Les symboles brillent et notre arche semble éveillée d’un sommeil millénaire, elle vibre lorsque nous dormons, nos mages les plus brillants avouent leur incompétence quant à la signification de ces manifestations étranges
J’aperçois les vieilles pierres de l’arche durant mon sommeil, elles possèdent une aura brillante et semblent émettre un chant que je comprends mais dont je ne puis me souvenir au reveil
Nous avons formé un groupe et nous veillons l’arche nuit et jour, guettant la moindre de ses manifestations. Certains pensent que nous devrions lui rendre un culte ou qu’il faut s’échapper tant qu’il en est encore temps
#34 On n’a jamais fini de remettre le sujet sur le feu. Pour le saisir à point il faudrait inventer un langage nouveau, aussi fulgurant que lui. L’accompagner, ne pas l’arreter. Découper soigneusement chacune des tranches du temps où il s’est exposé.
Il en vient à penser que lorsque la peur s’atténue, qu’il a bravé la folie, et avec elle cette proximité de mort – il n’a plus rien à perdre ; il se laisse donc conduire dans la confiance vers un espace blanc qu’il imagine etre le lieu du repos, celui du bonheur. Quel serait l’avantage de ce lieu ? Quel serait ce lieu ? Transparence. Rien au-delà.
Pages du héros (à la campagne) Le corbeau vient de me regarder ouvrir à nouveau les paupières, d’un air étrange, j’ai eu l’impression de n’etre pas un homme (aucune méfiance de sa part), ni une proie possible ; si les corbeaux m’ignorent, j’ai déjà gagné quelque chose, mais quoi ? La permission de voir, peut-etre. Je me plais à penser que les alouettes sont d’accord pour que je contemple leur plumage, que le pie vert est enchanté que je sois un auditeur qui apprécie sans culture son hennissement ; il y a les branches méandrines, le coucou qui pourrait folatrer, je ne lui ferai pas de mal, je suis là en ami, sans sciences, je l’ai dit, mais plombé d’idées imprévues. Ce que je vois se double de morts, d’imaginaire. Pourquoi est-ce ainsi ? Et pourquoi surtout résister ? La bombe cosmique est lachée, je l’ai déjà prévenue, et je continue dans un mélange d’angoisse et de bien-etre, et il faut etre fort pour ici faire naitre une tension à partir d’un si paisible paysage.
On entend un beat… pow-pow, putain c’est génial, alors t’as la solution fatale? on a du temps pour le faire… ok, j’accèpte et puis on fait un deal c’est dur d’écrire sur un portable, non? En fait le problème avec abjection infame ça joue presque contre ton camps… tu vois ton texte il est déjà vraiment méchant et là on est trente ans plus tard quoi Regardes le truc, moi j’adore par contre l’idée de la lettre, et en te justifiant à aucun moment! Faut que j’aille à la Samaritaine récupérer des CD’s c’est sur mes mails et je peux pas les lire d’ici pourquoi pas l’inverse de la virtualité guerrière quoi! ou la probabilité expansive, qui se donne… c’est stylistique! Nique la pédagogie! ça fait comme les mômes, le désir, que ça dans la bouche, et pareil, pas besoin d’adjectif puisque tu vas le flinguer. Obsolette… le parti pris capitaliste et pas de majuscule à situationniste Mald Aurore aime les pieds de Rodia, C’est du bon coco, Grumpfff!!! s’épuisant dans des formes d’action synonymes à stériles La virtualité et l’alliénation, on comprend pas c’est la même chose, il fait gravement chaud et la virtualité sera réticulaire!
The truth is that none of our thousands of nuclear weapons can protect us from these terrorist threats. President Clinton said that we are a target because we stand for democracy, freedom, and human rights in the world. Nonsense! We are the target of terrorists because our government stands for dictatorship, bondage, and human exploitation. We are hated because our government has done hateful things. We did it in Iran. We did it in Chile. We did it in Vietnam. In country after country, our government has thwarted democracy, stifled freedom, and trampled human rights. In short, we should do good instead of evil. Who would want to bomb us? Did you know that in 1986 the World Court convicted America of being a war criminal for its crimes committed in Nicaragua in ’83 and ’84? More about understanding Geoge W Bush and his cabinet, NATO, the oil, US inner Politics after 11 September. . .
