Ce matin en sortant de chez moi je ne savais pas comment m’habiller alors j’ai juste épinglé mon badge blanc un peu au-dessus de mon sein gauche. Ca ne saigne pas tant que ça, ça pique juste un peu. Dans le métro, au début je me sentais un peu nu. Au commissariat du 5ème, là où les forces de l’ordre m’ont traîné, je ne pouvais pas m’empêcher de rire. Ils m’ont envoyé direct en HP. Ici tout est blanc comme mon badge, je m’en fiche, je suis invisible.. Dehors il pleut. Je me demande si les premières explosions seront perceptibles jusqu’ici. Une grande lumière et nos corps qui se volatilisent. La nuit je fais des cauchemars en rouge. Pour oublier, je me masturbe avec une lame de rasoir volée au surveillant en chef. Je pense aux hanches de Nathalie et aux fesses d’Alain et j’entaille doucement de haut en bas. En général, ça suffit. Je cultive des algues sur ma fenêtre. Elles me font penser à une « pierre étrangère ».
« No puedo salir porque temo que al salir suene el teléfono en la pieza vacia. » R. Piglia est-ce que quand vous rentrez chez vous vos objets vous dévisagent? le pire c’est peut être quand ils me tournent le dos. mais ça…
« Et même si ailleurs se brisent nos coeurs , Je garderai en moi la couleur des jours meilleurs Pour qu’on soit toujours comme les 5 branches d’une étoile »
Une île, les vacances de Pâques, il y’a bien longtemps Un camp scout, éclaireurs en fait, une légère nuance Me retrouver perdu, isolé pour quelques minutes Entre les rochers, la mer en furie et un sous bois profond « Brocéliande ! » dis-je Un instant magique, propice… Un rayon de soleil traverse le feuillage et m’entoure d’un halo bienveillant « Sortez créatures magiques, n’ayez pas peur, je suis des vôtres, montrez-vous à moi » Rien ne bouge, le vent se lève, je suis seul Je patiente, recommence à appeler, à implorer Personne ne s’est dévoilé Des cris pas loin, les autres, je sors de ma transe Ils me cherchent En larme, je les rejoins Ce jour là, j’ai beaucoup trop grandi
Petit moment tendresse parmi ces sombres lignes… Histoire(s) d’ensoleiller l’ensemble, puisque tel est le rôle voulu par mes origines. Le printemps est là, il fait bon et chaud, et qu’est-ce qu’ils sont beaux, les quais de la Garonne quand ils deviennent une plage citadine ! Et qu’elle est belle, la brique sous cette lumière renouvellée ! Pour un peu, je me sentirais en Espagne. Pour un peu plus, je me sentirais en Amérique Latine… J’y cours.
… Nikolaï éponge la sueur de son front. D’une culbute sur le terrain caillouteux, Natalia vient de prendre position devant lui. Tourgueniev fixe une bande de papier huilé sur l’ouverture, la bande indique « ne pas entrer, risque de maladie grave – tout contrevenant découvert passé cette ligne sera passible… » et s’engage à son tour dans la galerie. Nikolaï épaule la torche à fusion en silence. Natalia sourit et commence à décrire des cercles à la limite du rayon d’action de la torche chimique. Cette méthode, Tourgueniev l’a progressivement compris, lui permet de provoquer l’attaque d’un éventuel agresseur tout en restant en état de se défendre efficacement. Tourgueniev hume l’air et y détecte des relents d’humidité… une humidité telle qu’il n’en a connu qu’à Lo, près du grand puit. Il fronce les sourcils et intime silencieusement aux deux autres l’ordre de se remettre en marche. Des champignons semblent s’être adaptés à cette galerie …
PARIS (Reuters) – Un inconnu a été arrêté sur les Champs-Elysées en marge du défilé du 14 juillet alors qu’il venait de sortir son gros fusil d’un étui à guitare peu après le passage du président Chirac, rapportent des témoins. L’homme a déballé son arme non loin du Rond-Point de l’Etoile, alors que Jacques Chirac venait de passer à découvert, à bord d’un véhicule militaire, a constaté un photographe de Reuters. Des passants ont donné l’alerte par des cris et les policiers présents ont jeté l’homme à terre. Interrogée par Reuters, la Préfecture de police a expliqué qu’elle ne pouvait pas fournir d’autres éléments dans l’immédiat.
