as dégueulée, ce qui se conçoit certes, certes mais regarde ta gueule dans la glace maintenant, t’as vieilli de dix ans et t’es devenu sacrément agaçant avec ton orgueil quand même vaguement dérisoire faut l’avouer, j’aime pas les gens qui parlent beaucoup et qui n’ont que cette pauvre vérité, la leur, pleine de spaghettis à six et de cinémas à trois, vérité glanée, l’art de la parole, l’art de la génuflexion, vraiment c’est nauséeux, j’aime pas les gens qui se contractent en costumes, rappeurs, gothiques, mal rasés, grunge, pour ne pas disparaître dans la masse, j’aime pas les gens faiblards qu’ont trouvé comme seul moyen que de se bâtir une autre identité afin de crier qu’ils n’en ont pas. C’est pénible et pas citoyen ça encombre les rues, vraiment j’ai envie d’hurler de rire en les pointant, vraiment ces pouilleux, me fais pas croire que tu veux disparaître, non vraiment j’aime pas les gens qui se regardent dans les miroirs, j’aime pas les gens qui se mentent à eux-mêmes avec leurs plaintes et leurs costumes coordonnés à leurs plaintes alors que ces connards ils transpirent la rage d’exister, vraiment ça me fout la gerbe l’inutilité de toutes ces heures devant les glaces à se confectionner des costumes destinés à prouver aux gens qu’on-se-regarde-pas-dans-la-glace vraiment c’est vrai avec l’âge je deviens nazi et vraiment je m’aime pas trop pour ça, vraiment j’aime pas cette sensation d’une solitude qui perfore son carrelage en continu vl’à t’y pas que j’ai creusé un puits dans ma cuisine vraiment c’est dérangeant cette sensation de m’être coupé du reste du monde depuis trois ans que ça dure, vraiment j’aime pas cette sensation d’aimer ça, vraiment j’aime pas ne pas aimer, vraiment j’aime pas inspirer, j’aime pas avoir de références, j’aime pas les biographies des gens qui sont encore en vie, j’aime pas les creux scolaires qui veulent plaire, j’aime pas les gens qu’aiment pas parce que ça fait chouette d’avoir l’air implacable et de pas aimer, ceux-là j’me les ferais bien avec cet air de pas comprendre qu’ils sont laids, ce qu’ils sont assoiffés les gens, ils savent plus quoi faire, j’aime pas l’épicier quand il me dit repassez samedi y’en a plus, mais j’ai passé une commande ça arrivera samedi le Cahors, j’aime vraiment pas cette sensation d’avoir transformé mon épicier sympa en dealer notoire de l’avoir vu festoyer en patins à roulettes dans la rue avec ma cousine et Colin-Maillard quand j’avais huit ans, j’aime pas Monoprix, cette sensation détestable qu’ils changent tous les rayons de place, je comprends bien que c’est pour perdre le client dans des rayons qu’il avait pas l’habitude, je suis tellement handicapé que j’arpente le supermarché trois heures des instants éreintants flippants angoissants j’aime pas cette sensation de toujours retrouver mon chemin malgré tout vers le rayon alcoolisé c’est fou quand même ce que j’ai le nez en forme de poire, j’aime pas cette sensation de tout dire, que plus la vie va, et plus j’en ai rien à foutre de vous plaire, j’aime pas cette sensation de me faire arnaquer le regard, mais que c’est pourtant la seule solution, j’aime pas cette idée que c’est la seule solution mais que c’est pourtant bien la seule solution, que d’être transparent et de parler comme si je venais de naître, c’est bien le seul postillon que je brigue, si jamais y’avait un truc à revendiquer ce serait ce postillon-là même si j’aime pas les revendications, non j’aime pas les revendications putain faut les voir encore s’essouffler ceux-là qui se sentent encore et toujours pas exister assez fort – putain ce que c’est déprimant ces humains assez couillons pour adhérer à des partis couillons, soit des opinions, soit des congrégations et des gays-pride, des réunions et des entreprises et des comités et des cercles, dont ils se foutent éperdument mais ils se sentent tellement tout seuls, et faut voir leur petit cerveau prompt au conditionnement rien que pour l’amour de cette multitude, ce parti qui les