Attention, cette page va bouger

Envie de jouer partout partout,

de se raser pour se reconstruire plus loin,

plus de mémoires qui dérangent.

TOUT VA BIEN SUR MA PLANÈTE:

petite histoire, je vais aux toilettes toute seule

(…)

Now he’s gone. I don’t know why

And till this day, sometimes I cry

He didn’t even say goodbye

He didn’t take the time to lie

Bang bang, he shot me down

Bang bang, I hit the ground

Bang bang, that awful sound

Bang bang, my baby shot me down

Nancy Sinatra / Kill Bill Vol1

Bang-Bang / (my baby shot me down)

Old par Gu. le 09 Fév 2004

a la demande générale…

on frise le raie-dix-cul…

Et hop

Old par ... le 19 Déc 2004

frOm the sky (…)

luVer's umbrella    
  cycloneye  
    zondS maziKs
Old par Gu. le 30 Jan 2004

Report d’audience

Entre toi et moi

Il n’y a qu’un miroir

Mais derrière tes photos

Il n’y a pas ce à quoi tu tournais le dos

KRUG

Effet spécial

le récitant : je me dégonfle…

Old par igor le 12 Avr 2004

le récitant : dernier jour.

Old par igor le 12 Avr 2004

[…] Douche froide. J’émerge pour de bon. Je ne suis plus dans mon film

quotidien un peu bousculé. Pilote automatique déconnecté. Déchirure de

pellicule, je regarde le paysage par la fenêtre avec une acuité retrouvée :

les gens qui marchent dans la rue, faute d’avoir trouvé une place dans le

tram, pour trouver un moyen d’aller travailler. Une fille de mon bureau

dans la rue. Je mets le son : on ne parle que de cela tout autour de moi.

Merde.

Une bombe a explosé entre Paveletskaia et Avtozavodskaia, la station

d’après […] ça a eu lieu vers 9h, à la station ou je m’arrête tous les matins.

J’aurais presque pu y être. […]

(post-report from Mockba par Else-A)

Igor, Grishka, Nicolaï

3 petits Tourgueniev

et puis s’en va


Old par -- Zan le 14 Avr 2004

… héroïque.

Encore trop de champignons

je tombe sans arrêt

en courant parmi les arbres

comme un possedé

c’est tellement humide

on devrait tout bruler


Old par M. Fox le 10 Juil 2004

Jérémie regardait le bonhomme avec un soupir impuissant. Ses yeux commençaient à piquer mais il résistait au sommeil. Il écoutait ce que le petit tourgueniste lui disait:

« Bon, je vais essayer de travailler tout seul mais c’est dommage, j’aimais bien quand on était tout les deux… on a fait du bon boulot avec la scie sauteuse rouge. On a juste un peu cassé la porte… »

« Oui, répondit Jérémie. Mais comme ça, c’est mieux, on voit bien le volant et, si je voulais, je pourrais m’asseoir dedans et conduire. »

« T’es trop petit, fit le petit tourgueniste. »

« J’ai déjà vu mon papa et ma maman conduire. Quand je suis assis derrière eux, je regarde bien entre les deux sièges comment ils font. Ils tournent la clé pour faire partir le moteur et puis après ils tournent le volant dans le sens des tournants. »

« Eh ! t’as oublié les clignotants avant de tourner ! »

« Ah oui, ça fait clic-clac pour dire aux autres qu’on va tourner… mais j’ai pas envie de leur dire où je vais, moi, aux autres… »

« C’est pas très gentil… et puis c’est dangereux… tu risques un accident. »

« C’est pas grave, fit Jérémie en riant, j’irai me faire réparer chez Tourgueniev ce héros. »

Le petit tourgueniste se mit à rire aussi.

« Tu viendras faire réparer ta scie sauteuse, mais pas te faire réparer. C’est le shaman qui te réparerait si tu étais cassé. Il t’emmènerait dans l’ambulance… »

« La blanche ? demanda Jérémie. Celle avec la croix bleue sur les côtés, la lumière sur le toit et le coffre derrière qui se relève ? »

Old par igor le 20 Mar 2004

A

hahahahahahahhhhhhhhhhaa

Old par Gu. le 05 Avr 2004

hum

bon, promis j’arrête.

(quand même il est balèze ce Ren)

Old par -- Zan le 04 Nov 2004

Tourgueniev XP [version5.1.2600]

Copyright 1985-2004 Tourgueniev Corp.

C:\Documents and Settings\spam poetry\Declamation_riverside

I have referal anxiety,

a very small penis,

I am overweight, [and]

Don’t have a college degree.

[but]

I have gasoline, right now, [and]

A Really Cool Blanket.

Age Reversal, [and]

A ten dollar coupon for you.

Check out this girl

I think she’s in love with you

John says…

Dear Antoine,

Two presidential debates and two clear wins. John Kerry is going to be the next president of the United States, and more people know it now than just two short hours ago.

Tonight, George Bush had another chance to make his case to the American people. Again he failed.

* Again, he showed that he is out of touch with reality on Iraq.

* Again, he offered no plan for jobs and no plan for cutting the cost of health care.

* Again, he pretended that our problems don’t exist.

* Again, he refused to level with the American people.

Old par M. Fox le 10 Oct 2004

substancializm

Old par Gu. le 13 Nov 2004

LISAO

QWAQWA, bantoustan d’Afrique du Sud, territoire autonome de 482 km2; 200.000h, chef lieu : Phuthatdijhaba.

Old par To le 12 Nov 2004

$and$the$winner$is

ce qui arrive en fin de compte, ce n’est pas l’inévitable mais l’imprévisible

&

Et Buddy est mOrtel

Old par Gu. le 18 Nov 2004

everybody’s got to learn (italian) sometimes…

kill me or…

Certains oiseaux, ils sont drôles, ils sont capables de renaître de leurs cendres.

(et peu importe la longueur du cou.)

On les appelle des « Phœnix. »

You can ask the dust, because she knows about it…



Par contre avec les humains, ça ne marche pas.

fallait pas rêver, hé



Oui mais , alors dans ce cas, à quoi bon se donner la mort ?


Des nouvelles du front (communiqué du collectif OI, canal hystérique)

J’ai débarqué un peu par hasard dans le petit monde des blogs. Un pote qui m’avait parlé de ça et m’en avait monté un. Et hop, roule ma poule, le petit scribouillard en herbe que j’étais pouvait se faire les dents.

C’était il a y a un bail, déjà. Depuis, les journaux intimes et les logs de geek imbitables, ça a fini par fatiguer tout le monde, leurs auteurs les premiers.

