Der arme Mann Es mir nun mal nicht antun kann. Vor seiner gröblichen Palette Zerstreut in mir sich jede nette Aussicht ins Leben. Ach, wie kalt hat er sein Lebenswerk gemalt ! Er malte, scheint mir, nur zu richtig. will jemand sich ein wenig wichtig vorkommen in der Ausstellung, so wird ihm bang vor solchen Pinsels Schwung. Schrecklich, wie diese Aecker, Felder, Bäume einem des Nachts wie klob’ge Traüme den Schlummer auseinanderreissen. Hochachtung immerhin vor heissen Kunstanstrengungen, beispielweise vor einem Bild worin im Irr’nhauskreise Wahnsinnige zu sehen sind Den Sonnenbrand, Luft, Erde, Wind gab er ohn’Zweifel prächtig wieder. Doch senkt man bald die Augenlider vor so selbstquälerischer Stärke in doch nur halbbefriedigendem Werke. Zu grausen fängt’s ein’an, wenn Kunst nichts Schön’res kann, als rücksichtslos ihr Müssen, Sollen, Wollen vor schau’nden Seelen aufzurollen. Wunsch, wenn ein Bild ich seh’, liebkost zu werden wie von einer güt’gen Fee, geh, geh, adee ! Rober Walser
changer enlever les lambeaux de mon existence passée raper contre les murs de béton la chair tendre et fraiche de mes illusions passée laisser couler les fluides inutiles le long des caniveaux gluants de certitudes se vider des souvenirs et de la mémoire qui pèse hachée menue impitoyablement broyée.
La phrase de la journée : « J’offre mes services aux hommes qui sont intéressés par la lutte mixte ou encore, qui sont adeptes de belles femmes musclées. » Geneviève Fleury, lutteuse
MATIN (qui ne recouvrira rien) « Fais en sorte que je puisse te parler. » Blanchot. Rhume métaphysique (aspirine et vérité, vite).Sortir de la « stratosphère du verbe. » Matin « pluie d’une aurore mêlée. » Tout traverser, vite. Littérature ? » Nous n’avons rien à voir avec L. mais nous sommes capables de nous en servir. »
* Le moment improbable où il faut tout revoir, considérer à nouveau nos phénomènes adorés. Des mots cruels, « Tu as été élevé à un manque d’amour. » Pasolini. *
Et puis il y a la tentation du désœuvrement. Quelques temps après, la mort. Douce plutôt.
*
— Les expériences se rejoignent-t-elles quelque part ? — Finiras-tu par te taire ?
*
» Je n’ai jamais été mis en vie. » Bernard Lamarche-Vadel.
*
Comment nous avions regardé ensemble la photographie d’une femme derrière une vitre, sur une terrasse et qui regardait la mer. Le verre opaque, la figure enfin tracée. Tu as dit : c’est là où je veux aller, c’est elle que je veux être.
Il manque le visage de l’image, son centre nerveux, sa blessure. J’ouvre la page sans la tourner. Il faut du temps pour aimer, travailler. Et demain, je pars en Italie. Questions d’images, de rencontres, de minuscules pensées lancées dans le temps qui efface ˆ mesure que je parle, que je vois, chacune de mes participations ; une éloge en fome de caresse. Je ne me crois plus parfois capable de grandes choses. Mais dès que la sensation d’etre oublié revient, que je ne prends aucune a la vie des folies, je recommence a vouloir exister, si ce verbe fonctionne encore. J’ai donc vu mes raisons de voir encore des choses, quand l’énergie se découvre dans l’oeil aimable d’une femme, d’une image pour le sud de la pensé, l’Italie par exemple, puisque je pars demain matin.