accueille, qui les aime enfin, putain c’est pas vrai non mais c’est le pompon, j’aime pas moi, j’aime pas me sentir me sentir exister, j’y pense pas je veux dire, je me dis pas que c’est bien, ou pas assez, j’aime pas y penser, quand je commence à y penser, j’me dis que c’est mal barré que je vais devenir couillon forcément, commencer à palabrer et me décerveler comme tous ces gens qui baisent pas, qui baisent pas du cerveau je veux dire, j’aime pas non j’aime pas, j’aime pas cette sensation que j’ai de mentir depuis trois pages à vociférer que j’aime pas, j’aime pas manipuler, j’aime pas mentir, j’aime même pas tout ça, l’écrire, avoir eu suffisamment de prétention pour l’écrire et le déclamer à voix haute alors que putain toute ma vie j’l’ai passée à aimer, c’est facile d’enfler son gros bras putain personne n’aime personne, et personne n’aime pas, et on est vachement personne faut le dire à tous grouiller en masse et se colporter comme des sauterelles dans les cerveaux des autres, putain quel manque d’originalité que ce texte, j’aime pas les gens qu’ont la trouille et je m’efforcerai toute ma vie de leur faire du mal, j’aime pas cette sensation qu’ils ont de toujours devoir s’écraser quitte à faire tuer les autres, voilà, c’est un peu pour ça, que j’ai été tout ça.
Moderar comentarios : pastillas…
lundi, bcn, jour 5, le baron et moi sommes un peu fatigues, mais nous gardons confiance l’un dans l’autre. nous progressons vers le nord, bon rythme. les epreuves sont de plus en plus erudites. mes pieds ne sont que plaies purulentes, on a trouve de la betadine. ole !
madone du vice —
A la mollesse
De tes lèvres
Avec lenteur
Je m’adonne
A la douceur
De ta langue
Avec délice
Je m’abandonne
Moderar comentarios : pastillas… le retour
avec igor nous avons alterné le rôle de premier de cordée, sommet atteint sans trop de problème malgré le manque d’oxygène. boum boum boum. igor a gagné deux doigts de pied supplémentaire dans la première épreuve, moi une toulousaine dans la seconde. nous avons avancé sûrement mais fermement malgré l’abandon de nos sherpas à mi-sommet. c’est comment qu’on freine. La neige tombe à flot et la nuit nous manque. les sommets sont vertigineux. Appréhension pour la descente. nous pleurons à tour de rôle sur l’avenir d’une chaussette trouée. olé.
#8486 : comme sur un vrai blog
deretouràparis. je lis la geôle pastroptôt je suppose. il fait un drôle de temps. le monde est finalement vasteetêtrangeetouvert si bien sûr on est né au bon endroitmoment. commesurunvraiblog je, igortourgueniev, raconte les choses simples et détachées de sa vie sans motif, oupas. igortourgueniev toujours nouveau boudha en 2007ajc, des nouvelles donc je donne. le corps semble fonctionner, point d’electrochocs destructeurs à signaler, vie de couple normaleagitéesimplecomplexe aveclafemmequej’aimequim’aime ou pas. igortourgueniev est il en russiesibérie à casser des caillou avec ses deux frères bossus et rêve t’il sa vie parisienne. le papillon qui rêve qu’il est igortourgueniev marié trois enfants et le petit raoulsidifférent qui joue dans la cuisine avec les couteaux pointus. non point de crises, de chimiques explosions electriques. pourquoi se rêver épileptique. pourquoi ne pas sinon. dans le ciel, les zeppelins symbolisent l’utopie, l’uchronie et rappellent que l’empire n’a jamais pris fin. de longs tubes de métals prompts à la destruction. de longs putainsdevibrosvolants pour les femmesgéantesde50pieds qui nous enjambent, géantes chinoises aux petits pieds d’argile, triades lesbfem victorieuses, enfin et à jamais. i shot andy warhol. en bref une belle journée pour avoir 34 ans, s’en foutre un peu de tout ça et raconter avec simplicité sa vie sur un blog. je cause aussi un peu avec mycroft. il prendra de la valeur quand l’oeil humain pourra voir 128 images seconde. qui sait, dans pas si longtemps sans doute. de retour à paris donc, je m’étire, ramasse un marteau, ouvre la porte et sors dans la rue en souriant, no future.