Pierre et jésus marchaient sur un chemin caillouteux comme d’habitude quand ils rencontrent le diable et une femme qui se chamaillent pour… je ne sais plus… pour rien sans doute. Pierre décide de rétablir la paix et ni une ni deux il tranche la tête du diable et de la femme. Jésus est un peu mécontent, il lui fait la morale, nononon ce n’est pas bien de tuer les gens. Pierre pour réparer, recolle les têtes, mais voilà… il se plante, et c’est depuis lors que c’est chose véritable: Tête de femme, tête de diable!
La phrase de la journée : « J’offre mes services aux hommes qui sont intéressés par la lutte mixte ou encore, qui sont adeptes de belles femmes musclées. » Geneviève Fleury, lutteuse
Je me réveille toujours avec le même mal de tête. Je cherche du regard l’heure qu’il peut être, et quand je la trouve, je ne veux pas y croire. Si tôt si tard, juste ces chiffres aléatoirement écrits sur mon réveil en lettres rouges qui percent le noir. Je ne sais pas si je dois y croire. Je connais mes autres heures, et je fais comme tout le monde, je fais en fonction, je conçois le temps qui me reste. Je ne suis jamais en retard. Les gens pensent que j’ai une horloge dans la tête, c’est faux pourtant, il y a peu de choses qui me sont aussi étrangères que ça. Le mal de tête met du temps à passer. D’abord je dois me lever, me laver, ne pas me lover, et manger. Boire mon café, et le mal de tête passe. Je sais ensuite tout le travail qui me reste à faire, je me résigne un peu, mais la vie m’inspire confiance. Je ne suis rien, c’est tout ce que je sais. Je ne suis rien, comme beaucoup de gens, mais ils se serrent entre eux, et ils ont l’impression d’être (le voisin de celui d’à côté) ; ils répètent cette phrase en boucle en omettant toujours ce qui est entre parenthèses. J’ai fait du mal à beaucoup de gens en refusant de leur parler, ce qui signifie que leur amour propre a senti mon passage. En réalité ils ont oublié qui je suis, mais les jours qui ont suivi nos rencontres, ils en ont fait beaucoup plus avec les autres. Ensuite, j’ai été proche de beaucoup de monde, mais je suis trop sensible, et comme je ne suis rien et que je ne fais pas semblant de ne pas le savoir, ils ont traversé mon corps et mon âme avec. Ça me peine, mais maintenant, je me réveille solitaire et me rendort pareil, je ne suis rien. En fait, ça me plaît parce que ça me laisse le droit d’être témoin de tout. Le cœur a battu si longtemps hier soir. Je vois quand même parfois, le soir, un autre rien que moi, et hier son cœur a battu longtemps sous ma main. C’était plus long, plus chaud, plus touchant.
Mais c’est Scarbo qui me mord au cou, et qui, pour cautériser ma blessure sanglante, y plonge son doigt de fer rougi à la fournaise! (Aloysius Bertrand)
le citron, c’est un peu : aciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiid !
François Martin m’a raconté qu’un jour dans l’avion il fit cette découverte extraordinaire transmise illico presto à son ami Jean-Luc Nancy via son portable : ETC. = Eros. Tanatos. Chronos.
Parents ! Eloignez vos enfants ! terrorisme Tourgueniste assassinats Tourgueniste massacres Tourgueniste Au coeur de la nuit Un acte Tourgueniste Lors de la nuit blanche. Exceptionnellement présent à Paris Elles/Ils envahiront un lieu fort connu Afin de le brûler Entièrement et de faire Des photos (moches) du Brasier Et Ainsi Passer à l’Action Directe. Ici, bientôt, les photos (floues). terrorisme Tourgueniste assassinats Tourgueniste massacres Tourgueniste Parents ! Eloignez vos enfants !
Ils grouillent, m’entourent, m’aspirent, m’attirent, me hantent… Perché sur ma couche, le regard fiévreux et la main tremblante, je guette… Le prochain qui pointe le bout de son nez, PAF, écrasé ! Une fois de plus ma joie exultera, une fois de plus l’instinct du chasseur en moi se réveillera ! Et de sa chair, avidement, je me goinfrerais…
Eté que je te hais, toi qui conviens tant aux blattes.