Comme il y en a toujours qui veulent faire les malins, on parle déjà de la ringardisation des blogs. Avoir un blog, ce n’est déjà plus assez pour animer une conversation entre deux platitudes. Connards de blogueurs.

D’autres, plus pragmatiques, essaient de rentabiliser le truc avec leur carnet d’adresse constitué grâce à la blogotruc : développement de plateformes éditoriales, site de camshots avec allopass, publicité, etc…

Mais le pire, la dégénérescence absolue de ce sympathique outil qu’est le blog provient de ceux qui se creusent ce que les hasards de la gestation a bien pu mettre dans leur boite crânienne pour trouver un nouveau « concept » attractif. Ah ça, putain, les blogueurs adorent les « concepts », ils s’en font des bains de bouche.

Le blogueur type chie mollement sur l’ordre établi, affiche un cynisme hésitant dans son ode au consumérisme, nous inflige sa mauvaise poésie dans l’espoir vain de se faire pardonner mais il parle comme un chef de pub véreux.

Il faut du concept, de l’accroche, du design chiadé et un bon relationnel avec les blogueurs les plus connus afin d’assurer un bon score en visiteur/jour. Méthode de l’industrie du divertissement employée dans un but même pas lucratif. Triste et absurde.

Les poètes du dimanche avaient leurs rimes pauvres, les blogueurs ont leur réfèrences navrantes (beigbeder, bret easton ellis, naomi klein, matrix).

Plein d’écrivaillons de merde qui désespèrent de se faire publier, des chroniqueurs hype amateurs qui, à défaut de le ressentir, espèrent donner à leurs lecteurs le grand frisson de la branchitude. Pose et arrivisme. Vulgaire et merdique.

Pour le fun, allez jeter un coup d’oeil au dernier rejeton de la fabuleuse équipe de kedlagueul, ça s’appelle Clichey (sic) et c’est beau comme un numéro de WAD dont on aurait arraché toutes les pages à l’exception des pubs

Pour être franc, je pensais pas que ce serait aussi foireux, la blogosphère.

Je voyais ça comme un truc marrant, un peu comme ces vieux fanzines photocopiés sur du papier dégueu, à une époque pas si lointaine.

Alors, plus que jamais, il faut que le tourguenisme avance !

Dix-sept heures trois pile

Arrête de faire l’andouille avec ta casquette !

Infini

Old par M. Fox le 12 Avr 2004

anihilation réciproque||conséquences de l’existence||mondes intermédiaires–

glOire (…)
Old par Gu. le 07 Avr 2004

le récitant : insérer ici un texte très long mais sympa sur le temps qui passe, moi je vais voir la fuite.

Old par igor le 12 Avr 2004

Tourguenerie

On parle souvent de la dérive des continents.

On ne parle jamais de la dérive des incontinents.

REPARONS CETTE INJUSTICE !!!

Old par To le 03 Août 2004

Une image exclusive

Du siège de la secte des tourguenistes

On peut constater que leur bâtiment

En plus d’être molletonné

Est aussi irrationnel

Et on aperçoit également

le dôme de l’étrange statue

de 60 mètres

de leur grand gourou

enfouie dans leur jardin

Old par -- Zan le 21 Déc 2004

Nicolas REY est un prophète !

Message aux amants du n’importe quoi mais certainement pas ça :

« Un jour, tu comprendras. Le frigo des filles et tout ça. Celles qui accumulent les Diet Coke, celles qui collectionnent les jus d’orange survitaminés. Tu comprendras les crèmes épilatoires, les salles de bains avec ou sans baignoire, le sérum physiologique pour les lentilles de contact, le petit fil blanc ou bleu qui dépasse quelques jours par mois. Et le frigo des filles, la façon dont elles rangent et cartonnent au jeu des sept familles, jamais, jamais tu m’entends, en six ans de vie commune, je n’ai vu une plaquette de beurre à côté d’une bière ouverte ou d’une confiture périmée dans un frigo. Je vais te dire Henry, dans un frigo de fille, la nonchalance n’existe pas.»

Nicolas Rey / Un début prometteur.

Prometteur, en effet…

Joyeux noël !!

Old par -- Zan le 18 Déc 2004

Je marche dans tes rues

comme dans un rêve

la vie n’est plus ici

le miroir s’est épaissi

Je ne suis plus des vôtres

désolé

Old par M. Fox le 12 Nov 2004

[999poèmesSERIEtourgueniev]

292

mon voisin non identifié est mort

une forme de peur tente de me demander mon avis

ma psychée n’est pas un être humain

[konsstruktVOUSaime]

Prisme et tronçonneuse – huile sur toile – 50 x 39 cm

Prisme et tronçonneuse - huile sur toile - 50 x 39 cm

Trust www…

and follow its original spirit!

follow its original spirit!

its original spirit!

original spirit!

spirit!

!

Old par LiLi le 01 Déc 2004


Old par M. Fox le 03 Mar 2004

Almost Parisian Psycho

_ Hier soir, il y avait un trognon de pomme sur mon lit

_ Et j’ai failli l’écrire

_ Les soirées ne sont pas autres que celles de leurs jours à cela près que ceux-ci ne sont plus les mêmes

pluralitas non est ponenda sine necessitate : les épreuves ne rendent pas justice à l’ensemble de mon travail personnel sur moi même et si je suis en gare de Lyon ce matin ce n’est pas pour recevoir un correspondant hongrois mais pour prendre livraison d’une dizaine de petits chiots de tailles uniformes. Le petit chiot de taille uniforme type mesure douze centimètres et fait bien ses un kilo et des broutilles. Si tratta di un principio metodologico che sta alla base del pensiero moderno: tra due teorie entrambe capaci di spiegare un gruppo di dati occorre scegliere quella più semplice e dotata di un minor numero di ipotesi, “tagliando via” con il rasoio di Occam quella più lunga e involuta. Non tanto perché una sia più “vera” dell’altra, quanto perché quella più breve e compatta permette di risparmiare tempo e fatica inutili. Je crois que de savoir le coeur de tout les garçons aussi avide ça…

LOVE ME DEEP

décembre, mon amOur…

décembre, tu sais ?

Old par Gu. le 09 Déc 2004

au menu

homme nu

Perdu d’avance (…)

Old par Gu. le 05 Mar 2004

red merlan

spiny lobster

X-static process

râle ô désespoir le démonstratif et son verbe d’existence

Tourgueniev.com, c’était comme ça !