Nuit. Oui, pub-de-soi-auto-promo- ou parodiant le héros = AUTOLOGIE. Ivresse, mitigée. Que s’est-t-il passé ? — La java. (Mon secret sur drames.) IL a rencontré celle qu’il n’aurait pas du voir, par hasard, alors qu’il existe à Paris dix mille boites pour danser. Conversation. — Qu’est-ce que tu fous là ? — Ambiance latino molo. — Romantico solo. — Crazy old times. La jeune fille que le héros n’a pas vue depuis des lustres, se pavane et conserve son accent américain, et avoue que les filles de Boston ne sont jamais polies. Secret violé Errements dans Paris avec A. qui le console comme elle peut. Paroles. — N’importe quoi ? — Poursuivre des fantômes n’est pas un hobby. Avant. — Quel temps ? — Celui des causes… — Bof : tout un roman, notices etc. trop de fatigue pour rendre compte d’une situation banale. — Et alors ? — Auto-promotion, propagande d’une âme. — La vendre ? — Oui. — La partager. Inanité
Fréquemment, le héros décide de vadrouiller dans Paris pour laisser son regard circuler ; il a remarqué que depuis quelques semaines, il observe avec obstination certaines facades d immeubles en cours de rénovation. Est-ce que cela veut dire quelque chose ? Souvent son attention privilégie aussi des détails insignifiants qui ne produiraient pas de très jolies images. Il apprend ces agencements de choses banales, sans les classer :
femme lisant dans un parc, pigeons en groupes sur grilles d aération, fils électriques emmelés, minuscule tete d enfant émergeant à la surface d une haie, miroir brisé posé contre la porte d un magasin de jouets, poignet en spirale d’une porte vitrée, numéros écrits à la craie sur l asphalte, balai agité par un corps sans sexe apparent, homme allumant une cigarette sous une échelle, graffiti de cinq minuscules soldats sur un mur blanc, enseigne d un hotel dont il manque quatre lettres etc.
Il se dit que s il ordonnait cela, il comprendrait quelque chose ; certes le monde resterait une énigme, mais il pourrait relier ces visions à son imaginaire. Le risque ? Constat que ces regards de choses banales fassent de lui un etre banal ? Et alors ? Et bien ainsi, il le saurait, et pour de bon. (Doit-on lui laisser encore le désir de croire au caché, à l invisible, au symbole, à toutes ces sornettes qui ne font que retarder la sentence qui suit ? Si peu à voir, si peu à vivre, si peu à penser, si peu à attendre.)
les combats avaient été apres lorsque nous livrions bataille contre l’esprit du mal,
une à une, les forteresses noires étaient tombées, submergées par le sang des notres, toujours plus vaillants et plus nombreux
six années ont passé,
j’entends à nouveau résonner les tambours, les notres marchent sur les cités de lumière, la paix est terminée, l’homme régnera enfin, débarrassé du bien et du mal, notre fer tranchera leurs ailes et nos pieds fouleront leurs enseignements les plus sacrés et lorsqu’il ne restera plus rien de ces gorets,
On avait depuis peu aperçu Ivan Tourgueniev dans près de 6 villes diffèrentes : Un témoin l’avait vu dans les jardins du sénat, à Paris, une femme enceinte jurait qu’elle avait croisé l’illustre grand-père sur le pont de Longdoz à Liège, un couple d’homosexuels certifiait que l’auteur russe était en extase devant le labyrinthe de la cathédrale d’Amiens le 14 Avril 2003 et que c’est son air mystique qui les avait fasciné, le premier conseiller du consulat de France à St-Petersbourg affirmait avoir identifié au musée de l’Ermitage un homme dont l’apparence semblait conforme à l’avis de recherche international lancé par le Vatican, Un couple de jeunes touristes français, Cécile et Antoine, déclarent avoir reconnu Tourgueniev à la station de Métro Bourse, à Bruxelles.
Il semble que la résurgence soit proche, il faut que nous soyons prets. Les planètes ne nous sont plus favorables et jouent désormais contre nous; mon dieu, donne-nous la force !
l’embryon de poulet continuait d’évoluer, le traitement opéré semblait néanmoins avoir désorganisé son système d’orientation et de diffèrenciation, on percevait en l’amplifiant le son de deux coeurs distincts, l’un très lent et très fort qui semblait imperturbable et l’autre plus petit et sujet à de brusques accélérations
#36 Percevoir la vie des autres à travers ce qu’ils en disent avec admiration, tristesse que la sienne lui semble si pauvre, sans urgences, bien inférieure à leur emploi du temps chargé. Ne rien planifier, et subir quelques années après les conséquences d une existence pas assez prise au sérieux ; il écoute comme un enfant les projets de E. qui n a pas une minute à perdre, il est ravi pour elle, cette attention est aussi douce que d ouvrir un livre de récit fantastique.