« N’hesitez pas, de toutes les facons, a m’ecrire : il n’y aucun tragique dans le mail – ni guere ailleurs, du reste. tant mieux ou tant pis, nous sommes voues au melo. Ne pensez pas trop a Blanchot ou Artaud : on ne s’invente pas un destin – et (lisez Daniel Oster : La gloire, ou encore son dernier dont j’ai oublie le titre) quand bien meme, l’aureole ne doit pas aveugler sur la fabrique – pardon d’etre brutal. mais il importe de rapporter cette aventure a son ouvrage. quittez le mythe que tant s’emploient a vouloir frauduleusement encore endosser, les paresseux. »
« TOURGUENISME, n.m. : Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée ou de son absence. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. »
Le bruissement du monde a coté de nous . Sil avait fallu choisir, cela aurait été peut-etre le passage d’une vespa, ou une conversation entre un homme et une femme derrière le mur de la chambre ; vous aviez pensé : « Les murs parlent ». Des murmures glissaient le long du crépis, des voix chuchotaient un secret, et nous avions décidé de ne pas nous renseigner si la pièce a coté était habitée. Facile de déflorer l énigme car tout pouvait etre blanc, noir, vrai ou faux. Votre visage calme, associé a la durée ; voila la terrible figure qui déliait chaque jour ses contours et m’impressionnait au point de ne plus savoir ce que je cherchais. Que ma voix puisse résonner contre votre peau, qu un échange se produise, que nos paroles soient fécondes et multiplient le temps de nos journées. Voila ce que j’espérais, voila ce qui vous effrayait. Aussi vous aviez rappeler l’existence d’un verbe de notre langue mais qui n existait plus ; c’était le mot « espérir. » Je crois avoir pleuré tant il était poignant et si proche de nous-memes. 15.08.02
Cette semaine, je bosse pour Gallimard, on prépare le site d’une écrivain. Sur la page d’accueil, il y’a une citation de l’écrivain en question, sans doute à propos de son dernier roman la chambre
… on était deux puis trois puis ils étaient deux et moi un … perdus mes chaussettes avec des chats, une culotte blanche à triangle et un boxer short la vie c’est qu’une série de pertes. Kisses. … je voudrais avoir des nouvelles comprendre je ne sais pas quoi aller me coucher vite oublier …
elle est rentrée dans le bar sombre tandis que dehors il fait moite, il fait pluie, il fait nuit. on le lui présente, il se lève, en marcel, pour la saluer. elle a envie d’une cigarette [elle le trouve: beau, sensuel, viril, elle ne voit que lui] ils se font la bise debout en se penchant par dessus la table [il pense qu’il la prendrait bien là sur cette table, sûrement, oui peut-être en fait ce n’est pas sûr] ils se rasseoient en se regardant, ils se souviennent à peine des gens autour d’eux, de vagues échos [si elle osait: un pied détaché de sa sandale, et hop pied serpent entre ses cuisses] [si il pouvait allez viens poupée je vais aux toilettes, tu me suis?]
ils se revoient cinq ans après après des trains ratés et des soirées sous les magnolias, ou jamais jamais ils n’ont été seuls. ils se revoient cinq ans après, ils vont dans la chambe au fond elle a envie de pisser il est sous coke il la prend sans ménagement, ça faisait cinq ans, alors les bonnes manières… [il pense: putain, mais pourquoi elle est pas plus chaude cette chienne?] [elle pense: après tant de temps, il pourrait pas attendre des minutes en plus?] il l’a prise, elle se rendort, du sperme sur les bras, sur un coin de matelas, position pathétique elle n’est pas allée pisser elle sort les ongles elle les rentre dans son anus, elle suit la colonne, la peau s’ouvre comme le ventre d’un poisson. pour n’avoir pas su mentir…
vendredi – ce matin pénible, se reveiller, avec la crise irakienne, déguster un bol de lait froid / courgettes trop cuites – me moquer de mon chat si mauvais peintre – essayer de ne pas me tuer avec ces nouvelles chaussures à roulettes – une pensée pour pascal qui dort dans un wagon – je me lave, le charbon ça tache – oneko se lave aussi – il ne sent pas trés bon – je le frotte avec un os de lynx – il ronronne – rrrr rrrr rrrr – lucie sort des toilettes – du sang coule le long de sa jambe – explication : en fouillant la caisse du chat pour trouver son collier en argent, elle s’est coupée sur une lame de scie rouillée – je tremble en l’écoutant – elle rit et me dit qu’il s’agit juste de ses règles et que ça fait chier – je le savais, je dis, mais c’est faux, je le savais pas en fait – bon c’est bien parce que j’avais pas le temps de l’emmener à l’hôpital – elle se fourre sous la douche en cataputant oneko dehors d’un coup de pied – une bise et je termine de m’habiller – je me casse – dehors il fait froid mais comme j’ai des amis, ça me réchauffe, genre feu de bois, et ça m’aide à tenir…
8h55 rue des Abbesses un camion tournant des Bétons de France est arrêté 9h03 rue Antoine des travaux tels que je n’en ai jamais vu et les feuilles d’un Libé étalées sur le trottoir 9h30 quai de Corse un camion des Routiers de France 9h32 devant le Palais de Justice on entend les talons des femmes et un camion de sang passe 9h38 quai St Michel un bateau citerne et un bonhomme vert nettoient les quais 9h46 Bd St Germain un camion de sable 9h52 Bd St Michel une cheveleure magnifique au loin, je crois que c’est un homme, je le suis, c’est énervant je n’ai pas besoin de le suivre nous allons au même endroit, je le double (ruse urbaine) oui c’est bien un homme 9h56 rue de la Sorbonne des faux petits chats qui bougent la tête dans une voiture garée 9h57 l’homme à la belle chevelure et moi arrivons à la Sorbonne. Mon école, je ne l’aime pas, je la déteste: « – Non je ne veux pas aller à l’école! Maman, tu sais, mon nono il est malade aujourd’hui, il a de la fièvre – Emmène-le à l’école – Oh non, il a besoin de calme. Il faut qu’il reste allongé – Laisse-le ici alors – Mais il faut que je m’occupe de lui! » 10h00 mon professeur 11h03 rue du 4 septembre un camion Kronenbourg
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Il poignarde sa compagne, Et s’endort paisiblement, Tandis que ses chiens la dévorent, Tandis que ses chiens la dévorent! C’était la nuit noire, C’était la nuit noire, La nuit noire série noire, La nuit noire la nuit noire!