Demain je partirai. Les jours se suivent et se ressemblent. Si je ne pars pas je mourrai là. Un mur nous cache les flots, la Terre et l’Océan. Un mur nous cache et nous efface. Tu m’oublieras dans ce bagne d’enfants. Demain je partirai. Les jours se suivent et se ressemblent. Mon gardien a confisqué ma nourriture. Son chien aime la viande et ses enfants le fromage. Demain je ferai le mur. Tant pis pour les tessons de bouteille. J’ai trop mal au ventre. Toujours ces murs gris et ce béton puant. Demain je partirai.
Piano Mal de dos Des arbres dans le dos Du soleil des épines de pin des parfums d’automne Mal de dos Sombrer s’effilocher s’autodévorer Sentir voir douter craindre Sourire Mal de dos Aquarium
>vous avez des têtes bizarres ce matin A la télé g vu des gens qui faisait chanter les arbres. c t mieux que le « retour de rosetta bis » des frers des ardennes.
Arthur E. Ferdinand: An Analysis of the Machine Interference Model. IBM Systems Journal 10(2): 129-142 (1971)
Recherché pour pré-tentatives de meurtre sur individu hispanophone
Individu potentiellement dangereux, en phase de pré-passage à l’acte Prédilection pour les pré-crimes sanglants, pour les pré-armes blanches Merci de communiquer au pre-politburo toute information concernant ce pré-suspect
quand? Les ombres sur un ventre nu, tordu, rejeté en arrière, oublié puisque ses jambes ont été arrachées. Aurait-il crié si le cou n’avait été brisé d’un seul coup ? Personne n’a rien entendu. Seules les ombres perdues sur ce ventre témoignent de ce qu’on ne saura décrire. pourquoi ? il aura été un gentil garçon, un fils de la terre. Il aura été celui-là –qui a travaillé–qui n’a pas travaillé– j’aurais pu l’aimer ! quand ? de quoi se souvient-on finalement ? ni sa discrétion ni son cri emporté en même temps que sa tête. pourquoi lui a-t-on fait tant de mal ? son sang en méritait-il un autre ? devrais-je mourir pour lui. pourquoi ? il avait attendu une fille, peut-être moi, allongé nu sur un matelas sale sur le sol dans un coin de pièce en carrelage. Y avait-il cette triste musique d’A. Pärt ou un silence encore plus triste ? la fille, peut-être moi, est venue. Je suis venue et je lui ai embrassé les genoux. quand ? ah… je ferme les yeux. maintenant je vois… je vois ce noir, et cette impossibilité de décoder les mouvements. la violence suspendue. ils m’ont oubliée –regardez : j’ai encore du sang sur le poitrail. pourquoi ? je suis restée regarder ensuite. parce qu’ils sont partis. au milieu du désert le sang réunit les membres détachés. le vent emporte le sable. le sable ivre de sang est trop lourd. mais il l’emporte aussi. le reste reste là. il n’y a plus de sable. le désert n’est plus que la désolation de ces restes oubliés. Ai-je aimé ce corps ?
Les personnes qui ont contracté la maladie doivent être isolées, alitées et nourries avec des aliments liquides facilement assimilables. De simples précautions comme l’hygiène des mains peuvent suffire à se prémunir contre l’infection par un patient atteint de forme bubonique simple. Les sujets en contact avec des malades atteints de peste pulmonaire doivent recevoir un traitement préventif à base de tétracycline par voie orale.
Association des Amis d’Ivan Tourgueniev www.amis-auteurs-nicaise.gallimard.fr/html/autgall/02553.htm Activités/Manifestations Tourguéniev et Saltykov-Chtchedrine, 1989 (Cahiers n° 13) Manuel Garcia fils et la naissance de la laryngologie, exposition, 1997 (Cahiers n° 21) (Edifiant).