Shimmy Shimmy Yo

O.D.B., R.I.P. IN THE 36TH CHAMBER OF SHAOLIN

Old par To le 16 Nov 2004

Vendredi un peu plus tard.

Vous diriez mais alors tu es un ogre aussi, vous diriez un ogre, ça n’existe pas, ce genre de chose et je dirais sans doute et. Vous diriez c’est métaphorique et ton papa il a été vilain avec toi et avec ta sœur et vous auriez raison sauf que pas ma sœur parce que ma sœur c’est son engeance et que donc la chair de sa chair et pas une petite table ou même une petite fille direction la cave et. Je dirais cessez de dire sans savoir cessez de croire que vous savez parce que vous êtes celui qui pose les questions et je dirais que moi je suis celui qui conte vérité et que si vous ne voulez pas savoir tant pis et je me fermerais comme la porte de la cave à six verrous acier et vous seriez biens marri voire limite frit confit et sans doute. Vous diriez non non ne t’arrête pas on veut savoir et je dirais avec tout ces morts oui vous voulez savoir ma vérité ou au moins, même si ça parle d’ogres et d’hirsutes petits bambins décapités oui sans doute vous voudriez. Et je dirais encore bien des choses qui vous feraient soupirer voire sourire et je demanderais encore un verre d’eau et vous changeriez la bande et je voudrais regarder les yeux de mamans dans le bocal et vous diriez non et vous auriez raison, sans doute.

Old par igor le 12 Nov 2004

Soldats

Cette nuit avec Toi
dans les rues et du
Vin et mon Ami on a
fait bien plus que se
saouler et nos coeurs
envolés et ouverts au
vent d’hiver Toi Lui
et moi et les rues de
Varsovie et dans le
ciel les dirigeables et
les soldats et le Vin
et te parler toute la
nuit et te connaitre
mieux à l’Aube qui
refuse d’arriver et les
soldats et Lui entre
nous et Toi Moi s’
embrasser ou s’
embraser et marcher
le long du Canal et les
rues et la nuit et Toi…

Old par igor le 25 Jan 2004

Au théatre ce soir

Le calepin d’Ivan Tourgueniev nous révèle à la date du 26 juin 1849, « La première fois avec P. dans les coulisses du théatre à Auxerre ». Il s’agissait bien sûr de Pauline Viardot presque six ans après leur première rencontre.

Old par igor le 14 Fév 2004

L’amitié, c’est comme… (sur un air connu)


Old par M. Fox le 18 Jan 2004

nÖvÖ love manifesto

Regarde Julie !

J’ai apprivoisé une coccinelle !



Jim Goad : Je ne suis pas contre l’autorité, je suis contre VOUS ! Je ne suis pas pas contre le gouvernement, je veux que le gouvernement VOUS écrase !

Friday – Let’s dance !

Son électro-acid-house-hip-hop, ambiance assurée par la tribu tourgueniste et pleins d’autres crevards bioniques, consos pas chères + surprise éthylique sponsorisée par Havana Club… Le Zoco Bar, 223 rue Saint-Maur, 10ème, Paris, France – Métro Colonel Fabien ou Belleville. Si vous voulez me voir enfin nue

Elle lit et rature

Pour elle la littérature se résumait en peu de mots.

Des mots simples et économes, sans toutefois trop s’exposer

à la masse critique de ses contemporains.

Elle ne posait jamais son crayon. Elle écrivait encore à la mine de plomb

sur des cahiers attaqués par le soleil et dont sa petite soeur aimait

à ressusciter les couleurs primaires.

Et quand sa main approchait la tranche coupante du papier, elle se blessait ou

couvrait au fil du temps, ses mains de cales disgracieuses. Et quand sa mine

semblait épuisée, elle s’occupait à lire et relire ce qu’elle avait mis tant

de temps à écrire.

Et quand ses doigts ne trouvaient plus le papier qui éclairait ses mots,

elle prenait son stylo pour les barrer d’un trait rageur.

Old par To le 06 Oct 2004

je n’ai pas de mémoire alors je retiens : purl reptilian kidnapping spectacular account equity lind fidget seoul shell statesmen flemish physiology calder expressway buteo sykes anhydride absorbent. je me souviens de toi mon Amour…

Old par igor le 25 Fév 2004

Murray Ostril

et mourir comme voir venir Venise que l’on n’a jamais vue

a story of lanterns

two lanterns peonies

Minuit pile

Old par igor le 16 Fév 2004

NEW YORK (AFP) – Le clavier d’ordinateur, la souris et le combiné téléphonique

d’un employé de bureau sont des nids à microbes, bien davantage

que le siège des toilettes, révèle une étude de l’Université d’Arizona (sud-ouest),

qui recommande la désinfection régulière des surfaces de travail.

En moyenne, un poste de travail peut être porteur

d’une quantité de germes microbiens 400 fois supérieure

à ce qu’on rencontre en s’asseyant sur les toilettes,

précise l’étude menée par le Dr Charles Gerba,

chercheur en microbiologie à l’université.

Sur chaque poste, le combiné téléphonique,

avec 25.127 germes recensés en moyenne,

le clavier d’ordinateur (3.295)

et la souris (1.676) sont les objets les plus sales.

Old par JLB le 13 Mar 2004

krasuKI !!!!

erdnetta à neibmoc erocne

il y a des lundis où je tente en vain de m’agrafer les mains

4 infO, pOlaGü. burned, died, & its ashes flew in the cOsmOs Of www

Old par Gu. le 18 Sep 2004

Anarchisme

L’anarchisme est un mouvement d’idées et d’action qui, en rejetant toute contrainte extérieure à l’homme, se propose de reconstruire la vie en commun sur la base de la volonté individuelle autonome.