— Vous ne savez faire que ça ? — Quoi donc ? — Émettre des saloperies. — Qu’attendiez-vous ? — Autre chose. — Fini l’héroisme, les réussites et les virtuoses, et les bibelots. — On a fait le tour du bidon, du ratage, du pauvre, je crois. — Que reste-t-il ? — Beaucoup à faire. — On tachera de faire mieux. — Et plus grand, ailleurs, sans moi.
Plok, l’économie d’aujourd’hui, le monstre de toujours dit : pouf pouf Plok, l’économie d’aujourd’hui, le monstre de toujours dit : je viens de rentrer Misty Berkowitz dit : t’as des relents de raymond barre Plok, l’économie d’aujourd’hui, le monstre de toujours dit : c’est normal, on sort d’un resto de Raymond Barre Plok, l’économie d’aujourd’hui, le monstre de toujours dit : J’en ai mangé d’ailleurs Misty Berkowitz dit : raymond barre au fenouil excellent Plok, l’économie d’aujourd’hui, le monstre de toujours dit :
Misty Berkowitz dit : pouf pouf Plok, back in the sewer dit : quelle ambiance de fête ici Misty Berkowitz dit : oui on a sorti les cotillons Misty Berkowitz dit : pouet Misty Berkowitz dit : pouet Misty Berkowitz dit : aieeeeee pascal arrête pas de m’embêter
… Un phénomène intéressant Cap’tain… Mais je remarque que la peau de ces « tourgueniennes » n’est pas verte et qu’elles ne portent pas de bikinis oranges sous leurs vêtements…
Jour 3 : L’enveloppe s’est altérée pendant quelques heures. D’abord un engourdissement général produisant une affection de plus en plus prononcée de l’état de veille, puis un collapsus. Après un temps indéterminé, je me souviens avoir perçu à nouveau des séries de petits grattements, suivies d’une voix masculine claire m’indiquant d’ouvrir les yeux. Lorsque j’ai repris connaissance, la bouche était sèche et collante et l’un des yeux avait enflé de telle sorte qu’il était presque impossible de le bouger. En l’observant dans le miroir de la salle d’eau, j’ai pu constater qu’un sérum beige et poisseux s’en échappait à chaque pression sur la paupière. Affecté par cette perte de contrôle inopinée, je me suis rendu de nouveau dans la chambre jaune résolu à prendre contact avec mon protecteur. Les fragments de la lettre brune sont au sol, quelqu’un ayant profité de mon inconscience pour la déchirer en plusieurs morceaux assez larges. Il en reste cependant le contenu le plus précieux. Il s’agit d’une sorte de plaque de plastique sombre reproduisant une mâchoire, en négatif. Sur cette plaque, un cercle rouge est tracé au feutre, entourant une prémolaire ainsi qu’une molaire sur lesquelles apparaissent des traces claires distinctes, certainement des éléments métalliques. J’ai pu constater qu’il s’agissait d’une photo de la dentition de l’enveloppe, pour similaire que sont l’implantation et la forme de certaines racines. Pourtant, sur les dents indiquées ne figure aucun type de complément ou d’ajout comme le montre la reproduction. C’est donc à cela que je dois réfléchir dans les prochaines heures.
