C’est l’histoire d’une barge, pas belle, coincée, un peu autiste. Elle veut bien qu’on se foute un peu de sa gueule. Mais arrive un moment où il faut arrêter de déconner. Et alors tout le monde crève dans d’atroces souffrances. Et puis sa maman qu’est pas contente parce qu’elle est l’incarnation du mal veut la poignarder. Mais elle la tue grâce à ses pouvoirs magiques. Et puis elle se suicide pour que plus personne l’embête. Et la copine du beau blond (qui est mort dans d’atroces souffrances) est traumatisée à vie. Moralité : j’aime bien le vert pâle.
– Bon, tu vas quand même pas faire du gonzo-journalisme sur Tourgueniev ?
– Il a raison. C’est d’un commun.
– Oui mais c’est pas du gonzo. Je ne donne aucun nom. Juste des initiales. Les personnages réels se désincarnent et deviennent anonymes, presque imaginaires ; ça pourrait être de la fiction.
– En même temps, l’anonymat c’est très tendance en ce moment. C’est même déjà un peu surfait.
– Il a raison. C’est d’un commun.
– Oui mais de toutes façons, anonymat ou pas, je parle toujours de moi quand j’écris. C’est comme les pseudos, c’est toujours un faux anonymat.
– Ah bravo, bonjour le nombrilisme…
– Il a raison. C’est d’un commun.
– Oui mais non. Historiquement, le nombrilisme est d’essence tourguéniste.
– Grishka ? – Oui Igor. – Tu veux pas me tuer d’un grand coup de hache ? – Tu veux ? – Oui, mais par surprise et dans le dos… – … – Ne me rate pas, je ne veux pas souffrir – Alors ne compte pas sur moi, trouve un autre gogo. – T’es pas cool. – Ouais, ça c’est sûr, je suis pas cool.
je vais te percer le coeur à travers la brume des âges ; je vais regarder en bas ; je n’aurai pas le vertige ; suspendu à la corde du temps je n’aurai pas peur de regarder de toute mon âme le trou béant de mon passé ; et je continuerai de grimper
Aux tourguenistes, curieux, sympathisants et autres crevards afin de fêter le non-anniversaire de « Tourgueniev ce héros » ——————————————— Une réunion permanente aura lieu au café chéri(e) 44 Boulevard de la Villette métro : belleville – Paris du 3 mars au 5 mars vers 19h30. ——————————————— ——————————————— l’open-bar sera bien sûr payant et la musique à volonté. la direction se réserve le droit de nous foutre dehors. les pass VIPIPI-Room sont à demander à Igor. Si on veut on peut imprimer le flyer double-face ci dessus en 2000 exemplaires et les donner à tout le monde dans le bar.
(N on)tropo lyrico. D’un réseau à l’autre, il manque toujours l’image, la voix, le corps ; je les invente, je déplace le foyer dans un autre lieu ; avez-vous déjà été brûlée ? Il y a des interdits, ces limites me fatiguent ; trop chaud, la toile est increvable. Il n’y a aucune image derrière, pas d’être ; des flammes m’ont promis que j’aurais le droit de conserver les restes de nos paroles.
« Comment as-tu pu, mon Dieu, Dans ma détresse, dans ma crainte et mon découragement, te détourner entièrement de moi ? Hélas ! ne connais-tu plus ton enfant? Hélas ! n’entends-tu pas la plainte De ceux qui te sont Attachés avec fidélité ? Tu étais mes délices Et tu m’es devenu cruel; Je te cherche en tous lieux, Je t’appelle, je te réclame à grands cris Mais je n’entends que ma propre plainte et ma lamentation ! Il semble que tout cela te soit indifférent. »
Jean-Sebastien Bach – Cantate BWV 21 (Récitatif T – Violon I/II, Viole, Basson et Orgue et Continuo)
« Je me suis perdu plusieurs fois dans le corps des femmes. J’y ai laissé des mèches de cheveux, des livres dans leurs chambres, des photos collés/offertes sur les glaces des salles de bains, dans lesquelles j’étais fier (sometimes) de me trouver beau, la femme attendait blottie dans un lit froid. Ce que je suis : sans ressemblance avec mon image : embrasser une femme c’est comme passer de l’autre coté de moi-meme ; c’est pourquoi j’ai avoué à G. que le risque du baiser (le premier) est toujours une épreuve. Si par lui je coincide avec mon image, je me laisse oublier, je me laisser regarder, j’aime et je peux etre aimé. »
Phagocyté n°1 Dans ma peau… Tu veux sauter de l’autre côté du miroir ? Ce n’est pas aussi beau qu’il y paraît On devrait toujours éviter d’aller dans des endroits dont on ne peut revenir… C’est un conseil d’ami Réfléchis bien Mais surtout demande-moi la permission J’ai horreur des corps étrangers qui s’insinuent Là où on ne les a pas invités Je les extrais avec mon petit couteau Et je les tue…
#9 Il soupçonne ses réactions dites instinctives de n’être pas spontanées. « Est-ce que je ne simule pas l’enthousiasme quand C. par exemple me téléphone ? » Mais il ne s’en rend pas compte. Peut-on retrouver l’âme véritable ? Il ne veut pas s’y essayer car il a peur de la découvrir noire, pleine de haine et d’indifférence. « Si ça se trouve, la voix de C. impromptue dans une journée consacrée à la méditation solitaire me pèse atrocement ; l’entendre ne provoque aucun amour, pire encore : aucune reconnaissance. Mais je n’accepte cette part de méchanceté. Je dois faire des efforts de bonté». Le héros, comme on le voit, est clivé. Sa tâche : éteindre une à une les fausses paroles, les gestes empruntés. Une bataille au cœur du langage, face aux corps. N’être plus qu’un.
Digne des meilleurs horlogers suisses, l’exactitude du minuit pile tranche singulièrement avec les autres journaux du soir baladés au gré des caprices de la programmation. Résultat : le Minuit Pile s’affirme rapidement comme un rendez-vous d’information incontournable.
L’édition originale du présent sité a été tirée à cent soixante-neuf exemplaires, à savoir : deux exemplaires sur papier Whatman, spécialement imprimés pour les frères Tourgueniev, neuf exemplaires sur papier de Chine, dont sept exemplaires numérotés de I à VIII et deux exemplaires hors commerce marqués A et B, vingt-trois exemplaires sur vélin de Hollande, dont vingt exemplaires numérotés de VIII à XXVII et trois exemplaires hors commerce marqués C à E ; et cent trente-six exemplaires sur vélin pur fil des papeteries Lafuma Navarre, dont cent numérotés de 1 à 100 et trente six exemplaires hors commerce numérotés de 101 à 136.
je peux enlever tes vètements … je peux me retenir de pleurer je peux me retenir de crier je peux me retenir de te tuer je peux. … mais jouir je ne peux.