Observatoire des baromètres tendanciels Etre soi-même Leçon de beauté n°1 : être soi-même Etre plus et être partout Pour infiltrer la jet-set grâce au retour en force de la moustache Et inciter son mec à la débauche en enfilant un T-shirt direct import des US Et assurer grave avec sa paire de baguettes rétractables, et consommer un sushi à toute heure Apprendre à dire « non », même à ses amis Car on n’a jamais autant respecté la vraie nature des femmes Complexion / décomplexion Révélez votre profil hormonal On me dit associable Apprenez à dire « non » Confessions d’un mauvais coup Libérez votre libido Et si je me faisais du bien en arrêtant de fumer ? Ma nature profonde : la liberté Nude attitude Arrêtez le sexy… Mais pas trop, quand même Je ne veux pas être ordinaire Dressing : le style Chloé Delaume Je suis toujours décalée Donner son avis sur tout Belle comme une œuvre d’art Parle le langage de ton corps Dessinez-vous une nouvelle image Ecarts et bonne conduite La notion de poids mental On s’offre une cure de plaisir Qui démêle et prend soin sans alourdir Les gestes qui nous trahissent La plus belle façon d’être moi La petite bouteille qui va secouer ton style Révélez votre beauté naturelle Belle et tonique L’envie du vrai La faute, au cœur des débats Pour de faux
Du sang, des larmes, de la violence, et des filles à poil qui sucent dans un van Wolksvagen comme vous n’en avez jamais vu.
Promis, la semaine prochaine, on essaye de faire plus sexy
(Tu es jeune, catcheuse et tu n’as pas peur de lacher des mandales à tour de bras ? Contacte-moi et toi aussi tu pourras être sur tourgueniev.com) (putain, ça pisse haut tourgueniev.com, moi ça m’épate)
Le Commando Pernod (extrait) Weah des policiers bourrés tirent sur des immigrés Des Bidasse biturés brûlent un handicapé Des vieilles mémés cuitées agressent des vieux pépés Des vigiles ivres morts frappent un clodo qui dort Un beauf plein comme une huître viole sa fille à minuit Un jeune complètement schlass se déchaine au nunchak Une bergère pompette qui joue de la trompette Et un trav’lo poivrot s’branle sur un escargot! B.N.
Jour 3 : L’enveloppe s’est altérée pendant quelques heures. D’abord un engourdissement général produisant une affection de plus en plus prononcée de l’état de veille, puis un collapsus. Après un temps indéterminé, je me souviens avoir perçu à nouveau des séries de petits grattements, suivies d’une voix masculine claire m’indiquant d’ouvrir les yeux. Lorsque j’ai repris connaissance, la bouche était sèche et collante et l’un des yeux avait enflé de telle sorte qu’il était presque impossible de le bouger. En l’observant dans le miroir de la salle d’eau, j’ai pu constater qu’un sérum beige et poisseux s’en échappait à chaque pression sur la paupière. Affecté par cette perte de contrôle inopinée, je me suis rendu de nouveau dans la chambre jaune résolu à prendre contact avec mon protecteur. Les fragments de la lettre brune sont au sol, quelqu’un ayant profité de mon inconscience pour la déchirer en plusieurs morceaux assez larges. Il en reste cependant le contenu le plus précieux. Il s’agit d’une sorte de plaque de plastique sombre reproduisant une mâchoire, en négatif. Sur cette plaque, un cercle rouge est tracé au feutre, entourant une prémolaire ainsi qu’une molaire sur lesquelles apparaissent des traces claires distinctes, certainement des éléments métalliques. J’ai pu constater qu’il s’agissait d’une photo de la dentition de l’enveloppe, pour similaire que sont l’implantation et la forme de certaines racines. Pourtant, sur les dents indiquées ne figure aucun type de complément ou d’ajout comme le montre la reproduction. C’est donc à cela que je dois réfléchir dans les prochaines heures.
… boulot le téléphone sonne classique je baisse le son de Stereolab je décroche des crachotements moi : « allo » putain, encore un portable… des crachotements et un bruit sourd, genre turbine moi : « allo ? allo… » une voix noyée dans le bruit : « …fugit toma… » moi : « ???? » la voix : « …lavae fugit toma… » des crachotements toujours, le son sourd tourne à l’aigu j’éloigne mon oreille, ça raccroche je raccroche j’ai peur… boulot again …
Je me traîne sur les sols en pierre, poursuivie par l’oubli et le manque. Ils me poussent jusqu’à la terrasse, où m’attend mon fantôme délaissé que je reconnais pourtant. Ma bouche trouve son oreille ; je peux parler des mots et oublier les gestes… son mon corps tremblant la chair se tisse sur le vide. Moi hantée par des restes, lui rempli par mes fantasmes, les deux transpirent sous un soleil de plomb, où est partie l’alcôve où jadis les amants s’entrelaçaient ? Il ne reste que deux amas de muscles cisaillés par des nerfs convulsifs. J’ai extase dans la tête, mais les mains se crispent, attrapent un rien, et C’est l’électricité qui baise l’air : aucune forme pour remplacer la frustration d’un coït interdit.