écouter le bruit de l’eau sur le sable, me fondre dans les bourrasques et laisser mon esprit s’élever dans les nuées et disparaitre
peut être qu’on trouvera mon corps transis de froid et inanimmé face à l’Océan, peut-être qu’on ne le trouvera pas et que personne n’aura l’occasion de contempler mon dernier sourire et de dire son esprit est parti avec le vent
ne pleurez pas ma mort car je vis en tout ne pleurez pas ma disparition car je suis avec vous
mon âme chante pour toujours, l’entends tu lorsque se forme l’écume et que roulent les vagues ?
Bien mariner dans l’alcool toute la nuit Et au petit matin se piquer au dard du soleil Parce qu’il est plus pointu à cette heure-là Et nous plus moelleux aussi En espérant se retrouver A côté d’un oignon sympa D’une courgette gentille D’un poivron rieur ————
R.M.I. … Revenu Mensuel d’Insertion … Retenue Millénaire d’Information … et quoi d’autre encore ? Je sors de ce bureau, j’ai la nausée… ma pauvreté, le blanc des yeux jaunatres de mon interlocutrice, l’abus d’alcool des jours précédents.
Bref je ne me sens pas bien. Je décide de repartir de là à pied. Facile, pour repartir vers chez moi, allons vers la Seine, c’est par là, çà descend !!!!
J’ai vaguement oublié que sur la Butte Montmartre, comme sur toute butte, l’on descend de tous les côtés. Et au fur et à mesure le paysage change autour de moi : les commerces disparaissent, les immeubles poussent hormonalement, le gris prend place sur tout. Je ne reconnais plus aucun nom de rue, je ne vois plus aucun métro… serais je arrivé chez les sauvages ?
Une station de bus épargnée m’indique enfin que je suis entre Saint Denis et la Courneuve, et je suis heureux d’avoir trouvé un contrat de travail…
Voilà, voilà… Un blog c’est aussi fait pour raconter sa vie. Bon, alors je me lance… Ce matin, dans la poche de mon eternel manteau noir j’ai trouvé une clef avec une etiquette. Sur l’etiquette un seul mot : mort. Ca m’a troublé un petit peu. Je suis allé à la pharmacie acheter mes médicaments pour pas crever. Donc je suis pas mort, pour l’instant. Demain, je vais en voyage à la mer avec mon amie. On va se reposer et essayer de se détendre un peu. Ce soir je vais boire plus que de raison. Ca m’arrive ces temps ci, faut pas en faire une maladie. Sinon, ce matin encore, j’ai vu Caroline Loeb dans une rue, mais elle ne m’a pas reconnu. Je reste l’homme du placard. On couche, on couche et on m’oublie. Enfin avec elle, c’est pas pareil, elle me connait pas, moi non plus, je la connais pas, faut être juste. J’ai trop de tequila dans le sang pour être serein, je crois. J’ai envie de voir tout plein de monde ce soir. Les bureaux sont vides. Reste que Chacha et moi. On va rejoindre les autres à la Folie, je pense. Ca devrait être plutôt un bon début. Donc, ce matin, encore encore, j’avais un indien, genre Géronimo, assis à coté de moi dans le métro, ça semblait pas du tout troubler les gens, moi un peu, je repensais à la clef M-O-R-T. Hier Tétard était triste, rapport à des histoire de zicos que j’peux pas entraver. J’avoue, j’ai un peu envie de cul… L’indien ce matin c’était louche parce que ses yeux ils étaient plus là et qu’il les tenait dans ses mains ouvertes posées sur ses genous. Il restait là très calme. Il respirait à peine. Un brâve.
my left foot is a rascal but i love it like a fool petite pièce minimaliste à jouer dans un sanctuaire incas en Amérique du sud
personnages : Albert Jiron (un homme pas bien grand) Gina Jiron (une femme pas bien grande) Sylvie Jiron (une fille pas bien belle) Honoré de Balzac (un grand homme) le Choeur Antique (2000 incas authentiques chantant en mandarin dans le fond de la scène et répétant les dialogues en coeur après chaque réplique)
Acte 1 : Scène 1 : Un sanctuaire incas en Amérique du sud
Albert Jiron : – Je me sens un peu balloné. Gina Jiron (pensive): – C’est l’altitude, chéri, ça va passer si tu pètes. Albert Jiron : – Je ne suis pas convaincu. Sylvie Jiron : – Là, sur ma gauche, quelque chose de terrible se passe. Albert Jiron : – Et cette enfant est si lourde, dieu, si lourde ! Gina Jiron : – Sylvie, cesse de jouer avec les momies, le Choeur Antique nous regarde bizarrement. Sylvie Jiron : – Tout est si lourd… Gina Jiron : – Tu l’as toute débalée, stupide imbécile d’anarchiste merdique trop gatée. Que va dire le Guide du Routard. Petite vicieuse, ton père matte tes fesses. Albert Jiron : – Cette momie, elle me semble êtrange. Elle est si grande… Honoré de Balzac : – Arrrrrgh. Le Choeur Antique (seul cette fois) : – Arrrrrgh. Albert Jiron : – Elle est morte, Gina. Tu peux la lâcher. Gina Jiron : – Tout est si futile…
(Les textes laissés ici ne sont que les contours du travail. Profitant de l’été, du temps, le projet a quelque chose à voir avec une exténuation : jusqu’où aller en proposant des objets, manipulables, interchangeables qui pourraient tout à fait se retrouver un jour ensemble.)