idiosyncrasie – scarification – régression
mais quand vous marchez dans la rue vous regardez les gens ?
je veux dire dans les yeux, ceux que vous croisez vous les voyez ? cherchez-vous leur regard ?
quand j’avance certains jours
– surtout si j’ai rêvé de toi, si tu m’as ignoré, si j’ai eu mal aux tripes d’être anéanti –
j’ai peur de voir dans leur yeux la difformité
mon âme
je crains que mes jambes ne s’emmêlent, j’ai le vertige
je ne croise que leurs yeux
aimantés
globuleux
curieux
ça me porte au cœur, j’ai un peu peur
vous voyez mon cœur, n’est-ce pas ? oui c’est ce qui déforme ma poitrine, je ne sais pas comment ça se fait
non ils ne me voient pas, chacun est son propre centre du monde
et je ne sens que ton absence et ton indifférence et rien n’importe plus que ma belle douleur
je la chéris comme une trace de toi, je veux des cicatrices
parfois j’ai mal à la tête
très mal
à ramper sur le carrelage pour chercher la faîcheur
à frapper le sol de mon cerveau nu,
avez-vous remarqué comme ma boîte cranienne a rétréci ? ça ne peut-être que cela
ces maux de tête
non ?
parle-moi
je veux encore sentir ta peau
je veux encore sentir ta peux
je veux encore sentir ta peau
ça sent le sapin
Nicolaï : mais tu pourras jouer le soir
Igor : je jouerai peut etre à autre chose qu’a croque monster
Nicolaï : dans la solitude de la pénombre familière
Igor : je doute que le soir j’ai du temps
Nicolaï : mais si voyons, courage, la misapopo dans la karubandille n’a pas d’ourtange
Igor : ah, tu crois ?
Nicolaï : ah ça, j’en suis sûr
Igor : les cécélibélulle son sisaucisson de soucis que si ça va pas la nuitographie se figuraligera. et plus d’une fois
Nicolaï : oui, c’est vrai mais si tu misantoulourtes les purnillabulles, tu ne pourras jamais artrabiquer plusieurs froutes le même jour et tu sais ce que ça veut dire… tu vas forcément finir par grebandiquer dans ton wurt, et ça…
Igor : froutes le même jour non… c’est d’accord. Mais pas froutes… Qui peut savarin aux poires sisaucisson les gerbilles seront bilaires bilaires en cas de prototype.
Nicolaï : trois fois… forcément, Atahoulapa protège ta miséraccordiance
Igor : un lundi sur Dieu, bouddha bouddha peste.
Nicolaï : Rimini n’aurait pas groulte
Igor : p’tain, rimini…
Nicolaï : je relis les invisibles, en ce moment
Igor : ça te plait ?
Nicolaï : poil au dents, non j’déteste
Igor : cool, porte un badge blanc
Nicolaï : badge une porte blanche, page une change blorte, chorte pajune jamble
Igor : oué… je me disais aussi, c’est ton coté tranche de cake
Nicolaï : kanshe deux traites
Segmentation sociale et contrôle bionumérique : la Tectonique s’agrège
« Avant de s‘illustrer récemment dans la rubrique « eugénisme » en affirmant le caractère inné de certains troubles de conduite, Niqueulas S. affichait son ostracisme à l’égard des immigrés. Pourtant, ce serait une erreur de croire que Niqueulas est d’abord raciste, il est viscéralement ultra-libéral. Là où les attardés de la France profonde s’entêtent à séparer le bon sang du sang étranger, Sarkozy, porte-parole de la « droite décomplexée », ne juge les hommes que par leur utilité. Sa loi relative à l’immigration et à l’intégration promulgue l’étiquetage de produits humains venus d’ailleurs, parce qu’il est de bonne pratique économique de qualifier les ingrédients de la machine à produire, afin de valider la planification pour obtenir la compétitivité.