Tu dis : affronte ton contraire, je suis dÕaccord avec mon image, le nŽgatif de ce corps, de ces lettres indŽchiffrables, pr�t ˆ considŽrer sans prŽavis quÕun regard ˆ rebours de soi est une expŽrience nŽcessaire avant la traversŽe vaillante de la vie, de lÕesprit, des villes, des affaires de la citŽ. Au moment voulu, les responsabilitŽs tant attendues seront lˆ. Tu ne peux encore tÕengager car les qualitŽs ne sont pas rŽellement mise ˆ jours ; parfois tu devines une possibilitŽ, une pose, un style, mais le lendemain, parceque tu es volage, tu troques cette impression contre une autre, dont tu dois assumer le fonctionnement pour en retirer plus tard le bŽnŽfice escomptŽ. On appelle �a papillonner. Les intellectuels ont para”t-il des aspirations ˆ lÕaltitude. Nous rŽduirons leur qu�te ˆ une approche timide de lÕair, du vent surtout. LÕinconsistance a toujours ŽtŽ lÕŽcueil dans lequel souvent tu tÕes senti piŽgŽ. La sŽduction de lÕabsence de sens ? Bien, mais ce projet doit trouver une forme intelligible. Contradiction Žvidente donc douloureuse ; Voilˆ que tu nÕacceptes pas �tre dŽpassŽ et conduit dans lÕangle mort de ton travail. O� va-t-il ? NÕest-ce pas seulement le mouvement quÕil rŽalise qui tÕintŽresse ? SÕil avait tout ˆ coup un nom, tu ne dŽsirerais pas continuer. Vers qui ? (Toujours la probl�me de lÕadresse. B. Parle du Ç couillon de lecteur. È) Tu tÕinventeras spectateur dŽtachŽ de ta production.
ce soir la nuit est triste et il regarde par les fenêtres des voisins en pensant à lui. il y a encore son odeur dans les draps mais il ne viendra plus. il n’attend rien, il n’a pas envie de pleurer, mais il sait que c’est à cause de lui qui est parti. il ne le reconnaît même plus dans le miroir.
beaucoup de sang attachée à une chaise je prends la première balle de ping-pong je m’approche ta bouche est maintenue ouverte par une pince métallique tes dents sont sciées gencive limée je glisse la première balle de ping-pong et la pousse sur la gauche une deuxième balle tes yeux affolés – du calme ! tes dents saignent encore pas mal mais la morphine tient la douleur à distance j’insère la deuxième balle sur la droite je ris de bon cœur un rire franc et chaud qui contraste avec la cave glaciale je passe à la vitesse supérieure et c’est deux balles que j’insère une en haut et une en bas tu suffoques un peu c’est de plus en plus grotesque on dirait un écureuil tout rouge à mourir de rire
Mon coeur saigne. Chaque jour. A chaque pulsation. Le sang est envoyé dans les artères et il fait le tour de mon corps. Le sang empoisonné fait le tour de mon corps. Imagine-toi mon corps nourri par la pourriture. Ma main est faible. Mon regard perverti par le mauvais sang qui y est injecté. Ce sang-là ne se transforme pas en vin. Tu ne le boiras pas. Tu ne mangeras pas mon corps. Chchchut… Ecoute… mon pouls, c’est ma mort qui avance.
Evitez d’éviter. Faites semblant de faire semblant. Arrêtez d’arrêter. Fuyez la fuite. Soyez prudents avec la prudence. Détestez détester. Abstenez-vous de vous abstenir Aimez aimer. Lachez-vous quand on vous lache. Lachez-moi quand je me lache…
Cette nuit, profitant se l’obscurite du courant d’air frais qui reveille la ville occupee a s’oublier sur un bord de fleuve, je monterai a la force de mes mains pour la deloger, la pousser dans le vide apres l’avoir serree dans mes bras, ma femme froide et silencieuse, enveloppee de sa robe immobile. Je lui volerai sa lance et je ne bougerai plus, du haut de ma tour rose poussiere je serai rigide comme le bronze, et le regard lointain, je serai hors de portee du monde. Alors, je fermerai les yeux, mon coeur doucement ralentira, et je pourrai enfin retrouver le sommeil.