Un soir où même les plus chouettes sortilèges ne fonctionnent plus. Un soir où on se sent usé et on ne distingue plus aucun présage. Un soir où l’avenir proche devient flou et on ne lit plus les pensées. Un soir idéal pour commencer de longues, longues, longues… vacances.
Il faisait un peu gris, le 8 juin 1997 à St-Jean de Maurienne. Mon sac sur l’épaule, j’ai tourné le dos à mes amies. Plus jamais je ne remettrai un pied ici. Sais-tu pourquoi mon beau-père me déteste autant ?
Mon ami Henry Lee Lucas me spamme : Je me suis servi d’armes à feu, j’ai étranglé, j’en ai écrasé avec une voiture. Et puis, avec Ottis Toole, on en a pendu deux ou trois. D’autres fois, mais c’était plus rare, je me suis servi d’une grosse pierre et on en a crucifié quelques-unes. Les victimes étaient choisies au hasard. Une opportunité et « hop ! », c’en était fini. Juste comme ça (il claque des doigts). Mais il n’y avait pas de choix délibéré, pas de raison spécifique, ni de question de race. Non, rien de tout ça. Vous savez, pour moi, une victime chassait l’autre. Elles étaient anonymes, comme si elles n’existaient pas. Des ombres, des fantômes en quelque sorte. Mais pas des fantômes qui revenaient pour me hanter, comme on lit dans les romans. Dès que je laissais le corps d’une de mes victimes, je l’avais déjà oubliée.
satanée nuit noire où se noie l’espoir de te revoir; dans mon peignoir je peigne mes cheveux en me regardant dans le miroir; et derrière moi les meubles dans leur terroir, l »ombre, l’ombre longue et brune. pleure, pleure, en mon sein il y a la place pour ce que tu pleureras, reviens, tapi sur un siège caché à mes yeux, épie, épie moi mes gestes et mes erreurs d’intimité. chut… silence pour mon souffle, je ne veux rien entendre. rien. tu es cadavre dans le noir. ah ah ah joyeuseté d’un jour de mai!
– Tourgueniev, notre héros Montre-toi si t’es pas une grosse supercherie !! Il paraît que tu te prononces avec un « é », parce que tu aurais des origines gnagnagna … Alors je vais te dire espèce d’emmerdeur : vu l’heure qu’il est ton « é » tu sais où tu peux te le carrer. Avec « ER » à la fin. Et maintenant j’aimerais dormir. … – t’es énervé ou quoi ?! – nan, nan c’est comme ça histoire de pas rester zen tout le temps quoi. Je casse mon image. – ah oué ? ‘tain, t’as de ces idées des fois ! je t’admire, tu sais. – oué, oué, ça va. Allez, bonne nuit.