De même, l’égalité des chances et la discrimination positive induiront davantage de concurrence entre de nombreux postulants à l’exploitation, et la carte de séjour temporaire indiquant la raison retenue pour importer chaque étranger est une façon enfin sérieuse de gérer le capital humain : les scientifiques ou footballeurs acceptés à l’import dans la case « compétences et talents » mériteront bien une carte de trois ans renouvelable « pour le développement et le rayonnement de la France ».
Bien sûr, la stratégie de prise du pouvoir peut aussi amener à faire plaisir aux électeurs sensibles à la démagogie anti-immigrés. Mais ces concessions tactiques cachent la philosophie de libre concurrence qui fonde le projet de société de Niqueulas. Car, au-delà des niaiseries racistes, les carences innées ou acquises sont à risque économique si elles créent des handicaps ou des dysfonctionnements qui entravent la compétitivité.
Finies les sottises criminelles en vogue au siècle dernier sous le nom d’eugénisme. Les tolérances de Niqueulas pour les communautarismes religieux montrent qu’il ne hiérarchise pas les héritages culturels. Et si les femmes sont encore moins bien rétribuées que les hommes, c’est la rançon de pesanteurs historiques aujourd’hui indéfendables.
Ainsi l’ultralibéral accepte l’égalité biologique entre catégories humaines, mais parce qu’elle multiplie les occasions compétitives en jetant dans le même sac (le même marché) tous les sexes, races, origines. En revanche, la proclamation d’inégalités innées entre individus d’une même catégorie permet de justifier les échecs, malgré tous les efforts d’un pouvoir bienveillant et démocratique…
C’est une des pesanteurs de la social-démocratie que de fonctionner avec le même moteur libéral et le même carburant scientiste que le capitalisme, mais sans avoir ni le goût ni l’audace d’assumer les exclusions…
Par là s’explique peut-être la relative passivité qui a accueilli les propos récents de Niqueulas sur le caractère inné de certains comportements. Des responsables politiques de gauche se sont débarrassés du vilain bébé eugénique en le remettant aux scientifiques. Comme si l’enjeu était de démontrer une vérité définitive plutôt qu’affirmer des convictions pour une société capable de gérer humainement les différences.
Grâce à la science on pourra faire mieux dans l’identification et la sélection. Selon le souhait du gouvernement où siégeait Niqueulas on pourrait connecter ensemble tous les fichiers informatisés pour accéder à des éléments de la vie privée que le travailleur ou le chômeur auraient préféré dissimuler. Mais voilà que l’informatique se marie avec la génétique : Google veut créer une base de données qui mettrait en ligne toute l’information disponible sur les génomes pour l’avènement de « la médecine personnalisée », laquelle permettrait à chacun de gérer son existence en fonction de son capital génétique… et aussi à chaque employeur d’évaluer « scientifiquement » son personnel.
Nous n’en sommes qu’à l' »immigration choisie » mais, comme prévu il y a un demi-siècle par le généticien progressiste Hermann Muller (Prix Nobel en 1946), « l’eugénisme de la société future, libéré des traditions de caste, d’esclavage, de colonisation, pourra être une eugénique véritable et radicale ». Comme à Singapour où on récompense le mariage entre diplômés aussi bien que la stérilité des couples sans diplômes. Comme en Europe où, encore récemment, la stérilisation forcée ne visait pas tant la dissémination d’une « tare génétique » que l’incapacité du porteur à « assurer la subsistance de ceux qu’il pourrait engendrer ».
Le philosophe américain Peter Singer a tiré profit des récentes connaissances génétiques : puisqu’il y aurait davantage de différences entre le génome d’un trisomique et celui d’un homme « normal » qu’entre le génome du même homme et celui d’un chimpanzé, il faudrait utiliser des « mongoliens » plutôt que des singes dans l’expérimentation… Le futur des hommes sans qualités s’illumine avec les propositions des « transhumanistes » pour enrichir le corps humain en nanoprocesseurs afin d' »optimiser » les performances du muscle ou du cerveau.
