Tout le monde devant le portrait de quelqu un pourrait se reconnaitre. « C est lui, c est moi. » Pas question de s émerveiller, de le prendre pour modèle, la peau incandescente vient déchirer ses sourires, et quand on le voit (image solarisée) on peut se dire : mais il a perdu sa forme, il a déjà cramé sa présence.
Il y a eu donc quelqu un, et je veux le retrouver. Présenter le banal, sans histoires, sans biographie, sans visage. Si tel est le projet, à quoi bon continuer ? Foi dans le personnage de quelqu un. En lui, je vois mes héros favoris dans la vie littéraire. Comme si, en faisant cet effort de le dessiner, je me me mélangeais aux créatures de nulle part.
L’orage toujours purifie, et la nature semble presque comme en plein orgasme, tellement puissant, quand la foudre lui saisit le bas-ventre et que le tonnerre eructe tandis que ses arbres s’ arrachent
… Lâcher prise Tu prends cette petite boule qui fait mal Tu l’extrais délicatement avec tes ongles Tu la mets très loin de toi Tu la visualises très très loin de toi Et tu respires calmement Et ça marche ? Bof …
l’effet et rien que les faits fait 1 : je viens de me lever fait 2 : j’ai laissé le thé trop infuser fait 3 : elle mixe juste pour nous deux fait 4 : elle est belle quand elle mixe fait 5 : remarque : elle est belle aussi quand elle ne mixe pas fait 6 : la marque sur mon front est revenue fact 7 : j’aime quand elle porte ce paréo fait 8 : je reconnais un morceau qui passe fait 9 : once more with feeling [B6-07], je suis bien ici. fait 10 : rentrer chez moi et bosser un peu fait 11 : oublier que je suis si bien ici pour pouvoir rentrer.
Je reconnais bien cet endroit plusieurs fois la même sensation. L’immeuble se jette à mes pieds et je me roule en boule il m’a fait paniqué. Code griffoné sur papier sais plus dans quelle poche il est. ah! 237B escaliers dévalés j’y vais aucune idée d’où j’vais. Quoique ç’a y est j’viens d’comprendre j’peux zoomer dans la cam’ je fais partie de la scène visée.
J’ouvre un oeil seul le réveil peut dicerner le rêve de la réalité. Le mien il dit qu’il ne se fait plus assez tôt pour faire des pleins et déliés sur un songe tout froissé à repasser mis au rencart dans un panier nié déjà oublié songe parti dans les lymbes du passé. Mes yeux-aiguilles transcendent la réalité mise en marche en direction assistée pilote automatique je courbe l’échine totale sous le contrôle de la machine emprise schizophrénique robotique précision cission neurologique la voie dans la tête veut que j’accomplisse une mission…
Les plus mauvais aphorismes du monde (deuxième partie) Le mauvais mari est comme le manchot de l’hémisphère sud : il trébuche quand tout va bien, et il lui pousse des ailes quand il a la tête dans l’eau. Laurent Iglo
«…/ J’entre dans cette nef et j’appelle : ho, ho. L’écho me gratifie aussitôt en stéréophonie de la seule réponse distincte mais décevante dont me juge digne l’Inconnu : ma propre voix, tournant dans ce fatras condamné de palans et de poutrelles. Et je songe à tant d’hommes qui n’ont même pas fini là-dessous de purger quelle peine, puisqu’il faut recommencer ailleurs. Et que peut-être on devrait sauvegarder certains de ces sanctuaires, pour faire comprendre ou pour faire peur, quand on va se croyant seul, à l’abri de la menace, un dimanche, sous le libre ciel. /…»
#9 Il soupçonne ses réactions dites instinctives de n’être pas spontanées. « Est-ce que je ne simule pas l’enthousiasme quand C. par exemple me téléphone ? » Mais il ne s’en rend pas compte. Peut-on retrouver l’âme véritable ? Il ne veut pas s’y essayer car il a peur de la découvrir noire, pleine de haine et d’indifférence. « Si ça se trouve, la voix de C. impromptue dans une journée consacrée à la méditation solitaire me pèse atrocement ; l’entendre ne provoque aucun amour, pire encore : aucune reconnaissance. Mais je n’accepte cette part de méchanceté. Je dois faire des efforts de bonté». Le héros, comme on le voit, est clivé. Sa tâche : éteindre une à une les fausses paroles, les gestes empruntés. Une bataille au cœur du langage, face aux corps. N’être plus qu’un.