Ah !! Mercredi, enfin… Le jour des enfants… On se dit que tout va être plus bleu, plus doux, plus tout… En fait c’est comme hier, mais on a un jour de plus… Vous me direz, 28 ans et un jour de plus, c’est pas bien grave. Mais quand même, on le sent un peu, ce jour de plus, là plus bas… Il taraude, il gratte. Oh, rien de grave, juste un jour de plus. Foutu mercredi…
Réduis l’étude sans inquiétude, seul ou accompagné de flatteurs. Les uns se débarrassent de quelques « quelle bonté est accompagnée de mal ? » Les autres se débarrassent de « quels hommes et quels endroits craindre ? » On ne peut pas ne pas craindre les endroits incultes, où il faut presque mendier, en effet ! De nombreux hommes sont brillants et florissants, comme s’ils jouissaient de la plus grande écurie, comme si l’amour montait sur scène. Moi seul suis à l’ancre, comme en attente d’un signe, comme le fils nouveau-né, pas encore enfant, qui accumule et entasse, comme s’il n’avait pas d’endroit où retourner. Tous les hommes ont des surplus, moi seul suis comme un perdant. Je suis un idiot, dont le cœur aussi est confus et chaotique ! L’homme commun brille et illumine, moi seul suis un crépuscule sombre. L’homme commun examine et observe, moi seul m’ennuie et déprime, calme comme la mer, un vent fort qui ne s’arrête pas. Tous les hommes ont un usage, moi seul suis bête comme un village isolé. Moi seul diffère entre les hommes, mais ma mère est un précieux repas. Laozi
« être près de toi et t’aimer toujours être près de toi et t’aimer d’amou-ou-ou-our
peut être qu’un jour toi, tu m’aimeras peut être qu’une fois tu m’aimeras d’amou-ou-ou-our
on se touchera ça te troublera tu gémiras d’amou-ou-ou-our
on s’embrassera ça me troublera pour toujours on sera rois ! »
… Nikolaï chantonne encore cette vieille comptine de Lo alors que les trois envoyés du conseil de la ligne quittent la galerie. Ils se débarrassent de leur matériel et se quittent. Nikolaï restera à l’abri, Natalia regagnera Gardune à pied et Tourgueniev ira à Gardel faire son rapport au correspondant local des services spéciaux …
Bits of dreams rush / Something is falling over / The window borders on orange / When the night in day changes / Entre deux temps un rien trop tard / Un rien trop tôt et je m’égare / La fenêtre tire sur l’orange / Quand les démons laissent place aux anges / The sun relieves the moon / Colors mix on the mound / The window borders on orange / When black with red blends / S’achèvent les sombres errances / Dans les parfums de rosée rance / La fenêtre tire sur ma vie / Tu n’es pas venue cette nuit / lalalalaaaa
Elle se balade dans la rue L*******, la petite Lucie, avec sa poupée de chiffon qui se laisse séduire pour un oui pour un non. Elle chantonne en regardant le square ou d’autres petites Lucies s’amusent aussi sans elle. Ses yeux sont un miroir, autour d’elle elle entend rire ses petites amies, mais elle est triste la petite Lucie. Elle serre fort sa poupée de chiffon dans ses bras, et par la main elle l’entraine dans la petite ruelle, où elle s’assied sur une marche pour regarder ses sandales. Elle étouffe un sanglot, la petite Lucie, elle aimerait bien ne plus porter sa petite robe bleue et être plus grande pour pouvoir aller dans le square rigoler avec toutes les grandes Lucies. Elle l’explique à sa poupée, mais la poupée la regarde avec le même regard en boutons, et ses cheveux de laine délavés. Comme c’est une méchante poupée, elle la jette par terre loin sur les pavés, dans une petite flaque d’eau de pluie. Alors je ramasse la poupée et je la ramène à la petite Lucie. Et je la serre très fort dans mes bras.
la femme s’évanouit dans un éclat argenté, elle gagne à toute vitesse un trou béant dans la galerie où s’enfonce le torrent et disparait. Après être resté interdit près d’une minute, Nikolaï se risque à parler :
– « on aurait dit un poisson, cette femme »
Tourgueniev et Natalia se regardent avec des yeux ronds un instant et répondent en choeur :
– « un quoi ?!! » – « une de ces choses à écailles qui vivaient dans les grandes eaux vives, autrefois, un peu comme ces choses qu’on devine sous la surface et qui brillent, là ».
Natalia part en éclaireur dans les diffèrents tunnels qui s’enfoncent dans la terre autour du torrent et de la galerie principale. Nikolaï réalise des prélévements d’eau et tente de capturer l’un des animaux qu’il nomme poisson. Tourgueniev sort les documents officiels qu’il doit remplir pour completer son rapport au conseil de la ligne. Dans la case « nom proposé pour la concession », il indique « dame-poisson » puis biffe cette mention et inscrit : « Poissonière » …
Bon, jeudi encor’ Se lever et me retrouver seul face à face Avec toi qui Ne me demande rien d’autre que d’être Là, et Moi qui ne me laisse pas faire, pas griffer, Pas hypno- Tiser par tes cris plaintifs Si attendrissants et si Doux Je t’aime déjà Je crois Mais toi m’aimes-tu ou aimes-tu ce regard que je porte Sur toi, Tu ne réponds rien, et tu cries encor’ Jeudi, j’aime !