Le message d’Hermann Muller est en bonne voie pourvu qu’on ne perçoive pas l’eugénisme par la lunette étroite du racisme ou de l’antisémitisme : dès qu’on saura produire les oeufs humains en abondance et sans instrumentaliser les femmes, le tri des pontes au laboratoire sera intensifié pour la sélection du meilleur bébé possible. Cette mise en compétition de leurs embryons permettra à chaque couple, et hors de toute suspicion de racisme, de remplir efficacement la case sarkozienne « compétences et talents« … avec confirmation grâce à des tests pratiqués dès l’âge de 3 ans.
La « cérémonie d’accueil dans la citoyenneté », baptême tardif aujourd’hui exigé pour les immigrés élus, fera alors place au combien plus précoce et scientifique Diagnostic génétique préimplantatoire (DPI), concours médical d’entrée dans la jungle compétitive. Et ce tri biologique promettra encore l’égalité des chances pour tous les géniteurs, quelle que soit leur origine.
Décidément, le libéralisme économique est bien l’ennemi de l’humanisme, et le scientisme est toujours son allié. »

Définition des profils biologiques et moraux, surveillance numérique, et couvercle biopolitique… A la philosophie d’Optimisation Généralisée des Ressources promue en douce par le plus démagogue des tribuns en lice sous couvert de volontarisme économique et de « sécuritarisme » communautaire, correspond une Cartographie Permanente des Comportements en cours d’élaboration, et ses illustrations technologiques saisissantes. L’histoire n’avait pas prédit que le plus perfectionné des zélateurs de la Machine Tectonique en cours de synthèse allait revêtir les atours d’un franc-tireur qui dit vouloir « rompre avec le système ». Reste qu’il y a contradiction dans les termes : c’est bien joli de placarder sa tronche partout en martelant qu' »ensemble, tout est possible« , quand l’essentiel de son action passée, de son discours actuel et son programme futur ont pour effet, sinon pour objet, de jeter les individus et les groupes sociaux les uns contre les autres.
Demain commence le règne des « Troisièmes Couteaux ». (Huxley avait imaginé la devise « Communauté, Identité, Stabilité ». Etonnant qu’on hésite encore à la reprendre rue d’Enghien.)
le bordel quotidien / poésie hebdomadaire / 19ème livraison
et je suis allongé sur le dos
il est six heures douze
et vanessa est allongée sur ma poitrine
entre mes bras
je ne dors pas
elle ne dort pas non plus
je ne pense pas à grand-chose
et j’ignore à quoi elle pense
elle est triste je crois
je ne suis pas assez réveillé pour lui remonter le moral
je sens battre ses cils contre ma clavicule
limitée d’un côté par les hlm
et de l’autre par une petite ruine et puis plus loin la route
valentin a trouvé un rat mort
il le trimballe embroché au bout d’un bâton
pour pas se saloper les mains
il le montre à ses copines
il essaie de le réanimer
je regarde tout ça depuis la fenêtre
il cherche un endroit où le poser
il ne trouve pas trop
des passants le voient avec son rat crevé au bout d’un bâton
ils sont horrifiés
je me marre depuis la fenêtre
valentin est près du tobbogan
valentin fait du toboggan avec le rat crevé
il est bientôt l’heure de manger
ou les couvertures de magazines
ou les couvertures de bouquins
etc.
qui montraient soit une illustration
soit la gueule de l’auteur
et j’établissais mes goûts en fonction de ça
et aussi je jugeais une carrière
en fonction de ce que le mec
passait de l’une à l’autre
de ces philosohies
j’avais raison je crois
mais aucune copine
avec qui partager
mes théories à la con
Sometimes I feel so happy
Sometimes i want to be

et ainsi de suite
serge, ce héros —
« Pour éteindre le feu au cul de Marilou
Un soir n’en pouvant plus de jalousie
J’ai couru au couloir de l’hôtel décrocher de son clou
L’extincteur d’incendie »
Imagine all the people…

(monomanie tourgueno-déserté – tout fout l’camp ma bonne dame !)
do e mo la ma n
i y a b e c s éc il e t q i m p us e un p u p r out – le m ins di c ète t me dé or s par ois la m itié du vi age – m is j squ’ ci ce n’est pas i dol re à arr cher.