Bien que l’anarchisme militant ne se manifeste que vers la fin du XIXe siècle avec Kropotkine , Élisée Reclus et Malatesta, les lignes essentielles de la doctrine anarchiste se précisent dès la première moitié du siècle. La Révolution française institue un divorce radical entre l’État, qui repose sur les principes éternels de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, et la société qui est dominée par l’esclavage économique, l’inégalité sociale et la lutte des classes. Cette contradiction semble d’autant plus insupportable que la Révolution française proclame en même temps que l’individu est une fin en soi et que toutes les institutions politiques et sociales doivent servir à son plein et entier épanouissement. La liberté politique paraît illusoire, voire néfaste, à ceux qui, en vertu même de ces principes, subissent une servitude sociale et économique. La première réaction « antiétatiste » est sans doute la « conspiration des Égaux » dirigée par Gracchus Babeuf et visant à substituer à l’égalité politique l’« égalité réelle ». « Disparaissez, lit-on dans son Manifeste, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernement et de gouvernés. »

L’anarchisme en tant que doctrine philosophique appartient essentiellement à l’histoire de l’hégélianisme. La réalité objective étant pour Hegel issue de l’esprit, l’objet qui semble séparé du sujet finit par y retourner afin de constituer cette unité foncière que Hegel appelle l’Idée absolue. Or cet Esprit hégélien qui se réalise grâce à la prise de conscience des esprits finis, de transcendant qu’il était sans doute chez Hegel lui-même, devient pour une importante fraction de ses disciples l’esprit humain parvenu à la pleine conscience de soi-même. Une fois engagés sur la voie de l’immanence, ces jeunes hégéliens s’efforcent d’interpréter le monisme de Hegel dans un sens de plus en plus révolutionnaire. L’Esprit est arraché au clair-obscur prudent où son créateur avait voulu le maintenir ; il s’« humanise » progressivement. Devenu homme, c’est-à-dire être humain au sens général du mot dans le maître livre de L. Feuerbach, L’Essence du christianisme (1841), il se transforme en esprit humain dans la Critique pure de Bruno Bauer – doctrine contre laquelle Karl Marx se déchaîne dans La Sainte Famille – et finit par apparaître sous les traits surprenants du Moi original, du Moi « unique » dans l’ouvrage de Max Stirner, L’Unique et sa propriété (1845).

Cet effort d’interprétation s’accompagne de la ferme volonté de renforcer le monisme hégélien. Les jeunes hégéliens pourchassent tous les dualismes ou, pour parler en termes d’école, toutes les aliénations ; ils luttent contre l’aliénation religieuse, c’est-à-dire contre l’Église ; contre l’aliénation politique, c’est-à-dire contre l’État ; contre l’aliénation humaine enfin, c’est-à-dire contre l’humanisme qui, par les contraintes d’un collectivisme abstrait, menace d’étouffer l’originalité de l’individu. Le marxisme insiste sur la filiation qui relie Hegel, Feuerbach et Marx, c’est-à-dire sur une évolution philosophique qui, en partant de l’idéalisme absolu, passe par le matérialisme mécaniste pour aboutir au matérialisme historique et dialectique. Mais l’anarchisme, qui, en prêtant l’immanence à l’Esprit absolu de Hegel, aboutit à la souveraineté du Moi « unique » et part en guerre contre toutes les aliénations dont celui-ci est victime, dérive également de la philosophie hégélienne. La lignée qui va de Hegel à Stirner et à Bakounine n’est pas moins légitime que celle qui rattache Hegel à Marx.

L’exigence de justice totale étant le « principe affectif central de la sensibilité anarchiste » (E. Mounier), l’anarchisme, en dépit de ses outrances verbales d’inspiration athée, garde des résonances proprement religieuses, voire chrétiennes. Tout en se dressant contre le « mythe de la Providence », Proudhon maintient la transcendance sous la forme de la justice. En rappelant la célèbre recommandation de Jésus, « Rends à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », il insiste sur le caractère apolitique du christianisme. « L’enseignement de Jésus, affirme-t-il, est tout social, ni politique, ni théologique. » Max Stirner prétend de son côté qu’il conforme son attitude à celle de Jésus qui dépasse l’État en l’ignorant. Tolstoï enfin, le plus chrétien des anarchistes, constate que « la doctrine de Jésus donne la seule chance de salut possible pour échapper à l’anéantissement inévitable qui menace la vie personnelle ».

Ayant puisé à des sources fort diverses, l’anarchisme semble à première vue tissé de contradictions et déchiré en tendances et sous-tendances. Dans ce « chaos d’idées » (Sébastien Faure), le départ avait été fait vers 1900 entre l’anarchisme individualiste, dont les défenseurs se réclamaient de Stirner et de Proudhon, et l’anarchisme communiste, qui s’inspirait avant tout de l’enseignement de Bakounine et de son disciple Kropotkine.

1. Les différents aspects

La première tendance consistait à garantir la liberté individuelle par le maintien de la propriété privée ; la seconde, en revanche, soutenait que seule l’institution de la propriété collective permettait de réaliser la justice sociale, condition indispensable à l’épanouissement individuel. L’anarchisme subit ainsi une double tentation à laquelle il ne sait pas toujours résister, celle de l’individualisme libéral des économistes classiques et celle d’un collectivisme dépersonnalisant. L’évolution ultérieure, il est vrai, rend à l’anarchisme une certaine unité doctrinale. Alors que l’anarchisme individualiste, professé souvent par des déclassés, des « en-dehors », se replie de plus en plus sur lui-même et qu’il ne semble plus s’intéresser qu’à la liberté sexuelle, qu’un de ses chefs, Émile Armand, conçoit sous la forme de « pluralité amoureuse », l’anarchisme communiste, animé par Élisée Reclus, Jean Grave, Émile Pouget, Sébastien Faure et Enrico Malatesta, finit par représenter l’anarchisme authentique.

Ce dernier, après avoir inspiré le syndicalisme révolutionnaire d’avant 1914, le mouvement makhnoviste en Ukraine au lendemain de la révolution d’Octobre et l’action de la Fédération anarchiste ibérique pendant la guerre d’Espagne, fait encore partie ou, tout au moins, tente de continuer de faire partie du tableau idéologique de la fin du XXe siècle. Peut-être faudrait-il mentionner également la survivance d’un certain anarchisme chrétien dont l’idée-force est constituée par la « non-violence ». Quant à l’anarchisme littéraire tel qu’il se manifestait dans certaines revues de la fin du XIXe siècle, il appartient à la Belle Époque, dont il reflète l’individualisme exacerbé.