Je me retourne, cette exclamation en pleine rue fauchant toutes les pensées qui s’agglutinaient lamentablement dans la partie la plus endormie de ma cervelle somnolente
Derrière moi, à quelques métres, se tient un clodo -pardon un sans domicile fixe- de la plus pure espèce, souriant de sa bouche édentée
La suite, un café, une longue discussion à batons rompus et une journée qui commence bien.
on vous appelle à manger. prudence, ne montrez pas que vous ne voudriez pas y aller, et que suivre l’heure vous fatigue. le soleil se couchera bientôt, il y aura l’heure de dormir, mais aussi l’heure la plus facile pour ne pas faire sans se faire avoir. vous pourrez lire sans être vu, gémir sans être entendu, vous pourrez boire sans qu’on le sache. et même peut être, sortir? demain on vous réveillera, il sera l’heure de travailller; soyez courageux, c’est là-bas le plus difficile. il faudra que personne ne devine que votre intérêt n’est pas le même que celui qui vous emploie, que vous avez de meilleures aspirations, que peut être vous pourriez être un autre. ne les laissez pas vous regarder et ne leur parlez de ce que vous faites après le travail. respirez, attendez, écoutez ce qui se trame. là-bas dans un autre pays, un corps a explosé sur un parking. patience, le vôtre cicatrise.
L’actif Romantique Il est de gauche, et artiste dans l’âme. On voit bien qu’il fait tout pour s’excuser de la taille de sa bite. Comme le sublime Chad Hunt, on lui confie souvent la seule bonne scène d’un film nul. A deux doigts de la versatilité, qu’il n’atteindra jamais, il peut se faire bouffer longuement le cul avant de retourner son partenaire. Sa féminité ne l’effraie pas. Paul Newman est son modèle.
oui-oui et la belle petite voiture rouge j’ai une nouvelle voiture avec laquelle je me sens bien, vraiment un homme, elle ne roule pas si vite que ça mais elle est rouge et ça ça compte pour moi le rouge c’est une jolie couleur et quand j’écrase un gamin ça fais moins de frais. Pas bète, non ?
s.o.s…s.o.s…s.o.s…s.o.s…s.o.s….NYC: le pot de Ben & Jerrys est a 2$ et j’ai des Shaolin Kung- Fu Shoes Roses (existent en noire, bleu, mauve, vert, rouge, orange, dans toutes les tailles pour 4$, je crois que je vais me lancer dans l’import-export). Lancons des aujourd’hui la Shaolin Kung-Fu Shoes Company!
Hé ! Vous ne me connaissez pas, mais vous aimeriez danser avec moi, vous aimeriez coucher avec moi, ça serait bon et ça changerait votre vie à jamais … et pourquoi pas ?
Faire l’image au plus vite, vivement. Ecrire dessus une légende, un texte. Savoir qui écrit et celle qui va lire. Au moins, la prose est au-devant d’une femme.
Cela élimine un certain nombre de gêneurs. Les états civils sont encombrants, certes. Mais la privation pose d’autres difficultés. Légères gênes solitaires.
A qui suis-je en train de penser, sinon à vous-même ? J’évoque tout de suite l’insuffisance du procédé, et son manque de finesse. L’insistance a la part belle de l’entreprise. Je vous rends l’image. Je n’y figure pas. Comment pourrais-je ? Je la fabrique. Il y urgence, je pense. J’ai été photographe, mais il y a longtemps. Une générosité : c’est le mot qui s’écrit sur l’image, et le reste défile sur l’écran blanc.
à vous
(correspondance/deux/chapitre/comment je me figurais l’autre/comment la rencontre et pourquoi la rencontre/recommencements/ autologie/anticipations/public & privé/vies/politique oblique/nubile et humide/dragues/commentmontrer/faire/penser/vivre/interface/inter-fesses/ retour paniqué de l’aura/critiques/impudeur/inconnues/infini/monde discret /intime & ignoble/amis et cochons/prévisions /comment je m’étonnais de m’étonner/tous les jours/une à une/réveils moyens/recommencements/retour paniqué de Laura/correlats/image-nique/recommencements/devenir fou/ écrire /parasites/éloges/aventures/ audaces moyennes/image/vraie/origine/recommencement /comment j’accumulais les bourdes/)
Oh toi pornographe anonyme N’oublie jamais pour qui tu fais cela Celui qui guide tes pas dans la neige Et ton coeur dans la tourmente Merci à toi Mr T.
je suis désolée de ne pas être plus près de tes rêves. à toi seul peux tu seulement remplir le vide immense de ton absence? si je pouvais entendre le bruit d’un cheval au galop je tournerais la tête et mes cheveux me suivraient
Et pourtant, une larme sort encore comme au premier jour, comme a nouveau une emotion premiere au fond du ventre, au fond des poumons. Je ne sais pas bien ce que mes doigts me dictent, le soleil ecrasant, l’odeur des chevaux immobiles sous un plomb liquide l’ombre du Giraldillo sur un aveugle promettant des millions, toujours Seville, des annees apres, et toujours un corps traverse de composes chimiques, comme avant, comme a Seville, immobile, rien n’a change.