C’est tou ours des qu stions et je s is là je ne uis pa fâché, non, non pas la tête, je ne suis pas malh ur ux, je s is bien qu’on me rt partout, très viola ment, et la misère aussi, je sais tout cela, mais quoi ?
to t va bi n, je suis t ujo rs moi-même, non ?
j’ai un p u moins de cheveux po r te plaire, je l’a mets, et ce ve tre : il y a ce creux, là, dessous les côtes, cette dép ession surp enante, ma s il suffit d’un peu d’ex rcice et c’est comme une lig e qu’on veux garder
aha … cette obsee sion
mais n n! c’est ta faço de me reg rder ta façon d ne plus me voir, co me si on ne s’étai jamais con us alors que pré isé nt nous ne no s sommes jam is connus, alors po rqu i pe ses-tu le contra re ? tu s is je n’ai pas envie d’e trer dans ton lab rinthe
mais … il n’y a pas de lab rinthe, seulement toi,
parfois j’ai du mal
c’est bi n ce q e tu veux ? ce que tu ve x ? c’est bien ce q e tu ve x ?
A goal
« First, they meet. Then, they fight. And at the end, they fuck »
Déréliction totale, la diode pulse comme un stroboscope, lancée à plusieurs centaines de km/h sur le RDO,
les synapses en ébullition, loin de tout, loin de vous, un ailleurs où les fonctions vitales sont réactivées un
ailleurs où les possibles sont réenchantés, une condamnation sans appel du hic et nunc, une perspective
monumentalement égoïste, une spirale égotiste, une nouvelle explosion qui transforme un cours d’eau trop
calme en torrent turbulent, qui s’écrase de rocher en rocher, se vautre sur le trottoir et éclabousse tout le
monde alentour, une (des) résolution(s) écrasantes et des étoiles, putain des étoiles partout, des étoiles et
des constellations entières que vous ne verrez probablement jamais, la galaxie en coupe, là-haut là-bas,
devant et derrière, une extase insulaire débarrassée des pesanteurs urbaines, des coercitions opérationnelles,
des contingences matérielles, une noix de coco brisée en deux et ma machette fichée dans ton crâne, un monde,
bref, tout un monde, un monde définitivement interdit aux teckels.
Le matin c’est ça. Tu as trés mal mais tu te dis que c’est pour la bonne cause. Ou t’essaies de pas penser.

Le midi c’est ça, pour peu que tu aies le temps d’aller acheter un sandwich avant que les cols blancs du quartiers
n’aient dévalisés la boulangerie. Si tu as jeté un oeil sur les infos, tu es traversé par des pulsions homicides de
basse intensité, au mieux. Au pire tu ressens la dépression comme un tsunami ralenti, un truc proche du
mouvement perpétuel, et la jolie serveuse n’y peut strictement rien, parce qu’elle peut être aussi jolie qu’elle veut,
elle n’est pas celle qui, et en plus elle te colle une addition aussi salée que cette merde de confit de canard qu’elle
a osé te servir.

Café, clope(s), gnn. Les préfectures explosent, le centre du trésor public ressemble à une boule de feu, les métros
déraillent et tailladent les corps hostiles en fines lamelles sanguinolentes, mais c’est encore dans ta tête. Celle
qui fonctionne à 10 % et donne de plus en plus de signes de fatigue. Celle qui grince la nuit et collectionne les
bugs le jour.
Le soir c’est ça.

Trop de monde dans la rue, trop peu de luminosité par rapport aux taux de photons que ta peau exige par jour,
si tant est que tu l’écoutes dix minutes. Mais soit, c’est encore et toujours pour cette foutue bonne cause.
Sauf qu’un jour, tous les jours, ça sera ça. Et que de là-bas seront encore envoyées des salves psychostiles qui
feront passer les 18 janvier 2008 pour des séries B mal branlées. Plus belle la vie ? Mais t’as pas idée.
Non seulemement ta peau sera gorgée de soleil, mais tu dessineras des arabesques dessus jusqu’à ressembler
à un putain de yakuza.

Precious and fragile things
Need special handling
My God what have we done to You?
