Le langage du héros vaste problème. Comment puis-je en meme temps exprimer une émotion, communiquer une pensée ; qu’on me reconnaisse sans me caricaturer, parler d’autre chose que de ce que je suis en train de dire, laisser le sens plurivalent mais précis quand meme ; moins allusif que Mozart, aussi pointu que Webern, drole, sincère, grave, catastrophique, touchant, aimable ? Tout à la fois ? Plutot se perdre. Le héros fonctionnera pas à pas. « Quelle immensité et quelle misère dans le langage ! » Le héros ne devra pas comparer le langage à un monde car il n’est pas poète. Il bravera les tentations lyriques, et revera comme il se doit, à de grands récits.
Je pense entretien avec ma conscience A haute voix je dis avec ma confiance… Ca commence fort…
Avoir des ouïes de violon tatouées dans le bas du dos…
Mais elle se prend pour une oeuvre d’art celle-là? N’a-t-elle pas pensé avant de faire une chose pareille à l’aspect instrumental qu’elle inscrivait à tout jamais sur son corps?
Bien sûr que si espèce d’imbécile!!! Ce n’est pas la femme-objet mais l’objet de la femme dont il était question… Elle s’est aussi figurée que ce corps n’était que l’instrument de son esprit… Telle la contrebasse, elle pouvait le faire sonner, vibrer, adaggio, jouer de mieux en mieux…
Vos problèmes matériels et professionnels trouveront leur aboutissement ce jeudi, ne perdez pas espoir Coté coeur, aujourd’hui est une journée interessante, une rencontre est possible si vous vous laissez guider par votre instinct Santé : attention à l’abus d’excitants, mangez de la viande blanche
Insère toi bien mon petit sinon gare à toi. Je t’enverrai crever loin des tiens, dans un trou boueux dont tu ne pourras t’extirper, avec pour seul bagage quelques souvenirs affolés. Sois bien sage.
elle semblait comme happée par l’ombre et l’inconnu, et me laissait seul avec mes regrets et ma tristesse,
je me souviens qu’elle a beaucoup pleuré à cette période, peut etre plus que moi,
je ne pouvais pas lui en vouloir, je l’aimais et je crois qu’à sa manière, meme si elle prétendait le contraire, elle m’aimait encore
ses petites marques d’affection, ses coups de fil fréquents pour s’enquérir de mon moral, nos diners et nos sorties au théatre… notre complicité, tout me montrait qu’elle m’aimait encore
je revois ton sourire et tes cheveux que j’aime tant caresser, ils me plaisent autant qu’au premier jour et cette image me contente et me contentera encore longtemps
« Fading : Epreuve douloureuse selon laquelle l’ëtre aimé semble se retirer de tout contact, sans même que cette indifférence énigmatique soit dirigée contre le sujet amoureux ou prononcée au profit de qui que ce soit d’autre, monde ou rival. » Fragments d’un discours amoureux, Roland Barthes
à son insu il avait appris à tuer à blesser et torturer,
d’un oeil il surveille tout, d’une main il tient l’épée de l’autre le luth, il parle de la bourse en peignant ses ongles; ne ressent rien que quelques ondes finement décortiquées et dégustées, son rugissement ébranle la terre, ses caresses sont légères douces et fécondes
nez au vent, rayures flamboyantes il sonne l’hallali et prépare le banquet de sa victoire de Nord Iroise et Ouest Ecosse,
j’ai croisé tout un tas de spectres qui errent dans les dédales du bandeau rouge du panneau d’interdiction de stationner de la rue Croulebarbe à la recherche de leur voiture…
« Une maison bleue… ? » « Le Dauphiné Libéré » du 12/06/97
Fuyant la banlieue parisienne à la recherche d’un autre mode de vie, installée depuis 15 ans dans les Baronnies, aux fins fonds de la vallée de l’Ouvèze, Frank et Nanou Berthou ont fait la démonstration qu’on pouvait réussir dans une agriculture de montagne alternative. « C’est une maison bleue, adossée à la colline, on ne frappe pas, ceux qui vivent là on jeté la clef… » . Sans doute sommes nous loin de San Francisco et les vieilles pierres de la bergerie sont nullement bleues, mais ceux qui vivent là ont effectivement jeté les clefs des portes qui verrouillent la plupart de nos existences citadines. Les paroles de la chanson de Maxime Leforestier viennent immanquablement à l’esprit de ceux qui rendent visite à Frank et Nanou Berthou dans leur repaire de « La Closonne », au cœur du pays Baronniard.