Yo quiero Sevilla, y Sevilla tiene una cosa que solo tiene Sevilla.
Depuis toujours le jeune homme sentait peser sur lui le noir regard de la Deesse. Ce soir il la défiait à nouveau en mettant le masque d’or : le splendide instrument de sa destruction seul pouvait détourner quelques temps la malediction de Venus, il rendait superbe, magnetique et brillant. Son pouvoir se nourrissait des coeurs que brisaient son porteur, de la magie qu’il pouvait voler aux malheureux qu’il rencontrait, de la seve des âmes, en commençant par la sienne propre. Il avait essayé de ne plus porter le masque. Pendant quelques temps il reussissait à arpenter la scène de sa vie sans trop de douleur, puis l’éclat d’un regard, un sourire qui ne lui était pas adressé lui rappelaient comme il était seul et sans amour. Il pleurait alors interieurement pendant de nombreuses journées sous l’emprise du masque : comme il aurait été facile de l’enfiler à nouveau pour conquérir ces yeux, cette voix qui l’avaient fait defaillir. La lutte était terrible et derrière ses yeux bouillonait la tempête alors qu’il combattait les images luxurieuses de son théatre intime : langues audacieuses, etreintes felines et râles humides… Tous le hantaient, chaque jour un peu plus, puis n’y tenant plus, il enfilait le masque et partait chasser, conquèrir et briser les âmes comme un dieu vengeur offensé eut pu le faire. Le masque l’affaiblissait peu à peu : de menues maladies, des taches sur sa langue, des défauts d’audition furent les premiers signes. Sa peau sous le masque prenait une teinte jaunatre et ses yeux s’enfoncaient dans les orbites d’un visage emacié. Il tirait une énorme fierté d’être l’ennemi d’une deesse et d’être parfois victorieux. Les quelques concessions qu’il dut faire ne donnerent que plus de prix à ses victoires éclatantes, aux chatiments qu’il imposa aux serviteurs de l’amour, de toutes ses forces. Et s’il perdit progressivement ses cheveux et ses dents, si sa vue se brouilla… jamais sa mémoire n’oublia l’exaltation du champ de bataille et du sang répandu.
Ceci n’est pas un Haïku J’irai taguer sur ta tombe à la bombe lacrymo J’irai niquer le croupion vaginal des officines Je me laverai les mains des incidences Je me montrerai sous mon meilleur jour Mes textes seront très beaux Mes lêvres plus charnues Mes mains sur ton corps Et ma langue sur tes cuisses Jalouse, tu ne me repousseras pas De dédain, je me lasserai de toi Et ta jeunesse se fanera d’un coup Comme oubliée Chhhhh
(( Ah te voilà ! J’ai mis du temps mais je t’ai enfin retrouvé. Qu’est-ce que tu fous dans le monde réél ? Tu prends des vacances ? Tu sais bien que ce monde n’est pas pour toi ! Tu n’as rien à y faire… Tu veux jouer à la vraie personne… mais tu ne ressens pas comme un décalage ? Allez, reviens vite ! ))
Il n’a pas ramassé beaucoup le gitan au blouson usé et son accordéon branlant ne sonnait plus que d’un côté mais ces chaussures de maquereau cirées brillaient comme une cathédrale je lui aurais bien donné mon cœur
Une île, les vacances de Pâques, il y’a bien longtemps Un camp scout, éclaireurs en fait, une légère nuance Me retrouver perdu, isolé pour quelques minutes Entre les rochers, la mer en furie et un sous bois profond « Brocéliande ! » dis-je Un instant magique, propice… Un rayon de soleil traverse le feuillage et m’entoure d’un halo bienveillant « Sortez créatures magiques, n’ayez pas peur, je suis des vôtres, montrez-vous à moi » Rien ne bouge, le vent se lève, je suis seul Je patiente, recommence à appeler, à implorer Personne ne s’est dévoilé Des cris pas loin, les autres, je sors de ma transe Ils me cherchent En larme, je les rejoins Ce jour là, j’ai beaucoup trop grandi