2. Conceptions politiques

Le contrat anarchiste

L’anarchisme répudiant toute idée d’autorité comme étant contraire à la notion de la liberté individuelle, il lui apparaît que l’ordre et la justice, dont il ne nie aucunement la nécessité pour la cité, doivent reposer sur un contrat librement conclu entre les intéressés. Les clauses d’un tel contrat, profitables à tous les contractants, sont observées tout aussi librement. Ce contrat anarchiste se situe à l’opposé du contrat social de Rousseau. Proudhon démontre, en effet, dans son Idée générale de la révolution au XIXe siècle, que le contrat de Rousseau, loin d’être social, est responsable de la tyrannie étatiste à laquelle aboutissent toutes les démocraties. Le contrat social de Rousseau ne concerne que le pouvoir politique ; il le renforce en lui donnant pour appui la souveraineté d’une volonté générale qui n’est d’ailleurs que celle d’une majorité opposée le plus souvent à la volonté particulière. Le contrat social, du fait qu’il néglige la vie sociale et économique, est un contrat sans contenu, un contrat qui autorise tout arbitraire et qui équivaut à une aliénation consciente et organisée. « C’est, en un mot, à l’aide d’une supercherie savante, la législation du chaos social, la consécration, basée sur la souveraineté du peuple, de la misère. Du reste, pas un mot du travail, ni de la propriété, ni des forces industrielles que l’objet du contrat social est d’organiser. Rousseau ne sait ce que c’est que l’économie. Son programme parle exclusivement de droits politiques, il ne reconnaît pas de droits économiques. » Le contrat tel que Proudhon l’envisage, loin d’être le résultat d’une abstraction politique, est issu de libres débats où les intéressés engagés ont fini par se mettre d’accord ; il est modifiable au cas où les intérêts subiraient des changements. Ce n’est pas un contrat unique, contraire par définition à la complexité et à l’hétérogénéité de la vie sociale, mais un ensemble illimité d’accords contractuels qui correspondent le plus possible aux mille nécessités de l’individu. Enfin, l’abandon de la liberté individuelle au profit du contrat n’est pas seulement provisoire, il est aussi partiel. Alors que Rousseau exige au nom du contrat social « l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté », Proudhon précise qu’en concluant un contrat chaque contractant doit recevoir au moins autant qu’il donne et qu’en dehors des obligations rigoureusement délimitées qui découlent des clauses du contrat il continue à jouir de sa pleine liberté et de sa souveraineté.

Le fédéralisme

La multiplicité des contrats se traduit par le fédéralisme, appelé à remplacer l’organisation étatique. Une infinité de contrats s’engendrant les uns les autres et s’équilibrant d’autant plus facilement qu’ils ne sont point immuables ni définitifs, soit sur le plan professionnel, soit sur le plan régional, soit encore sur le plan national et même international, voilà un édifice d’apparence chaotique et incohérente.

Mais, grâce au maintien à tous les échelons du principe de l’autonomie de la volonté individuelle, on doit aboutir à une union librement consentie dont la solidité est certainement supérieure à celle d’une union obtenue par la force. « Le principe appelé, selon moi, à régir la politique moderne, écrit Proudhon dans Fédération et Unité en Italie, n’est autre que le principe de fédération, corollaire de celui de la séparation des pouvoirs, lequel à son tour est la base universellement reconnue de tout gouvernement libre et régulier, à plus forte raison de toute institution républicaine, et a pour opposé le principe de l’agglomération des peuples et de la centralisation administrative. » Et Bakounine de prophétiser : « Quand les États auront disparu, l’unité vivante, féconde, bienfaisante, tant des régions que des nations, et de l’internationalité de tout le monde civilisé d’abord, puis de tous les peuples de la terre, par la voie de la libre fédération et de l’organisation de bas en haut, se développera dans toute sa majesté. »

L’antidémocratisme

Le fédéralisme anarchiste, c’est-à-dire la recherche perpétuellement renouvelée d’un équilibre entre des groupements distincts, implique le rejet absolu de toute forme de gouvernement à tendance synthétique et unitariste. D’où une hostilité déclarée à l’égard de la démocratie issue des principes de la Révolution française et, en particulier, à l’égard de tout jacobinisme. Stirner insiste sur l’aggravation de la servitude provoquée par le passage de l’Ancien Régime à la nation souveraine, fille de la Révolution française. Sous l’Ancien Régime, le pouvoir monarchique ne s’exerçait pas directement sur les sujets. C’est la corporation qui s’intercalait comme élément médiateur entre le roi et le peuple. L’homme dépendait d’abord d’un groupe social, en sorte que le prétendu « absolutisme » était en fait limité par d’innombrables pouvoirs secondaires. Mais du jour où la nation s’institua souveraine, le sujet entra en dépendance directe vis-à-vis du pouvoir. Le règne des privilèges de l’Ancien Régime se transforma en un règne du droit, contre lequel nul ne pouvait désormais s’insurger. Ainsi, l’esclavage extérieur de l’Ancien Régime est devenu un esclavage intérieur, c’est-à-dire un esclavage dont nous reconnaissons nous-mêmes la légitimité. Proudhon, de son côté, accuse la Révolution française d’avoir engendré la lutte des classes. Après l’abolition des castes, les anciens ordres hiérarchiques, qui avaient assuré l’organisation du travail, se sont dissous sans que de nouvelles structures soient venues les remplacer. Il en est résulté l’exploitation capitaliste qui ne semble laisser aux pauvres d’autre issue que la révolte. Dans le domaine politique, l’esprit monarchique combattu par la Révolution française a d’ailleurs été ressuscité par Robespierre, disciple de Rousseau. La journée du 31 mai 1793, date à laquelle Robespierre écrasa les Girondins, a mis fin à l’inspiration communaliste et fédéraliste de la Révolution. C’est à partir de ce moment que triomphent à nouveau les traditions autoritaires et étatistes de l’Ancien Régime. L’optique historique de Proudhon amène Bakounine à mettre en parallèle la lutte de Robespierre contre la Commune de 1793 et celle des autoritaires, des étatistes, contre ses propres conceptions fédératives à l’intérieur de la Ire Internationale.

L’abstentionnisme

Antidémocratique par essence, l’anarchisme se dresse avec vigueur contre l’illusion néfaste du suffrage universel. « Religion pour religion, écrit Proudhon dans La Justice, l’urne populaire est encore au-dessous de la sainte ampoule mérovingienne. Tout ce qu’elle a produit a été de changer la science en dégoût et le scepticisme en haine. » Le bulletin de vote souffre, en effet, aux yeux des doctrinaires anarchistes, d’un double vice. D’une part, il met les électeurs à un niveau qui est établi le plus souvent par le mensonge et la fourberie des politiciens ; d’autre part, il dépouille les électeurs de leur pouvoir, le système parlementaire reposant sur la délégation des pouvoirs consentie entre les mains des députés, et non pas sur la simple représentation d’une volonté dont les députés seraient chargés. Ainsi Émile Pouget, anarchiste et syndicaliste révolutionnaire, fait bien ressortir la différence entre le syndiqué, qui préserve son droit de contestation et l’électeur, qui y renonce. « L’individu, précise-t-il, est la cellule constitutive du syndicat. Seulement, il ne se produit pas pour le syndiqué le phénomène dépressif qui se manifeste dans les milieux démocratiques où, le suffrage universel étant en honneur, la tendance est à la compression et à la diminution de la personnalité humaine. Dans un milieu démocratique, l’électeur ne peut user de sa volonté que par un acte d’abdication : il est appelé à « donner » sa « voix » au candidat qu’il souhaite avoir pour « représentant ». L’adhésion au syndicat n’implique rien de semblable et le plus pointilleux n’y pourrait découvrir la moindre atteinte à la personnalité humaine ; après comme avant, autonome il était, autonome il reste. »