We always try to share
The tenderest of care
Now look what we have put You through…
Things get damaged
Things get broken
I thought we’d manage
But words left unspoken
Left us so brittle
There was so little left to give
Angels with silver wings
Shouldn’t know suffering
I wish I could take the pain for You
If God has a master plan
That only He understands
I hope it’s Your eyes He’s seeing through
Je ne vois franchement pas pourquoi l’affirmation de soi devrait passer par la destruction des autres.
Sartre peut écrire tout ce qu’il veut, après tout l’exploit réside peut-être plutôt dans l’explosion sans
dommages collatéraux. J’aimerais bien essayer, mais à tout hasard, je conseille à l’aimable assistance
de s’écarter un peu. Des fois que.
konsstrukt 29
jean-marc renault – www.jmr02.blogspot.com)
***
le bordel quotidien
***
(un vieux texte presque inédit)
il paraît que je suis libre
que je suis plus libre que
disons
une mère célibataire qui vit avec son enfant
qui a des tas d’ennuis liés à sa famille pourrie
liés à son passé judiciaire
liés à son passé psychiatrique
liés à son quotidien de tox et d’alcoolique
mon cul
conneries
quoi
elle
elle ne peut pas abandonner son gosse pour partir en vacances
c’est vrai
c’est vrai
et moi
ET MOI BORDEL
tu crois que je peux faire machine arrière
tu crois que je peux dire :
AH NON FINALEMENT JE NE VEUX PAS ETRE RMISTE SANS AVENIR ET SANS AUCUNE POSSIBILITE D’AVOIR MON PROPRE APPARTEMENT
maintenant
je veux être prof de lettre
je veux avoir fait des études
tu crois que je suis libre moi
MERDE
on a vingt ans
on fait des choix
on renonce au fric et aux resposabilités et au confort
on renonce à des trucs et on en chope d’autres
on fait des choix à vingt ans
un peu avant
un peu après
***
le retour du fanzine :
abattoir numéro 1 sort jeudi ou vendredi. ça consiste en une bête feuille A4 photocopiée recto/verso, pliée, et distribuée à l’arrache. si vous voulez en recevoir une dizaine pour faire profiter vos copains ou votre belle-mère ou vos chiottes, faites-le moi savoir. il vous suffit de m’énvoyer un mail avec votre adresse postale et vous constaterez très rapidement qu’il vous manque votre écran plasma et votre ps3, euh, non, c’est pas ça, et vous recevrez très vite une dizaine d’exemplaires d’abattoir.
normalement, la périodicité du machin est mensuelle, mais qui peut prévoir ?
42% d’indécis bien décidés
« Nous nous déclarons ennemis de tout pouvoir d’Etat, de tout gouvernement, ennemis du système étatique en général ; et nous pensons que le peuple ne pourra être heureux et libre que lorsque, s’organisant de bas en haut, au moyen d’associations autonomes et entièrement libres (…), il créera lui-même sa vie. »
Carte de voeux
Mars 2007, pas de moutons oranges, mais sans doute pas non plus de mois pluvieux pires que ce mois passé. On range les bottes en plastoc en reniflant tout ce qu’on a. Cécile n’est toujours pas de sortie. On pousse les meubles contre les baies vitrées. Dehors les enfants chantent la bonne nouvelle. 3 mois déjà depuis ce mois de janvier fatal. ![]() Fatal janvier, fatal major, fatal mambo, fatale pluie acide qui ronge nos bugatti trouées. Oneko pèse 6 kilos, temesta devient idéale, on peut voir le dos de ma main en regardant ma jambe gauche. Le chef est dans la cuisine presque tout les jours, Clothilde bosse, tout est bien, sans doute. Tourgueniste, encore un effort… |
Prolégomènes

« Rien ne manque au triomphe de la civilisation. Ni la terreur politique ni la misère affective. Ni la stérilité universelle. Le désert ne peut plus croître : il est partout. Mais il peut encore s’approfondir. »
« INTENSIFIER CE QUI N’EST PAS CALCULABLE »
– cut –
mystique-moi —
complique-moi l’amour mon dieu my god alambique -moi fais-moi vapeur mon dieu my god n’ai pas peur distille-moi du liquide au gazeux envoie-moi plus loin très haut dans les cieux alchimiste de mon désir mon dieu my god l’amour complexe c’est la formule qui me rend belle mon dieu my god plus tu m’enchevêtres plus je me substance essentielle