La garder absolument en soi. Mais l’extraction est impossible, et tu le sais, je ne dirais pas bof car la chose est bien trop précieuse, je préfère la conserver au centre de ma vie, plutôt que de l’exposer au regard des autres ; car elle n’est que ce centre de ma vie et m’enchante comme tu ne peux l’imaginer ; certes, elle me pèse parfois, mais pas le projet d’en faire un objet de décoration, je l’observe chaque jour davantage, je l’astique, car ce n’est qu’en elle que je peux être sauvé.
Tout en marchant le long de l’eau, il murmura : « J’ai besoin d’une infirmière. » Elle lui rétorqua du tac au tac : « Si ce n’est que cela, tu en trouveras pléthore ! – Ah ? – Ben oui, répondit elle en secouant la tête d’un air navré, mais combien de temps cela durera, personne ne peut le dire et puis il faut que tu ne sois pas trop exigeant. – Bon, si tu le dis. ». Il se replongea, avec un certain soulagement, dans son abîme de perplexité sur la nature des femmes, abîme quotidien et protecteur, qu’il n’aurait jamais du quitter. Après plusieurs heures, il ne se souvint que de sa mèche de cheveux, qui gracieusement indiquait ses yeux limpides.
J’aurais eu envie d’être un loup pour le style un lion pour la force un toucan pour les couleurs
mais je suis une grenouille l’avantage c’est qu’on peut passer dans les conduits pour aller visiter les jeunes filles la nuit et (avec un peu de tchatche pendant qu’elles sont à moitié endormies, on peut tenter de) se faire passer pour le prince charmant
Les éléphants passaient dans les phalanges comme des sangliers dans des touffes d’herbes; ils arrachèrent les pieux du camp avec leurs trompes, le traversèrent d’un bout à l’autre en retournant les tentes sous leurs poitrails; tous les Barbares avaient fui. Ils se cachaient dans les collines qui bordent la vallée par où les Carthaginois étaient venus.
Fréquemment, le héros décide de vadrouiller dans Paris pour laisser son regard circuler ; il a remarqué que depuis quelques semaines, il observe avec obstination certaines facades d immeubles en cours de rénovation. Est-ce que cela veut dire quelque chose ? Souvent son attention privilégie aussi des détails insignifiants qui ne produiraient pas de très jolies images. Il apprend ces agencements de choses banales, sans les classer :
femme lisant dans un parc, pigeons en groupes sur grilles d aération, fils électriques emmelés, minuscule tete d enfant émergeant à la surface d une haie, miroir brisé posé contre la porte d un magasin de jouets, poignet en spirale d’une porte vitrée, numéros écrits à la craie sur l asphalte, balai agité par un corps sans sexe apparent, homme allumant une cigarette sous une échelle, graffiti de cinq minuscules soldats sur un mur blanc, enseigne d un hotel dont il manque quatre lettres etc.
Il se dit que s il ordonnait cela, il comprendrait quelque chose ; certes le monde resterait une énigme, mais il pourrait relier ces visions à son imaginaire. Le risque ? Constat que ces regards de choses banales fassent de lui un etre banal ? Et alors ? Et bien ainsi, il le saurait, et pour de bon. (Doit-on lui laisser encore le désir de croire au caché, à l invisible, au symbole, à toutes ces sornettes qui ne font que retarder la sentence qui suit ? Si peu à voir, si peu à vivre, si peu à penser, si peu à attendre.)
Autologie. (Avant de déjeuner.) Bizarre. Pourquoi n’ai-je toujours pas développé les dix films noir & blanc des dix dernières semaines de ma vie ? Nuit. Malgré un demi stilnox, insomnies. Projets démentiels. « Chère A. je m’en vais écrire un monologue pour ta voix, ton corps. » Matin. Et les obligations m’obligent à ajourner mes travaux. Musique. Retrouvé un morceau d’enfance (Concerto pour la main gauche) que j’avais découvert chez ma grand-mère à Saint Malo. Nuit. Pour surmonter le temps, je retravaille un texte qui s’appelle épreuve. Mot. Obstacle, Difficulté, Image, voilà que ce que l’épreuve contient. Force. Quelque chose de trop fort bat en moi continuellement depuis quelques semaines, dois-je me mesurer à cette énergie qui semble émaner de nulle part ? Faut-il l’ignorer ? Est-ce une richesse ? Fiction. Et le photographe à décidé de déchirer ses images, elles neutralisent le souvenir, l’apauvrit. Réjouissances. Mercoledi, diner prévu avec Arnaud Claas et sa femme Laura. Repentirs. Détails sordides, je me souviens d’un montage photographique que j’avais appelé « L’intime est ignoble. » Radio. Entendu la semaine derniè chez Veinstein, l’écrivain Pons, qui se plaint aussi de l’intime, et que l’autobiographie n’est souvent qu’une autobiographie des humeurs, qui sont off course d’affreuses choses. Laporte. Solutions : la biographie. Terme dont le sens est inversé il ne s’agit pas d’écrire la vie, mais de suivre au plus prêt la vie de l’écriture. Vie d’homme de côté. Détour. Je vais déjeuner.