3. Conceptions sociales

L’associationnisme

Parmi les nombreuses utopies sociales qui s’inspirent de la ferme volonté de préserver la souveraineté absolue de l’individu, relevons d’abord l’associationnisme de Stirner. L’auteur de L’Unique et sa propriété établit une différence fondamentale entre la société telle qu’elle existe et l’« association » dont il prône l’avènement. La société se dresse face aux individus ; elle est située en dehors et au-dessus d’eux. Elle apparaît comme quelque chose de définitivement établi, de stable, voire de sclérosé. Abusant de sa souveraineté, fictive il est vrai, mais non moins réelle tant que les hommes ne se rendront pas compte qu’elle est pétrie de leurs mains, la société entrave, déforme et anéantit la volonté individuelle. L’association, en revanche, est la rencontre passagère, l’union instable et perpétuellement modifiée des individus, qui n’en perdent jamais le contrôle. L’association demeure soumise à la souveraineté des « Moi » ; sa durée est fonction des services qu’elle leur rend. Elle se dissout dès qu’elle devient inutile. Les rapports interpersonnels retrouvent ainsi un cadre qui leur est approprié. Dans la société, qui est une abstraction, les hommes éprouvent l’un pour l’autre un amour « humain », c’est-à-dire un amour qui n’a pas pour objet l’individu particulier, mais l’homme abstrait et normatif. Or cet amour, qui participe du caractère transcendant de la société, se transforme facilement en haine et justifie toutes les persécutions contre l’individu particulier qui ne consent pas à se confondre avec l’image qu’on se fait de l’homme en général. L’association, en revanche, repose sur l’amour « égoïste », c’est-à-dire sur un amour qui considère l’autre comme un objet de satisfaction égoïste, comme « une nourriture offerte aux passions du Moi ». La différence entre la société et l’association réside donc essentiellement dans un changement d’optique : la société telle que nous la connaissons est maintenue, mais interprétée d’une manière individualiste. L’associationnisme stirnérien, pure construction de l’esprit aux données exclusivement morales, a trouvé un écho complaisant auprès de certains anarchistes individualistes de la Belle Époque.

Le « mutuellisme »

Proudhon s’efforce d’inscrire la défense de l’autonomie individuelle dans le cadre de la réalité sociale elle-même. Or, pour ce faire, il lui faut lutter contre le pouvoir oppresseur et démoralisant du capital. Afin de l’évincer de la vie sociale et économique, il envisage la suppression du numéraire et la gratuité du crédit et de l’escompte. L’argent sera remplacé par des billets de crédit gagés sur des produits dont la valeur est fonction du travail qu’ils représentent, le crédit et l’escompte ne seront plus du ressort des banques capitalistes qui, par des intérêts élevés, prélèvent la part léonine du travail, mais confiés à une société mutuelle, c’est-à-dire réciproque, des producteurs. La Banque du peuple, fondée par Proudhon en 1848, repose ainsi sur un double principe : d’une part, la banque constitue son capital en émettant des actions qui seront souscrites par ses clients ; d’autre part, l’intérêt des sommes prêtées par la banque est réduit au taux strictement nécessaire pour couvrir les frais d’administration, c’est-à-dire 0,50 ou même 0,25 p. 100. Grâce à ce système, que Proudhon qualifie de mutuellisme, on pourra procéder à une sorte de « liquidation sociale », à savoir au rachat des terres par les fermiers et à la substitution de compagnies ouvrières aux industriels, sans qu’il faille recourir à une expropriation violente. Mais deux mois après avoir déposé les statuts constitutifs de cette institution appelée à fonder la liberté politique et industrielle, Proudhon est frappé d’une condamnation et contraint à l’abandon de son projet. Pourtant le mutuellisme proudhonien, sous son double aspect de l’échange et du crédit, aboutit par la suite, non seulement en France mais aussi en Angleterre et surtout aux États-Unis, à la création de coopératives et de sociétés de secours mutuel.

Le communisme

Alors que Proudhon, loin de condamner la propriété privée, soutient que la possession constitue la base même de la liberté individuelle, les anarchistes communistes suppriment la propriété en affirmant que, née de l’injustice, elle l’engendre à son tour. Or, le rétablissement de l’égalité économique et sociale sera obtenu non pas à la suite d’une intervention étatique quelconque, mais grâce à la spontanéité révolutionnaire. Surenchérissant sur les socialistes qui promettent « à chacun le produit intégral de son travail », les anarchistes communistes réclament « le droit à la vie, le droit à l’aisance, l’aisance pour tous ». Kropotkine, dans La Conquête du pain, appelle les non-possédants à l’expropriation violente. « Les paysans chasseront les grands propriétaires et déclareront leurs biens propriété commune, ils démoliront les usuriers, aboliront les hypothèques et proclameront leur indépendance absolue. » À l’opposé de Malthus, pour qui la population s’accroît bien plus vite que la production agricole, Kropotkine fait confiance à la science capable d’augmenter les ressources à l’infini. Le problème social se ramène donc en fin de compte à un simple problème de répartition Eu égard à l’abondance des biens, cette répartition se fera, non selon les capacités, mais selon les besoins de chacun. L’ère anarchiste aura pour devise : « Prenez ce qu’il vous faut. » Le travail, dont la durée quotidienne sera réduite à quatre ou cinq heures effectuées par tous les adultes de vingt à quarante-cinq ou cinquante ans, suffira pour assurer largement la vie matérielle de tous, étant donné qu’il sera « infiniment supérieur et autrement considérable que la production obtenue jusqu’à l’époque actuelle, sous l’aiguillon de l’esclavage, du servage et du salariat ».

4. Conceptions morales

La culture de soi-même

L’anarchisme ne cesse de provoquer des résonances irritées, l’exaltation frénétique de l’individu semblant, en effet, justifier la licence la plus effrénée. Or, tout au contraire, l’éthique anarchiste développe le sens de la responsabilité individuelle bien plus qu’elle ne prédispose à un relâchement moral où l’individu au lieu de s’affirmer finit par sombrer et disparaître. C’est parce qu’il est convaincu que l’émancipation personnelle ne pourra résulter que d’un travail de perfectionnement intérieur continuel que l’anarcho-syndicaliste d’avant 1914 attache un tel prix à la « culture de soi-même ».