Méthodes du héros. #8 Il doit avoir le courage d’imaginer sa vie toute entière comme la recherche méthodique des problèmes, avec ce curieux alibi : celui d’etre lavé, comme si plus tard, vieux et lâche, il préparait déjà sa vie dans l’au-delà. Ou bien mourir sainement sans rien avoir négligé ; sans évitement, sans remords, en ayant tordu le cou aux bestioles nuisibles, ayant honoré le ciel s’il fut à un moment honorable, en ayant célébré la terre quand elle fit pousser de belles fleurs ; vivre à tout prix, pense-t-il ; vaste commentaire interminable, poser la question sur la bonne partie du monde, se battre contre tous, et se poser néanmoins comme une personne sage et sereine dont on ne mesure ni la tourmente ni le bonheur à la fleur de ses yeux. (Le programme fait de l’homme un héros, entendons-y des vieux attributs : hardiesse, témérité, persévérance, solitude, etc. Peut-être du ridicule, mais il fait partie de ceux qui sont en train de fonctionner, il marche presque tout seul. Quant aux malentendus, on ne peut pas les éviter.)
– Allo ? – Bonjour, c’est ta grand mère – Ca va ? – BONJOUR. – Oui, bonjour… – Tu donnes pas beaucoup de nouvelles, hein. – Ouais, tu sais, moi, la famille. – Bon. Je reste pas longtemps parce que, hein, ton portable, ça coute cher. – Tu fais comme tu veux… – A part ça quelles sont les nouvelles ? – Bah… comme d’ab, je taffe. – C’est bien, ça, si tu as du travail. Bon, si tu veux de mes nouvelles tu appelles, hein ! – Oui, oui, bien sur. – Bon, je te laisse, hein, parce que ton portable, ça coute cher, hein ! – Ok. Salut. – Salut.
Sibérie 1984 On marche dans la neige, Nicolaï devant, moi au milieu, lent à cause de la blessure-barbelée-jambe et Grishka me soutient pour me permettre d’avancer. Loin derrière nous, les chiens du camp hurlent et ne rêvent que de nous déchiqueter. Moi, coup de genou à Grishka, écraser son visage dans la neige, le regarder souffrir, frapper encore, le sang-jaillir rouge sur le blanc. Nicolaï, interrogatif, moi très persuasif, chiens furieux. Grishka servir de piknik dis-je, lui pleurer mais d’accord. Continuer à deux, abandonner Grishka…
Parole du héros La persévérance ? Oui, quand bien même l’objet de la recherche serait vain, ou impossible à atteindre, seul l’effort donnerait du sens à l’épreuve ; c’est le mouvement du travail qui reste sacré, la cible pourrait ne pas exister, il en serait de même : l’acharnement, oui c’est le mot juste, pourquoi ? mystère acharnement à montrer que rien n’est évident. Danger. Considérer que le sens de sa recherche est hors de soi, est une mort à petit feu.
« Je me suis perdu plusieurs fois dans le corps des femmes. J’y ai laissé des mèches de cheveux, des livres dans leurs chambres, des photos collés/offertes sur les glaces des salles de bains, dans lesquelles j’étais fier (sometimes) de me trouver beau, la femme attendait blottie dans un lit froid. Ce que je suis : sans ressemblance avec mon image : embrasser une femme c’est comme passer de l’autre coté de moi-meme ; c’est pourquoi j’ai avoué à G. que le risque du baiser (le premier) est toujours une épreuve. Si par lui je coincide avec mon image, je me laisse oublier, je me laisser regarder, j’aime et je peux etre aimé. »
J’aurais eu envie d’être un loup pour le style un lion pour la force un toucan pour les couleurs
mais je suis une grenouille l’avantage c’est qu’on peut passer dans les conduits pour aller visiter les jeunes filles la nuit et (avec un peu de tchatche pendant qu’elles sont à moitié endormies, on peut tenter de) se faire passer pour le prince charmant
– des boyaux dont on fait les cordages des raquettes de tennis – des gommes dont on fait des boules dont on fait des mystères – 8 queues de rechange dont on fait un fouet (pour les jeux SM) – quelques âmes de rechange dont on fait commerce quand on est peu scrupuleux – Un moteur à réactions, des vieilles moustaches, une langue à donner aux enfants pour qu’ils rapent le fromage..