17 avril 1836. Les bras blancs de G. Elle me sort de la torpeur de l’éther pour affronter la pluie qui cingle les pavés de Petersbourg. Le ciel les lèche à s’en rendre fou. Nous marchons le long des restaurants. La nuit est écarlate. Je perds G à la sortie du théâtre, c’est une anguille. Je bute sur T, il a l’air enchanté de ce Revizor mais le murmure de la foule détrempée a plutôt un parfum de scandale. En tout cas il n’a pas vu G. Dans mon état, impossible de me lancer à sa recherche. Je me décide à rentrer chez moi quand un fiacre s’arrête à ma hauteur. C’est elle.
je sors du cinéma et c’est fini. alors je rentre, toute seule, alors que j’étais rentrée, pas toute seule. je rentre, clap clap clap, un enfoiré me vend des cigarettes, dieu qu’il est désagréable, je rentre clapc lapc lap. je rentre presque dans des gens heureux qui sortent d’un restaurant, j’en connais une, un autre me connaît (‘c’est toi qui parle espagnol? on s’est vu aux étages dans le marais’. rien à faire on ne s’est pas vu, il m’a vue). je rentre clap clap pataclap clap clap clap, je ne rentre plus seule. parce que nous allons boire de la vodka, oui oui oui. à la maison, zubrowka attend. et il faut le dire, zubrowka me mélange les jambes, et me donne chaud. je rentre maintenant, clap clap de nouveau seule, je monte des escaliers, je rentre dans mon appartement, je rentre dans mon lit, dans mon livre, dans mes rêves………
longtemps cru que l’écriture n’avait rien a voir avec eux alors je tu nous ils remplacent le mot par l’image Je regarde ton image Je ne la décris pas Je ne l’écris pas Je désamorce la bombe et n’aime pas ce texte.
2 Autrement ditje l’aime un peu plus
Trouver mes amis un vrai problème et vite, si possible sans aucune solution pas de miracle, surtout pas, au-dessus de nous rien ne compte, pas encore le poids des autres lettres intimidantes, je jouis parfois d’une liberté quasi musicale qui se gausse du sens dont je connais jamais la progression, si, en relisant, oui mais plus tard, quand enfin je suis passé a autre chose, au piano par exemple sur lequel je dessine des majuscules sur chaque touche et je suis heureux good night. (Joué aria des variations goldberg devant un chat et le portrait de l’océan, muet comme une CARPE & comme BACH).
Ce soir, je sors, cela vaut mieux pour vous, femmes inconnues.
« N’hesitez pas, de toutes les facons, a m’ecrire : il n’y aucun tragique dans le mail – ni guere ailleurs, du reste. tant mieux ou tant pis, nous sommes voues au melo. Ne pensez pas trop a Blanchot ou Artaud : on ne s’invente pas un destin – et (lisez Daniel Oster : La gloire, ou encore son dernier dont j’ai oublie le titre) quand bien meme, l’aureole ne doit pas aveugler sur la fabrique – pardon d’etre brutal. mais il importe de rapporter cette aventure a son ouvrage. quittez le mythe que tant s’emploient a vouloir frauduleusement encore endosser, les paresseux. »
Je croyais tenir une binette mais non, rien, que des boulettes infinies, ou presque, des gencives de porc de marrons glacés grêles comme des billes de barque à l’eye-liner de l’escargot sauvage, je croyais avoir sifflé des pots de confiture mais non rien, juste des caleçons longs qui fusillent mon polype, non, deux miradors blasés, qui ne daignent même pas me poursuivre, je croyais goûter des bikinis mais c’était le castor épileptique de la moquette qui dansait sur les gaines de contention et dessinait des étoiles éteintes, je croyais que tu m’aimais.
Irrationnel, édredon-barré, souvent accidentel, jamais vraiment volontaire : le tourguenisme. Vous ne nous croyez pas à l’intérieur de lui, cependant, l’un ou l’autre.
merci appuyé à l’inestimable Igor Tourgueniev, fabricant des cathédrales de l’homme de la compagnie des allumettes…