La liberté

L’anarchisme s’efforce en outre d’inscrire l’autonomie personnelle dans un cadre social ; il est ainsi amené à rejeter toute liberté purement individuelle. Chacune des libertés individuelles se suffisant à elle-même et tirant son origine d’elle-même, la liberté de chacun ne peut, en effet, se manifester qu’en niant celle de tous les autres ; elle constitue la base de cette morale aristocratique du mépris qui ne laisse à l’homme d’autre issue qu’un individualisme forcené. Pour l’anarchisme, en revanche, la liberté de chacun se confond avec la liberté de tous. « Tout ce qui est humain dans l’homme, précise Bakounine, et, plus que toute autre chose, la liberté, est le produit d’un travail social, collectif. Être libre dans l’isolement absolu est une absurdité inventée par les théologiens et les métaphysiciens. » C’est pourquoi la solidarité est le chemin le plus sûr qui mène vers la liberté. La révolte anarchiste, loin d’opposer les hommes, les rapproche, puisque, d’un commun accord, ils luttent contre l’abstraction étatique qui les opprime tous en empêchant le fonctionnement normal de la société. « La loi de la solidarité sociale est la première loi humaine, précise encore Bakounine, la liberté est la seconde loi. Ces deux lois s’interpénètrent et, étant inséparables, elles constituent l’essence de l’humanité. Ainsi, la liberté n’est pas la négation de la solidarité ; au contraire, elle en est le développement et, pour ainsi dire, l’humanisation. »

Socialisme et anarchisme

Le socialisme et l’anarchisme se rencontrent dans une hostilité commune à l’égard de l’État ; tous deux en réclament la disparition. La différence ne porte que sur la manière de l’envisager. Engels, dans un passage de L’Anti-Dühring cité par Lénine dans L’État et la Révolution, la situe dans une perspective historique : « Le prolétariat s’empare du pouvoir d’État et transforme les moyens de production d’abord en propriété d’État. Mais, par là, il se supprime lui-même en tant que prolétariat, il supprime toutes les différences de classe et oppositions de classe, et également l’État en tant qu’État […]. Le gouvernement des personnes fait place à l’administration des choses et à la direction des opérations de production, l’État n’est pas « aboli », il « s’éteint ».

Selon la doctrine marxiste, le dépérissement de l’État ne se produit donc pas du jour au lendemain. Lorsque le prolétariat aura pris le pouvoir, lorsqu’il se sera emparé de l’appareil étatique, il lui faudra d’abord s’en servir afin de briser définitivement la puissance de ses ennemis. L’État continuera à exercer un pouvoir d’oppression, mais ce sera au bénéfice exclusif du prolétariat. Le chemin vers la société communiste sans État passe par la dictature du prolétariat. L’anarchisme, en revanche, ne cherche pas à surmonter l’antinomie entre l’État et la société. À la conquête de l’État il préfère le rejet total d’un pouvoir qu’il estime étranger à l’essence véritable de l’homme, au dépérissement progressif de l’État sa disparition brutale et immédiate. Inférieur au socialisme scientifique en ce qui concerne l’efficacité politique, l’anarchisme, en vertu même de ce sens de l’homme qui l’anime, peut se prévaloir à son égard d’un certain droit de contestation. Max Stirner s’élève contre tout collectivisme : l’État libéral a laissé à l’individu un dernier domaine où se réfugier, la propriété privée ; or voici que le communisme le réclame pour la société ; désormais la sacro-sainte société possède tout, l’individu ne possède plus rien ; le communisme est le règne de la « gueuserie universelle ». Proudhon accuse le système communiste de provoquer « la déchéance de la personnalité au nom de la société », de ressembler au « despotisme oriental », à « l’autocratie des Césars », et de réaliser pour son compte, étant une sorte de « religion nouvelle », « l’absolutisme de droit divin ». Dès 1866, Bakounine prévoit que l’État despotique mis en place par le communisme d’État fera naître « une classe exploitante de privilégiés : la bureaucratie ».

Si l’anarchisme en tant que mouvement social s’est quasi éteint après la Seconde Guerre mondiale, ce sont surtout ces avertissements lancés au XIXe siècle, matérialisés par les errements des démocraties populaires et du communisme, qui ont permis aux idées anarchistes de conserver une certaine pérennité. Le fédéralisme, l’ordre pluraliste, l’organisation de bas en haut pourraient s’inscrire dans la recherche de cadres sociaux et économiques favorables à la dynamique du groupe et la non-directivité.

Old par igor le 07 Jan 2004

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Taïwan’s news : LiLi’s a robber

Old par LiLi le 08 Déc 2004

[999poèmesSERIEtourgueniev]

298

estimer lassantes les tv siliconnées

je prends le visage de la foule arrosée

manger des vieilles danses désespérées et passives

[konsstruktVOUSaime]

punkachien/punkachat, même combat ?

Alors ils se sentent le nez et c’est la paix.

un verre de vodka red bull et tout devient si facile quand on ne peut pas franchir le seuil de la piste de danse malheureusement je reste au double pastis alors attention les pieds et les genoux car.
quand on arrive en ville on recueille le salut des étoiles et les baisers des jeunes filles en fuite, les jeunes hommes se pressent afin de voir passer notre étonnant cortège, ils aiment à se parfumer.
de ces trois fleurs aucune n’est bleue et pourtant je ne peux m’empêcher de les trouver désirables comme quoi les images mentales que l’on se fait des objets ne gâtent en rien une éventuelle satisfaction.
temesta attaque oneko qui la suit et lui fout une trempe, se barre puis elle le suit, il l’attaque et elle se sauve, il se sauve et il l’attaque et il ne peut pas manger ni elle pisser alors ils se sentent le nez et c’est la paix.
ceci est un texte qui va me servir de modèle afin de définir ce que je vais pouvoir mettre ici dans cette petite case minuscule qui va être neuf fois reproduite afin de construire un post particulier.
au pulp, le club des filles qui rigolent, on se demande toujours ce que les gens trouvent à cet endroit puis finalement on danse, c’est pas joli-joli mais finalement pourquoi pas la vie est courte alors merde hein non mais oh.
dans le jacuzzi avec patrice carmouze tout à coup ça m’est revenu le tourguenisme, en fait il ne s’agit pas de l’intégrer à une quelconque réalité, juste de le remarquer et de le pointer, éclater la masquarade.
le tourguenisme n’est pas un mode de vie ou un mouvement artistique de plus ou un délire crétin (quoique) c’est juste un mot pour dire qu’on existe et qu’on est, qu’on garde les yeux ouverts et la pensée.
dans le nouveau salon il y’a un très beau jonc de mer un peu verdâtre c’est très beau vraiment et très stimulant pour la plante des pieds, en plus l’odeur d’herbe coupée persiste à me rappeler tokyo la nuit, les dirigeables.
Old par igor le 05 Sep 2004