L’orage toujours purifie, et la nature semble presque comme en plein orgasme, tellement puissant, quand la foudre lui saisit le bas-ventre et que le tonnerre eructe tandis que ses arbres s’ arrachent
Cette loi de l’alternance est aussi un motif, ou plutôt une épreuve qu’il faut accepter, sans ressentiment ; lorsqu’une phase d’abattement rend le travail impossible, espérer pouvoir à nouveau retrouver ce pouvoir de dire, d’exister en somme puisqu’on a pu enfin accepter le péril, car cette loi est bien entendu une machine infernale !
… ce soir les brigades tourguenistes saouleront le vil avant de l’écorcher pour que ses cris d’horreur ne puissent donner l’alarme aux tribus ennemies. …
Les plus mauvais aphorismes du monde (deuxième partie) Le mauvais mari est comme le manchot de l’hémisphère sud : il trébuche quand tout va bien, et il lui pousse des ailes quand il a la tête dans l’eau. Laurent Iglo
Pourquoi écrivez-vous ? Beckett : « Bon qu’à cela. » Blanchot « Ecrire, c’est se livrer à la fascination de l’absence de temps. » Bernhard : « J’écris car beaucoup de choses me sont désagréables. »
Parole vaine du héros #7 Héros car je m’invente sans cesse, je n’ai pas de seuil, je ne contiens aucune essence, aucune rareté, aucune singularité ; héros car cela ne me satisfait pas mais cela me regarde — plus jeune ceux que j’aimais, je souhaitais leur prendre leur ame, leurs pantalons, leurs femmes ; héros, puisque je conçois la vie comme l’invention de soi à chaque fragment de temps insensible aux communs, (betise du temps soi disant partagé !) ; héros, car le désir de construire l’emporte sur le chaos (si séduisant soit-il) ; héros, car j’ai beaucoup de taches à accomplir ; héros, en fin car il faudra qu’au bout du compte cette entreprise touche aussi ceux que ne je connais pas.
#28 Ne faire son portrait qu’à partir de ce que les autres ont dit (récemment) de lui : faussement humble, minet, play-boy, impatient, petit, tourmenté, ambitieux, cynique, coureur, superficiel, satisfait, à l’aise etc. Et s’ils avaient raison ? Bigre ! Ce sont les yeux et les mots des autres qui me font ? Salauds ! Cela ne se passera pas comme ainsi ! ».
#41 Quelques titres pour prendre la responsabilité de ces divagations : Bataille de soi pour moi. Les pages d’un héros. Autologie. Je connais un peintre qui depuis des années, écrit des titres pour des œuvres pas encore réalisées. (FR. M.) ex : « Le babouin va-t-il enfiler Milou ? » Trouver un titre pour un travail au milieu de lui-meme.
j’ai croisé tout un tas de spectres qui errent dans les dédales du bandeau rouge du panneau d’interdiction de stationner de la rue Croulebarbe à la recherche de leur voiture…
Je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime, je m’aime… « Ouf, j’avais tellement besoin de le dire.«
Il y a donc le héros : créature inconnue, burlesque et tragique. (Quoique je n’ai pu explorer que le second registre.) Il y a le rapporteur : celui qui espionne faits gestes et pensées du héros. Homme au niveau juste du réel : vivant. Et l’autre, le scribe, l’homme du bureau dont je suis peut-etre le plus proche. Il écrit.Une voix extérieure me coupe à l’instant : » Vos complexités ne sont-t-elles pas exagérées ? » Dois-je répondre à toutes les objections ? Nous sommes inquiets. Et d’ailleurs qui etes-vous ? Les critiques. Les hommes au niveau juste de la raison. Nous nous marrons, c’est tout.
… le bord du canal laisser couler la masse empaquetée dans l’eau glacée se frotter les mains les plonger dans l’eau un frisson ne pas se retenir de pleurer encore se repasser la scène en boucle et imaginer que ça n’a pas existé puis regarder les bulles et le paquet qui se noie sous cette putain de lune …
Et quel futur ? Pour les petits durs Et quel futur ? Entre quatre murs Et quelle société ? Pour les enragés Et quelle société ? Pour les gueules cassées Pour les têtes brulées Pour les agités Pour les Pieds Nickelés ? Quelle société ? Pour les Béruriers Pour les défoncés Pour les détraqués ?