le bordel quotidien / poésie hebdomadaire / 17ème livraison
je vois la tour siemens dressée dans le ciel gris
au moins quarante étages et une enseigne en béton au sommet
d’au moins quinze mètres de long et qui tourne lentement
et chaque fois je me demande
à quoi peut bien servir
un immeuble aussi grand
à quoi ça peut bien servir
tout ça
quelle activité nécessite
quarante étages de gens
quelle activité nécessite
autant de gens que ça
et je ne comprends pas
des arabes en jogging qui crient
un curé en soutane qui se tait
une copine à moi qui rigole et moi
qui raconte des conneries
un type qui écoute et ne rit pas du tout
un indien et un type
qui apprécie enki bilal
des gens
des gens
des gens
avec un chapeau noir et un habit noir
et une barbe blanche et un grand sac ed
blanc et vert et rouge
hors du train un type fait son jogging sur une chemin de campagne éloigné de tout
je le regarde courir et ne vois ni maison
ni voiture
ni rien
des fois il pleut
des fois il ne pleut pas
ça dépend des kilomètres
à une gare déserte
le rabbin descend
je reste seul dans le wagon
et je remarque
sur le dossier du siège qu’il occupait avant
un vieux smiley
dessiné au marqueur
à la couleur passée
le bordel quotidien / poésie hebdomadaire / dix-huitième livraison
le passage
à l’heure d’été
et comme chaque fois je me demande
ce qui se passe pour les trains
qui circulent
à ce moment-là
à ce moment-là
à deux heures du matin
il sera trois heures du matin
et pourtant cette nuit-là
les trains partiront à la même heure
arriveront à la même heure
alors que se passe-t-il dans les trains
cette nuit-là
***
et on prend le soleil
le cul posé contre un muret
parce que le banc qu’on voulait
est squatté par cinq lycéennes
juste à nos pieds y’a une abeille
ou une guèpe ou un truc
qui ne vole plus qui agite juste les ailes
et l’abdomen en faisant du surplace
en se dandinant
un peu
pendant que je touche le genou de vanessa
l’abeille ou la guèpe ou le truc
échappe à la mort quand un skateur la frole
et une deuxième fois
quand quatre meufs avec leurs huit pieds
manquent de peu de l’écraser
plus tard quand je repasse par cette rue
l’abeille ou la guèpe ou le truc
n’est plus là
***
je me souviendrai toute ma vie
du jour où une fille m’a embrassé sur les joues
pour la première fois
c’était à l’époque où je me branlais tous les soirs en lisant des bouquins de la collection média 1000
les confessions érotiques
ces bouquins je les piquais chez le marchand
j’osais pas les acheter
c’était l’époque où j’allais au collège et je parlais
à personne
Do arthromorphs dream of electric feelings ?
« Un rêve, comment j’ai pu peu à peu l’oublier Ce que c’était. Je, Cette explosion, cette ankylose excitation, cette, cette plénitude. Ces promesses sauf futur. Je comprends Maudite m’aurait sauvé mon, même pas.. mais qui au réveil décille désespérée. ça faisait longtemps de larmes que je n’avais plus perdu contrôle et ça faisait longtemps que je n’avais pas réalisé joie sauvage. Mais je, je mesure à quel point, et de moins en moins. encore. Et ça n’est plus rêvé maintenant.
J’aurai finalement l’inverse, rien qu’un rêve, pour le tout mouillés,. Et c’est précisément ce qui de loin en loin me rappelle que c’était des yeux. ne me rappelle, maintenant. »
Pool.
le récitant : je ne sais pas vraiment ce que je voulais dire et même si ça n’était pas bien clair, merci à tous, ami(e)s, cette année sera brillante ou ne sera pas. sortez de vos conapts, accrochez la photo du gourou barbu sur le mur du dojo et commencez-continuez à pratiquer la self defense intellectuelle (geste de la main aux Triplettes de Nouville). tourguenistes de tous pays, unissez-vous et frappez fort !



