Bad trip n°1 : découvrir le côté oppressant de l’amitié A noter dans mon petit carnet dans la rubrique mises en garde et avertissements en tous genres : Ne jamais oublier que tout se paye A part ça ? Des fleurs et du soleil
Les plus mauvais aphorismes du monde (deuxième partie) Le mauvais mari est comme le manchot de l’hémisphère sud : il trébuche quand tout va bien, et il lui pousse des ailes quand il a la tête dans l’eau. Laurent Iglo
A sucer des poires belle-hélène Les mains pleines de confitures Et les lèvres peintes de haine Lorgnant là-haut le ciel azur Où les japs se démènent A détourner des Boeing A descendre ceux qui rechignent Oh mon Dieu qu’ils ont mauvaise mine
Je suis fier de ne rien faire ) Fier de ne savoir rien faire ) (x2)
Je n’ai même pas le courage D’aller pointer au chômage Oui bien sûr j’ai le bon âge De pouvoir placer dans ma vie Tous mes talents inusables Et mes charmes infinis C’est dur d’être si feignant Quand on aime tant l’argent
Calliope, la poésie épique; Clio, l’histoire; Euterpe, suceuse de flûtes; Melpomene, la tragédie; Terpsichore, le chant et la danse; Erato, la lyre et la poésie érotique : année 69; Polymnie, pour les hymnes aux dieux; Uranie, l’astronomie; et Thalie, pour la comédie
9 muses mais pas une seule pour la sculpture, pas une, tu imagines?
Autologie, un retour. Et vint à lui cette idée désarmante Laquelle ? Avalée. « Si écrire ce n’est ni dire, ni nommer, on est mal barré » Rire (doucement.) Digérée Restituée Sauvée Michaux : « Je n’écris pas pour construire, juste pour préserver. » Le silence entre les mauvaises pensées du héros me fatigue. Indigestion. Se relire à la gueule de bois. Et puis exposer tout cela : obscène ! Se réfugier dans les livres des autres ; dormir dedans, faire l’amour dans les marges. Il faudrait qu’à partir de ces notes, on puisse déduire un certain nombre de choses sur lui. Ecrire à blanc comme tirer à blanc off course !
je peux enlever tes vètements … je peux me retenir de pleurer je peux me retenir de crier je peux me retenir de te tuer je peux. … mais jouir je ne peux.
J’ai croisé Bouddah ce matin, dans une arrière cour du 13ème. Il puait l’alcool rance et le parfum de poule. Il m’a dit : « la contemplation, bullshit » et puis « Le Nirvana, j’en suis revenu ». Il m’a dit : « l’ascèse c’est du flan ». Il penchait déjà beaucoup pour une heure aussi matinale, je pense qu’il a du s’assoupir peu après. Et puis il avait cette chanson serrée entre ses dents : « c’est moi le coco, le roi des cocos… » Je me suis demandé où il avait passé la nuit…..
– allo, mon amour ? – oui, où es tu ? – je sors tout juste, on se retrouve quelque part pour finir la soirée ensemble ? – oui, bien sur ! le parc en face de chez moi, ça te va ? – super. je suis là dans 10 minutes. – parfait. à tout de suite. je t’aime. – moi aussi je t’aime. à tout de suite.
Heureusement, lui n’est absolument pas intéressé. Posseder lui est une contrainte plutot qu’une joie, il a envie de pouvoir tout laisser tomber, du jour au lendemain, pour partir aux antipodes. Ah, l’attrait des horizons lointains, le parfum de l’inconnu, la musique des langages exotiques… Aucun froissement de billets, aucun tintement de pièces n’a autant de valeur à ses yeux.