Old par Gu. le 02 Déc 2004

Et maintenant qu’une embellie se fait jour sur le front moral

et qu’une muse consentante daigne presque se soulager sur le haut de mon crâne,

des tendons, ligaments, ou quelque articulation à la con, ont décidé

de m’interdire l’accès aux interfaces, en s’enflammant sans raison sinon

celle bien vicelarde d’exciter mon nevraxe jusqu’à incandescence. Un excès de calcium

ou une contrariété spongieuse, certes ça change des verrous mentaux ou des fatigues

neuronales, et les psychotropes y gagnent en composants pharmaceutiques – mais merde

c’est quand même pas de bol.

Ou alors qui sait, tranchez-moi les deux bras et j’écris une encyclopédie.

Old par ... le 01 Déc 2004

daddyflower

Old par Gu. le 26 Jan 2004

Jean-Yes, vous êtes le premier blogger à avoir été témoin de l’apparition de crop-circles sur un blog.

Pouvez-vous nous en dire plus ?

Si seulement je le pouvais ! Comprenez ma perplexité : j’ai vu apparaître ces formes étranges par hasard,

en essayant de publier un texte sur l’interface de tourgueniev.com, ça s’est fait spontanément, en quelques

instants… Pour le moment je n’ai trouvé aucune explication rationnelle. Ce phénomène défie l’entendement.

Pouvez-vous décrire plus précisément ces crop-circles ?

Et bien voilà : ce sont des cercles blancs qui se superposent au texte, comme si des pixels étaient effacés,

ou plutôt repeints en blanc, enfin bref on les voit plus, quoi. C’est stupéfiant. Comme le révèlent les photos

prises d’avion (voir photo n°1), les contours de ces cercles sont extrêmement précis, et surtout, le plus

impressionnant, c’est que les cercles forment des figures mathématiques parfois très complexes, assez

proches des fractales de Mandelbrot. C’est réellement très impressionnant. Imaginez ma stupeur lorsque

j’ai vu cela pour la première fois.

Croyez-vous que ce phénomène soit de nature paranormale ? Que pensez-vous de l’hypothèse

d’une origine extra-terrestre ?

L’hypothèse extra-terrestre… Hum, jusqu’ici je ne croyais pas aux soucoupes volantes, mais j’avoue avoir

du mal à imaginer que ces formes soient d’origine humaine.

Jean-Yes, merci de nous avoir accordé cet entretien.

Merci à vous.



Photo n°1

Voyons donc…

comment est construite

cette belle mecanique…

quel bel engin!

on croirais qu’il est fait

pour etre

explosé…

– rEward bluE fOur –

Old par Gu. le 12 Jan 2004

Minuit presque

par mail :

Désignez quelques nouveaux tourguenistes Igor
et vous allez enfin devenir populaire
et puis écrivez plus nom de dieu si vous ne voulez pas que les lecteurs s’endorment
et puis ce n’est pas possible de tourner en rond à ce point
et ce n’est pas parce que la Maison du Bonheur que
et je ne suis pas un donneur de conseil en vain Igor

réponse :

Désignez et et et et et.

ping-pong :

D e e e e e

Old par igor le 29 Oct 2004

Géutrémapoint

told me today

One persOn…

Others’ve seen

a little gu tout nu,

un manteau : Gu.

sun glasses : Gü.

& oOoilà !

(…)

Old par Gu. le 24 Jan 2004

C’est toujours la même chose

Même Histoire, même parcours

Mêmes mots, mêmes roses

Mêmes yeux de velours

J’aime pas l’amour

A chaque fois voilà

C’est r’parti pour un tour

Les chabadabada

Sur la plage de Cabourg

 

J’aime pas l’amour

Et ces « Main dans la main »

Et ces « toujours toujours »

On connaît le refrain

Un petit air balourd

Des paroles de rien

Même pas d’Aznavour

C’est dire si ça craint

J’aime pas l’amour

J’crois pas au prince charmant

Le coq dans la bass’cour

Ses blablas, c’est du flan

Et ça manque d’humour

 

J’aime pas l’amour

En v’la du baratin

Tout gluant de glamour

C’est du Pascal Jardin

Dans ses plus mauvais jours

J’aime pas l’amour

Et la main dans la main

C’et pour toujours toujours

Il est beau le vaurien

Le gentil troubadour

Dès le lend’main matin

Il ressemble à Gainsbourg

C’est dire si ça craint

J’aime pas l’amour

Si tu crois me séduire

Ah ce que tu te goures

Je suis sourde au désir

 et le désir rend sourd

J’aime pas l’amour

Pas de main dans la main

Pas de toujours toujours

On sait s’que ça devient

C’et un compte à rebours

Avant le coup d’surin

Des adieux sans retours

Des Valmy, des Verdun

Et des chagrins d’amour

Old par -- Zan le 05 Avr 2004

gyrophares crus

Minuit Pile : Révélation

En exclusivité pour tourgueniev.com, voici un document historique inédit.

Vous pensiez peut-être que Maurice G. Dantec, dans sa jeunesse légendaire,

était un punk doublé d’un brillant élève de Gilles Deleuze.

Brillant élève ?

Nous avons enquêté pour vous. Voici en exclusivité l’extrait d’un enregistrement réalisé par Maurice Dantec lui-même, qui par inadvertance laissa un jour son magnétophone allumé pendant un cours du philosophe, à l’université Paris 8.

Le résultat est… édifiant.

> télécharger l’extrait

µ (an imitation of a man)

Kerry Kerry Kerry

rififi

l’homme est un loulou pour l’homme…

Sniffler en travaillant:

Noooooon rien2rieeeeeen

Noooooon jenere-gretterieeeeen

Ni l’alcooool

Quejébuuu

Ni les femmes

Quejéentretenuuuuuu euh

Noooon rien2rien…

Ni le bien

Con m’a faait

Ni le mal

Tout ça est en Tergal©

sous la chair…

…les poules?

= PUBLICITY OR DUPLICITY ?

crucifié /

la femme est partie avec les drogues –

Old par felix le 27 Nov 2004

« là ici »