En passant, en écrivant. Pourquoi, depuis longtemps, écouter Bach me remet dans le droit chemin ? Et oui. Aux dernières nouvelles, le moi serait élastico -hystérique. Arquez-le, placez-y n’importe quoi (un souvenir, une souffrance, un amour) et lancez. Soit il expulsera la chose loin de lui (moi allégé) soit elle lui retombera dessus (moi patatraco -névrotique.) Mauvaise pensée. J’ai trouvé la phrase la plus nulle de l’ignorance de K. « Tout le monde admire sa mère pour sa vitalité » Mais j’ai aussi trouvé la plus belle : « …émue de sa beauté que son corps pleure. » Bonheur. La voix de Glenn Gould qui chante derrière la toccatta. F.B. m’a dit un jour à ce propos : « Il grommelle. » Vanitas. Je me moque de A.C. qui publie son journal de travail (de photographe) en lui rappelant une phrase d’un ami qui le concerne : « A.C. prépare le terrain pour ses futurs biographes. » A.C. rit, un peu vexé, s’en sort victorieux : « Derrida dit justement qu’écrire est indécent ! » SO WHAT ? Bizarre. Nostalgique de la période où je découvrais Proust : Batignolles, automne 1995, souvenirs d’enfance, douce mélancolie. Le vieux Folio élimé sentait la cave où il avait séjourné 20 ans. Téléphone. — D. te trouve suffisant & gueulard. — Je vais l’appeler pour me faire pardonner. Video. C. est une ancienne amoureuse de Turin, venue quelques jours à Paris pour conquérir les galeries. Son énergie l’a transformée en une machine. Plutôt qu’artiste, elle se définit comme stratège et produit davantage qu’elle ne crée. Je me sens alors poussiéreux, pré-moderne. Bach. Le Praeludium en ut mineur BWV 934 me fait penser au cheminement prudent vers un orgasme, lui-même associé à l’éclatement d’une très bonne bouteille de vin blanc. Barthes. » Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimé de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien (…) c’est commencement de l’écriture. » Une telle désespérance ne t’a conduit sous les roues d’une voiture que pour rejoindre les morts. Bach. Agacé parfois par cette méticulosité moqueuse du profane sans méthode que je me surprends à être parfois. Autologie. Invention de soi.
« La place de la Bastille à Paris est le symbole de la révolution. Au centre se trouve une colonne et sur un côté l’opéra Bastille. Le quartier est souvent fréquenté par les jeunes en roller, surtout du côté de l’avenue Daumesnil. Non loin, des bars et des discothèques (notamment le Balajo), se trouvent dans la rue de Lappe. »
– allo, mon amour ? – qu’est ce que tu veux ? – heu… je sors tout juste. on se retrouve ? – ha ? – bah oui. on se donne rendez-vous ? – ça dépend, tu proposes quoi ? – qu’importe, on se retrouve et puis on verra ensemble. – non, tu fais chier. je veux que tu me proposes un truc précis. – pourquoi tu me parles comme ça ? – t’as fini de te plaindre ? bon bah salut, rappelle moi quand tu seras moins chiant. – …
Bad trip n°1 : découvrir le côté oppressant de l’amitié A noter dans mon petit carnet dans la rubrique mises en garde et avertissements en tous genres : Ne jamais oublier que tout se paye A part ça ? Des fleurs et du soleil
« aujourd’hui, c’est une journée spéciale: si tu fait bien attention, tu remarqueras que tout le monde ressemble à Jean Gabin. Dans les cafés, tout le monde parle avec un drole d’accent parigot, même les filles se mettent à porter des casquettes un peu de coté, et les gens ont un petit regard bleu mouillé, comme Jean Gabin. Si tu allumes la télé, tu verras sans doute un des enfant de Jean Gabin, sa fille ou son petit fils qui trainent sur le plateau de Drucker; ou bien un acteur diras avec un regard pénétré et une voix rocailleuse: « t’as de beau yeux, tu sais », ou bien ça pourrais être la rediffusion de « la bête humaine »… c’est Gabin day… »
Ah ! Pardonne-moi ! Je suis un infame, et plus vil que les scorpions, que la fange et la poussière ! Tout à l’heure, pendant que tu parlais, ton haleine a passé sur ma face, et je me délectais comme un moribond qui boit à plat ventre au bord d’un ruisseau. Ecrase-moi, pourvu que je sente tes pieds ! Maudis-moi, pourvu que j’entende ta voix ! Ne t’en va pas ! pitié ! pitié ! Je t’aime !
la scène se passe dans une laverie. ———————— bob (homme), bobette (femme), oneko(1) (chat). ———————— le chat (dans une machine) : maaaaouw ! bob : et pourtant il tourne. le chat : maaaaaouw ! bob : ça donne le vertige. bobette (modes zé travaux) : hum… le chat : glouglou. bob : je crois qu’il est propre. bobette : hum… le chat : … bob : ah, non, il est juste mort… bobette : petit con. bob : soit sympa, il est mort. bobette : je parlais de toi. bob : c’est ce que je disais. le chat : …
Ce petit caillou que j’ai ramassé Je te le donne En gage d’amitié
Finalement non, un gage c’est trop laid Gageons que nous serons toujours amis Et ce petit caillou Je te le donne comme ça Sans contrepartie Sans garantie Sans le mettre au mont de piété de l’amitié